mardi 2 juin 2026

HOMEGROUND – Splendid

 


HOMEGROUND – Splendid

Krod Records

 

 Certaines villes, discrètes, abritent une culture musicale qui traverse les époques sans jamais s’essouffler. Des endroits difficiles à situer mais où la culture musicale se transmet de génération en génération, sans jamais vraiment s’éteindre. Nevers, est l’un de ces lieux. Et Homeground, est l’un de ces groupes qui portent aujourd’hui cette histoire. On retrouve toujours la ville de Nevers sur les tournées des groupes et c’est tout naturellement que le quintet a pu se nourrir avec tout ce qui passait avec une préférence pour le skate-punk des Satanic Surfers et autres Millencolin. Mais Homeground a pris le temps de digérer ses influences.

Après Believe in Forgets, un EP prometteur sorti en 2021, voici Splendid, leur premier album. Le quatuor a posé davantage les choses qu’auparavant, offrant un punk-rock qui tient davantage de la vague émo du début des années 2000 qu’à la vague Epitaph du milieu des 90’s. Et cela se ressent dès le morceau d’ouverture, Frozen Mind, Radieux et chantant qui gère parfaitement sa structure. Je pense à The Promise Ring sur des morceaux comme Changes, avec un attrait certain vers les mélodies longues et douces mais tout de même musclées par un mur de guitares. Vices complète cette série des morceaux bien construits et terriblement accrocheurs. The Raft se veut plus pop dans son approche mais explose littéralement sur le refrain porté pars des chœurs qui le rendent grandiose. Un morceau surprenant.

L’un des points forts du groupe est aussi la voix et le chant, à la fois douce et puissante, elle apporte une touche de quiétude, d’harmonie et de sérénité à l’ensemble. Un exemple avec That Track, aux riffs lourds que ce soit à la basse ou à la guitare. Plagiarism Love en semi-acoustique est intéressant, il me fait penser à l’album solo de Nikola Sarcevic, emplein de mélancolie.

Si j’ai bien compris Everyone Knows parle de Nevers, du format de la ville qui fait que tout le monde a quelqu’un en commun. C’est un peu le cas aussi à Angers et c’est ce qui fait le charme des « moyennes » villes de Province.

 

Splendid est un album plein de charme de la part d’un groupe discret. Ceux qui ont apprécié l’époque Jade Tree, Vagrant records des années 2000 ne pourront qu’apprécier la musique d’Homeground. C’est frais mais mélancolique avec des riffs suffisamment efficaces pour vous entraîner à chaque morceau.


J. NeWSovski

 

 

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jeudi 28 mai 2026

Fanzine - Les Rêveries numéro 24




Bonjour à tous !

Le 24ème numéro des Rêveries est là ! Disponible dès maintenant en version numérique, une édition papier légèrement allégée suivra mi-juin.

Au sommaire : les coups de cœur du début d’année avec CHIRE (Québec), RANDOM HEARTS, et les Marseillais de WAKE THE DEAD. On découvre aussi Falling Waves, Carnage Piknik et Kanon (maudit o barré !), sans oublier les incontournables Krav Boca et Circles. La scène angevine est à l’honneur avec Beastly et Gondhawa, et on donne la parole aux acteurs du milieu : la photographe Jessica Calvo, Yan du mythique Cafzic, et Peter Deimel du studio Black Box.

En bonus : une bio express de No Fun At All et un "Question d’Artwork" spécial Minor Threat.

Bonne lecture !




La version papier début juin, elle sera disponible sur Angers dans certains points stratégiques (Le Chabada, Exit Music, Joker's Pub...) ou sur simple demande. Par correspondance c'est possible en prenant en charge les frais de port (mondial relay c'est plus cool).


