samedi 11 juillet 2026

RUBBER LEGS – S/t

 


RUBBER LEGS – S/t

Adrenalin fix music / Omnivox Records / Banana Juice Records

 

Nouveau venu sur la scène tourangelle, RUBBER LEGS est le fruit de la collaboration entre Fra (RAVI, Burning Heads, The Eternal Youth, Creep AC, The Repeaters) et sa compagne Wareen (Brancal, German Cow). Un duo qui, dès les premières notes, bouscule les codes et les époques.

Le défi ? Les classer. Entre garage lo-fi, mélodies envoûtantes et harmonies vocales soignées, leur son semble tout droit sorti des années 60. The machine is racing out of control ouvre le bal avec un clavier intéressant, il sera aussi pertinent de voir sur scène comment cela peut être rendu. Wareen, passant avec aisance de l’anglais au français, y pose une voix à la fois douce et percutante.

L’album regorge de pépites : Hot Road qui m’a particulièrement marqué — brut, sincère, et d’une fraîcheur désarmante. Sea Sex and Fuzz, quant à lui, révèle toute la complicité du duo, leurs voix s’entrelacent à la perfection. Don’t go with him est une reprise planante et légèrement soul des Ar-Kaics, ou encore I Dig You, autre reprise du mythique Boss Hog de John Spencer.

Impossible de ne pas mentionner The Party, déjà révélé en avant-première et présent sur la playlist du fanzine. Ce titre dansant, presque hypnotique, incarne à lui seul l’esprit de Rubber Legs : un mélange d’urgence et de nonchalance, une invitation à bouger.

L’album défile avec une énergie contagieuse. Slip On A Banana Peel évoque par moments Clinic Rodeo, tandis que Shing A Ling Time s’impose avec son refrain irrésistible.

Côté visuel, la pochette mérite le détour : un collage original et marqué, signé Wareen. Rappelons que cette dernière, graphiste de métier, a déjà marqué les esprits avec ses créations, comme celle de Is This Glen pour Seven Hate.

 

Un disque atypique, résolument ancré dans l’esprit garage des sixties, à la fois dansant et décontracté. Un joli coup d’essai pour ce duo prometteur.

 

J. NeWSovski

 

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mardi 7 juillet 2026

BLACK MANTRA – Slow Motion Apocalypse [EP]

 


BLACK MANTRA – Slow Motion Apocalypse [EP]

Bastardz / Dispear Records

Formé en 2017 avec des membres issus de la scène bressuiraise (Penalty, For The Real, Bunkum…) et nantaise (Circles), Black Mantra confirme EP après EP sa singularité. Entre hardcore et punk, le groupe s’impose par un style atypique et des prestations live solides.

Inherent Violence ouvre l’EP avec un mélange savoureux de hardcore et de punk, où la voix de Gus, toujours plus aboutie, apporte énergie et mélodie. Avec MAD, le groupe surprend encore : le morceau se scinde en deux parties, dont une incursion reggae qui évoque directement les Bad Brains, voire même les Burning Heads.

Et dans le registre des morceaux fun, impossible de passer à côté de Holding On. Preuve s’il en est du côté atypique du groupe : quel autre collectif oserait glisser un tel titre dans un EP hardcore ? Groovy à souhait, avec des chœurs féminins envoûtants et une touche pop maîtrisée à la perfection. On pense même à Infectious Grooves ! Don’t Try, lui, revient aux fondamentaux du groupe, avec un punk hardcore toujours aussi libre, généreux en groove et en mélodies.

Le groupe offre aussi deux reprises dans cet EP. Gratitude des Beastie Boys est réinventée en version reggae, dopée par des riffs de guitare puissants au refrain. Quant à Skulls (Misfits), elle reste fidèle à l’originale, mais gagne en efficacité grâce à un son massif et à la voix envoûtante de Gus.

Original, l’objet sort aussi en cassette LEGO à monter soi-même (version limitée) et propose deux artworks différents suivant la version CD (chez Bästardz) et la version cassette (Dispear). Pour finir Slow Motion Apocalypse a été enregistré au Nomad Audio pour les parties instrumentales et au New Record Studio pour les voix.

