dimanche 22 février 2026

RANDOM HEARTS – Love PTSD

 


RANDOM HEARTS – Love PTSD

MA Såret Rec, Araki Records, Asso MIGHTY WORM, Dingleberry Records, Affliction Records, Emergence Records.

 

Love PTSD de RANDOM HEARTS était l’une des sorties les plus attendues de mon agenda 2026. Les deux extraits dévoilés fin 2025, quelques mois avant la sortie officielle, avaient suffi à confirmer mon intuition : ce premier album promettait de tout renverser. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il tient ses promesses.

Formé en 2022 à Besançon, RANDOM HEARTS rassemble des têtes connues de la scène locale : Jean-Philippe (ex-Nothing To Prove) et Rémi (ex-Wendy’s Surrender), rejoints par Thomas et Hervé, tous deux issus de Jack And The Bearded Fishermen. Une alchimie qui se ressent dès les premières notes.

À l’écoute, l’influence de Jack ATBF est immédiate — et pour cause, la proximité entre les deux groupes est indéniable. Mais là où Jack ATBF mise sur une énergie brute et directe (comme en témoigne leur Naked sorti quelques mois plus tôt), RANDOM HEARTS creuse un sillon plus atmosphérique, plus mélancolique. Les guitares, à la fois massives et subtiles (Before We Met), laissent une large place aux mélodies, tandis que le chant, volontairement en retrait, sert avant tout la puissance collective. Un équilibre rare, qui rappelle par moments l’esprit de Watertank — notamment sur des titres comme Fences ou Slow Burn, où les atmosphères prennent le pas sur la frénésie.

L’album oscille entre deux âmes : d’un côté, la lourdeur post-hardcore d’un Recede Into Shadows, typique de la scène bisontine (lourd, puissant, mélodique) ; de l’autre, une mélancolie plus introspective, comme sur Past Tears, qui n’est pas sans évoquer Second Rate. Un mélange qui donne à Love PTSD une identité forte, entre rage et nostalgie.

Et puis, il y a ce parfum inégalable des années 90, celui d’un Quicksand en pleine possession de ses moyens, quand le post-hardcore flirtait aussi avec le punk et le grunge sans jamais s’y noyer.

RANDOM HEARTS signe ici un premier album solide, homogène, et surtout, profondément sincère. La claque de ce début d’année qu’il me tarde de découvrir sur scène !

J. NeWSovski

 

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mercredi 18 février 2026

VULGAIRES MACHINS – Contempler l’abîme

 


VULGAIRES MACHINS – Contempler l’abîme

Kicking Records

 

Il y a un an, je me plongeais avec délice dans le livre consacré aux Vulgaires Machins, retraçant l’histoire du groupe punk rock le plus emblématique du Québec. L’arrivée, fin 2025, de ce nouvel album m’offre une autre perspective pour (re)découvrir leur univers.

Et c’est avec le somptueux Terminé le fun que démarre ce 9ème album. Un texte alarmiste à l’ambiance pesante qui s’attaque au consumérisme, un thème central des paroles des Québécois. Oser lancer un nouvel opus avec un morceau aussi long, atypique et audacieux relève du pari risqué. Pourtant je dois avouer que j’aime énormément. Et puis quand la guitare arrive, l’intensité se décuple. C’est vraiment original et percutant. Le second titre est sans hésiter mon coup de cœur : Om Mani Padme Hum. Textes et musique s’y entremêlent à la perfection pour offrir l’un des morceaux qui incarne l’essence même du quatuor. De la même manière Me Croire Seul à Me Croire Inutile est un morceau poignant, avec un refrain puissant où les deux voix s’harmonisent parfaitement, c’est vraiment très joli. Un texte poétique sur une rythmique soutenue.

Libérer la foudre figure aussi parmi morceaux marquants, la rythmique en mid-tempo vient mettre en avant un superbe texte qui est sublimé par l’accompagnement de l’orchestre symphonique de Budapest. Il confère à ce morceau un caractère grave et grandiose.

Les Vulgaires Machins révèlent une facette plus pop (il faut se jeter à l’eau ; lorsque je m’arrête) s’éloignant du punkrock. Deux morceaux chantés par Marie-Eve qui est en lead vocal sur beaucoup de morceaux sur cet album, ce qui est une bonne chose.

Faire Sécession avec son intro rappelant The Decline de NoFX s’impose comme l’un des morceaux les plus punks de l’album.

Certains titres m’ont moins convaincu, comme Travail à la chaîne, à la tonalité trop légère sur ses couplets. J’apprécie en revanche la tension qui monte sur l’effondrement qui vient, j’aime beaucoup son refrain aussi. Cette fois ci le chant est partagé à trois avec le featuring de Jenny Salgado, rappeuse Québécoise du groupe Muzion. Malgré son texte incisif On lâche pas la gagne, on continue !, ne m’accroche qu’en partie.

Petit point sur la jolie photo qui sert de pochette à l’album qui sert de réflexion et de miroir au premier morceau : c’est terminé le fun ! Elle est efficace et c’est un excellent choix.

