jeudi 29 octobre 2026
Numéro 25
jeudi 20 août 2026
PUSSY MIEL – Bee Raged [EP]
PUSSY MIEL – Bee Raged [EP]
A tant Rêver du Roi / Dispear Records
Quatuor d’Hossegor et de Capbreton, 100% féminin, Pussy
Miel incarne une scène féminine en pleine ébullition. Tout comme la
scènes basquo-landaise, dont elle est originaire, qui est sacrément en forme en
ce moment avec des formations comme The Drugsters, Kuma No
Motor, ATS 1994… Et des lieux
incontournables comme le Black Flag, Le Circus
ou encore le Magneto.
Pussy Miel tire son nom du film Les 4
saisons d’Espigoule et joue son thème de l’abeille à fond, car passé son
nom, il se décline sur la jolie pochette puis ensuite sur le nom de l’EP, tout
aussi ironique : Bee Raged.
Le groupe de Landaises bouscule les codes. Définitivement
punk, leur musique apporte aussi des boucles stoner et vient conjuguer le côté
brut du grunge. Un beau mélange sur un Ep qui se veut détonnant.
Lack Of understanding
avec ses sonorités stoner et son chant à plusieurs voix me
fait penser aux Sahara Hotnights. Tandis que Wasted est un morceau punk à grosses
guitares aux faux airs de Madam, ce côté punk devient ensuite un
peu plus garage sur Don’t Change Me, un titre
aux sonorités définitivement pop.
Le dernier morceau, délivré, est chanté
en français. Le chant passe bien, un peu posé à la Pogo Car Crash Control,
qui a dû être, de toute évidence, une influence sur ce morceau. Don’t know, qui ouvre l’EP, se veut quant à lui
bien plus lourd sur son introduction avec des guitares bien abrasives. Le
contraste avec le chant très mélodique est intéressant. Puis le morceau part
dans une longue dérive un peu psyché pour finir à près de 5 minutes 30. Culotté
pour une entrée en matière !
Bee Rage, première production du groupe Pussy Miel est une
belle cuvée, pleine de surprise et de caractère. Ne cherchant pas à singer tel
ou tel groupe, le quatuor s’affirme avec des titres personnels et efficaces. Personnellement
j’ai été séduit par leur audace.
Une belle découverte qu’il me tarde de découvrir sur scène.
J. NeWSovski
lundi 10 août 2026
CRIMES ET CAMIONS – La vague [EP]
CRIMES ET CAMIONS – La vague [EP]
Dispear Records
Nouveau venu
sur la scène punk, Crimes et Camions n’est pourtant pas composé d’inconnus
: on y retrouve Fabien, figure du projet, ancien membre de Face Up
To It, groupe bordelais de punk hardcore qui a marqué les
années 2000.
L’EP s’ouvre
avec La vague,
titre éponyme qui donne le ton : une charge frontale contre la montée du RN.
Derrière son nom décalé, le groupe affiche un engagement sans détour, avec des
textes percutants en français. In the Navy,
en anglais, propose une approche plus basique et linéaire, sur laquelle j’ai eu
du mal à accrocher. Mais l’énergie revient vite avec Trop facile,
intense et brut, suivi de Plus Rien N’A De
Sens, un morceau résolument punk, aussi bien dans sa forme que
dans son fond social.
Troisième guerre confirme cette dynamique : direct et sans fioritures. Le son
clair et rythmé de Crimes et Camions rappelle par moments Youth
Avoiders, avec une vitalité qui fait mouche. L’EP se clôt sur Media de Merda, chanté en espagnol, et
toujours aussi incisif.
Bref,
un jeune groupe à suivre de près, qui s’inscrit dans la lignée d’un punk rock
engagé, à l’image des Toulousains de Nightwatchers. À découvrir sans hésiter !
