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vendredi 31 juillet 2026

BAYLINE – State of despair [EP]

 


BAYLINE – State of despair [EP]

White Russian Records

Bayline est un groupe hollandais qui s’est formé récemment (2022), il a déjà sorti un album en 2023 (I choose love) et vient de sortir son nouvel EP 4 titres, State of Despair, chez le mythique label batave : White Russian Records. La formation s’est stabilisée avec l’arrivée de son nouveau batteur (le 3ème quand même !).

Cet EP fonctionne sous forme de concept en explorant de façon chronologique la lente descente d’une relation qui s’effondre, depuis la prise de conscience de l’incompatibilité jusqu’à la panique étouffante de se retrouver prisonnier d’une vie qui ne nous correspond plus.

Tout commence avec Wither (se faner en français) qui se révèle être un morceau d’Emo – Post-hardcore avec un chant qui alterne le saturé et le clair. Il me rappelle un peu, toutes proportions gardées, la vague de groupes comme Boysetsfire ou Grade. Il évoque la lente disparition de l'espoir, à mesure que la réalité de la situation s'impose.

Vient ensuite Comfort’s a coffin qui évoque lui la peur de quitter ce qui nous est familier. C’est un morceau rapide et très efficace, tellement que je l’ai placé il y a quelques semaines sur la playlist estivale du fanzine.

Sinking in slowmotion en remet une couche dans le style émo-hardcore. Le rythme est encore très véloce avec de bons riffs de guitares, à la fois joueurs puis lourds. Il aborde le moment où l'on comprend qu'il faut abandonner le navire pour survivre.

State Of Despair est le morceau phare de l’EP, le dernier à avoir été dévoilé. Il démarre fort, avec un chant mélo sur les refrains et fini en véritable défouloir. Il retranscrit les conséquences physiques des crises d'angoisse ainsi que le courage nécessaire qu'il faut pour choisir une nouvelle direction.

Je noterai aussi les superbes artworks qui ont accompagné les sorties des trois premiers morceaux puis l’EP. Un très beau travail du studio Daggers Design.

 

Rappelant avec nostalgie la vague émo-hardcore de la fin des années 90, Bayline nous offre un petit EP marquant, efficace et original sur son sujet.

J. NeWSovski

 

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dimanche 26 juillet 2026

ATS 1994 - Infernus Manet [EP]

 


ATS 1994- Infernus Manet [EP]
Autoproduction

ATS 1994, ce nom mystérieux cache un nouveau groupe venu de Tarnos et Bayonne. On y retrouve Julien (ex-The Drugsters, The Enterprise, Missile) à la batterie, le quatuor a déjà marqué les esprits avec un premier EP 8 titres sorti en décembre 2025. Leur nouvelle production, Infernus Manet, en reprend l’esprit tout en y injectant une touche punk anglais des plus rafraîchissantes. Auto-proclamé Glam Rock/Punk, le groupe surprend dès les premières notes par une guitare au caractère bien trempé.

Infernus Manet, qui ouvre ce 4 titres, explose avec une énergie brute, rappelant MSS FRNCE par son groove, mais avec un chant en anglais à la voix chaude et expressive. Le morceau, nerveux à souhait, séduit par des mélodies accrocheuses et une guitare qui ose : entre riffs percutants et mini-solos, elle apporte une touche atypique et rafraîchissante.

Brain Dead confirme cette influence punk anglais : le débit vocal saccadé et le riff du refrain évoquent Les Clash, tandis que la structure rappelle les Buzzcocks. Mais c’est la réverbération et les sonorités planantes du clavier qui transforment ce titre en un morceau unique, entre punk rock et rock psychédélique.

Meatball joue la carte de la lenteur trompeuse : après une intro douce, le riff accrocheur explose et emmène le morceau vers un power-pop énergique. Les chœurs, bien placés, renforcent ce côté mélodique et entraînant.

 

Le dernier morceau, Hybrid moments, est une reprise des Misfits. Assez fidèle à l’originale c’est amusant car ce groupe est pas mal repris ces derniers temps (Black Mantra notamment sur son dernier EP). Preuve que ce groupe est intemporel et continue d’inspirer les nouvelles générations.

 

ATS 1994 est une pépite à suivre de près. Au-delà d’un punk rock classique, le groupe apporte une originalité rare : des mélodies travaillées, une guitare inspirée, et une énergie contagieuse. À mettre sur vos radars sans hésiter !

