mardi 17 mars 2026

THE DRUGSTERS – S/t

 


THE DRUGSTERS – S/t

Dispear Records / L’Ouïe pleure

Bam Bam Bam, The Drugsters viennent du Sud-Ouest, de Bayonne, Euskadi baby ! Et ce groupe cartonne comme jamais ! Il amène avec lui un vent frais issu de la fin des années 80 et qui sent bon le début des 90’s. En regardant d’un peu plus près à travers le livret de la cassette, Dispear oblige, on retrouve Thomas d’Unlogistic au chant et à la guitare ainsi qu’un ancien The Cabrones mais surtout Claudy Bastard FM : Milooz. Et ça, ça parlera aux plus vieux lecteurs des Rêveries toujours dans l’ivresse de la salle enfumée du Blues bar. Suite à l’enregistrement Seb de Seven Hate, légende parmi les légendes, a rejoint le groupe à la batterie ainsi que Francis (Rodeo Idiot Engine) à la guitare.

L’album s’ouvre sur un punkrock direct avec des morceaux comme Chemical Ride qui me rappelle au bon souvenir du premier album des Burning Heads. Ainsi que Boomers With Attitude qui démarre avec un petit extrait de l’Arme Fatale avant que le refrain abrasif nous entraîne tous avec son « we are the boomers ». J’adore le chant éraillé de Thomas, juste ce qu’il faut.

Not Today sonne comme les Descendents, c’en est même troublant, le son, le ton éraillé, l’énergie… Un chouette morceau ! Not Punk Enough est efficace, un peu plus en retrait vu les autres chansons. John Connor débute la face B avec un sample de… Terminator 2. Un vrai film de boomer pour sûr ! L’alternance entre les chants des deux Thomas est intéressante et le morceau amène une vraie intensité pertinente. Le morceau qui ressort du lot est No Control, le refrain est bien senti et le groupe y développe de belles mélodies. Tout se termine avec Stadium Rock, taillé pour la scène, il va faire chanter le public même si je trouve qu’il aurait mérité un tempo plus rapide pour distiller un peu plus d’énergie.

L’enregistrement respire l’authenticité, certes il n’aura pas le prix du meilleur son 2026 mais c’est aussi ce qui fait son charme et rappelle justement la fin des années 80, et toute une floppée de groupes, The Descendents en premier !

 

The Drugsters est une belle surprise et ce mini-album (9 titres, 21 minutes) s’annonce comme la bande-son idéale de ce printemps. On va vite les découvrir sur scène et ça s’annonce de très belle manière !

J. NeWSovski

 

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vendredi 13 mars 2026

FALLING WAVES – The stories we’ve been told [EP]

 


FALLING WAVES – The stories we’ve been told [EP]

Autoproduction

Sorti en fin d’année 2025, ce second EP de Falling Waves est passé sous les radars et il serait dommage de ne pas profiter ce petit bijou de 25 minutes pour 4 titres tant ce groupe de Saint Etienne regorge de qualités.

 

L’EP s’ouvre avec Brighton Blast, qui installe une atmosphère envoûtante, entre douceur ambiante et montée en puissance. La guitare, résolument années 90, apporte une intensité qui ne sacrifie jamais la mélodie. Circles enchaîne avec près de sept minutes d’indie rock hypnotique, où la tension monte crescendo. On y entend des échos de la scène emo, voire des accents de Baby Chaos, mais toujours avec une identité propre.

J’aime beaucoup John Murphy avec des extraits du film 28 jours plus tard de Danny Boyle dont le thème a été composé par John Murphy et des samples issus du discours de Greta Thunberg devant l’ONU qui servent de chant Derrière on est sur du post-rock hyper immersif et super bien réalisé. Le dernier morceau (CTRL DEL) est aussi une vraie pépite qui allie douceur et mélodies sur sa première partie avant de durcir le ton mais de garder son côté envoutant sur sa seconde moitié.

On notera aussi la très jolie pochette, sobre et énigmatique.

Falling Waves signe ici l’un des plus beaux EP de la fin d’année 2025, alliant qualité musicale, sincérité et une capacité rare à captiver l’auditeur.

 

J. NeWSovski

 

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lundi 9 mars 2026

LA DEBÂCLE – Manquer d’air [EP]

 


LA DEBÂCLE – Manquer d’air [EP]

Araki Records / Cœur Sur Toi / Kravache

 

Voici le premier EP de ce nouveau groupe Toulousain qui avait déjà préparé le terrain en sortant une démo en 2024. Cette fois-ci la production est plus soignée avec Julia Soula qui s’en est chargée.

Trois titres seulement mais de belles promesses avec une base de son très punkrock façon Charlie Fiasco, référence locale pas si anodine car la voix de Mathieu ressemble beaucoup à celle de Romain des Charlie.

