BLUE GRIZZLY – S/t
Autoproduction
Voici un
groupe qui assume pleinement son identité. Entre miel sonore et douceur
mélodique, Blue Grizzly
propose un rock gourmand, aussi savoureux qu’inattendu. Le trio rennais signe
ici son deuxième album, après Makesong (2024) et l’EP Malone
(2023).
Avec des
sonorités résolument grunges, les Rennais prouvent qu’ils sont de vieux
briscards du genre. Never Thought You Would
envoie une bouffée d’air seattlien, tout en évoquant aussi les Suisses d’Hathors.
Ce morceau d’ouverture, percutant, donne le ton, même s’il peut sembler
trompeur : Blue Grizzly excelle surtout dans des
mélodies power pop (Spell and Write,
Tug, Conquistador), qu’ils distillent avec brio
tout au long des 14 titres.
Côté
douceur, Abuela et Kragle livrent une dose de tendresse sans
renoncer à leur ancrage années 90. Let Him
Down, simple et efficace, rappelle même les Breeders.
L’inclusion d’un morceau instrumental comme Pikiwiki,
nerveux et revigorant, est une excellente idée pour dynamiser l’écoute. Le
groupe revient ensuite à un grunge plus lourd avec Found The Law That I Wanted, marqué par un
riff puissant et des sonorités noise sur le refrain, puis America, au chant filtré, l’un des titres
les plus percutants de l’album.
Malgré de bonnes
idées, quelques fragilités subsistent, notamment au niveau du chant : les aigus
manquent parfois de stabilité (Tug,
Vince and Marco),
et les harmonies (Picture
in My Mind)
pourraient gagner en précision. Pourtant, ces morceaux séduisent par leurs mélodies
envoûtantes et des arrangements bien pensés, comme la basse, qui mériterait
d’être davantage mise en valeur.
Autre regret : un mixage un peu étouffé sur les voix, dommage pour un album
aussi riche. J’ignore si l’enregistrement a été réalisé en autonomie par le
groupe, mais cela pourrait expliquer ce manque de clarté.
Derrière
le personnage de l’ours se cache un trio passionné, qui puise son inspiration
dans les sonorités des années 90 et les mélodies accrocheuses. Et le pari est
réussi : on se laisse rapidement emporter par leur univers.
Sonorités rock tendance grunge, les Rennais sont des vieux
briscards qui maîtrisent parfaitement leur style. Never Thought You Would
sent fort l’odeur de Seattle mais me fait aussi penser aux
Suisses d’Hathors. Un morceau rentre-dedans pour débuter mais qui peut
paraître tout de même un peu trompeur car Blue Grizzly se révèle être très
fort sur les mélodies powerpop (Spell and Write ; Tug ; conquistador) au point d’en distiller tout au
long des 14 morceaux.
J. NeWSovski






