dimanche 1 mars 2026

YOUTH AVOIDERS – Defiance

 


YOUTH AVOIDERS – Defiance

Dispear Records / Destructure records

Huit ans séparent Défiance de Relentless, le second album des Parisiens. Une longue période durant laquelle le groupe a vécu beaucoup de hauts avec des concerts partout à travers le monde mais aussi des bas qui les ont obligés à changer de line-up et notamment se séparer de leur bassiste, suite à une agression sexuelle. Ce nouvel album est donc une surprise. Une excellente surprise même. Et dès les premières notes on reconnait les marqueurs du groupe avec un son caractéristique et un chant original.

Endless Fight démarre avec une énergie communicative, punkrock pleine balle, hardcore old school. Le groupe joue vite, à la manière des Nantais de Circles avec lesquels ils partagent de nombreux points communs.

Le tempo est frénétique sur Fed Up Of Their Lies qui montre que Youth Avoiders est toujours un groupe avec des paroles engagées. Les mélodies ne sont pas oubliées comme sur Solidarity with the oppressed ou Nowhere to go où la voix de Christopher se pousse dans ses retranchements. Les titres s’enchaînent, pas moins de 10 pour 20 minutes, la messe est vite dite, mais on notera quelques excellents brûlots comme Real Life Awaits Us ou Short Fuse. J’apprécie particulièrement la guitare de Christoph, d’une efficacité implacable sans distorsion et le jeu de batterie ultra efficace de Marlon.

 

L’enregistrement a été réalisé en deux temps entre Aout 2024 et Novembre 2025 signé Nicolas, qui assure aussi la basse, est d’une justesse remarquable. Quant à la pochette signée par Gaspard Le Quiniou d’Arrache-toi un Œil, elle est vraiment magnifique, c’est une des plus belles que j’ai pu voir ces derniers temps, bravo !

 

Defiance est l’un de ces albums incontournables de ce début d’année. Il marque le retour de Youth Avoiders et c’est une excellente nouvelle ! Il s’écoute en boucle et je ne peux que le conseiller vivement !

 

J. NeWSovski

 

 

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jeudi 26 février 2026

THE TACT – Fizzy Life

 


THE TACT – Fizzy Life

Tic & Tact Records


The Tact signe ici son deuxième EP, Fizzy Life, une bouffée d’air frais qui sent bon le printemps. Atypique à plus d’un titre : non seulement le duo se limite à une guitare et une batterie, mais il est aussi formé d’un père et de son fils. Originaires de Corbelin, un village niché au pied des Alpes, ils ont commencé leur aventure en 2022.

L’EP s’ouvre sur Don’t Care, un single déjà rodé depuis plusieurs mois. Un choix judicieux : ce morceau détonne, alliant une énergie rock’n’roll pure et un côté accrocheur qui en fait un tube en puissance. Proud Of Your Genes poursuit sur cette lancée puis Fizzy Life avec son riff de guitare percutant et un filtre vocal renforce l’aspect groovy. Le jeune chanteur avec son accent et son phrasé haché, laisse entrevoir une marge de progression. Une idée à creuser : pourquoi ne pas tenter quelques titres en français pour varier ?

Part Of The Game marque un virage mélodique, moins rock et plus aérien, avec une touche psychédélique qui surprend et séduit. Quant à At One, son tempo plus lent et ses sonorités indie-pop en font un morceau à part, presque contemplatif et rappelle l’influence The Strokes.

 

The Tact est un groupe solaire. Au-delà de leur formule atypique, père et fils livrent un rock’n’roll teinté de garage et d’indie-pop, frais et embarquant. Un EP à découvrir sans attendre – et à suivre de près !

J. NeWSovski

 

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dimanche 22 février 2026

RANDOM HEARTS – Love PTSD

 


RANDOM HEARTS – Love PTSD

MA Såret Rec, Araki Records, Asso MIGHTY WORM, Dingleberry Records, Affliction Records, Emergence Records.

 

Love PTSD de RANDOM HEARTS était l’une des sorties les plus attendues de mon agenda 2026. Les deux extraits dévoilés fin 2025, quelques mois avant la sortie officielle, avaient suffi à confirmer mon intuition : ce premier album promettait de tout renverser. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il tient ses promesses.

Formé en 2022 à Besançon, RANDOM HEARTS rassemble des têtes connues de la scène locale : Jean-Philippe (ex-Nothing To Prove) et Rémi (ex-Wendy’s Surrender), rejoints par Thomas et Hervé, tous deux issus de Jack And The Bearded Fishermen. Une alchimie qui se ressent dès les premières notes.