L’EP s’ouvre sur La Tangente, un morceau qui pose immédiatement les bases : un punk-rock mélodique, des chœurs bien placés et une énergie bien présente. Mille Éclairs enchaîne avec intelligence, alternant entre passages punk-rock et mélodies post-hardcore, le tout servi par des textes en français bien sentis. Enfin, Manquer d’air clôt l’EP en appuyant davantage sur les contrastes. Le morceau démarre rapidement avant de se poser et développer des moments doux et aériens, puis une longue montée en puissance pour un final explosif.

Trois titres, c’est court, mais suffisant pour donner envie d’en entendre plus. La Débâcle vient de sortir ici, un premier EP qui servira de support idéal pour démarcher les salles et se faire une place sur scène. À suivre de près, donc.

 

J. NeWSovski

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jeudi 5 mars 2026

DIRTY CLOUD – New Flesh

 


DIRTY CLOUD – New Flesh

Flippin’ Freaks Records

Décidément, la scène rock rouennaise regorge de groupes passionnants : MNNQNS, SERVO, YOU SAID STRANGE ou encore WE HATE YOU PLEASE DIE. Et la liste est loin d’être close. Elle s’allonge aujourd’hui avec une nouvelle pépite locale : DIRTY CLOUD. Repéré il y a trois ans par Raphaël Balzary, ex-frontman de WE HATE YOU PLEASE DIE, le trio revient avec « New Flesh », un premier album qui impressionne autant par sa fougue que par sa maturité. À peine majeurs, les trois énergumènes livrent une musique dense qui oscille entre urgence punk et échappées expérimentales. Leur style s’est largement affiné depuis leur premier coup d’essai (le EP « Straight-Jacket »).

L’étrangeté ouvre le bal avec “Soft Machine”. Deux minutes d’ambient et de bidouillages sonores, presque abstraites. Une introduction déroutante, parfaite rampe de lancement pour la bombe “Tiny Shoes Cause Blister”. Porté par une rythmique martiale, le morceau navigue entre punk, noise-rock et post-punk avant d’opérer, à mi-parcours, une bascule inattendue vers des textures plus shoegaze, presque atmosphériques.

Autre évidence, la palette vocale de Julien est incroyable. Puissante, modulable, capable de descentes abyssales comme de fulgurances stridentes. On pense aux regrettés tRuckks et au chant possédé de Leny, capable lui aussi d’embrasser des territoires proches du death-métal. DIRTY CLOUD flirte d’ailleurs avec ces extrêmes sur la fin de l’expéditif “Stimfapping” où le chant guttural surgit sans prévenir.

Limbic System” (1 minute 20 à peine), maintient la cadence et rappelle les débuts d’ICEAGE. La tension reste palpable sur « Straight Men » et ses guitares débraillées. Mais le trio ne se contente pas d’aligner les uppercuts. Il aime brouiller les pistes. Les cinq minutes de “Skin Crawling” en sont la preuve. La basse minimaliste et le spoken words inquiet de Julien subissent progressivement quelques dissonances. Puis la batterie et les guitares noisy font irruption. DIRTY CLOUD joue beaucoup sur le tempo, les changements de rythme sont légion jusqu’au final agressif.

Voix plus grave et ambiance plus post-punk sur les premières notes de “777555/Scum”. Un morceau au titre bien mystérieux qui prend ensuite des chemins plus punk et noise-rock (dans sa 2ème moitié). Plus posé et lancinant, « Travis the Chimp » est dominé par le chant habité et changeant de Julien. L’album touche déjà à sa fin avec l’étonnant « Garmonbozia ». Une simple guitare acoustique reprend en boucle quelques accords pour un final 100% instrumental. Le calme après la tempête.

Le premier album de DIRTY CLOUD est un disque tendu, incarné et parfois inconfortable. Avec « New Flesh », le groupe rouennais frappe un grand coup et affirme déjà une identité singulière. Et laisse présager un avenir prometteur.

 

Mr Caribou

 

Titre préféré : « Tiny Shoes Cause Blister »

 

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dimanche 1 mars 2026

YOUTH AVOIDERS – Defiance

 


YOUTH AVOIDERS – Defiance

Dispear Records / Destructure records

Huit ans séparent Défiance de Relentless, le second album des Parisiens. Une longue période durant laquelle le groupe a vécu beaucoup de hauts avec des concerts partout à travers le monde mais aussi des bas qui les ont obligés à changer de line-up et notamment se séparer de leur bassiste, suite à une agression sexuelle. Ce nouvel album est donc une surprise. Une excellente surprise même. Et dès les premières notes on reconnait les marqueurs du groupe avec un son caractéristique et un chant original.

Endless Fight démarre avec une énergie communicative, punkrock pleine balle, hardcore old school. Le groupe joue vite, à la manière des Nantais de Circles avec lesquels ils partagent de nombreux points communs.