J. NeWSovski
jeudi 16 juillet 2026
THE PLAYMATICS – This party sucks
THE PLAYMATICS – This party sucks
Dispear Records / Hell Vice i Vicious / Massprod / Abracadaboum
/ Kick Your Asso / Wrecking Crew / High And Denim
En 2024, les
Rennais de The Playmatics avaient marqué les esprits avec Dive-In,
leur premier album. Un mélange de pop-punk énergique et de chant féminin
mélodique, pour un résultat fun, ensoleillé, et surtout : l’une des plus belles
surprises de l’année. Depuis, le groupe a écumé les routes, accumulé
l’expérience, et mûri l’envie de se réinventer. Ce deuxième opus en est la
preuve, avec son lot de petits et grands ajustements.
D’emblée, The Tale of a Loser donne le la : tempo effréné, mélodies soignées, riffs
percutants et un refrain impeccablement construit. L’ajout du clavier, confié à
Baptiste, apporte une couleur sonore inédite et pertinente — une
alternative judicieuse à l’hypothèse d’une seconde guitare, initialement
envisagée pour épaissir le son. Road
Trip poursuit dans cette veine,
avec une rythmique punk-rock endiablée et une basse, signée Thomas,
d’une agilité remarquable.
Invisible Lines
s’inscrit dans la tradition du genre, porté par des chœurs façon Bad Religion. Equal Rights,
plus mélodique, évoque les vieux Seven Hate (The Weaning Day ou
Homegrown), avec des lignes vocales étirées qui rappellent aussi,
sans surprise, les Thugs. Seb 7Hate, fan assumé du groupe rennais,
appréciera.
On connaissait déjà Handle the truth, le morceau
avec Sabrina de Maria Tarey, je trouve qu’il est vraiment
excellent, j’adore la combinaison des voix entre la puissance et la rage d’un
côté et la douceur mélodieuse d’autre part. Hyper efficace. Mais le groupe n’en
délaisse pas moins son goût prononcé pour les mélodies et à ce jeu on peut
noter By My Side, d’une fraîcheur désarmante.
Same Old sort des sentiers
battus : plus lent, plus lourd, ce titre exige plusieurs écoutes pour révéler
son potentiel addictif. Son pont, où batterie et clavier prennent les
commandes, est un moment fort. Et que dire du refrain, porté par le chant
envoûtant de Lisa ? Une jolie trouvaille tout simplement !
Awkward Situation permet de
découvrir Thomas au chant, Lisa assurant
les chœurs. Leurs
voix s’entrelacent à la perfection. Autre pépite : With a Taser, rapide et ciselé, où la
basse déchaîne et le clavier ajoute une touche mélodique bienvenue.
Côté
nouveautés, Au Large marque le premier titre en français du groupe. À
l’heure où j’écris ces lignes, il ne m’a pas encore convaincu. Non par principe, je suis loin d’être allergique au français, mais parce que le morceau
manque, à mon sens, de fluidité et de caractère. À réécouter, donc.
On conclura par l’excellent son signé Dimitri Dupire,
enregistré au studio DB. Il s’était déjà chargé du premier opus et on
connait son travail avec The Ascending et Clavicule notamment. La
pochette est aussi une belle réussite avec un collage efficace et un code
couleur marqué et marquant.
Ce
deuxième album se distingue du premier grâce à l’arrivée du clavier, qui
enrichit la palette sonore du groupe. Les compositions explorent de nouvelles
directions, et le pari est réussi. Sans hésiter, voici un album des plus marquants depuis ce début d'année !
J. NeWSovski
mardi 7 juillet 2026
BLACK MANTRA – Slow Motion Apocalypse [EP]
BLACK MANTRA – Slow Motion Apocalypse [EP]
Bastardz / Dispear Records
Formé en 2017 avec des membres issus de la scène bressuiraise (Penalty, For The Real, Bunkum…) et nantaise (Circles), Black Mantra confirme EP après EP sa singularité. Entre hardcore et punk, le groupe s’impose par un style atypique et des prestations live solides.