Bonne lecture !

samedi 23 mai 2026

THE FLATLINERS – Cold World

 


THE FLATLINERS – Cold World
Equal Vision Records

Avec Cold World, les Canadiens de The Flatliners signent leur 7ème album en 24 ans de carrière, et force est de constater qu’ils n’ont rien perdu de leur superbe. Après New Ruin (2022), un disque où le groupe explorait ses blessures et ses doutes avec sincérité, le quatuor de Richmond Hill dans l’Ontario revient avec un album à l’esprit bien plus serein, presque zen, face à l’ambiance actuelle. Pas de révolution ici, mais une confirmation : The Flatliners font ce qu’ils savent faire le mieux avec une maturité impressionnante.

L’album s’ouvre d’excellente manière avec Stolen Valour, un morceau qui pose le ton : des guitares massives, une rythmique implacable, et le chant rauque et unique de Chris Cresswell (aussi membre de Hot Water Music) qui scande « Together in disintegration we fall first ». Les chœurs fonctionnent à merveille et la batterie n’est pas en reste ! Sorti en single en février, Good, You? est un tube en puissance. La construction lente, presque hypnotique, explose en un refrain fédérateur, typique des Flatliners et qui fait le lien avec l’époque Inviting Light en 2017. Inner Peace (paix intérieure en français) est un titre ironique, tant l’énergie du morceau est explosive. J’aime le contraste entre le chant saccadé et les refrains mélodiques enrobés de chœurs entraînants.

 

Petites incartades plus pop avec And They’re Off à la rythmique plus posée et aux mélodies accrocheuses puis sur Whyte Light et enfin Into Annihilation, qui se révèle un très joli morceau, parfait sur son mid-tempo avec la rage subjacente dans la voix de Chris. Pulpit dénote un peu, notamment sur ses couplets avec les deux chants en superposition, le refrain est intéressant mais ce morceau peine à me convaincre. Puis caché dans la fin de l’album Burn se révèle être un très bon morceau, explosif avec une grande intensité, des riffs percutants et un refrain bien senti, bref tous les marqueurs des Flatliners, tous ceux qui me font aimer ce groupe.

 

Pas de révolution ni de grande surprise avec ce nouvel album, comme ça a pu être le cas par le passé avec Inviting Light. Cold World est un album solide avec quelques morceaux qui pourraient devenir des classiques du groupes et d’autres plus pop ou moins incisifs me font lui préférer son prédécesseur, New Ruin. Mais il demeure tout de très nettement au-dessus du lot, et rien que pour la voix et le chant de Chris Cresswell cet album est une très bonne nouvelle.

J. NeWSovski

 

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mardi 19 mai 2026

FLYING DONUTS REACTIVATED / DARIA - [split]

 


FLYING DONUTS REACTIVATED / DARIA 

This Machine Conjures Up The Old Days And Past Sounds

Dispear Records / Reactivated Records

Quelle sacrée surprise que ce retour des Flying Donuts ! Évoquée il y a quelques mois, la reformation s’est finalement concrétisée en une véritable résurrection. Le trio s’était séparé il y a 9 ans, la reformation, centrée autour de Jérémie Dalstein (guitare et chant), accueille deux nouveaux membres et fait aussi évoluer son nom avec l’ajout du Reactivated derrière. Mais l’ADN est toujours là et, pour marquer le coup, le groupe décide de sortir un petit split avec Daria, légende angevine et de s’organiser une double tournée : côte Ouest au printemps puis l’Est à l’automne.

 

Chaque groupe joue quatre morceaux. Les Flying Donuts Reactivated entament les hostilités avec Rain And Storms, morceau inédit enregistré en deux temps (2023 et 2026) dans le style caractéristique du groupe. Rythmiquement assez posé, une guitare lourde, et la voix de Jérémie si distinctive, mélodiquement c’est très bon. Même fonctionnement pour Trapped, ce nouveau morceau offre un chant plus haut tandis que derrière la guitare et la basse envoient des mélodies lourdes et grasses. My Target et Opposite Guys qui apparaissent sur Renewed Attack ont été placées pour fêter les 20 ans de l’album. On connaît bien évidemment par cœur ces deux titres et leur réécoute reste un pur plaisir.