À l’écoute, l’influence de Jack ATBF est immédiate — et pour cause, la proximité entre les deux groupes est indéniable. Mais là où Jack ATBF mise sur une énergie brute et directe (comme en témoigne leur Naked sorti quelques mois plus tôt), RANDOM HEARTS creuse un sillon plus atmosphérique, plus mélancolique. Les guitares, à la fois massives et subtiles (Before We Met), laissent une large place aux mélodies, tandis que le chant, volontairement en retrait, sert avant tout la puissance collective. Un équilibre rare, qui rappelle par moments l’esprit de Watertank — notamment sur des titres comme Fences ou Slow Burn, où les atmosphères prennent le pas sur la frénésie.

L’album oscille entre deux âmes : d’un côté, la lourdeur post-hardcore d’un Recede Into Shadows, typique de la scène bisontine (lourd, puissant, mélodique) ; de l’autre, une mélancolie plus introspective, comme sur Past Tears, qui n’est pas sans évoquer Second Rate. Un mélange qui donne à Love PTSD une identité forte, entre rage et nostalgie.

Et puis, il y a ce parfum inégalable des années 90, celui d’un Quicksand en pleine possession de ses moyens, quand le post-hardcore flirtait aussi avec le punk et le grunge sans jamais s’y noyer.

RANDOM HEARTS signe ici un premier album solide, homogène, et surtout, profondément sincère. La claque de ce début d’année qu’il me tarde de découvrir sur scène !

J. NeWSovski

 

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mercredi 18 février 2026

VULGAIRES MACHINS – Contempler l’abîme

 


VULGAIRES MACHINS – Contempler l’abîme

Kicking Records

 

Il y a un an, je me plongeais avec délice dans le livre consacré aux Vulgaires Machins, retraçant l’histoire du groupe punk rock le plus emblématique du Québec. L’arrivée, fin 2025, de ce nouvel album m’offre une autre perspective pour (re)découvrir leur univers.

Et c’est avec le somptueux Terminé le fun que démarre ce 9ème album. Un texte alarmiste à l’ambiance pesante qui s’attaque au consumérisme, un thème central des paroles des Québécois. Oser lancer un nouvel opus avec un morceau aussi long, atypique et audacieux relève du pari risqué. Pourtant je dois avouer que j’aime énormément. Et puis quand la guitare arrive, l’intensité se décuple. C’est vraiment original et percutant. Le second titre est sans hésiter mon coup de cœur : Om Mani Padme Hum. Textes et musique s’y entremêlent à la perfection pour offrir l’un des morceaux qui incarne l’essence même du quatuor. De la même manière Me Croire Seul à Me Croire Inutile est un morceau poignant, avec un refrain puissant où les deux voix s’harmonisent parfaitement, c’est vraiment très joli. Un texte poétique sur une rythmique soutenue.

Libérer la foudre figure aussi parmi morceaux marquants, la rythmique en mid-tempo vient mettre en avant un superbe texte qui est sublimé par l’accompagnement de l’orchestre symphonique de Budapest. Il confère à ce morceau un caractère grave et grandiose.

Les Vulgaires Machins révèlent une facette plus pop (il faut se jeter à l’eau ; lorsque je m’arrête) s’éloignant du punkrock. Deux morceaux chantés par Marie-Eve qui est en lead vocal sur beaucoup de morceaux sur cet album, ce qui est une bonne chose.

Faire Sécession avec son intro rappelant The Decline de NoFX s’impose comme l’un des morceaux les plus punks de l’album.

Certains titres m’ont moins convaincu, comme Travail à la chaîne, à la tonalité trop légère sur ses couplets. J’apprécie en revanche la tension qui monte sur l’effondrement qui vient, j’aime beaucoup son refrain aussi. Cette fois ci le chant est partagé à trois avec le featuring de Jenny Salgado, rappeuse Québécoise du groupe Muzion. Malgré son texte incisif On lâche pas la gagne, on continue !, ne m’accroche qu’en partie.

Petit point sur la jolie photo qui sert de pochette à l’album qui sert de réflexion et de miroir au premier morceau : c’est terminé le fun ! Elle est efficace et c’est un excellent choix.

Ce nouvel album des Vulgaires Machins ne vous fera ni danser ni pogoter, mais il va nous faire réfléchir. Les Québécois s’affranchissent des codes qui régissent le style et nous offre un très bel album atypique, conscient et engagé.

J. NeWSovski

 

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samedi 14 février 2026

JETSEX – Down! Down! Down!

 


 

JETSEX – Down! Down! Down!

Dispear Records / Chanmax Records / Jazz Wreck / Kick Your Asso

L’album Down! Down! Down! de JETSEX est sorti à une période peu propice à l’attention médiatique : fin d’année, saturation de sorties… Pourtant, un nouvel opus du groupe parisien mérite mieux qu’un silence radio. Car JETSEX, c’est une institution du punk rock français, marquée par des albums comme Paris By Night (2004) ou Sexually Challenged (2009), et des splits mémorables avec les américains de Murphys Law (2001) et Justin(e) (2007). Leur énergie scénique et leurs concerts à travers le monde (États-Unis, Japon, Mexique) ont forgé leur réputation avant leur séparation en 2011.