J. NeWSovski

 

 

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mardi 21 juillet 2026

ASTROMILK – Nobody Knows How Sad It Is To Be The Sun [EP]

 


ASTROMILK – Nobody Knows How Sad It Is To Be The Sun [EP]

 Autoproduction


Découverte réjouissante au détour des recommandations de Bandcamp : ASTROMILK, trio toulousain mené par Steve Ziane (ex-Lindbergh, Subcity Stories). Né en 2011 comme un projet solo, le groupe s’est progressivement étoffé avec Stéphan à la basse et Florent à la batterie. Après un premier album, Bad Songs For Sad People (2013), voici Nobody Knows…, leur premier EP… 13 ans plus tard.

L’ouverture de l’EP rappelle la vague émo de la fin des années 90, évoquant même Sense Field. Mélodique, presque pop, Throwing Cases pose une ambiance envoûtante. The Entertainer ajoute une touche Blonde Redhead, notamment grâce à une section rythmique où la basse domine. La voix douce de Steve contraste avec l’énergie croissante du morceau, créant un équilibre captivant.

Richard Gere’s Complex se distingue par son introduction soignée et ses mélodies percutantes, rappelant les Canadiens d’All Systems Go. Une power-pop musclée, riche en accroches, qui ne renierait pas Baby Chaos. Et si les références fusent pour décrire ASTROMILK, c’est parce que leur musique, inspirante, mérite qu’on s’y attarde.

Le titre éponyme (Nobody Knows), lui, évoque Favez, avec un chant posé et une douceur enveloppante.

À noter : un projet 100 % DIY, de l’enregistrement (au studio Nuance Records) à la pochette, signée par Steve lui-même.

 

Astromilk fait donc partie de ces belles découvertes avec un EP brillant emplein de belles mélodies. Un trio qu’il faudra suivre avec la plus grande attention !

 

J. NeWSovski

 

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mardi 7 juillet 2026

BLACK MANTRA – Slow Motion Apocalypse [EP]

 


BLACK MANTRA – Slow Motion Apocalypse [EP]

Bastardz / Dispear Records

Formé en 2017 avec des membres issus de la scène bressuiraise (Penalty, For The Real, Bunkum…) et nantaise (Circles), Black Mantra confirme EP après EP sa singularité. Entre hardcore et punk, le groupe s’impose par un style atypique et des prestations live solides.

Inherent Violence ouvre l’EP avec un mélange savoureux de hardcore et de punk, où la voix de Gus, toujours plus aboutie, apporte énergie et mélodie. Avec MAD, le groupe surprend encore : le morceau se scinde en deux parties, dont une incursion reggae qui évoque directement les Bad Brains, voire même les Burning Heads.

Et dans le registre des morceaux fun, impossible de passer à côté de Holding On. Preuve s’il en est du côté atypique du groupe : quel autre collectif oserait glisser un tel titre dans un EP hardcore ? Groovy à souhait, avec des chœurs féminins envoûtants et une touche pop maîtrisée à la perfection. On pense même à Infectious Grooves ! Don’t Try, lui, revient aux fondamentaux du groupe, avec un punk hardcore toujours aussi libre, généreux en groove et en mélodies.

Le groupe offre aussi deux reprises dans cet EP. Gratitude des Beastie Boys est réinventée en version reggae, dopée par des riffs de guitare puissants au refrain. Quant à Skulls (Misfits), elle reste fidèle à l’originale, mais gagne en efficacité grâce à un son massif et à la voix envoûtante de Gus.

Original, l’objet sort aussi en cassette LEGO à monter soi-même (version limitée) et propose deux artworks différents suivant la version CD (chez Bästardz) et la version cassette (Dispear). Pour finir Slow Motion Apocalypse a été enregistré au Nomad Audio pour les parties instrumentales et au New Record Studio pour les voix.

 

Avec Slow Motion Apocalypse, Black Mantra signe son EP le plus abouti à ce jour. Riche, énergique et surtout d’une variété rare, cet opus mérite amplement de propulser le groupe sous les projecteurs.Si vous ne connaissez pas, il est temps de vous jeter dessus !

J. NeWSovski

 

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vendredi 3 juillet 2026

3615 FRANCIS - Professional Entertainers [EP]

 


3615 FRANCIS - Professional Entertainers [EP]

Autoproduction

L’année dernière je découvrais 3615 Francis, un groupe au nom totalement incongru qui renvoyait directement aux années 90. Le voilà de retour, 7 mois plus tard, pour un deuxième EP. Les Niçois jouent du punkrock mais sans se soucier des étiquettes.