Daria propose aussi 4 morceaux qui sont des inédits. Drawing In The Air et In Absentia proviennent des sessions d’enregistrement de The Impossible Colours. Matgaz était alors à la batterie et J. Robbins à la production. Le premier est calme mais d’une grande intensité tandis que le second joue davantage sur l’énergie et les mélodies. Deux très bons morceaux qui auraient mérités d’être présents sur l’album.

February, en version acoustique a été enregistré en 2017, c’est un hommage poignant à Iain Burgess, l’un des deux piliers du studio Black Box avec Peter Deimel. Décédé il y a 16 ans, il avait enregistré les deux premiers albums du groupe. Enfin, Waltz #1, est une chanson extraite de la compile allemande A Brief Smile, hommage à Elliott Smith.

Le split, disponible en cassette et en numérique, met en valeur l’artwork de Dan Kerozene, dont on reconnaît immédiatement la patte avec une brin de nostalgie.

J. NeWSovski

 

 

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vendredi 15 mai 2026

Le CHATEAU COSCO – Hortense [EP]

 


Le CHATEAU COSCO – Hortense [EP]

Calvaire Divin

Auteur il y a deux ans d’un premier EP « Sortilèges », le CHATEAU COSCO remet le couvert avec cinq titres intenses qui s’écoutent comme un bloc compact. Le trio montpelliérain affine encore un peu plus son noise-rock instrumental teinté de math-rock évoquant à la fois TOTORRO, PENICHE mais également les Belges de LA JUNGLE pour les rythmes technoïdes qui jalonnent cette nouvelle production.

Avec le CHATEAU COSCO, dont le patronyme évoque presque un titre perdu de Hayao Miyazaki, le ton est donné dès les premières secondes du pétaradant « H.E.E.T. ». Portée par une section rythmique hypnotique et répétitive, cette première salve multiplie les breaks et joue avec les nerfs. Le morceau mêle avec brio incursions math-rock et déflagrations sonores dignes des grandes heures du post-rock, comme une collision entre TOTORRO et EXPLOSIONS IN THE SKY. Plus groovy, « Sortilège IV » s’appuie sur un riff entêtant et convoque une transe quasi tribale, rappelant la furie répétitive de LA JUNGLE. Une musique physique, viscérale, qui donne autant envie de danser que de pogoter dans la fosse. « Azote Liquide » calme un peu le jeu dans avec une entame plus aérienne dominée par des parties de guitares planantes. Mais la tension est cependant palpable. La basse surgit, massive, bientôt épaulée par des guitares plus abrasives et une batterie au diapason pour un morceau débordant d’énergie et de fausses pistes. Avec « Arbok », le trio s’aventure sur un terrain encore plus expérimental et noisy. Sur plus de six minutes, Le CHATEAU COSCO étire sa matière sonore sans jamais perdre en intensité, prouvant sa capacité à construire des architectures complexes tout en conservant une approche ludique et instinctive. « Les Poules », titre le plus court de l’EP qui clôture l’album, impressionne par l’intensité de son jeu de batterie. Les guitares, d’abord cristallines, finissent par baisser la garde pour un final bruitiste aussi chaotique que jubilatoire.


Avec « Hortense », Le CHATEAU COSCO transforme l’essai du premier EP et impose sa signature. Son noise-rock 100% instrumental est une décharge d’énergie brute qui ne demande qu’à exploser sur scène.

 

Mr Caribou

 

Titre préféré : H.E.E.T

  



dimanche 10 mai 2026

VIGILANTE – Behind the mask [EP]

 


VIGILANTE – Behind the mask [EP]

Autoproduction

Nantes encore. Nantes toujours. La ville ne cesse de sortir des groupes qui comptent, et Vigilante pourrait bien rejoindre la liste. Le groupe a déjà sorti une démo en 2022 et s’attaque à un format plus long avec ces 9 morceaux pour 17 minutes. Auparavant certains de ses membres évoluaient dans Santa Cruz et Poésie Zéro, deux groupes à la renommée bien différente mais d’une importance capitale sur Nantes. L’esprit du groupe est DIY avant tout, et Behind the Mask se présente derrière une belle pochette en noir et blanc, sobre laissant place à l’interprétation.