Inherent Violence ouvre l’EP avec un mélange savoureux de hardcore et de punk, où la voix de Gus, toujours plus aboutie, apporte énergie et mélodie. Avec MAD, le groupe surprend encore : le morceau se scinde en deux parties, dont une incursion reggae qui évoque directement les Bad Brains, voire même les Burning Heads.
Et dans le registre des morceaux fun, impossible de passer à côté de Holding On. Preuve s’il en est du côté atypique du groupe : quel autre collectif oserait glisser un tel titre dans un EP hardcore ? Groovy à souhait, avec des chœurs féminins envoûtants et une touche pop maîtrisée à la perfection. On pense même à Infectious Grooves ! Don’t Try, lui, revient aux fondamentaux du groupe, avec un punk hardcore toujours aussi libre, généreux en groove et en mélodies.
Le groupe offre aussi deux reprises dans cet EP. Gratitude des Beastie Boys est réinventée en version reggae, dopée par des riffs de guitare puissants au refrain. Quant à Skulls (Misfits), elle reste fidèle à l’originale, mais gagne en efficacité grâce à un son massif et à la voix envoûtante de Gus.
Original, l’objet sort aussi en cassette LEGO à monter soi-même (version limitée) et propose deux artworks différents suivant la version CD (chez Bästardz) et la version cassette (Dispear). Pour finir Slow Motion Apocalypse a été enregistré au Nomad Audio pour les parties instrumentales et au New Record Studio pour les voix.
Avec Slow Motion Apocalypse, Black Mantra signe son EP le plus abouti à ce jour. Riche, énergique et surtout d’une variété rare, cet opus mérite amplement de propulser le groupe sous les projecteurs.Si vous ne connaissez pas, il est temps de vous jeter dessus !
J. NeWSovski
jeudi 25 juin 2026
Live Report - DISPEAR FEST
Cinq
années d’existence avec une soixantaine de sorties… DISPEAR avait des
choses à fêter durant ce weekend de mi-juin. La chose la plus compliquée a
certainement été de sélectionner les groupes pour venir souffler les bougies.
Initialement
prévu à Cap-Breton, le festival a dû revoir ses plans en raison de la fermeture
(temporaire) du Circus, un lieu emblématique de la scène alternative et
DIY locale. Il s’est donc déplacé à Bayonne, au Magneto. Une salle de
taille modeste mais à l’architecture superbe, nichée dans les remparts
historiques de la cité basque.
mardi 19 mai 2026
FLYING DONUTS REACTIVATED / DARIA - [split]
FLYING
DONUTS REACTIVATED / DARIA
This
Machine Conjures Up The Old Days And Past Sounds
Dispear
Records / Reactivated Records
Quelle
sacrée surprise que ce retour des Flying
Donuts ! Évoquée il y a quelques mois, la reformation s’est
finalement concrétisée en une véritable résurrection. Le trio s’était séparé il
y a 9 ans, la reformation, centrée autour de Jérémie Dalstein (guitare
et chant), accueille deux nouveaux membres et fait aussi évoluer son nom avec l’ajout
du Reactivated derrière. Mais l’ADN est toujours là et, pour marquer le
coup, le groupe décide de sortir un petit split avec Daria, légende angevine et de s’organiser une double tournée : côte Ouest au printemps puis l’Est à l’automne.
Chaque
groupe joue quatre morceaux. Les Flying
Donuts Reactivated entament les hostilités avec Rain And Storms, morceau inédit enregistré
en deux temps (2023 et 2026) dans le style caractéristique du groupe. Rythmiquement assez posé,
une guitare lourde, et la voix de Jérémie si distinctive,
mélodiquement c’est très bon. Même fonctionnement pour Trapped, ce nouveau morceau offre un chant
plus haut tandis que derrière la guitare et la basse envoient des mélodies
lourdes et grasses. My Target
et Opposite Guys qui
apparaissent sur Renewed Attack ont été placées pour fêter
les 20 ans de l’album. On connaît bien évidemment par cœur ces deux titres et
leur réécoute reste un pur plaisir.