 

Avec Slow Motion Apocalypse, Black Mantra signe son EP le plus abouti à ce jour. Riche, énergique et surtout d’une variété rare, cet opus mérite amplement de propulser le groupe sous les projecteurs.Si vous ne connaissez pas, il est temps de vous jeter dessus !

J. NeWSovski

 

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vendredi 3 juillet 2026

3615 FRANCIS - Professional Entertainers [EP]

 


3615 FRANCIS - Professional Entertainers [EP]

Autoproduction

L’année dernière je découvrais 3615 Francis, un groupe au nom totalement incongru qui renvoyait directement aux années 90. Le voilà de retour, 7 mois plus tard, pour un deuxième EP. Les Niçois jouent du punkrock mais sans se soucier des étiquettes.

Dans Professional Entertainers le groupe peut aussi bien s’appuyer sur ses racines Bad Religion comme sur le rapide et mélodique War, ou bien s’aventurer dans le ska/reggae/morceau fun comme pouvait le faire Less Than Jake et consorts. Sur Song for you, on sent le soleil et pleinement la fin des années 90, l’époque où chaque groupe sortait son morceau tranquille (Undeclinable Ambuscade, Burning Heads, Goldfinger, NoFX, Uncommonmenfrommars…), la trompette est convoquée, le xylophone aussi et ça marche parfaitement. Fright Night démarre sur une basse groovy et des textes rigolos, puis il part vers un punkrock qui me fait penser aux Chasing Paperboys. War est donc d’inspiration Bad Religion sur ses lignes mélodiques mais surtout sur le positionnement des chœurs, ça en fait un morceau terriblement efficace. J’aime bien aussi The end of the race, plus long mais rapide et accrocheur.  Fuckin Sad termine l’EP en moins de 15 secondes et aurait donc eu parfaitement sa place sur la magnifique compile Fat Wreck : short music for short people.

 

Un deuxième EP dans la continuité du précédent à savoir un punkrock difficilement classable avec une grosse marge de fun et de bonne humeur. Le groupe ne se met pas de barrières et ça se sent.

J. NeWSovski

 

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lundi 29 juin 2026

FUUDGE - Les Horribles

 


FUUDGE - Les Horribles 

Folivora Records

Il y a tout juste trois ans, nous faisions connaissance avec les fous furieux de FUUDGE, combo québécois mené par l'excellent David Bujold. Véritable homme à tout faire de la bande, Bujold, toujours bien accompagné dans ce projet, a décidé de remettre le couvert en 2026 avec « Les Horribles ».

Pas sûr que cette nouvelle production des Montréalais leur apporte un semblant de notoriété sur le Vieux Continent, mais force est de constater que la machine FUUDGE tourne toujours à plein régime. Les Québécois continuent en effet de creuser le sillon d'un rock épais et abrasif, quelque part entre grunge déglingué, stoner, indie rock et punk sous tension.

« Les Horribles » constitue en quelque sorte le petit frère de « ...qu'un cauchemar devienne si vrai ». Mais l'immobilisme n'est pas la marque de fabrique de FUUDGE, qui intègre par petites touches des sonorités acoustiques ou plus groovy à son rock lourd. Et toujours dans la langue de Céline Dion. Avec, le plus souvent, un sens de l'humour particulièrement aiguisé.

Le ton est donné avec le puissant « J'va bientôt t'abandonner ». Le quatuor balance des riffs énormes et une rythmique pachydermique. Le chant de David Bujold a toujours le chic pour osciller entre douceur et braillements. Le mimétisme avec Ty Segall est d'ailleurs impressionnant sur l'introduction de « L'Abomination », avec son même jeu de guitare acoustique et son chant haut perché. Mais très vite, le morceau redevient du FUUDGE pur jus. Jalonné de breaks, porté par un chant planant, il se pare même d'une coloration psychédélique bienvenue. Le mélange d'acoustique et d'électricité fait également mouche sur « La Honte », l'occasion pour Bujold de s'époumoner avec conviction. Plus saccadé, « Le Mentor » constitue une belle bizarrerie, à la fois pop et expérimentale. L'énergie punk est de retour sur « Le Cortège », mais les énumérations en mode spoken word de Bujold laissent rapidement place à une rupture particulièrement barrée. Plus classique, « J’vois noir dans l’clair » renoue avec le rock bien heavy des Québecois. Super efficace. FUUDGE enchaine ensuite avec une pépite stoner du plus bel effet : « Pas fier » comme les 4 larrons de FUUDGE. « Je sais pas c’que j’fais icitte », titre le plus long de l’album, impressionne par sa lourdeur et son agressivité. Les nombreux changements de rythmes et la versalité du chant finissent par nous emporter. Les Montréalais reviennent ensuite à quelque chose de plus direct avec la bombe punk « V'là les horribles ». Un morceau énergique qui tranche avec la balade psychédélique au titre énigmatique « Les Ciels oranges ». Enfin, l'émouvant « Ma joie m'étrangle » conclut l'album avec un savant mélange d'indie rock et d'ambiances grungy.

