jeudi 29 octobre 2026
Numéro 25
samedi 24 octobre 2026
BURNING HEADS – All Fired Up
BURNING
HEADS – All Fired Up
Kicking
Records
Rentrons
directement dans le sujet, All Fired Up commence comme un
clin d’œil au magnifique album Escape avec SOS 2, la suite de SOS, 27 ans après. Le morceau est rapide
et accrocheur, l’ADN Burning Heads
est toujours présent et facilement identifiable malgré les années et les
changements de line-up. Ce morceau était important pour rappeler que, 27 ans
après, la situation ne s’est pas améliorée bien au contraire. L’extrême droite
continue de monter et de se banaliser. Ce morceau est là pour pousser à la
révolte. Smombies, deuxième
morceau à être clipé, big up à la famille Loussouarn au passage, est aussi
efficace et montre une véritable maîtrise dans l’écriture de chansons qui
tiennent la route, avec ses breaks, ses chœurs décalés… Le texte ? Il faut
déchiffrer le titre : contraction de smartphone et zombies. Le reste s
‘entend tout de suite.
Alors
que le groupe fête très bientôt ses 40 ans de carrière, cet album n’est rien d’autre
que leur seizième. Une telle longévité est rare, on pourrait citer les Sheriff
ou Washington Dead cats mais ils ont fait une pause dans leur carrière. Il
faut alors se tourner vers les USA et prendre l’exemple de NoFX ou Bad
Religion. La flamme des Burning
Heads n’a jamais faibli, même si elle a parfois vacillé. All
Fired Up est clairement dans la continuité d’Embers Of
Protest avec, tout d’abord, un artwork du même graphiste avec une
dominante jaune cette fois, puis musicalement on est sur la même construction
avec des morceaux rapides dont certains accrochent clairement l’oreille.
A ce
titre Back Home est un titre assez
rapide et entraînant. Le chant est superbement bien posé, avec un gros refrain
à la Pennywise et des petits riffs de guitare alléchants.
Dans
la catégorie morceaux un peu plus lents mais particulièrement mélodiques on
retrouve l’excellent How Many Tears
aux couplets posés contrebalancés par des refrains très power pop, avec des
chœurs qui décoiffent. Mais mon titre préféré demeure Fire Walks With Her, un morceau à tiroirs,
très bien construit, avec des chœurs prenants et des guitares incisives. La
chanson est construite comme une histoire. J’aime beaucoup !
Dans
les morceaux directs et particulièrement efficaces on peut citer Not My Business à la rythmique soutenue, Consequences qui possède la même structure
ou Big Lies très rapide chanté
en partie à deux entre Fra et Thomas, son refrain rappelle les vieux morceaux
des Orléanais.
L’album se termine sur High Times,
tout comme Escape se terminait par Babylon
By Skate. Le morceau est plaisant et offre un moment de répit
sympathique en fin d’écoute.
Ce seizième album des Burning Heads se veut dans la parfaite continuité
de son prédécesseur. Pas de fioritures, pas de révolution, Burning Heads fait
ce qu’il sait faire de mieux depuis 40 ans : du punkrock mélodique d’excellente
facture. Certes ce n’est pas leur meilleur album mais il reste un très bon
moment d’écoute que je ne peux que vous conseiller. À ne pas rater l’année
prochaine lors de leur tournée anniversaire !
J. NeWSovski
mardi 20 octobre 2026
BIG TIME – Old Fashioned
BIG
TIME – Old Fashioned
Engineer
Records
Découverte aujourd’hui à Montpellier avec BIG TIME. Punkrock à fond,
grosses influences 90’s - parfaitement ma came ! Le trio s’est formé en 2023 autour de Cyril
(Lessen, Vesuve) et Vincent (Wake The Dead, Eight
Years, Vegan Fox). Un changement de batteur a eu lieu en 2025 avec
l’arrivée Jordan (Cowards, Man Is Not A Bird, Bufford
Tannen) et la formation se stabilise depuis. Le trio sort son premier album,
Old Fashioned, sur Engineer Records qui a déjà sorti des
disques d’Antillectual ou Wake The Dead.
Alexandre de 2 Doigts dans la Prise
(aussi batteur de Raincheck, ex-Guerilla Poubelle, Leptik
Ficus…) est aux manettes. Le résultat : un son propre et efficace. La batterie a
un son très No Use For A Name, un peu métalique, je trouve. La pochette, signée par le
groupe et Jokoule, affiche des tournesols en fin de vie, une belle image
de décomposition douce.
The Wrong Way, avec le featuring de Chomby de Raincheck
se place comme l’un des morceaux phares de ce premier album. Sous des airs de
punkrock californien il arrive à faire passer de belles mélodies et prend
vraiment le temps de poser les choses en étirant ses lignes jusqu’à approcher
les 5 minutes. Burnout et Winners sont plus
directs dans leur traitement et tablent sur la vitesse mais accrochent, encore une fois,
grâce à des mélodies efficaces.