Ce nouvel album des Vulgaires Machins ne vous fera ni danser ni pogoter, mais il va nous faire réfléchir. Les Québécois s’affranchissent des codes qui régissent le style et nous offre un très bel album atypique, conscient et engagé.

J. NeWSovski

 

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samedi 14 février 2026

JETSEX – Down! Down! Down!

 


 

JETSEX – Down! Down! Down!

Dispear Records / Chanmax Records / Jazz Wreck / Kick Your Asso

L’album Down! Down! Down! de JETSEX est sorti à une période peu propice à l’attention médiatique : fin d’année, saturation de sorties… Pourtant, un nouvel opus du groupe parisien mérite mieux qu’un silence radio. Car JETSEX, c’est une institution du punk rock français, marquée par des albums comme Paris By Night (2004) ou Sexually Challenged (2009), et des splits mémorables avec les américains de Murphys Law (2001) et Justin(e) (2007). Leur énergie scénique et leurs concerts à travers le monde (États-Unis, Japon, Mexique) ont forgé leur réputation avant leur séparation en 2011.

En 2024, le groupe se reforme et enchaîne les dates, de la Brasserie la Muette au festival In Your Face. L’enregistrement d’un nouvel album s’imposait naturellement. Avec une surprise tout de même : Pat, figure légendaire du punk français (Frustration, Les Cavaliers, Last Night, Actions Fall Short…), est absent de l’enregistrement malgré sa présence sur scène lors des concerts de réunification.

Down! Down! Down! confirme que JETSEX n’a rien perdu de sa verve. Dès Avigdor Arikha, le ton est donné : riffs agressifs, basse virevoltante, et des featurings de choix pour les oreilles avides de chœurs (Tomoï des Burning Heads/Lion’s Law, Barry de RKL). Shit Me Not et Down The Rabbit Hole (déjà dévoilé en single) enchaînent avec une énergie punk-garage contagieuse. Light Over The Darkness offre une « pause » mid-tempo, rappelant les Bouncing Souls, notamment sur le chant de Miko, tandis que Inside et Hit The Switch prouvent que la section rythmique, portée par Jimmy Jazz, reste une force majeure du groupe. Son travail à la basse est énorme et donne un son vraiment unique au groupe.

Avec des titres comme Black Map ou Came With A Warning, JETSEX livre un album cohérent, où chaque morceau trouve sa place. La clôture, Hello We Gotta Go, surprend par sa structure avec une introduction poséeavant d’emprunter quelques codes au hardcore.

 

Ce retour de Jetsex est donc une excellente nouvelle avec un album détonnant de pur punkrock déchaîné. Les dates de concerts s’annoncent un peu partout et ce sera le moment parfait pour profiter de cet excellent groupe bien trop méconnu.

 

 

J. NeWSovski

 

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mercredi 11 février 2026

Live Report : Les Inouïs 2026 Région Pays de la Loire



Jeudi 29 janvier avait lieu la sélection des Pays de La Loire pour le festival du Printemps de Bourges. 162 artistes avaient été préselectionné.es et 6 apparaissaient sur la grande scène du Chabada.

Difficile de démarrer dans une salle qui tarde à se remplir mais c’est une mission pour ODA., le duo angevin devenu trio, nous a soufflé une folk-pop avec des morceaux aériens intéressants. Il faisait partie, jusqu’à la l’année dernière, de l’équipe espoir du Chabada. Une équipe à laquelle appartient toujours CJ BETH qui enchaîne. La jeune artiste Angevine possède une voix rare et somptueuse, proche de celle d’Amy Winehouse. On a le droit à un set de 30 minutes (comme tous les artistes présents) avec des morceaux qui retiennent mon attention notamment deux à l’esthétique rock affirmée (jailousy et You don’t care).

lundi 9 février 2026

Interview : CARNAGE PIKNIK


Carnage Piknik, ou l’énergie brute d’une jeunesse qui assume ses racines et ses rêves. À peine 18-19 ans, ces trois-là, Eve, Hélio et Milan, ont transformé leur passion précoce pour la musique en un projet radical. Entre influences noise, rencontres déterminantes et une vision de l’amour comme arme politique, leur deuxième EP Love Loving incarne une maturité artistique qui défie les attentes. Rencontre avec le trio lors de leur passage au Chabada (Angers) lors du tremplin pour le Printemps de Bourges.

Bonjour Carnage Piknik, je voulais que vous me parliez de l'origine du groupe, quand avez-vous commencé, de quelle façon vous êtes-vous rencontrés ?

 Milan (batterie, chant) : Avec Hélio on est amis depuis très longtemps, on a commencé à faire de la musique ensemble en CM1-CM2 puis après au collège. Le groupe a vraiment commencé quand on a rencontré Eve au lycée, avec qui on partageait les mêmes influences musicales et la même énergie. Comme ça matchait on a fait un groupe tous les trois, et depuis ça ne fait que grossir.

Hélio (guitare, chant) : Je pense que plus on a joué ensemble, plus on a eu envie de développer le projet. C'est une passion qui s'est un peu révélée avec l'expérience, j’ai senti que ça me procurait des émotions que je n’arrivais pas à toucher d’une autre manière et du coup c'était hyper plaisant.