Daria propose aussi 4 morceaux qui sont des inédits. Drawing In The Air et In Absentia
proviennent des sessions d’enregistrement de The Impossible
Colours. Matgaz était alors à la batterie et
J. Robbins à la production. Le premier est calme mais d’une grande
intensité tandis que le second joue davantage sur l’énergie et les mélodies. Deux
très bons morceaux qui auraient mérités d’être présents sur l’album.
February, en version acoustique a été enregistré en 2017, c’est un hommage poignant
à Iain Burgess, l’un des deux piliers du studio Black Box
avec Peter Deimel. Décédé il y a 16 ans, il avait enregistré les
deux premiers albums du groupe. Enfin, Waltz
#1, est une chanson extraite de la compile allemande A
Brief Smile, hommage à Elliott Smith.
Le split,
disponible en cassette et en numérique, met en valeur l’artwork de Dan
Kerozene, dont on reconnaît immédiatement la patte avec une brin de
nostalgie.
J. NeWSovski
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DONUTS REACTIVATED
jeudi 30 avril 2026
MARIA TAREY / TØCARD! – Street Punx Faster [Split]
MARIA
TAREY / TØCARD! – Street Punx Faster [Split]
Dispear
Records / Face To Face Records / Kick Your Asso
Quelle idée
sympa de proposer ce split entre deux groupes qui ont le vent en poupe en ce
moment, à savoir Maria Tarey de Vannes et TØcard de Rennes. Pour l’occasion, le
graphiste s’est bien amusé avec une pochette hommage à l’excellent Street
Fighter 2 avec de jolies typos.
Je décide de
commencer le split par la face vannetaise et donc les cinq premiers titres sont
pour Maria Tarey qui dévore le temps à grand coups de riffs acérés. Cushing And Driving amène un punk hardcore
rapide rappelant Only Crime avec des chœurs à la Rancid. Pas de
temps à perdre avec Miso Tarey
aussi speed qu’expéditif (54 sec) et Play
With Genetics (53sec) le titre le plus efficace des Vannetais.
Memento Mori dégage aussi une grosse énergie et possède la particularité
d’être chanté en italien. Tragic Ballroom
synthétise un peu l’ensemble avec une grosse débauche d’énergie tout en posant
quelques mélodies et en proposant des riffs agressifs, avec le recul je pense
aussi à cet excellent groupe qu’était Fast Times, peut-être une
référence pour Sabrina, car leur chanteuse était tout aussi énergique !
C’est sur
une citation de Jean-Pierre Bacri que TØCARD! enchaîne avec Reality Sucks, très très rapide, normal
c’est du fast-punk avec des influences hardcore old school. Un bon défouloir vite enchaîné avec Punk Rock Saved My Life, qui est forcément
un hommage aux groupes qui ont inspiré les Rennais, le chant me rappelle Roger
Miret et Agnostic Front. Barking
Dog est dans la continuité tandis que Taking Back The Power s’appuie encore sur
un chant old school original et très frais. Dying
Zombie voit le featuring de Théo de Gummo et Goodbye
Horses qui apporte une belle diversité sur le chant, un morceau bien
mené par une basse détonante tandis que DRI
Brigade est lui chanté en duo avec Doug de Sordid Ship,
aussi présent dans Cuir et Coupe Gorge vient poser son
chant en français avec un texte amusant. Un morceau rapide avec un refrain
sympa.
Un
split très fun qui montre que la scène punk-hardcore bretonne est active et
talentueuse. De bons morceaux et un bel objet.
J. NeWSovski
samedi 25 avril 2026
LEFT BANK! / HEADS UP – split [EP]
LEFT BANK!
/ HEADS UP – split [EP]
Dispear
Records
Quand deux
groupes aussi complémentaires que Left Bank! et Heads Up décident de
s’unir pour un split, le résultat ne peut qu’être explosif. Séparés par
seulement 56 km (Nantes-Les Herbiers), ils partagent le même amour du punkrock mélodique.