En 2024, le groupe se reforme et enchaîne les dates, de la Brasserie la Muette au festival In Your Face. L’enregistrement d’un nouvel album s’imposait naturellement. Avec une surprise tout de même : Pat, figure légendaire du punk français (Frustration, Les Cavaliers, Last Night, Actions Fall Short…), est absent de l’enregistrement malgré sa présence sur scène lors des concerts de réunification.

Down! Down! Down! confirme que JETSEX n’a rien perdu de sa verve. Dès Avigdor Arikha, le ton est donné : riffs agressifs, basse virevoltante, et des featurings de choix pour les oreilles avides de chœurs (Tomoï des Burning Heads/Lion’s Law, Barry de RKL). Shit Me Not et Down The Rabbit Hole (déjà dévoilé en single) enchaînent avec une énergie punk-garage contagieuse. Light Over The Darkness offre une « pause » mid-tempo, rappelant les Bouncing Souls, notamment sur le chant de Miko, tandis que Inside et Hit The Switch prouvent que la section rythmique, portée par Jimmy Jazz, reste une force majeure du groupe. Son travail à la basse est énorme et donne un son vraiment unique au groupe.

Avec des titres comme Black Map ou Came With A Warning, JETSEX livre un album cohérent, où chaque morceau trouve sa place. La clôture, Hello We Gotta Go, surprend par sa structure avec une introduction poséeavant d’emprunter quelques codes au hardcore.

 

Ce retour de Jetsex est donc une excellente nouvelle avec un album détonnant de pur punkrock déchaîné. Les dates de concerts s’annoncent un peu partout et ce sera le moment parfait pour profiter de cet excellent groupe bien trop méconnu.

 

 

J. NeWSovski

 

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mercredi 11 février 2026

Live Report : Les Inouïs 2026 Région Pays de la Loire



Jeudi 29 janvier avait lieu la sélection des Pays de La Loire pour le festival du Printemps de Bourges. 162 artistes avaient été préselectionné.es et 6 apparaissaient sur la grande scène du Chabada.

Difficile de démarrer dans une salle qui tarde à se remplir mais c’est une mission pour ODA., le duo angevin devenu trio, nous a soufflé une folk-pop avec des morceaux aériens intéressants. Il faisait partie, jusqu’à la l’année dernière, de l’équipe espoir du Chabada. Une équipe à laquelle appartient toujours CJ BETH qui enchaîne. La jeune artiste Angevine possède une voix rare et somptueuse, proche de celle d’Amy Winehouse. On a le droit à un set de 30 minutes (comme tous les artistes présents) avec des morceaux qui retiennent mon attention notamment deux à l’esthétique rock affirmée (jailousy et You don’t care).

lundi 9 février 2026

Interview : CARNAGE PIKNIK


Carnage Piknik, ou l’énergie brute d’une jeunesse qui assume ses racines et ses rêves. À peine 18-19 ans, ces trois-là, Eve, Hélio et Milan, ont transformé leur passion précoce pour la musique en un projet radical. Entre influences noise, rencontres déterminantes et une vision de l’amour comme arme politique, leur deuxième EP Love Loving incarne une maturité artistique qui défie les attentes. Rencontre avec le trio lors de leur passage au Chabada (Angers) lors du tremplin pour le Printemps de Bourges.

Bonjour Carnage Piknik, je voulais que vous me parliez de l'origine du groupe, quand avez-vous commencé, de quelle façon vous êtes-vous rencontrés ?

 Milan (batterie, chant) : Avec Hélio on est amis depuis très longtemps, on a commencé à faire de la musique ensemble en CM1-CM2 puis après au collège. Le groupe a vraiment commencé quand on a rencontré Eve au lycée, avec qui on partageait les mêmes influences musicales et la même énergie. Comme ça matchait on a fait un groupe tous les trois, et depuis ça ne fait que grossir.

Hélio (guitare, chant) : Je pense que plus on a joué ensemble, plus on a eu envie de développer le projet. C'est une passion qui s'est un peu révélée avec l'expérience, j’ai senti que ça me procurait des émotions que je n’arrivais pas à toucher d’une autre manière et du coup c'était hyper plaisant.

On a pu bénéficier aussi d'accompagnement, à l'époque on avait fait TDM dans les débuts du groupe, peu après la rencontre avec Eve, ça nous a permis un peu de nous trouver musicalement, et de comprendre qu'on avait en la capacité et la possibilité de créer des trucs qui nous plaisent et qu'on aurait envie.