samedi 5 septembre 2026

Vidéo - MUSCU

MUSCU s'est reformé il y a peu et part sur la route pour quelques dates. Pour l'occasion voici la vidéo d ela live session de Desperate Fire.





jeudi 3 septembre 2026

Zalem – Ananta

 


Zalem – Ananta

Autoproduction

Le dernier album de Zalem est sorti en mars 2026. Pour mémoire leur dernier disque Stigma est sorti en 2011. Le groupe était en sommeil après un changement de line-up et une longue pause. Aujourd’hui, il revient avec un nouvel album (5 titres, 73 minutes) : Ananta.

Zalem n’a pas perdu son sens de la musique bien au contraire, inutile de comparer l’ancien line-up et l’actuel car une pointe de nouveauté est arrivée dans les compositions de leur dernier effort discographique.

Ananta a été enregistré au studios Tostaky sur Angers et mixé par Nicolas Houssin dans son home studio de St Georges sur Loire. Le travail de production est énorme, écoutez au casque et vous comprendrez ce que je veux dire.

Icarus ouvre le disque et je vous conseille de visionner le clip tourné à Ecouflant. Le chant est une nouveauté chez Zalem, et il apporte une fraîcheur dans les nouvelles compos.

Crossroads arrive en deuxième sur l’album et j’ai vraiment aimé ce qui m’est arrivé dans les oreilles, un son massif avec des montées de guitares bien planantes qui vous fera voyager, j’en suis sûr. On sent bien les influences d’Isis, avec une maîtrise des instruments, les guitares qui répondent au clavier et le duo basse-batterie s’accorde à merveille.

Imaginez-vous, en vélo avec un casque sur la tête et un autre sur les oreilles en campagne, loin du tumulte de la ville et traverser les chemins à l’écoute du morceau.

The Maze m’a un peu surpris, dans le bon sens bien sûr, je n’ai pas l’habitude d’entendre « Nietzsche » mais je pense que l’utilisation de sa voix pour le morceau le plus, disons sombre de l’EP à l’écoute, me concernant, est une bonne trouvaille. Ce n’est peut-être pas un hasard, je m’interroge juste sur ce qui est dit par le monsieur cité ci-dessus. Pourtant The Maze m’a pris aux tripes, son côté sombre ne m’a pas empêché de l’apprécier. Je m’y retrouve juste un peu moins en rapport avec le reste du disque.

Néanmoins, Zalem est de retour et c’est bien là le principal.

Si vous aimez Isis, Explosion in The Sky ou que vous vouez un culte à la Lune, bon elle est facile à placer celle-là, je pense que Ananta, le dernier Ep de Zalem, est fait pour vous.

 

Fred lpmr

 

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook


samedi 29 août 2026

JB HANAK - Bâtards


 

JB HANAK - Bâtards

Le Mot et le reste

Ma rencontre avec l’univers de JB Hanak a été un électrochoc. Sales Chiens, son premier roman, m’avait littéralement scotché : un récit brut, sans concession, qui m’a immédiatement accroché. C’est wFenec et Guillaume Circus qui m’ont fait découvrir cet auteur, et je ne les en remercierai jamais assez. Hanak y dépeignait avec justesse les coulisses, parfois chaotiques, de la tournée de dDamage en France et en Italie, un voyage jalonné de péripéties aussi drôles qu’absurdes. Son style direct, sans fioritures, m’a tout de suite séduit. 

Avec Bâtards, JB Hanak nous embarque cette fois au Japon, toujours aux côtés de dDamage, mais pour une aventure aux saveurs et aux tournures bien différentes. Accompagné d’artistes locaux, le duo électro y explore les coutumes nippones, la répression impitoyable envers les drogues, et multiplie les rencontres aussi improbables que mémorables. Les concerts s’enchaînent, les embrouilles aussi, et on ne s’en plaindra pas. Ourko, ce chien virtuel aussi énigmatique que symbolique, revient hanter les pages du livre. Il incarne tout à la fois la colère, la douleur, la maladie… et bien plus encore. 

L’écriture de JB Hanak est une nouvelle fois rythmée, incisive et pleine d’humour. Il parvient à restituer avec un réalisme saisissant l’énergie électrique des concerts, tout en gardant cette touche punk qui le caractérise. 

Mais Bâtards va bien au-delà du simple récit de tournée. JB Hanak y explore la relation complexe et profonde entre les deux frères de dDamage, ce lien indéfectible qui les unit malgré tout. Certains passages, d’une intensité forte, sont de véritables coups de poing dans l’estomac. Le roman rend un hommage poignant à Fred, son frère disparu, et c’est là, aussi, que réside sa force. On ressent l’émotion, la tendresse et la mélancolie qui traversent ce récit. 


Un roman très fort, totalement punk dans son récit qui se lit comme on écoute un disque : à fond, en profitant de chaque instant. Un grand moment de lecture que je conseille vivement à tous, surtout si la lecture de Sales Chiens vous a marqué.