Dispear Records a eu la bonne idée de leur offrir un écrin à la hauteur
de leur collaboration, avec une édition vinyle soignée. Il faut saluer le
travail des graphistes qui ont travaillé aussi en collaboration sur ce très bel
artwork : Julien Stylobic Lassalle et Kitch Kat.
Left Bank! ouvre le bal avec quatre titres qui ne laissent aucun
répit. Dès Clouds, le ton est
donné : un mur de guitares saturées, une rythmique implacable et une basse très
intéressante. Hog, reprise
de leurs camarades d’Heads Up est une belle surprise et se veut fidèle à
l’originale, une chanson présente sur leur premier album (Let Things
Happen – 2019). No Shallow et We’re
Here enchaînent avec des mélodies qui restent en tête dans la
grande tradition Fat Wreck Chords, Lagwagon en tête. Une
prestation maîtrisée, avec une production impeccable.
Heads Up prend le relais sans temps mort.
Right To Freedom impose dès
les premières notes une rythmique chaloupée qui pourrait faire penser aux Satanic
Surfers. A leur tour ils reprennent un morceau de leurs potes et ils ont
choisi Fear, issu de Message
in the Bottle (2024). Arrangé à leur sauce le morceau évolue dans une
version ska-reggae très fun et solaire. You’re
Not Alone appuie un peu plus sur le côté reggae, rappelant les albums
récents de Mad Caddies. Le split se clôt avec The End Is Near, un retour au punk-rock
pur et dur, qui rappelle que cette nouvelle génération a encore beaucoup à
offrir.
Un
split réjouissant qui met en lumière deux groupes prometteurs de la scène punk
rock mélodique française. Left Bank!, avec leur énergie pure et directe, nous
offre un condensé de punk rock efficace et sans concession. De leur côté, les Vendéens
de Heads Up surprennent par leur éclectisme, naviguant avec brio entre punk
rock énergique et reggae. Deux approches complémentaires, pour un résultat accrocheur
!
J. NeWSovski
mardi 17 mars 2026
THE DRUGSTERS – S/t
THE DRUGSTERS
– S/t
Dispear
Records / L’Ouïe pleure
Bam Bam Bam,
The Drugsters viennent du Sud-Ouest, de Bayonne, Euskadi baby ! Et
ce groupe cartonne comme jamais ! Il amène avec lui un vent frais issu de
la fin des années 80 et qui sent bon le début des 90’s. En regardant d’un peu
plus près à travers le livret de la cassette, Dispear oblige, on
retrouve Thomas d’Unlogistic au chant et à la guitare ainsi qu’un ancien
The Cabrones mais surtout Claudy Bastard FM : Milooz.
Et ça, ça parlera aux plus vieux lecteurs des Rêveries toujours dans l’ivresse
de la salle enfumée du Blues bar. Suite à l’enregistrement Seb de Seven
Hate, légende parmi les légendes, a rejoint le groupe à la batterie ainsi
que Francis (Rodeo Idiot Engine) à la guitare.
L’album s’ouvre
sur un punkrock direct avec des morceaux comme
Chemical Ride qui
me rappelle au bon souvenir du premier album des Burning Heads. Ainsi
que Boomers With Attitude qui démarre
avec un petit extrait de l’Arme Fatale avant que le refrain abrasif nous
entraîne tous avec son « we are the boomers ». J’adore le chant
éraillé de Thomas, juste ce qu’il faut.
