jeudi 16 avril 2026

THE FLICKER – Darker

 


THE FLICKER – Darker

Twenty Something

 

Les angevins connaissent bien The Flicker, surtout son chanteur, Casbah, figure incontournable du microcosme rock local. On le connaît bien à travers ses précédents groupes : Casbah Club ou The Last Band In Town. Mais The Flicker c’est avant tout un groupe de vieux briscards qui transpire le rock et qui est là par passion et pour prendre du plaisir sur scène.

 

Ce nouvel album, leur deuxième après Your Last Day On Earth (2020), est une nouvelle fois enregistré par Camille Belin qui venait juste de finir la production de Big Big Smile de Fragile. Je dois avouer que le son est vraiment puissant et donne beaucoup de relief à la musique du groupe. Côté esthétique de l’objet, je suis moins emballé par l’artwork, simple, direct mais manquant d’originalité surtout comparé au précédent.

Dès l’ouverture avec Left In The Afternoon, on perçoit un punk-rock à l’ancienne, et c’est ce qui est particulièrement plaisant. En y regardant de plus près ce n’est pas étonnant car ce titre est, à l’origine, issu du répertoire du Casbah Club, joué sur scène mais jamais enregistré. J’apprécie la façon de chanter de Casbah, pas très courante à l’heure actuelle et c’est intéressant d’amener autant de variations. On citera forcément des références telles que The Clash ou certains groupes anglais comme les Buzzcocks pour le côté mélodique très présent. Et, parmi les titres marquants, j’aime beaucoup The Silo, rapide, efficace et sans fioritures, le riff de guitare sur les couplets est bien incisif et le refrain est fédérateur. C’est même, pour moi, le meilleur morceau de l’ensemble du répertoire du groupe. Le côté mélodique transparait à travers des titres comme Big Bad World ou le tube No Sorry No Sorrow au refrain digne des Thugs. Une influence que l’on peut retrouver sur un morceau comme So Pure, rapide et efficace qui n’est pas sans rappeler aussi Bad Religion. Last Day On earth vient faire un clin d’œil au premier opus qui portait déjà ce nom. On appréciera les chœurs faits par Camille Belin, et c’est classe que le chanteur de Daria ait prêté sa voix.

Le groupe offre avec Darker une version plus sombre de sa musique, le tempo est plus lent, l’ambiance plus inquiétante. Ce morceau se démarque mais amène une touche d’originalité et une cassure bienvenue dans l’album.

La reprise de Good Night Dresden, chantée en français, est un hommage audacieux à Extraballe, l’un des grands oubliés du rock hexagonal. C’est une première pour The Flicker et c’est intéressant notamment pour clôturer cet album.

Darker, deuxième album de The Flicker, est un bel album de rock au sens large avec une ossature punk. Très intéressant à écouter il permet de faire une liaison avec le style du début des années 90 et un son actuel. A découvrir aussi sur scène où le groupe prend une dimension encore plus grande.

 

J. NeWSovski

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook



samedi 11 avril 2026

KANØN – S/t [EP]

  



KANØN – S/t [EP]

Autoproduction

KANØN, est un projet né il y a 1 an ½ dans lequel on retrouve Ben (ex-We Want Sound ; et son projet solo Ben Leno), Louis de Orchids ainsi que Manon et Louise du groupe Deuxième Etage. Le groupe est installé entre Poitiers et Parthenay.

In My Veins, le morceau d’ouverture, possède des faux airs de Dead End, il démarre fort avant d’offrir la surprise d’une guitare acoustique qui vient adoucir l’ensemble et lui confère une originalité immédiate. Je trouve d’ailleurs super intéressant ce morceau de pop-punk très solaire, bien porté par la voix de Ben dont le grain ajoute une touche de caractère. Green Jacket, quant à lui, m’évoque un peu FAVEZ par certains aspects, j’aime beaucoup le côté mid-tempo, riche en émotions et bien appuyé par des chœurs qui montent haut. Cats, s’installe avec une belle intro soignée avant de basculer vers de la power-pop très plaisante servie par des chœurs féminins accrocheurs et un chant qui oscille entre mélodieux et rugueux. Trick or treat peine, par contre, à me convaincre. Chanté par les filles, le morceau possède un côté Panic Monster avec la guitare acoustique mais l’accent accroche l’oreille, c’est fun mais sans plus.