J'adore
les petits interludes, avant (D)Rimjob
ou après Monster : ils
apportent de la variation, coupent l'album et laissent respirer. D’ailleurs ce
dernier morceau apporte le second featuring avec Thomas des excellents Cold
Stress. Très rapide, le morceau penche vers un punkrock plus
brutal et incisif.
BIG TIME aime décidemment jouer sur de longues
lignes mélodiques car c’est de nouveau le cas sur Buried Boxes où le refrain
est vraiment très bon avec les chœurs puissants derrière. Old Fashioned clôt l'album : longue pièce
dont la seconde partie développe une atmosphère enivrante, à la manière de
certains morceaux des cultissimes — et trop sous-estimés — Diesel Boy.
BIG TIME nous livre avec Old Fashioned un premier album
très réussi qui ravira les afficionados du punkrock façon Epitaph et Fat Wreck.
Pas toujours original mais certifié efficace !
J. NeWSovski
jeudi 15 octobre 2026
BETWEEN BODIES – Hands to hold each other
BETWEEN
BODIES – Hands to hold each other
Zeitstrafe
Records
Entre Cologne et Toronto, Between Bodies est un groupe à part
sur la scène européenne. Remarqué et mis en avant par Krod Records s’est
émancipé et est parti sur le label Zeitstrafe rds. Je connais bien le groupe
pour avoir chroniqué ses précédentes productions, et sa capacité à composer des
morceaux accrocheurs ne se dément pas.
Dans
un registre proche de Spanish Love Songs, les allemands arrivent à faire
passer beaucoup d’intensité dans leurs morceaux. Waves
sonne justement comme le groupe américain. Puissant rapide et plein de mélodies,
la voix de Christopher rappelle celle de Dylan Slocum, le vibrato
de ce dernier en moins. Les échanges entre les différentes voix fonctionnent à
merveille et amènent une vraie variété dans le morceau. Chandelier est aussi une très belle
chanson, bien mise en avant par ses nappes de clavier et ses mélodies ciselées.
Le chant monte haut et fait preuve d’une très grande intensité.
Leur écriture mérite aussi qu’on s’y attarde. Milli Writes On Hotel
Walls est un texte percutant, où l’anarchiste Milli se débat dans une société
conformiste, à la recherche d’une place qui n’existe pas.
Annie (21st century working class) et Bathroom Floor reprennent une recette gagnante : des
mélodies entraînantes, un tempo effréné, et des influences qui rappellent Blink
182 pour l’un, Alkaline Trio (époque From Here To Infirmary.) pour l’autre.
L’album ne laisse aucun répit. Entre King’s Head, hymne enflammé
destiné à électriser les concerts, et New Ways to stay on
earth, morceau long et intense, les Allemands enchaînent douze titres d’une
qualité irréprochable. Mention spéciale à I wanted to tell you, qui commence
en douceur avant de s’embraser, explorant avec justesse les thèmes de
l’héritage familial et des démons intérieurs.
Hands to hold each other est tout simplement un coup de cœur.
Bien écrit, mélodique et percutant, il possède tous les ingrédients pour me
faire chavirer. L’idéal serait maintenant de réussir à les croiser en France !
J. NeWSovski
samedi 10 octobre 2026
MAUGES PIT FEST V - J2
Ma première
venue au Mauges Pit Fest
et pourtant c’est déjà la 5ème édition. A quelques kilomètres de
Cholet, en plein centre de St Macaire en Mauges, le lieu est sympa avec beaucoup
de places pour se garer et une surface étendue pour les à-côtés. Parce qu’une
fois rentré, se dresse un petit village de stands, un espace restauration,
beaucoup de tables pour se poser et un bar extérieur. Le lieu est bien organisé
et c’est cool de pouvoir y flâner entre deux groupes. Parmi les stands on retrouve
un peu de tout mais j’ai été ravi de retrouver celui des Poulettes L’assaut,
excellent collectif, engagé et plein de belles valeurs. Belle découverte aussi
avec les dessins de Régis Bezannier.
Parlons
bière aussi car c’est primordial dans un fest. IPA de la brasserie de
Noirmoutier N’O qui fait l’affaire, et pour la blonde, la locale La Rombière de
Beaupreau.
Dans la salle, le son s’en sort plutôt bien pour une salle de sport et les
lights étaient bien gérés.
Les groupes de la deuxième journée.