Not Today sonne comme les Descendents, c’en est même troublant,
le son, le ton éraillé, l’énergie… Un chouette morceau ! Not Punk Enough est efficace, un peu plus
en retrait vu les autres chansons. John Connor
débute la face B avec un sample de… Terminator 2. Un vrai film de boomer pour
sûr ! L’alternance entre les chants des deux Thomas est
intéressante et le morceau amène une vraie intensité pertinente. Le morceau qui
ressort du lot est No Control,
le refrain est bien senti et le groupe y développe de belles mélodies. Tout se
termine avec Stadium Rock, taillé pour la scène, il va faire
chanter le public même si je trouve qu’il aurait mérité un tempo plus rapide
pour distiller un peu plus d’énergie.
L’enregistrement
respire l’authenticité, certes il n’aura pas le prix du meilleur son 2026 mais
c’est aussi ce qui fait son charme et rappelle justement la fin des années 80,
et toute une floppée de groupes, The Descendents en premier !
The
Drugsters est une belle surprise et ce mini-album (9 titres, 21 minutes) s’annonce
comme la bande-son idéale de ce printemps. On va vite les découvrir sur scène
et ça s’annonce de très belle manière !
J. NeWSovski
dimanche 1 mars 2026
YOUTH AVOIDERS – Defiance
YOUTH
AVOIDERS – Defiance
Dispear
Records / Destructure records
Huit ans séparent
Défiance de Relentless, le second
album des Parisiens. Une longue période durant laquelle le groupe a vécu beaucoup
de hauts avec des concerts partout à travers le monde mais aussi des bas qui
les ont obligés à changer de line-up et notamment se séparer de leur bassiste,
suite à une agression sexuelle. Ce nouvel album est donc une surprise. Une
excellente surprise même. Et dès les premières notes on reconnait les marqueurs
du groupe avec un son caractéristique et un chant original.
Endless Fight démarre avec une énergie communicative, punkrock pleine
balle, hardcore old school. Le groupe joue vite, à la manière des Nantais de
Circles avec lesquels ils partagent de nombreux points communs.
Le tempo est
frénétique sur Fed Up Of Their Lies
qui montre que Youth Avoiders
est toujours un groupe avec des paroles engagées. Les mélodies ne sont pas
oubliées comme sur Solidarity with the oppressed
ou Nowhere to go où la voix de
Christopher se pousse dans ses retranchements. Les titres s’enchaînent,
pas moins de 10 pour 20 minutes, la messe est vite dite, mais on notera
quelques excellents brûlots comme Real Life
Awaits Us ou Short Fuse.
J’apprécie particulièrement la guitare de Christoph, d’une efficacité
implacable sans distorsion et le jeu de batterie ultra efficace de Marlon.
L’enregistrement
a été réalisé en deux temps entre Aout 2024 et Novembre 2025 signé Nicolas,
qui assure aussi la basse, est d’une justesse remarquable. Quant à la pochette signée
par Gaspard Le Quiniou d’Arrache-toi un Œil, elle est vraiment
magnifique, c’est une des plus belles que j’ai pu voir ces derniers temps, bravo !
Defiance est l’un de ces albums
incontournables de ce début d’année. Il marque le retour de Youth Avoiders et c’est
une excellente nouvelle ! Il s’écoute en boucle et je ne peux que le
conseiller vivement !
J. NeWSovski
samedi 14 février 2026
JETSEX – Down! Down! Down!
JETSEX – Down!
Down! Down!
Dispear
Records / Chanmax Records / Jazz Wreck / Kick Your Asso
L’album Down!
Down! Down! de JETSEX est sorti à une période peu propice à
l’attention médiatique : fin d’année, saturation de sorties… Pourtant, un
nouvel opus du groupe parisien mérite mieux qu’un silence radio. Car JETSEX,
c’est une institution du punk rock français, marquée par des albums comme Paris
By Night (2004) ou Sexually Challenged (2009),
et des splits mémorables avec les américains de Murphys Law (2001) et Justin(e)
(2007). Leur énergie scénique et leurs concerts à travers le monde (États-Unis,
Japon, Mexique) ont forgé leur réputation avant leur séparation en 2011.