 

Au final, KANØN signe un premier EP prometteur, alliant mélodies bien senties et une touche punk-rock qui flirte avec la power-pop. La construction est solide, la voix accrocheuse, et l’ensemble donne envie d’en savoir plus. À suivre de près.

J. NeWSovski

lundi 6 avril 2026

ECHO SAYS ECHO – Aithaleia

 


ECHO SAYS ECHO – Aithaleia

Voice Of The Unheard

 

Pour commencer à parler de cet album, je me dois de parler du superbe artwork réalisé par Ariane Patenaude. Sorte de sablier, de mondes inversés avec des fractales numériques par-dessus. Au-delà de la beauté, il est intrigant et annonce l’immersion sonore qui suit. L’album en vinyle, s’offre sur un superbe splatter du plus bel effet. Certainement l’un des plus beaux objets entrecroisés depuis quelques années.

Echo Says Echo est un groupe de Paris qui joue du post-rock instrumental. Il y a beaucoup de sorties actuellement dans ce style ou beaucoup qui s’en approchent en proposant du shoegaze ambiant mais j’avais envie de parler de cet album précisément car il sort véritablement du lot.

Aithaleia est un mot qui évoque les cendres et le feu, c’est aussi le nom donné à l’île d’Elbe dans l’Antiquité et sa terre volcanique. Cet album s’écoute comme un voyage, six titres qui forment une seule et unique œuvre immersive à souhait.

Dès l’ouverture avec Noisy Cave, on sent de l’énergie, maîtrisée, calculée, façon Explosions In The Sky mais qui joue avec les contrastes pour offrir différents temps sur le même morceau. Les touches électroniques sont légères et apportent une ambiance intéressante. The Landing offre un autre visage, marqué sur des ruptures et une batterie dominante. La tension est grandissante et la puissance se libère. Volta Celeste est le morceau qui m’accroche le plus, le riff de guitare est obsédant sur la première partie et l’ambiance puissante et rapide est totalement captivante. En live ce morceau doit être super fort et intense. HHID alterne les ambiances durant ses sept minutes joue avec les contrastes, les temporalités, et une tension latente, puis Stuck In Eternity amène sa poésie. Le morceau était déjà sorti avant l’album complet et se visionne aussi en clip rappelant la pochette du dernier Tardis mais plus directement Interstellar. Le parallèle entre le film et la musique d’Echo Says Echo est d’ailleurs intéressant.

Le voyage sonore se termine avec le long et magnifique Dissensus sur lequel on retrouve ce climat enivrant. Les touches électroniques et synthétiques sont à nouveau présentes pour amener une touche originale.

 

Aithaleia est donc un très bel album, envoûtant et immersif. Il se révèle très riche et ne cesse de distiller ses charmes écoute après écoute. Hâte de découvrir sa transposition sur scène.

 

J. NeWSovski


 

Lien Bandcamp

Lien Facebook



jeudi 2 avril 2026

TANT QUE C’EST ENCORE POSSIBLE : OLIVIER DE DRAGO

 


TANT QUE C’EST ENCORE POSSIBLE : OLIVIER DE DRAGO

Entretiens avec Sam Guillerand

Chaque Jour Est un Dimanche

 

La collection Les Derniers Des Mohicans revient sur les figures marquantes de la scène musicale française dite underground. Voici le troisième tome consacré à Olivier Drago et intitulé « Tant que c’est encore possible ».