KOD ZERO avait la lourde tâche de démarrer la
deuxième journée, mission d’autant plus ardue que le groupe remplaçait au pied
levé Bunkum, plutôt attendu. Le groupe Nantais m’a surpris avec un mélange
de métal et de chant rap original et intéressant. Le chant est en français avec
un vrai positionnement rap et, derrière, ça balance fort. L’ensemble m’a
rappelé quelques vieux morceaux de Mass Hysteria et No One Is
Innocent. Une bonne entrée en matière.
lundi 5 octobre 2026
MARVIN HEEMEYER – A new low
MARVIN
HEEMEYER – A new low
Deviance
Rds/ Crapoulet Rds / Maloka / Shlag Rds / BlackOut Prod
Voici
le premier album du groupe Nancéen Marvin Heemeyer. Formé en 2019 et
déjà auteur d’une démo 4 titres remarquée en 2024 et 2 Eps au préalable. Je
vous conseille la lecture de la chronique
de cette dernière pour connaître l’origine du nom du groupe. Pour cet album, Marvin
Heemeyer a posé ses instruments au studio L’Autre Oreille,
avec Fabien Pilard et Julien Rosenberger aux manettes. Le mixage,
lui, a été confié à Will Killingsworth (Dead Air Studio), une
collaboration qui porte ses fruits car le son est impeccable.
L’album
s’ouvre sur une longue introduction qui fait monter la tension, comme une mise
en bouche parfaite. Puis, c’est l’explosion : Old
Stuff déferle avec un punk
hardcore au chant crié, rythmé par des modulations percutantes. Enchaîne You’re so right qui dégage aussi beaucoup
d’énergie. Le groupe affiche clairement sa ligne de conduite avec un message
clair dans le livret : Fuck Racism, fuck sexism, fuck homophobia and
fuck any other form of discrimination.
Et
quand il s’agit d’aborder des sujets graves, Marvin Heemeyer ne
recule pas. Betharram en est
l’exemple parfait, avec un texte puissant : « Homophobic bigots, so afraid
of faggots, follow what I say and never what I’ve done, dumb… ». J’adore
particulièrement la première partie de ce morceau, où l’échange guitare/basse
est d’une efficacité redoutable.
Plus
tard, Stone vient ensuite
calmer le jeu avec une rythmique plus lente, mais surtout plus lourde, avant
que le déluge ne reprenne de plus belle (Stand
Still, Gross). Le groupe sait aussi nous
embarquer avec des rythmiques prenantes et dansantes (No One),
tout en rappelant, sur d’autres titres (Banged
Up, Layers), leur attachement au hardcore, dans la veine de
groupes comme Bunkum ou Go It Alone.
Clairement,
les morceaux et le groupe vont être particulièrement intéressants à voir sur
scène car c’est là que ce style, qui est emplein d’énergie et de rage, prend
toute sa dimension. À suivre de près, donc, pour ne pas rater leurs prochaines
dates de tournée !
J. NeWSovski
mercredi 30 septembre 2026
NDA – Low Ton
NDA – Low Ton
Autoproduction
Ce vent frais et ensoleillé, celui qui fleure bon le punk rock mélodique de
la fin des années 90, souffle à nouveau avec force. Les sorties dans le style
se multiplient à l’ouest de la France : Left Bank!, Ashen Shore, Heads
Up… Et cette fois, c’est au tour des Nantais de NDA de se faire
entendre. Ce jeune groupe, né en 2023 et composé d’anciens membres d’Angry
Days, Toxxic TV, Clayton ou encore Les Jacks Sonnent 4,
a enregistré ses 13 titres au studio Playtime avec Jonas Guedon,
avant de les confier à Korentin Mens du Spearhead Studio pour le
mixage.
L’album Low Ton s’ouvre brillamment avec Stoïcism, où les chœurs,
puissants et omniprésents, captent immédiatement l’attention. Le morceau n’est
pas sans évoquer les mythiques Homeboys (qui, au passage, selon les
dernières informations se reformeraient), avec son chant haché et sa
rythmique énergique. L’influence de Millencolin transparaît aussi, que
ce soit à travers le riff obsédant de Craft Fear, Inc qui aurait pu apparaître
dans Life On A Plate ou bien sur Naïve Music, titre direct et
mélodique qui rappelle la période Pennybridge Pionneers des
Suédois. La basse, particulièrement inventive, apporte des variations très efficaces.
Not Fifty, rapide et
addictif, confirme cette filiation.
Avec Alien, le groupe passe à la vitesse supérieure : basse
ultra-rapide et solos de guitare enflammés en font la petite bombe de l’album. The Gang, porté par des
chœurs fédérateurs, fait quant à lui office d’hymne collectif dans un registre
différent. Quant à I’m Not Down, qui se conclut
au piano, il s’impose comme l’un des titres les plus captivants du disque, à la
fois mélancolique et entraînant.
Un petit défaut ? Je trouve que l’artwork, signé Potit Lu,
peine à me convaincre, un peu à l’image de celui des Heads Up, leurs
voisins des Herbiers. Manque de peps, de couleurs qui claquent, j’aime le côté
dessiné mais clairement il est trop terne. Mais bon, comme on dit, les goûts et
les couleurs…
Comme les gars sont un peu des malades, ils ont aussi sorti l’album en
format jeu Gameboy ! Un jeu, mais aussi une version des morceaux en 8 bits. Un
truc un peu incroyable. Et c’est à écouter ici.
NDA vient ajouter son à la liste des groupes de punkrock mélodique / skate
punk hyper intéressants. On va suivre avec une grande attention les Nantais !
J. NeWSovski
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