Le tempo est frénétique sur Fed Up Of Their Lies qui montre que Youth Avoiders est toujours un groupe avec des paroles engagées. Les mélodies ne sont pas oubliées comme sur Solidarity with the oppressed ou Nowhere to go où la voix de Christopher se pousse dans ses retranchements. Les titres s’enchaînent, pas moins de 10 pour 20 minutes, la messe est vite dite, mais on notera quelques excellents brûlots comme Real Life Awaits Us ou Short Fuse. J’apprécie particulièrement la guitare de Christoph, d’une efficacité implacable sans distorsion et le jeu de batterie ultra efficace de Marlon.

 

L’enregistrement a été réalisé en deux temps entre Aout 2024 et Novembre 2025 signé Nicolas, qui assure aussi la basse, est d’une justesse remarquable. Quant à la pochette signée par Gaspard Le Quiniou d’Arrache-toi un Œil, elle est vraiment magnifique, c’est une des plus belles que j’ai pu voir ces derniers temps, bravo !

 

Defiance est l’un de ces albums incontournables de ce début d’année. Il marque le retour de Youth Avoiders et c’est une excellente nouvelle ! Il s’écoute en boucle et je ne peux que le conseiller vivement !

 

J. NeWSovski

 

 

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jeudi 26 février 2026

THE TACT – Fizzy Life

 


THE TACT – Fizzy Life

Tic & Tact Records


The Tact signe ici son deuxième EP, Fizzy Life, une bouffée d’air frais qui sent bon le printemps. Atypique à plus d’un titre : non seulement le duo se limite à une guitare et une batterie, mais il est aussi formé d’un père et de son fils. Originaires de Corbelin, un village niché au pied des Alpes, ils ont commencé leur aventure en 2022.

L’EP s’ouvre sur Don’t Care, un single déjà rodé depuis plusieurs mois. Un choix judicieux : ce morceau détonne, alliant une énergie rock’n’roll pure et un côté accrocheur qui en fait un tube en puissance. Proud Of Your Genes poursuit sur cette lancée puis Fizzy Life avec son riff de guitare percutant et un filtre vocal renforce l’aspect groovy. Le jeune chanteur avec son accent et son phrasé haché, laisse entrevoir une marge de progression. Une idée à creuser : pourquoi ne pas tenter quelques titres en français pour varier ?

Part Of The Game marque un virage mélodique, moins rock et plus aérien, avec une touche psychédélique qui surprend et séduit. Quant à At One, son tempo plus lent et ses sonorités indie-pop en font un morceau à part, presque contemplatif et rappelle l’influence The Strokes.

 

The Tact est un groupe solaire. Au-delà de leur formule atypique, père et fils livrent un rock’n’roll teinté de garage et d’indie-pop, frais et embarquant. Un EP à découvrir sans attendre – et à suivre de près !

J. NeWSovski

 

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dimanche 22 février 2026

RANDOM HEARTS – Love PTSD

 


RANDOM HEARTS – Love PTSD

MA Såret Rec, Araki Records, Asso MIGHTY WORM, Dingleberry Records, Affliction Records, Emergence Records.

 

Love PTSD de RANDOM HEARTS était l’une des sorties les plus attendues de mon agenda 2026. Les deux extraits dévoilés fin 2025, quelques mois avant la sortie officielle, avaient suffi à confirmer mon intuition : ce premier album promettait de tout renverser. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il tient ses promesses.

Formé en 2022 à Besançon, RANDOM HEARTS rassemble des têtes connues de la scène locale : Jean-Philippe (ex-Nothing To Prove) et Rémi (ex-Wendy’s Surrender), rejoints par Thomas et Hervé, tous deux issus de Jack And The Bearded Fishermen. Une alchimie qui se ressent dès les premières notes.

À l’écoute, l’influence de Jack ATBF est immédiate — et pour cause, la proximité entre les deux groupes est indéniable. Mais là où Jack ATBF mise sur une énergie brute et directe (comme en témoigne leur Naked sorti quelques mois plus tôt), RANDOM HEARTS creuse un sillon plus atmosphérique, plus mélancolique. Les guitares, à la fois massives et subtiles (Before We Met), laissent une large place aux mélodies, tandis que le chant, volontairement en retrait, sert avant tout la puissance collective. Un équilibre rare, qui rappelle par moments l’esprit de Watertank — notamment sur des titres comme Fences ou Slow Burn, où les atmosphères prennent le pas sur la frénésie.

L’album oscille entre deux âmes : d’un côté, la lourdeur post-hardcore d’un Recede Into Shadows, typique de la scène bisontine (lourd, puissant, mélodique) ; de l’autre, une mélancolie plus introspective, comme sur Past Tears, qui n’est pas sans évoquer Second Rate. Un mélange qui donne à Love PTSD une identité forte, entre rage et nostalgie.

Et puis, il y a ce parfum inégalable des années 90, celui d’un Quicksand en pleine possession de ses moyens, quand le post-hardcore flirtait aussi avec le punk et le grunge sans jamais s’y noyer.

RANDOM HEARTS signe ici un premier album solide, homogène, et surtout, profondément sincère. La claque de ce début d’année qu’il me tarde de découvrir sur scène !

J. NeWSovski

 

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