LAC~
- III
Autoproduction
Derrière
le nom de LAC~ se cache Sylvain, ex-Cassius Belli et
ex-bassiste des Turbo Panda, ce groupe manceau qui a marqué les esprits
avec des EPs remarqués et des concerts électrisants, joués au cœur du public.
En décembre 2025, le groupe tirait sa révérence, laissant Sylvain
relancer son projet solo, mis en pause pendant six ans.
Avec
III, il revient à l’essentiel : composer avec un minimum
de matériel, retrouver la simplicité et le plaisir des débuts : quand il
grattait sa guitare branchée sur un ampli dans un garage. C’est d’ailleurs là,
avec un équipement minimaliste, qu’il a enregistré cet album. Au fil du projet,
son complice Arnaud (batteur des Turbo Panda) l’a rejoint pour
l’épauler.
Ce
qui frappe dès les premières notes, c’est la voix de Sylvain, douce et
mélodieuse, teintée d’un bel accent qui lui donne encore plus de charme. Le
morceau d’ouverture, The Hobo, avec son passage saturé,
presque tourmenté, est réellement captivant. Il me rappelle
un peu ce que faisait J. Robbins avec Burning Airlines. Thelma est tout aussi intéressant
surtout avec les chœurs derrière à la Pixies. Un sample du film Thelma
et Louise vient agrémenter la chanson avec notamment la phrase “When a woman’s crying
like that, she isn’t having any fun”, que Sylvain voulait mettre et qui
résonne encore plus dans notre période actuelle.
Tom Wealers est une belle
balade, douce et poétique, avec une fin qui rappelle Daria. Mais c’est Labyrinth qui m’a vraiment scotché. Ce
titre me rappelle les vieux morceaux de Monster Munsch ou Higgins,
avec un équilibre parfait entre le chant aérien de Sandra et les
passages plus intenses de Sylvain, portés par la guitare et la ligne de basse.
White Office, rapide et
efficace, le chant est sympa quand il monte. Je me disais que c'est peut-être,
par contre ce qui me manque un peu : un chant un peu plus gueulé par moments
quand les morceaux s'accélèrent et se déchaînent.
Lullaby m’évoque Hey Hey My My, une pop
indie bien ficelée, avec un refrain entêtant. Sunday
Morning m’a moins convaincu avec ses sons synthétiques en
introduction, mais c’est la montée en puissance qui m’a séduit. Ce morceau
psyché mériterait presque de s’étirer encore davantage.
Et
puis, en final, il y a Broken Nails,
6 minutes de pur bonheur : un refrain ultra-accrocheur, entre défouloir à la
batterie et chant haut perché. Un vrai régal.
Avec III, Sylvain s’éloigne de ses groupes précédents
mais c’est ce qui est intéressant. A l’instar de musiciens comme Quentin Sauvé,
Sylvain, LAC désormais, vient de sortir un magnifique projet de pop indé douce
et enivrante.
J. NeWSovski