Walk Straight ouvre les hostilités avec un punkrock garage rapide, le son est un peu crade notamment la guitare distordue et le chant. Un son qui marque d’entrée l’identité du groupe. Metal Slug enchaîne, est-ce un hommage au jeu star de la NeoGeo ? Peut-être, car il semblerait que le quatuor soit fan de jeux vidéo. Le morceau est davantage hardcore oldschool, très dansant et il regagne en intensité grâce à l’arrivée de Guillaume (Circles) au chant, dont la voix si reconnaissable apporte une touche vraiment plaisante. Un featuring qui prouve que la scène nantaise sait jouer bien plus collectif que son équipe de foot... Nightmare pose un peu plus les choses avec davantage de mélodies, le rythme se ralentit et le morceau se révèle très plaisant et intense. La recette se poursuit avec les mêmes ingrédients sur I’m bored dont les couplets ralentissent volontairement le mouvement avant de s’envoler sur les refrains.

Black Belt déboule pleine balle, la rythmique est très rapide et sur le refrain on perçoit la voix de Sabrina de Maria Tarey qui vient s’offrir aussi le dernier couplet, cette collaboration est vraiment intéressante. Skate is a drug est une ode à une autre passion du groupe : le skate. Une fois passée l’introduction, le titre s’emballe aves des riffs secs et une grosse énergie. Beer Church est aussi très fun, dans un esprit qui rappelle Circles, le morceau est très direct et efficace.

 

Avec Behind The Mask, Vigilante montre que la scène nantaise est toujours aussi intéressante. Cet EP respire l’énergie des années 80-90, entre riffs crasseux et mélodies accrocheuses. Le son a son charme même si je dois avouer que j’aime quand même les belles productions avec un gros son. A découvrir et à suivre !

 

J. NeWSovski

 

       



mardi 5 mai 2026

CIRCLES – In defense of lost causes [EP]

 


CIRCLES – In defense of lost causes [EP]

Shield recordings

Toujours sous le charme de leur précédent album, Still, que je considère comme l’un des tous meilleurs albums de 2024, c’est avec beaucoup d’appétit que j’entame ce nouvel EP des Nantais, qui s’avère chaud, voire même brûlant.

Et Frontline brouille les pistes avec sa douce introduction au piano, mais non ce n’est qu’illusion ! Cette nouvelle production ne sera pas calme, bien au contraire ! Car le morceau part très rapidement sur une débauche d’énergie avec le chant déchaîné de Guillaume, et la surprise vient de l’intervention de Kroquette (Neuf Volts, Sorcellerie, Carmen Carbon) qui vient couper le rythme et poser une belle mélodie sur le refrain. War prend la suite et c’est un morceau très rapide avec un refrain bien sympa avec les chœurs par-dessus, j’aime beaucoup sa deuxième partie très oldschool dansant. Defend est encore plus rapide et expéditif (41 sec), rythmique et sonorités atypiques, de la même manière on y retrouve un featuring avec Beatrice Myself de Neuf Volts. Revenge commence avec le gallois Mick McCann au chant, du groupe An Slua, dans un style très streetpunk / oï. Cage est un morceau de hardcore plus moderne notamment sur son refrain mélodique avec un excellent riff de guitare qui vient trancher le morceau. Très belle conclusion avec Vampyres qui fait preuve d’une grande intensité.

 

Avec un tel titre, les Nantais ne se contentent pas que de balancer des morceaux accrocheurs : le groupe porte des idées. CIRCLES est un groupe engagé avec des idées qu’il défend. Ils abordent les thèmes de la résistance face à tous styles d’adversité, le refus de la guerre et s’y opposer, évidemment le rejet du fascisme et l’engagement à la lutte collective.

 

In Defense Of Lost Causes est un petit bijou, je regrette juste sa brièveté (8 min). Mais CIRCLES confirme ici qu’il est l’un des groupes les plus excitants de la scène hardcore française de par la qualité de ses compositions mais aussi son engagement et son originalité. J’ai hâte de le retrouver sur scène.

 

J. NeWSovski

 

 

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