J. NeWSovski



Lien Facebook


mardi 25 août 2026

DÉÉFAIT – S/t [EP]

 


DÉÉFAIT – S/t [EP]

 Ici d’Ailleurs

Comme le dit le vieil adage, il n'est jamais trop tard. Sorti il y a déjà plusieurs mois, le premier EP du combo parisien DEEFAIT était mystérieusement passé sous nos radars. Et, à l'écoute des six titres qui le composent, il aurait été franchement dommage de passer à côté tant le cocktail concocté par les jeunes Parisiens impressionne. Faisant la part belle à l'improvisation et aux formats longs, DEEFAIT mêle avec un talent évident noise-rock, krautrock et envolées psychédéliques. Le quintet refuse le surplace : chaque morceau bifurque là où on ne l'attend pas, porté par un break bien senti, une montée de tension ou une boucle entêtante qui finit par vous happer.

On entre immédiatement dans le vif du sujet avec « We Love Each Other So Much That We Won't Belong To Any Species Anymore ». La voix surgit d'emblée, bientôt rejointe par des guitares dissonantes qui s'appuient sur une rythmique implacable. L'ambiance évoque d'abord IT IT ANITA ou CLINIC, avant une accalmie qui rappelle le chant d'Amedeo Pace et la période la plus noisy de BLONDE REDHEAD. Puis le morceau reprend de plus belle pour s'achever sur les hurlements haut perchés de Ric Lara, le chanteur mexicain du quintet. Changement d'atmosphère avec l'introduction planante de « Molokh ∞ » : une basse aguicheuse, une délicate boucle de guitare acoustique et une voix quasi chamanique sont un véritable appel à la transe. Au fil de ses huit minutes, le morceau se tend inexorablement. La voix se fait toujours plus inquiétante, tandis que les nappes de synthé et les guitares fusionnent jusqu'à former un mur du son qui renvoie aux plus belles heures de SWANS. DEEFAIT poursuit ses expérimentations sur « BONDBONDBOND ». D'une ambiance tribale à une ritournelle répétitive, le titre se transforme progressivement en une puissante déflagration post-rock. Retour au calme sur les premières notes de « Comatose Big Sun ». D'abord enfumé et hypnotique, le morceau s'électrifie peu à peu avant de s'éteindre dans un final qui semble presque improvisé. Une étrangeté supplémentaire à mettre à l'actif du groupe. La voix incantatoire et le vacarme bruitiste avancent main dans la main sur « Al' Ether ». Au milieu de ce chaos, on croit distinguer un chant en français (après l'anglais et l'espagnol). Une nouvelle surprise qui évoque cette fois l'univers de OISEAUX-TEMPÊTE. Enfin, « Wow! Ferreri Cooked For Us », le morceau le plus court du disque et probable hommage à La Grande Bouffe de Marco Ferreri, s'avère tout aussi déjanté que le reste de l'EP. Les distorsions de guitares et le chant plus agressif font mouche. Avant une ultime note plus apaisée et le retour de la voix haut perchée de Ric Lara.

En seulement six morceaux, DEEFAIT réussit un premier coup d'éclat impressionnant avec notre noise-rock / krautrock explosif. Rares sont les premiers disques à afficher une personnalité aussi affirmée. Dans une époque où beaucoup cherchent le morceau qui retiendra l'attention en quelques secondes, DEEFAIT prend le chemin inverse. Celui de la lente contamination. Une musique qui ne cherche jamais à séduire, mais qui finit par s'installer durablement. Un véritable coup de cœur, qui donne furieusement envie de découvrir le premier album annoncé pour la rentrée de septembre.

 

Titre préféré :         Molokh ∞

Mr Caribou

 

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook

 

jeudi 20 août 2026

PUSSY MIEL – Bee Raged [EP]

 


PUSSY MIEL – Bee Raged [EP]

A tant Rêver du Roi / Dispear Records

 

Quatuor d’Hossegor et de Capbreton, 100% féminin, Pussy Miel incarne une scène féminine en pleine ébullition. Tout comme la scènes basquo-landaise, dont elle est originaire, qui est sacrément en forme en ce moment avec des formations comme The Drugsters, Kuma No Motor, ATS 1994… Et des lieux incontournables comme le Black Flag, Le Circus ou encore le Magneto.

Pussy Miel tire son nom du film Les 4 saisons d’Espigoule et joue son thème de l’abeille à fond, car passé son nom, il se décline sur la jolie pochette puis ensuite sur le nom de l’EP, tout aussi ironique : Bee Raged.

Le groupe de Landaises bouscule les codes. Définitivement punk, leur musique apporte aussi des boucles stoner et vient conjuguer le côté brut du grunge. Un beau mélange sur un Ep qui se veut détonnant.

 

Lack Of understanding avec ses sonorités stoner et son chant à plusieurs voix me fait penser aux Sahara Hotnights. Tandis que Wasted est un morceau punk à grosses guitares aux faux airs de Madam, ce côté punk devient ensuite un peu plus garage sur Don’t Change Me, un titre aux sonorités définitivement pop.

