lundi 29 juin 2026

FUUDGE - Les Horribles

 


FUUDGE - Les Horribles 

Folivora Records

Il y a tout juste trois ans, nous faisions connaissance avec les fous furieux de FUUDGE, combo québécois mené par l'excellent David Bujold. Véritable homme à tout faire de la bande, Bujold, toujours bien accompagné dans ce projet, a décidé de remettre le couvert en 2026 avec « Les Horribles ».

Pas sûr que cette nouvelle production des Montréalais leur apporte un semblant de notoriété sur le Vieux Continent, mais force est de constater que la machine FUUDGE tourne toujours à plein régime. Les Québécois continuent en effet de creuser le sillon d'un rock épais et abrasif, quelque part entre grunge déglingué, stoner, indie rock et punk sous tension.

« Les Horribles » constitue en quelque sorte le petit frère de « ...qu'un cauchemar devienne si vrai ». Mais l'immobilisme n'est pas la marque de fabrique de FUUDGE, qui intègre par petites touches des sonorités acoustiques ou plus groovy à son rock lourd. Et toujours dans la langue de Céline Dion. Avec, le plus souvent, un sens de l'humour particulièrement aiguisé.

Le ton est donné avec le puissant « J'va bientôt t'abandonner ». Le quatuor balance des riffs énormes et une rythmique pachydermique. Le chant de David Bujold a toujours le chic pour osciller entre douceur et braillements. Le mimétisme avec Ty Segall est d'ailleurs impressionnant sur l'introduction de « L'Abomination », avec son même jeu de guitare acoustique et son chant haut perché. Mais très vite, le morceau redevient du FUUDGE pur jus. Jalonné de breaks, porté par un chant planant, il se pare même d'une coloration psychédélique bienvenue. Le mélange d'acoustique et d'électricité fait également mouche sur « La Honte », l'occasion pour Bujold de s'époumoner avec conviction. Plus saccadé, « Le Mentor » constitue une belle bizarrerie, à la fois pop et expérimentale. L'énergie punk est de retour sur « Le Cortège », mais les énumérations en mode spoken word de Bujold laissent rapidement place à une rupture particulièrement barrée. Plus classique, « J’vois noir dans l’clair » renoue avec le rock bien heavy des Québecois. Super efficace. FUUDGE enchaine ensuite avec une pépite stoner du plus bel effet : « Pas fier » comme les 4 larrons de FUUDGE. « Je sais pas c’que j’fais icitte », titre le plus long de l’album, impressionne par sa lourdeur et son agressivité. Les nombreux changements de rythmes et la versalité du chant finissent par nous emporter. Les Montréalais reviennent ensuite à quelque chose de plus direct avec la bombe punk « V'là les horribles ». Un morceau énergique qui tranche avec la balade psychédélique au titre énigmatique « Les Ciels oranges ». Enfin, l'émouvant « Ma joie m'étrangle » conclut l'album avec un savant mélange d'indie rock et d'ambiances grungy.

Avec « Les Horribles », FUUDGE livre sans doute son disque le plus abouti : un album compact, puissant et furieusement vivant, qui confirme tout le savoir-faire des Québécois lorsqu'il s'agit de transformer le bruit en véritable terrain de jeu. Et l'on ne désespère toujours pas de voir un jour cette déferlante sonore traverser l'Atlantique pour venir secouer les salles françaises.

 

Mr Caribou

 

Titre préféré : La Honte

 

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jeudi 25 juin 2026

Live Report - DISPEAR FEST

 


Cinq années d’existence avec une soixantaine de sorties… DISPEAR avait des choses à fêter durant ce weekend de mi-juin. La chose la plus compliquée a certainement été de sélectionner les groupes pour venir souffler les bougies.

Initialement prévu à Cap-Breton, le festival a dû revoir ses plans en raison de la fermeture (temporaire) du Circus, un lieu emblématique de la scène alternative et DIY locale. Il s’est donc déplacé à Bayonne, au Magneto. Une salle de taille modeste mais à l’architecture superbe, nichée dans les remparts historiques de la cité basque.

 

dimanche 21 juin 2026

Playlist de l'été




Il n'y a plus d'été diront certains, c'est vrai que l'on est dans notre deuxième canicule... Et ce n'est pas cette petite sélection de morceaux qui va faire descendre la température...

On continue les hommages avec cette pochette clin d'œil à And Out Come The Wolves de Rancid, elle même inspirée de celle de Minor Threat, mais ça vous le savez déjà car vous avez lu le dernier numéro !

Merci à Adam, mon fiston, pour avoir endossé le rôle de Tim Armstrong.

mercredi 17 juin 2026

SWIRLS – Surge

 


SWIRLS – Surge

Howlin Banana / A tant Rêver du roi

Cela fait maintenant presque 3 mois qu’est sorti Surge. Il tourne régulièrement à la maison et, à chaque écoute, je l’apprécie encore plus. J’étais déjà tombé sous le charme de son prédécesseur (Top of the line, 2024), découvert après les avoir vus en live, mais ce nouvel album met la barre encore un peu plus haut avec son garage rock qui a rappelle souvent les Strokes. Il y a un côté très frais chez le groupe nantais, composé d’ex Von Pariahs, une touche de spontanéité et une énergie positive communicative.

Et effectivement Swirls possède ce côté garage que l’on peut rapprocher de The Strokes avec fibre indie bien plus prononcée et une rythmique plus nerveuse. Dès Short Fuse on se laisse embarquer, une entrée en matière sobre avant que Leave it to me ne déboule avec ses faux airs de Parquet Courts et une débauche d’énergie grandissante. Plus posé, Currents s’appuie sur des riffs hypnotiques à l’opposé du dynamique A Car Or A Guitar ou de l’explosif Daytime Drinking très rythmés qui évoquent The Hives dans le côté garage débridé.