Le tome précédent consacré à Franck Frejnik, pilier du fanzinat et de la presse musicale, s’est révélé d’une richesse d’informations incroyable. L’entretien révélait une personne discrète mais profondément engagée. J’ai adoré la quantité d’anecdotes et de situations décrites. Déjà fan du personnage, cet ouvrage n’a fait que confirmer l’impression ressentie à travers tous ses travaux.

 

Je me suis donc jeté sur ce nouveau tome dédié au fondateur et rédacteur en chef d’une revue qui a évolué sous plusieurs noms tout en gardant le même ADN : New Noise.

L’entretien revient sur le parcours d’Olivier : son enfance à Limoges, sa découverte de la musique, les premiers concerts. Son projet d’étude qui devient le site No Brain No Headache et qui sera le détonateur vers son passage à la presse écrite. On y découvre ses premiers pas dans le magazine VELVET, vous savez ce mag très joli avec un dvd empli de live et de clip. Je ne sais pas si ma mémoire me joue des tours mais il me semble même qu’au troisième ou quatrième Fury Fest, au Mans, une scène portait le nom du magazine. Ce n’est, d’ailleurs, pas abordé dans le livre. Le magazine connaît quelques déboires aussi il s’échappe et monte Versus avec une ligne éditoriale assez proche qui se transforme quelques années plus tard en Noise et puis un peu plus tard en New Noise.

Cet entretien permet de découvrir l’envers du décor. Loin de l’image romantique d’un open-space animé, Olivier Drago révèle une réalité plus solitaire : certains rédacteurs n’ont jamais été rencontrés, les échanges se font très souvent à distance.

La référence R.A.G.E., magazine pionnier, revient très régulièrement et montre qu’il reste une référence et une influence importante.

L’entretien aborde l’épineux sujet des difficultés de New Noise qui ont démarré en 2022 et qui ont mis à mal sa publication. C’est à nouveau le cas cette année. La discussion tient à trouver les raisons des baisses de vente, je suis surpris qu’à aucun moment le sujet du prix du magazine ne soit approché, pourtant crucial, car d’un point de vue lecteur j’ai vu une sacrée différence entre le prix d’un numéro en 2015 (6.90€) et un actuel (12.90€). Bien entendu elle se justifie par une hausse des coûts d’impression mais l’achat d’un New Noise n’est plus à la portée de tout le monde.

La deuxième partie du livre est une discussion complète entre Sam Guillerand et Olivier Drago sur un sujet qui les oppose. Olivier étant toujours avide de nouveautés ce qui n’est pas le cas de Sam. Je résume un peu mais l’idée se situe par-là. Cette partie qui m’a fait penser à l’excellent zine HuGui(Gui) les Bons Tuyaux, mais, hélas, je n’ai pas vraiment apprécié. Le côté name-dropping et la volonté oppressante de vouloir convaincre est pesante à lire. Et puis il y a un réel décalage de temps d’expression entre les deux protagonistes qui s’est révélé gênant pour moi. J’ai par contre apprécié la richesse des propos souvent pertinents. Mais peu importe ce n’est que mon humble avis.

 

Tant que c’est encore possible est bien plus qu’un entretien : c’est une plongée dans les coulisses de la presse musicale, un témoignage sur les défis et les difficultés de l’indépendance. Que vous soyez lecteur de New Noise, passionné de fanzines ou simplement curieux des aventures éditoriales, ce livre vous parlera. À lire, donc, tant que c’est encore possible !

J. NeWSovski

dimanche 29 mars 2026

.CHIRE – Notre Dame Des Tentes [EP]

 


.CHIRE – Notre Dame Des Tentes [EP]

Autoproduction

 

Montréal ne cesse de confirmer son rôle de place forte du rock canadien. Après Vulgaires Machins, Population II, Nobro ou Lost Love, voici .CHIRE et son punk « gériatrique » – un terme qui, rassurez-vous, ne reflète en rien l’énergie de ce quintet. Leur EP Notre Dame Des Tentes est une claque aussi bien musicale que sociale, où la rage et l’engagement se marient à des riffs tranchants et des voix éraillées. Bon, en voyant les photos des gars, je me rends compte qu’on a à peu près le même âge. Je vais donc considérer Les Rêveries comme un fanzine gériatrique aussi !