Le dernier morceau, délivré, est chanté en français. Le chant passe bien, un peu posé à la Pogo Car Crash Control, qui a dû être, de toute évidence, une influence sur ce morceau. Don’t know, qui ouvre l’EP, se veut quant à lui bien plus lourd sur son introduction avec des guitares bien abrasives. Le contraste avec le chant très mélodique est intéressant. Puis le morceau part dans une longue dérive un peu psyché pour finir à près de 5 minutes 30. Culotté pour une entrée en matière !

 

Bee Rage, première production du groupe Pussy Miel est une belle cuvée, pleine de surprise et de caractère. Ne cherchant pas à singer tel ou tel groupe, le quatuor s’affirme avec des titres personnels et efficaces. Personnellement j’ai été séduit par leur audace.
Une belle découverte qu’il me tarde de découvrir sur scène.

J. NeWSovski

 

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook


 

samedi 15 août 2026

BLUE GRIZZLY – S/t

 


BLUE GRIZZLY – S/t

Autoproduction

 

Voici un groupe qui assume pleinement son identité. Entre miel sonore et douceur mélodique, Blue Grizzly propose un rock gourmand, aussi savoureux qu’inattendu. Le trio rennais signe ici son deuxième album, après Makesong (2024) et l’EP Malone (2023).

Avec des sonorités résolument grunges, les Rennais prouvent qu’ils sont de vieux briscards du genre. Never Thought You Would envoie une bouffée d’air seattlien, tout en évoquant aussi les Suisses d’Hathors. Ce morceau d’ouverture, percutant, donne le ton, même s’il peut sembler trompeur : Blue Grizzly excelle surtout dans des mélodies power pop (Spell and Write, Tug, Conquistador), qu’ils distillent avec brio tout au long des 14 titres.

Côté douceur, Abuela et Kragle livrent une dose de tendresse sans renoncer à leur ancrage années 90. Let Him Down, simple et efficace, rappelle même les Breeders. L’inclusion d’un morceau instrumental comme Pikiwiki, nerveux et revigorant, est une excellente idée pour dynamiser l’écoute. Le groupe revient ensuite à un grunge plus lourd avec Found The Law That I Wanted, marqué par un riff puissant et des sonorités noise sur le refrain, puis America, au chant filtré, l’un des titres les plus percutants de l’album.

Sonorités rock tendance grunge, les Rennais sont des vieux briscards qui maîtrisent parfaitement leur style. Never Thought You Would sent fort l’odeur de Seattle mais me fait aussi penser aux Suisses d’Hathors. Un morceau rentre-dedans pour débuter mais qui peut paraître tout de même un peu trompeur car Blue Grizzly se révèle être très fort sur les mélodies powerpop (Spell and Write ; Tug ; conquistador) au point d’en distiller tout au long des 14 morceaux.

Malgré de bonnes idées, quelques fragilités subsistent, notamment au niveau du chant : les aigus manquent parfois de stabilité (Tug, Vince and Marco), et les harmonies (Picture in My Mind) pourraient gagner en précision. Pourtant, ces morceaux séduisent par leurs mélodies envoûtantes et des arrangements bien pensés, comme la basse, qui mériterait d’être davantage mise en valeur.
Autre regret : un mixage un peu étouffé sur les voix, dommage pour un album aussi riche. J’ignore si l’enregistrement a été réalisé en autonomie par le groupe, mais cela pourrait expliquer ce manque de clarté.

Derrière le personnage de l’ours se cache un trio passionné, qui puise son inspiration dans les sonorités des années 90 et les mélodies accrocheuses. Et le pari est réussi : on se laisse rapidement emporter par leur univers.


 

J. NeWSovski

 

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook



lundi 10 août 2026

CRIMES ET CAMIONS – La vague [EP]

 



CRIMES ET CAMIONS – La vague [EP]

Dispear Records

Nouveau venu sur la scène punk, Crimes et Camions n’est pourtant pas composé d’inconnus : on y retrouve Fabien, figure du projet, ancien membre de Face Up To It, groupe bordelais de punk hardcore qui a marqué les années 2000.

L’EP s’ouvre avec La vague, titre éponyme qui donne le ton : une charge frontale contre la montée du RN. Derrière son nom décalé, le groupe affiche un engagement sans détour, avec des textes percutants en français. In the Navy, en anglais, propose une approche plus basique et linéaire, sur laquelle j’ai eu du mal à accrocher. Mais l’énergie revient vite avec Trop facile, intense et brut, suivi de Plus Rien N’A De Sens, un morceau résolument punk, aussi bien dans sa forme que dans son fond social.

Troisième guerre confirme cette dynamique : direct et sans fioritures. Le son clair et rythmé de Crimes et Camions rappelle par moments Youth Avoiders, avec une vitalité qui fait mouche. L’EP se clôt sur Media de Merda, chanté en espagnol, et toujours aussi incisif.

Bref, un jeune groupe à suivre de près, qui s’inscrit dans la lignée d’un punk rock engagé, à l’image des Toulousains de Nightwatchers. À découvrir sans hésiter !

 

J. NeWSovski

 

 

Lien Bandcamp