On a pu bénéficier aussi d'accompagnement, à l'époque on avait fait TDM dans les débuts du groupe, peu après la rencontre avec Eve, ça nous a permis un peu de nous trouver musicalement, et de comprendre qu'on avait en la capacité et la possibilité de créer des trucs qui nous plaisent et qu'on aurait envie.

 

jeudi 5 février 2026

LA FAIBLESSE – Un jour après l’autre

 


LA FAIBLESSE – Un jour après l’autre

Guerilla Asso / Twenty Something

 

Voici l’un des groupes les plus prolifiques de notre scène française et pourtant ce n’est pas un de ceux dont le nom revient le plus régulièrement dans les fanzines et webzines. Peut-être est-ce dû à la difficulté de le classer ? Où son positionnement de groupe post-Hxc, post-metal, screamo chanté en français ? Peu importe les étiquettes finalement car leur musique frappe par son authenticité qui traverse les styles.

 

Sorti en toute fin d’année 2025, Un jour après l’autre est le troisième album de La Faiblesse en trois ans. Dans La Chute les Parisiens plantent le décor avec une tension électrique et des guitares tranchantes. Les deux chants (Paul et Christelle) appuient fort. Avant la fin met en avant une mélancolie latente. La rythmique y est lente, le chant de Paul est torturé tandis que les textes de Christelle sont déchirants. Par la suite Se Lover Dans L’Ombre amène un peu plus de clarté dans ce début d’album. Les mélodies sont plus enjouées même si stagne une certaine tristesse dans l’aura de ce morceau. La lumière transparait aussi à travers seul, chanté en anglais et davantage encore mélodique.

J’aime le côté plus offensif de Partir avec son riff de guitare très incisif, le morceau est puissant et d’une grande densité, c’est aussi le cas de Au-delà du mal qui démarre en trombe pour s’éteindre ensuite et donner naissance à Funambule qui clôt l’album. La Faiblesse amène beaucoup d’intensité dans le contraste entre les passages doux et l’alternance avec la puissance des passages screamo (dans la nuit)

Les textes sont au cœur de cet album et j’aime l’écriture que je trouve emplie de mélancolie (Croire à demain ; funambule).

Coté son, un jour après l’autre a été enregistré au Studio UFO par Alexandre Mazarguil et il est vraiment parfait avec un subtil équilibre entre les instruments et les voix. La pochette reste dans la tradition du groupe à savoir un sobre photo des quatre membres du groupe. Celle-ci se révèle tout de même bien plus sombre que celle de l’album éponyme révélant peut-être une noirceur plus intense de l’album.

 

Un Jour Après L’Autre est un magnifique album empreint de mélancolie et de douleur parfaitement porté par la complémentarité des deux chants. Ce groupe atypique possède la qualité de nous immerger dans son monde. Un album riche, dense et terriblement abouti.

 

J. NeWSovski

 

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samedi 31 janvier 2026

LOONS – Life Is

 


LOONS – Life Is

Howlin Banana / Head Records / Les Disques du Paradis

 

LOONS fait partie de ces groupes précoces dont on vante la qualité partout en France, un peu à la manière de Lysistrata il y a quelques années ou de Rest Up aujourd’hui… Les trois minots viennent de Montpellier, ont déjà sorti un EP en 2022 et secouent toute la scène avec ce premier album, Life Is, sorti en coproduction chez le très prolifique Howlin Banana, Head Records et Les Disques du Paradis.

L’album est produit par un orfèvre : Amaury Sauvé. Le lavallois est devenu un maître quand il s’agit de donner un son énorme à un groupe. On connaît la qualité de ses travaux avec Amanda Woodward, Birds In Row, Wank For Peace

 

LOONS, qui signifie « fou » ou « dérangé » en anglais commence très fort avec Among The Mourners.  On découvre un punk aux racines grunge prononcées avec de belles mélodies, une voix claire, un passage calme et un plus rugueux : de bons ingrédients pour un superbe morceau de début d’album. On apprécie aussi Fight Scene avec son sens des mélodies et son refrain ultra accrocheur, le morceau se durcit et devient rageur. Ce côté un peu fou on le retrouve également sur Stef qui se fait plaisir dans sa deuxième moitié en partant dans des délires sonores. Le côté indie pop ressort sur My Way, Spectre ou Now I Sigh avec leurs refrains bien sentis. Loons me rappelle alors les bordelais de SIZ. Puis le groupe va plus loin et s’aventure sur des pistes post-hardcore (Katag) jouant sur l’émotion. Solar se révèle très pop et aérien, cassant volontairement la fougue du début de l’album. Et il est intéressant de voir ce jeune groupe, dès son premier album offrir autant de variété et de maturité. Bravo !

 

Un joli album qui rappelle les années 90 alors que ses membres ne les ont pas connues. C’est intéressant ! Mais surtout, c’est superbement bien fait. Life Is navigue avec une habilité déconcertante entre morceaux énervés grunge, mélodies précises et touches pop. Une belle découverte !

 

J. NeWSovski

 

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