Dans Professional Entertainers le groupe peut aussi bien s’appuyer sur ses racines Bad Religion comme sur le rapide et mélodique War, ou bien s’aventurer dans le ska/reggae/morceau fun comme pouvait le faire Less Than Jake et consorts. Sur Song for you, on sent le soleil et pleinement la fin des années 90, l’époque où chaque groupe sortait son morceau tranquille (Undeclinable Ambuscade, Burning Heads, Goldfinger, NoFX, Uncommonmenfrommars…), la trompette est convoquée, le xylophone aussi et ça marche parfaitement. Fright Night démarre sur une basse groovy et des textes rigolos, puis il part vers un punkrock qui me fait penser aux Chasing Paperboys. War est donc d’inspiration Bad Religion sur ses lignes mélodiques mais surtout sur le positionnement des chœurs, ça en fait un morceau terriblement efficace. J’aime bien aussi The end of the race, plus long mais rapide et accrocheur.  Fuckin Sad termine l’EP en moins de 15 secondes et aurait donc eu parfaitement sa place sur la magnifique compile Fat Wreck : short music for short people.

 

Un deuxième EP dans la continuité du précédent à savoir un punkrock difficilement classable avec une grosse marge de fun et de bonne humeur. Le groupe ne se met pas de barrières et ça se sent.

J. NeWSovski

 

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vendredi 15 mai 2026

Le CHATEAU COSCO – Hortense [EP]

 


Le CHATEAU COSCO – Hortense [EP]

Calvaire Divin

Auteur il y a deux ans d’un premier EP « Sortilèges », le CHATEAU COSCO remet le couvert avec cinq titres intenses qui s’écoutent comme un bloc compact. Le trio montpelliérain affine encore un peu plus son noise-rock instrumental teinté de math-rock évoquant à la fois TOTORRO, PENICHE mais également les Belges de LA JUNGLE pour les rythmes technoïdes qui jalonnent cette nouvelle production.

Avec le CHATEAU COSCO, dont le patronyme évoque presque un titre perdu de Hayao Miyazaki, le ton est donné dès les premières secondes du pétaradant « H.E.E.T. ». Portée par une section rythmique hypnotique et répétitive, cette première salve multiplie les breaks et joue avec les nerfs. Le morceau mêle avec brio incursions math-rock et déflagrations sonores dignes des grandes heures du post-rock, comme une collision entre TOTORRO et EXPLOSIONS IN THE SKY. Plus groovy, « Sortilège IV » s’appuie sur un riff entêtant et convoque une transe quasi tribale, rappelant la furie répétitive de LA JUNGLE. Une musique physique, viscérale, qui donne autant envie de danser que de pogoter dans la fosse. « Azote Liquide » calme un peu le jeu dans avec une entame plus aérienne dominée par des parties de guitares planantes. Mais la tension est cependant palpable. La basse surgit, massive, bientôt épaulée par des guitares plus abrasives et une batterie au diapason pour un morceau débordant d’énergie et de fausses pistes. Avec « Arbok », le trio s’aventure sur un terrain encore plus expérimental et noisy. Sur plus de six minutes, Le CHATEAU COSCO étire sa matière sonore sans jamais perdre en intensité, prouvant sa capacité à construire des architectures complexes tout en conservant une approche ludique et instinctive. « Les Poules », titre le plus court de l’EP qui clôture l’album, impressionne par l’intensité de son jeu de batterie. Les guitares, d’abord cristallines, finissent par baisser la garde pour un final bruitiste aussi chaotique que jubilatoire.


Avec « Hortense », Le CHATEAU COSCO transforme l’essai du premier EP et impose sa signature. Son noise-rock 100% instrumental est une décharge d’énergie brute qui ne demande qu’à exploser sur scène.

 

Mr Caribou

 

Titre préféré : H.E.E.T

  



mardi 5 mai 2026

CIRCLES – In defense of lost causes [EP]

 


CIRCLES – In defense of lost causes [EP]

Shield recordings

Toujours sous le charme de leur précédent album, Still, que je considère comme l’un des tous meilleurs albums de 2024, c’est avec beaucoup d’appétit que j’entame ce nouvel EP des Nantais, qui s’avère chaud, voire même brûlant.

Et Frontline brouille les pistes avec sa douce introduction au piano, mais non ce n’est qu’illusion ! Cette nouvelle production ne sera pas calme, bien au contraire ! Car le morceau part très rapidement sur une débauche d’énergie avec le chant déchaîné de Guillaume, et la surprise vient de l’intervention de Kroquette (Neuf Volts, Sorcellerie, Carmen Carbon) qui vient couper le rythme et poser une belle mélodie sur le refrain. War prend la suite et c’est un morceau très rapide avec un refrain bien sympa avec les chœurs par-dessus, j’aime beaucoup sa deuxième partie très oldschool dansant. Defend est encore plus rapide et expéditif (41 sec), rythmique et sonorités atypiques, de la même manière on y retrouve un featuring avec Beatrice Myself de Neuf Volts. Revenge commence avec le gallois Mick McCann au chant, du groupe An Slua, dans un style très streetpunk / oï. Cage est un morceau de hardcore plus moderne notamment sur son refrain mélodique avec un excellent riff de guitare qui vient trancher le morceau. Très belle conclusion avec Vampyres qui fait preuve d’une grande intensité.