Avec « Les Horribles », FUUDGE livre sans doute son disque le plus abouti : un album compact, puissant et furieusement vivant, qui confirme tout le savoir-faire des Québécois lorsqu'il s'agit de transformer le bruit en véritable terrain de jeu. Et l'on ne désespère toujours pas de voir un jour cette déferlante sonore traverser l'Atlantique pour venir secouer les salles françaises.

 

Mr Caribou

 

Titre préféré : La Honte

 

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jeudi 25 juin 2026

Live Report - DISPEAR FEST

 


Cinq années d’existence avec une soixantaine de sorties… DISPEAR avait des choses à fêter durant ce weekend de mi-juin. La chose la plus compliquée a certainement été de sélectionner les groupes pour venir souffler les bougies.

Initialement prévu à Cap-Breton, le festival a dû revoir ses plans en raison de la fermeture (temporaire) du Circus, un lieu emblématique de la scène alternative et DIY locale. Il s’est donc déplacé à Bayonne, au Magneto. Une salle de taille modeste mais à l’architecture superbe, nichée dans les remparts historiques de la cité basque.

 

dimanche 21 juin 2026

Playlist de l'été




Il n'y a plus d'été diront certains, c'est vrai que l'on est dans notre deuxième canicule... Et ce n'est pas cette petite sélection de morceaux qui va faire descendre la température...

On continue les hommages avec cette pochette clin d'œil à And Out Come The Wolves de Rancid, elle même inspirée de celle de Minor Threat, mais ça vous le savez déjà car vous avez lu le dernier numéro !

Merci à Adam, mon fiston, pour avoir endossé le rôle de Tim Armstrong.

mercredi 17 juin 2026

SWIRLS – Surge

 


SWIRLS – Surge

Howlin Banana / A tant Rêver du roi

Cela fait maintenant presque 3 mois qu’est sorti Surge. Il tourne régulièrement à la maison et, à chaque écoute, je l’apprécie encore plus. J’étais déjà tombé sous le charme de son prédécesseur (Top of the line, 2024), découvert après les avoir vus en live, mais ce nouvel album met la barre encore un peu plus haut avec son garage rock qui a rappelle souvent les Strokes. Il y a un côté très frais chez le groupe nantais, composé d’ex Von Pariahs, une touche de spontanéité et une énergie positive communicative.

Et effectivement Swirls possède ce côté garage que l’on peut rapprocher de The Strokes avec fibre indie bien plus prononcée et une rythmique plus nerveuse. Dès Short Fuse on se laisse embarquer, une entrée en matière sobre avant que Leave it to me ne déboule avec ses faux airs de Parquet Courts et une débauche d’énergie grandissante. Plus posé, Currents s’appuie sur des riffs hypnotiques à l’opposé du dynamique A Car Or A Guitar ou de l’explosif Daytime Drinking très rythmés qui évoquent The Hives dans le côté garage débridé.

On connaissait Powerstation, choisi en amont pour annoncer la sortie de ce deuxième album. C’est un très bon morceau représentatif de l’identité du groupe, d’ailleurs le clip est fun. Neverland a lui aussi eu le droit à une mise en vidéo, un morceau sur le refus de grandir. J’aime aussi la capacité du groupe à varier les ambiances, alterner énergie, mélodies tout en y glissant un soupçon de pop comme sur Numb. Franchement c’est super bien foutu et à aucun moment on ne décroche !


Surge est un très solide deuxième album, surtout si peu de temps après le premier. Swirls est inspiré et maîtrise totalement son style pour notre plus grand plaisir !

J. NeWSovski

 

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