mardi 22 septembre 2026

Playlist de l'automne

 


Une nouvelle playlist qui fait la part belle aux découvertes, je l'espère. Car derrière la locomotive Burning Heads qui s'approche de ses 40 années d'activité on retrouve de jolis groupes notamment les nantais de NDA pour le renouveau du skate-punk ou Fervents dans la veine post-hardcore.

On découvre aussi le nouveau projet de Wattie Dead End : Blanx

La scène angevine est, évidemment présente, fanzine local oblige ! Carmen Carbon tout d'abord, ce trio féminin est vraiment une belle découverte puis Kurvaa et LAC

Je vous laisse découvrir la suite en cliquant plus bas !





LIEN BANDCAMP

vendredi 18 septembre 2026

EMMA RUTH RUNDLE – These killing Times

 


EMMA RUTH RUNDLE – These killing Times

Errant Child

Sortons un peu du punkrock pour parler d’une artiste que j’apprécie particulièrement depuis des années : Emma Ruth Rundle. Originaire de Los Angeles, elle a débuté au sein du groupe The Nocturnes, puis on la retrouve ensuite dans Red Sparowes, projet post-rock très intéressant. En 2011, elle fonde Marriages qui restera actif quelques années seulement (1 EP et 1 album), mais constituera une étape importante dans l'évolution musicale d’Emma Ruth Rundle vers son travail solo. Elle enchaînera alors cinq albums en 15 années (et pléthore d’Eps), définissant les contours d’un style qui oscille entre post-métal, post-rock et dark-folk. Elle aime aussi s’entourer d’autres artistes que ce soit avec Chelsea Wolfe, dont elle est très proche aussi musicalement, Thou, groupe de sludge ou encore Jaye Jayle, musicien expérimental.

Emma Ruth Rundle est donc de retour en 2026 avec son nouvel album These killing times, sorti sur son propre label (Errant Child) et dont l’approche me rappelle un peu le troublant Engine of hell, sorti en 2021. Ce dernier marquait une césure dans sa discographie par une approche totalement dépouillée et à fleur de peau, seulement avec voix, piano et guitare acoustique. Ce nouvel opus conserve cette sensibilité mais en retournant à la puissance électrique de ses instruments. Pour l’occasion elle s’est entourée de Jess Gowrie (Chelsea Wolfe, Mrs Piss) à la batterie et Troy Zeigler (Serj Tankian) à la basse.   

Et l’émotion est effectivement au rendez-vous dès les premières notes au piano de Powerless, qui monte en puissance avec une guitare lourde. God’s Picture se veut dans la continuité d’Engine Of Hell. Emma chantonne, pose sa voix avec douceur, on entend ses doigts sur les cordes, le piano prend le lead, le saxophone amène des sonorités nouvelles. Un morceau doux mais intense. On retrouve aussi cet esprit sur Don’t Delay Heaven, sobre et prenant. Anvil enchaîne sur les mêmes bases tout en apportant un final envoûtant avec des modularités impressionnantes sur le chant.

Catherine Wheel est un morceau plus rythmé avec un ambiance originale. Un morceau à l’esprit pop totalement maîtrisé et assumé. Les distorsions de guitares se mêlant aux nappes de violons. Excellent morceau.

Le final avec Human Kingdom me rappelle Chelsea Wolfe dans cette douce folk gothique de plus de 8 minutes. Alors qu’Oceans Of Time conclue avec émotion et sensibilité juste au piano et voix accompagnés par des chœurs réconfortants.

Les invités se succèdent, que ce soit Patrick Shiroishi au saxophone sur Enough et God’s Picture, Gina Gleason, guitariste de Baroness sur Catherine Wheel, Amelia Baker de Cinder Well et le duo de Storefront Church sur Oceans Of Time, le guitariste de Tera Melos sur plusieurs morceaux.

 

Les textes se révèlent toujours aussi engagés, abordant le thème de la montée en puissance du nationalisme chrétien, les discours politiques abjectes tout en amenant des touches positives sur l’amour notamment.

 

These Killing Times, digne successeur d’Engine Of Hell, conserve cette douceur et cette sensibilité propre à Emma Ruth Rundle, tout en retrouvant des touches électrisantes qui manquaient sur le dernier opus. Il en ressort un album (8 titres – 44 min) tout simplement beau et envoûtant.

 

J. NeWSovski

 

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook



lundi 14 septembre 2026

REDSTONE – The Stone [EP]

 


REDSTONE The Stone [EP]

Autoproduction

Nouvel EP pour Redstone que j'ai eu la chance de voir en concert au Westill Festival de Vallet en octobre 2025. Je me souviens d'un excellent concert et d’une chouette interview pour l'émission Ça dégouline dans le cornet. Redstone, d’Angers, est issu de plusieurs formations locales : Hiwik, Slaïdup, Barbak et Irukandji (de Caen, pour le coup).