En 2024, le
groupe se reforme et enchaîne les dates, de la Brasserie la Muette au
festival In Your Face. L’enregistrement d’un nouvel album s’imposait
naturellement. Avec une surprise tout de même : Pat, figure légendaire
du punk français (Frustration, Les Cavaliers,
Last Night, Actions Fall
Short…), est absent de l’enregistrement malgré sa présence sur
scène lors des concerts de réunification.
Down!
Down! Down!
confirme que JETSEX n’a rien perdu de sa verve. Dès Avigdor Arikha,
le ton est donné : riffs agressifs, basse virevoltante, et des featurings de
choix pour les oreilles avides de chœurs (Tomoï des Burning Heads/Lion’s
Law, Barry de RKL). Shit
Me Not et Down
The Rabbit Hole
(déjà dévoilé en single) enchaînent avec une énergie punk-garage contagieuse. Light Over
The Darkness offre une « pause »
mid-tempo, rappelant les Bouncing Souls, notamment sur le chant de Miko,
tandis que Inside et Hit The
Switch prouvent que la section
rythmique, portée par Jimmy Jazz, reste une force majeure du groupe. Son
travail à la basse est énorme et donne un son vraiment unique au groupe.
Avec des
titres comme Black Map ou Came
With A Warning, JETSEX livre un album cohérent, où chaque
morceau trouve sa place. La clôture, Hello We
Gotta Go, surprend par sa
structure avec une introduction poséeavant d’emprunter quelques codes au
hardcore.
Ce
retour de Jetsex est donc une excellente nouvelle avec un album détonnant de
pur punkrock déchaîné. Les dates de concerts s’annoncent un peu partout et ce
sera le moment parfait pour profiter de cet excellent groupe bien trop méconnu.
J. NeWSovski
mardi 11 novembre 2025
SPLIT – Violence Breeds Violence
SPLIT –
Violence Breeds Violence
Incisive
Records / Dispear Records
Mené par Marvin,
ex-membre de Structures, SPLIT est un nouveau groupe rouennais
qui frappe fort dès son premier album. En sept titres et seulement 18 minutes, le
quintet impose un son aussi dense que difficilement classable, mélangeant punk,
New York hardcore, crust et riffs trash avec une urgence qui ne laisse personne
indifférent. Ici, la basse domine, lourde et oppressante, tandis que les
guitares et la batterie tissent un climat où la tension est permanente.
Dès Cowards après une lente montée en tension, on sent beaucoup de puissance puis un
déferlement de sons. Et c’est en lisant son interview dans Mowno que je
découvre ce qui anime Marvin sur ce morceau et qui explique la violence
exprimée. Dès lors, on perçoit un autre angle de vue que ce soit sur Cowards et même tout l’album complet. Une
colère qui ne se contente pas d’être exprimée : elle est structurée, réfléchie,
et traverse tout l’album. Good Cop, avec sa rythmique plus rapide, s’attaque directement aux violences
policières, tandis que For Fucks Sake joue des changements de tempos pour
désorienter et captiver.
SPLIT excelle dans l’art du contraste. World Sucks décharge toute son énergie en 24 secondes, comme un coup de
poing, avant que Something Of My Own ne revienne à une lourdeur plus
mélodique, mais tout aussi écrasante. Stained Soul, avec sa rythmique mécanique et son refrain fédérateur, est sans doute
le morceau le plus accrocheur de l’album – un hymne sombre qui reste en tête bien
après l’écoute. Enfin, I Feel Nothing More clôt l’album en douceur trompeuse :
les guitares mélodieuses laissent place à un chant hurlé qui emporte tout dans un
final aussi intense que désespéré.
Pas si
simple d’accès, Violence Breeds Violence est un album qui se refuse à la facilité.
Entre dissonances assumées et rythmiques lourdes, SPLIT ne cherche pas à
séduire, mais plutôt à régler ses comptes et ce, de manière bruyante. Fortement
conseillé donc !
J. NeWSovski
https://split-hc.bandcamp.com/album/violence-breeds-violence
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