RANDOM
HEARTS – Love PTSD
MA
Såret Rec, Araki Records, Asso MIGHTY WORM, Dingleberry Records, Affliction
Records, Emergence Records.
Love
PTSD de RANDOM
HEARTS était l’une des sorties les plus attendues de mon agenda 2026. Les
deux extraits dévoilés fin 2025, quelques mois avant la sortie officielle,
avaient suffi à confirmer mon intuition : ce premier album promettait de tout
renverser. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il tient ses promesses.
Formé en
2022 à Besançon, RANDOM HEARTS rassemble des têtes connues de la scène
locale : Jean-Philippe (ex-Nothing To Prove) et Rémi (ex-Wendy’s
Surrender), rejoints par Thomas et Hervé, tous deux issus
de Jack And The Bearded Fishermen. Une alchimie qui se ressent dès les
premières notes.
À l’écoute,
l’influence de Jack ATBF est immédiate — et pour cause, la
proximité entre les deux groupes est indéniable. Mais là où Jack ATBF
mise sur une énergie brute et directe (comme en témoigne leur Naked
sorti quelques mois plus tôt), RANDOM HEARTS creuse un sillon
plus atmosphérique, plus mélancolique. Les guitares, à la fois massives et
subtiles (Before We Met),
laissent une large place aux mélodies, tandis que le chant, volontairement en retrait,
sert avant tout la puissance collective. Un équilibre rare, qui rappelle par
moments l’esprit de Watertank — notamment sur des titres comme Fences ou Slow
Burn, où les atmosphères prennent
le pas sur la frénésie.
L’album
oscille entre deux âmes : d’un côté, la lourdeur post-hardcore d’un Recede Into Shadows, typique de la scène
bisontine (lourd, puissant, mélodique) ; de l’autre, une mélancolie plus
introspective, comme sur Past
Tears, qui n’est pas sans évoquer
Second Rate. Un mélange qui donne à Love PTSD
une identité forte, entre rage et nostalgie.
Et puis, il
y a ce parfum inégalable des années 90, celui d’un Quicksand en pleine
possession de ses moyens, quand le post-hardcore flirtait aussi avec le punk et
le grunge sans jamais s’y noyer.
RANDOM
HEARTS signe ici un premier album solide, homogène, et surtout, profondément
sincère. La claque de ce début d’année qu’il me tarde de découvrir sur scène !
J. NeWSovski