Leur nouveau disque The Fall démarre sur les chapeaux de roue avec le morceau Raise Your Voice qui aborde le thème de ne pas être un esclave, de ne pas avoir peur ...
Cet EP est composé de sept morceaux qui approchent divers thèmes sociétaux comme la vengeance, la descente aux enfers, la résilience, les stigmates de la guerre à travers l'histoire…
En tous cas, leur métal imbibé de Stoner est très bon.

La production du disque est nickel, l'EP précédent m'avait déjà bien tapé dans les oreilles, et avec ce nouveau disque, on sent une belle évolution sonore. Il a d’ailleurs été enregistré au Dôme Studio avec David Potvin.

Le morceau Witness of The Fall démarre tranquillement et le chant de Nico est bien posé, avec la guitare acoustique qui accompagne les paroles. Et ensuite, de grosses guitares bien rentre-dedans pour un excellent moment.

Si j'ai une recommandation à vous faire, c’est le morceau à écouter en priorité.

Best Served Cold envoie rapidement un stoner fortement teinté de métal avec un chant dur tandis que the Silent Mess sert d’interlude calme avant de reprendre une dose de puissance avec Pointless, très sombre et inquiétant puis avec Anything, le morceau final qui se révèle plus mélodique.


The Fall de Redstone est un des disques que je vais écouter régulièrement, sans chauvinisme même si Redstone est Angevin. Bonne écoute à vous !

 

Fred lpmr

 

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook



jeudi 10 septembre 2026

LAC~ - III

 


LAC~ - III

Autoproduction

 

Derrière le nom de LAC~ se cache Sylvain, ex-Cassius Belli et ex-bassiste des Turbo Panda, ce groupe manceau qui a marqué les esprits avec des EPs remarqués et des concerts électrisants, joués au cœur du public. En décembre 2025, le groupe tirait sa révérence, laissant Sylvain relancer son projet solo, mis en pause pendant six ans.

Avec III, il revient à l’essentiel : composer avec un minimum de matériel, retrouver la simplicité et le plaisir des débuts : quand il grattait sa guitare branchée sur un ampli dans un garage. C’est d’ailleurs là, avec un équipement minimaliste, qu’il a enregistré cet album. Au fil du projet, son complice Arnaud (batteur des Turbo Panda) l’a rejoint pour l’épauler.

Ce qui frappe dès les premières notes, c’est la voix de Sylvain, douce et mélodieuse, teintée d’un bel accent qui lui donne encore plus de charme. Le morceau d’ouverture, The Hobo, avec son passage saturé, presque tourmenté, est réellement captivant. Il me rappelle un peu ce que faisait J. Robbins avec Burning AirlinesThelma est tout aussi intéressant surtout avec les chœurs derrière à la Pixies. Un sample du film Thelma et Louise vient agrémenter la chanson avec notamment la phrase When a woman’s crying like that, she isn’t having any fun”, que Sylvain voulait mettre et qui résonne encore plus dans notre période actuelle.

Tom Wealers est une belle balade, douce et poétique, avec une fin qui rappelle Daria. Mais c’est Labyrinth qui m’a vraiment scotché. Ce titre me rappelle les vieux morceaux de Monster Munsch ou Higgins, avec un équilibre parfait entre le chant aérien de Sandra et les passages plus intenses de Sylvain, portés par la guitare et la ligne de basse.
White Office, rapide et efficace, le chant est sympa quand il monte. Je me disais que c'est peut-être, par contre ce qui me manque un peu : un chant un peu plus gueulé par moments quand les morceaux s'accélèrent et se déchaînent.

Lullaby m’évoque Hey Hey My My, une pop indie bien ficelée, avec un refrain entêtant. Sunday Morning m’a moins convaincu avec ses sons synthétiques en introduction, mais c’est la montée en puissance qui m’a séduit. Ce morceau psyché mériterait presque de s’étirer encore davantage.

Et puis, en final, il y a Broken Nails, 6 minutes de pur bonheur : un refrain ultra-accrocheur, entre défouloir à la batterie et chant haut perché. Un vrai régal.

 

Avec III, Sylvain s’éloigne de ses groupes précédents mais c’est ce qui est intéressant. A l’instar de musiciens comme Quentin Sauvé, Sylvain, LAC désormais, vient de sortir un magnifique projet de pop indé douce et enivrante.