L’EP démarre fort avec Révolution (y’en aura pas) punkrock très efficace avec une grosse voix façon Gruff Punk et un chant en français teinté du subtil accent québécois si reconnaissable. Ça joue fort et ça joue vite, un vrai défouloir, les chœurs fonctionnent à merveille et la section rythmique est vraiment sympa, j’aime beaucoup la basse. Enchaîne ensuite C’est le premier tour de roue le plus rough, avec le deuxième chanteur qui prend le lead. Sa voix est originale et, avec ce texte, ça passe crème ! Le texte aborde le sujet de l’écologie et comment enrailler le mouvement de surconsommation, c’est intéressant.

Il y a toujours un engagement dans les textes, c’est le cas aussi sur Brûle ! Coderre, Brûle !, un morceau que j’affectionne particulièrement. Il va vite, la voix éraille de FO dessus fonctionne à merveille et la guitare est joueuse et balance quelques riffs bien sentis. Un très très bon morceau.

Notre Dame Des Tentes, morceau éponyme, est une plongée dans le Montréal des laissés-pour-compte. Le texte, poignant, décrit un campement de fortune face à l’explosion des loyers – un thème universel, mais ancré dans le réel (-30°C l’hiver, ça ne pardonne pas). Musicalement, les riffs en cascade et les changements de tempo évoquent l’urgence, comme si Hot Water Music avait croisé la route des Vulgaires Machins. Un excellent morceau.

Fuck Gagner me fait vraiment penser à un morceau de Guerilla Poubelle, un brûlot punk rapide et direct. Un texte qui aborde, une nouvelle fois, un sujet sociétal.

 

Notre Dame Des Tentes est un EP sans concession, où le punk retrouve sa fonction première : dénoncer, rassembler, et surtout, faire bouger. .CHIRE prouve qu’on peut être « gériatrique » sans rien perdre de son mordant, et qu’à Montréal, la scène punk francophone a encore de beaux jours devant elle. À suivre de près, donc.

J. NeWSovski

 

Lien bandcamp

Lien Facebook



mercredi 25 mars 2026

WETWALLS – démo

 


WETWALLS – démo

Bus Stop Press

Marseille voit émerger WETWALLS, un collectif qui rassemble d’anciens membres de Wake The Dead, Water Mane, Joyblasters et Third Memory – des noms familiers pour les habitués des Rêveries. Cette démo, disponible en cassette, propose six titres (dont une intro et une outro) pour un voyage intense de 14 minutes.

C’est une démo, et le rendu sonore en porte les traces : un mixage un peu compressé, presque étouffé, qui ne rend pas encore justice à la musique du groupe. Mais derrière ces arrangements un peu bruts, l’énergie transparaît. Dès In Neutral, WETWALLS dévoile un post-hardcore viscéral et mélodique, où les chants se mêlent à des lignes musicales soigneusement ciselées, ça part en screamo.

Neon Sky confirme cette impression, avec une tension et une intensité palpable et des mélodies qui s’étirent. Split Soul, quant à lui, ouvre une brèche vers des horizons plus ambitieux : on devine un groupe capable de déployer des morceaux encore plus atmosphériques, tout en gardant cette énergie électrique qui les caractérise.

 

 

Une belle découverte, on attend la première sortie « officielle » avec impatience parce qu’on a affaire à un groupe talentueux !

J. NeWSovski

 

Lien Bandcamp

Lien Instagram

 

samedi 21 mars 2026

Playlist du printemps

 Voici déjà le printemps et, il allait de soit qu'une petite playlist très punkrock accompagne le soleil et l'éclosion des fleurs.

Onze groupes, onze gros morceaux. Des featurings, des inédits, du français mais pas que...

Petit clin d'œil aussi à l'artwork de cet album mythique des Burning Heads sorti il y a tout juste... 30 ans.