On connaissait Powerstation, choisi en amont pour annoncer la sortie de ce deuxième album. C’est un très bon morceau représentatif de l’identité du groupe, d’ailleurs le clip est fun. Neverland a lui aussi eu le droit à une mise en vidéo, un morceau sur le refus de grandir. J’aime aussi la capacité du groupe à varier les ambiances, alterner énergie, mélodies tout en y glissant un soupçon de pop comme sur Numb. Franchement c’est super bien foutu et à aucun moment on ne décroche !


Surge est un très solide deuxième album, surtout si peu de temps après le premier. Swirls est inspiré et maîtrise totalement son style pour notre plus grand plaisir !

J. NeWSovski

 

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vendredi 12 juin 2026

BANK MYNA – Live aux Beaux-Arts de Paris

 


BANK MYNA – Live aux Beaux-Arts de Paris

Medication Time / Stellar Frequencies

 

Vous savez à quel point j’apprécie Bank Myna, ce groupe parisien que je suis depuis des années, et que j’ai eu la chance de voir en concert avant d’avoir l’opportunité de les interviewer l’an dernier. En février 2026, ils ont eu l’excellente idée d’enregistrer et de filmer deux de leurs morceaux dans la chapelle des Petits-Augustins, un cadre aussi sublime qu’inattendu.

Les images qui en résultent sont à couper le souffle : le lieu, avec ses œuvres et son architecture, n’est pas un simple décor, mais bien un acteur de cette performance. Les deux titres choisis, No Ocean Of Thoughts et The Shadowed Body (tirés de leur dernier album, Emuria), y gagnent une dimension supplémentaire. On ne reviendra pas sur leur intensité ni leur puissance envoûtante — on en a déjà parlé à la sortie de l’album — mais en version live, dans ce cadre jadis sacré, leur intensité et leur beauté en sont décuplées.

Cette captation sort en édition limitée (40 vinyles et 30 CDs), avec une pochette à la hauteur de l’événement.

Seul bémol : la frustration de n’avoir que deux titres (17 minutes tout de même) sous la dent. Difficile de comprendre pourquoi un vrai set de 45 à 60 minutes n’a pas été envisagé, ne serait-ce qu’en filmant partiellement. Un mystère qui me laisse sur ma faim…

Si vous ne connaissez pas encore Bank Myna, plongez sans hésiter. Ce groupe est hors norme, et cette captation est une superbe œuvre visuelle et sonore.

 

J. NeWSovski

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dimanche 7 juin 2026

THIRD EGO – More Ego

 




THIRD EGO – More Ego

Shield Recordings / Slow Death Records / White Russian Records / Serial Bowl Records /

 

Third Ego c’est la belle découverte de ces dernières années. Je ne sais plus d’où venait exactement l’info : peut-être d’un message de Tomoi des Burning Heads posé discrètement sur les réseaux ou bien directement des fournisseurs de tuyaux les plus affutés de France : Guillaume Circus et Gui de Champi. Third Ego n’est pas un groupe qui débarque de nulle part, à sa tête on retrouve Jean Morreau, ancien guitariste de NRA, celui que l’on appelait Orange à l’époque. À ses côtés on retrouve Rene, bassiste charismatique, autrefois dans Selfish. Brat Pack, Need, Human Alert sont les autres groupes dans lesquels les membres du quatuor ont usé quelques cordes, un beau petit CV en somme. More Ego est le deuxième album des Amstellodamois après un premier éponyme sorti en 2022 sur White Russian Records.

More Ego applique la même recette que son prédécesseur à commencer par cette magnifique pochette. J’aime beaucoup cette continuité visuelle qui me fait penser aux anciens artworks d’Hot Water Music, c’est joli, sobre, et forcément ça attire l’œil.

 

No Just A Memory débute l’album, on connaissait le morceau, déjà présent sur la playlist du zine au printemps en avant-première. Super efficace, il sonne bien et est accrocheur, clairement je pourrais dire que c’est le tube du groupe. Drained a des faux airs de NRA époque New Recovery, je trouve même que la voix de Jean rappelle parfois celle d’Aziz, la guitare se déchaîne et la ligne de basse est magique. 

Les pépites se succèdent, et loin d’étaler une vitesse trop rapide, le groupe pose des mid-tempo hyper intéressants comme le fabuleux Choking ou bien Fate, sombres et inquiétants ils amènent une gravité et une lourdeur intéressantes. Mais le groupe Hollandais sait aussi décharger une grosse dose d’énergie comme sur Colors et ressort aussi un côté Washington DC de l’album avec des titres qui font la part belle aux mélodies comme Unseen ou Lying all the time, pas forcément des mélodies léchées et faciles mais quelque chose de plus subtil avec un vrai son rock’n’roll. On saluera au passage le travail de l'incontournable Menno Bakker


More Ego n’est pas une surprise mais plutôt la confirmation d’un groupe talentueux formé de vieux briscards qui connaissent le punk rock. Sans se prendre la tête, le groupe aligne 12 titres (25 minutes) super plaisants, efficaces et accrocheurs. La très grande classe !

 

J. NeWSovski

 

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samedi 6 juin 2026

video - The TRADERS

 Hier, l'un de mes groupes préférés de la scène française vient de sortir un nouveau morceau : 

Facets, Facets.

Le morceau a été enregistré en février 2026 par Rémi Dutheil au studio La Cafetière.

La vidéo réalisée, elle, par Aurélien Mariat


On attend la suite avec impatience !