 

J. NeWSovski

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook



samedi 5 septembre 2026

Vidéo - MUSCU

MUSCU s'est reformé il y a peu et part sur la route pour quelques dates. Pour l'occasion voici la vidéo d ela live session de Desperate Fire.





jeudi 3 septembre 2026

Zalem – Ananta

 


Zalem – Ananta

Autoproduction

Le dernier album de Zalem est sorti en mars 2026. Pour mémoire leur dernier disque Stigma est sorti en 2011. Le groupe était en sommeil après un changement de line-up et une longue pause. Aujourd’hui, il revient avec un nouvel album (5 titres, 73 minutes) : Ananta.

Zalem n’a pas perdu son sens de la musique bien au contraire, inutile de comparer l’ancien line-up et l’actuel car une pointe de nouveauté est arrivée dans les compositions de leur dernier effort discographique.

Ananta a été enregistré au studios Tostaky sur Angers et mixé par Nicolas Houssin dans son home studio de St Georges sur Loire. Le travail de production est énorme, écoutez au casque et vous comprendrez ce que je veux dire.

Icarus ouvre le disque et je vous conseille de visionner le clip tourné à Ecouflant. Le chant est une nouveauté chez Zalem, et il apporte une fraîcheur dans les nouvelles compos.

Crossroads arrive en deuxième sur l’album et j’ai vraiment aimé ce qui m’est arrivé dans les oreilles, un son massif avec des montées de guitares bien planantes qui vous fera voyager, j’en suis sûr. On sent bien les influences d’Isis, avec une maîtrise des instruments, les guitares qui répondent au clavier et le duo basse-batterie s’accorde à merveille.

Imaginez-vous, en vélo avec un casque sur la tête et un autre sur les oreilles en campagne, loin du tumulte de la ville et traverser les chemins à l’écoute du morceau.

The Maze m’a un peu surpris, dans le bon sens bien sûr, je n’ai pas l’habitude d’entendre « Nietzsche » mais je pense que l’utilisation de sa voix pour le morceau le plus, disons sombre de l’EP à l’écoute, me concernant, est une bonne trouvaille. Ce n’est peut-être pas un hasard, je m’interroge juste sur ce qui est dit par le monsieur cité ci-dessus. Pourtant The Maze m’a pris aux tripes, son côté sombre ne m’a pas empêché de l’apprécier. Je m’y retrouve juste un peu moins en rapport avec le reste du disque.

Néanmoins, Zalem est de retour et c’est bien là le principal.

Si vous aimez Isis, Explosion in The Sky ou que vous vouez un culte à la Lune, bon elle est facile à placer celle-là, je pense que Ananta, le dernier Ep de Zalem, est fait pour vous.

 

Fred lpmr

 

 

Lien Bandcamp

Lien Facebook


samedi 29 août 2026

JB HANAK - Bâtards


 

JB HANAK - Bâtards

Le Mot et le reste

Ma rencontre avec l’univers de JB Hanak a été un électrochoc. Sales Chiens, son premier roman, m’avait littéralement scotché : un récit brut, sans concession, qui m’a immédiatement accroché. C’est wFenec et Guillaume Circus qui m’ont fait découvrir cet auteur, et je ne les en remercierai jamais assez. Hanak y dépeignait avec justesse les coulisses, parfois chaotiques, de la tournée de dDamage en France et en Italie, un voyage jalonné de péripéties aussi drôles qu’absurdes. Son style direct, sans fioritures, m’a tout de suite séduit. 

Avec Bâtards, JB Hanak nous embarque cette fois au Japon, toujours aux côtés de dDamage, mais pour une aventure aux saveurs et aux tournures bien différentes. Accompagné d’artistes locaux, le duo électro y explore les coutumes nippones, la répression impitoyable envers les drogues, et multiplie les rencontres aussi improbables que mémorables. Les concerts s’enchaînent, les embrouilles aussi, et on ne s’en plaindra pas. Ourko, ce chien virtuel aussi énigmatique que symbolique, revient hanter les pages du livre. Il incarne tout à la fois la colère, la douleur, la maladie… et bien plus encore. 

L’écriture de JB Hanak est une nouvelle fois rythmée, incisive et pleine d’humour. Il parvient à restituer avec un réalisme saisissant l’énergie électrique des concerts, tout en gardant cette touche punk qui le caractérise. 

Mais Bâtards va bien au-delà du simple récit de tournée. JB Hanak y explore la relation complexe et profonde entre les deux frères de dDamage, ce lien indéfectible qui les unit malgré tout. Certains passages, d’une intensité forte, sont de véritables coups de poing dans l’estomac. Le roman rend un hommage poignant à Fred, son frère disparu, et c’est là, aussi, que réside sa force. On ressent l’émotion, la tendresse et la mélancolie qui traversent ce récit. 


Un roman très fort, totalement punk dans son récit qui se lit comme on écoute un disque : à fond, en profitant de chaque instant. Un grand moment de lecture que je conseille vivement à tous, surtout si la lecture de Sales Chiens vous a marqué.


J. NeWSovski



Lien Facebook