 

Avec un tel titre, les Nantais ne se contentent pas que de balancer des morceaux accrocheurs : le groupe porte des idées. CIRCLES est un groupe engagé avec des idées qu’il défend. Ils abordent les thèmes de la résistance face à tous styles d’adversité, le refus de la guerre et s’y opposer, évidemment le rejet du fascisme et l’engagement à la lutte collective.

 

In Defense Of Lost Causes est un petit bijou, je regrette juste sa brièveté (8 min). Mais CIRCLES confirme ici qu’il est l’un des groupes les plus excitants de la scène hardcore française de par la qualité de ses compositions mais aussi son engagement et son originalité. J’ai hâte de le retrouver sur scène.

 

J. NeWSovski

 

 

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mardi 21 avril 2026

NIGHTWATCHERS – Qu’importe la mort [EP]

 


NIGHTWATCHERS – Qu’importe la mort [EP]

Stonehenge Records

Nightwatchers de Toulouse est un groupe de punkrock aussi intéressant que rare. Leur musique, teintée d’un militantisme sans concession, en fait une formation consciente et réfléchie. Ce nouvel EP de quatre titres, Qu’importe la mort, est un manifeste contre les guerres et les tyrans, un brûlot contre une époque où les égos s’affrontent au nom d’une cupidité décomplexée. Si le message peut sembler prêcher des convertis, le public du groupe partage déjà très certainement ses convictions, il reste essentiel que des voix comme celle des toulousains continuent de s’élever, plutôt que de laisser le silence s’installer.

Côté musical, l’EP marie punk rock et post-punk avec une efficacité redoutable. Atomisés, le premier morceau, pose une ambiance envoûtante, prenant son temps pour installer une tension sourde. On y perçoit des influences de Not Scientists, avec une construction habile, même si la voix, parfois noyée dans le mix, gagnerait à être davantage mise en avant. La Loi du marché explose ensuite avec une énergie qui rappelle Youth Avoiders ou Patient Zéro : un titre percutant, porté par un refrain mélodique et des chœurs entraînants. Avec Dommages collatéraux, le groupe enfonce le clou, maintenant un rythme soutenu et une structure similaire, mais sans jamais tomber dans la redite. Enfin, Malemort surprend par son introduction en demi-teinte, où les riffs s’égrènent avant que le morceau ne s’emballe, révélant de belles parties mélodiques.

 

En quatre titres, NIGHTWATCHERS signe un EP court mais percutant, qui donne envie de les retrouver sur scène. Leur musique, à la fois engagée et accessible, mérite d’être découverte — d’autant que l’EP est disponible gratuitement sur leur Bandcamp et permet de découvrir pleinement les paroles si importantes.

 

J. NeWSovski

  

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samedi 11 avril 2026

KANØN – S/t [EP]

  



KANØN – S/t [EP]

Autoproduction

KANØN, est un projet né il y a 1 an ½ dans lequel on retrouve Ben (ex-We Want Sound ; et son projet solo Ben Leno), Louis de Orchids ainsi que Manon et Louise du groupe Deuxième Etage. Le groupe est installé entre Poitiers et Parthenay.

In My Veins, le morceau d’ouverture, possède des faux airs de Dead End, il démarre fort avant d’offrir la surprise d’une guitare acoustique qui vient adoucir l’ensemble et lui confère une originalité immédiate. Je trouve d’ailleurs super intéressant ce morceau de pop-punk très solaire, bien porté par la voix de Ben dont le grain ajoute une touche de caractère. Green Jacket, quant à lui, m’évoque un peu FAVEZ par certains aspects, j’aime beaucoup le côté mid-tempo, riche en émotions et bien appuyé par des chœurs qui montent haut. Cats, s’installe avec une belle intro soignée avant de basculer vers de la power-pop très plaisante servie par des chœurs féminins accrocheurs et un chant qui oscille entre mélodieux et rugueux. Trick or treat peine, par contre, à me convaincre. Chanté par les filles, le morceau possède un côté Panic Monster avec la guitare acoustique mais l’accent accroche l’oreille, c’est fun mais sans plus.

 

Au final, KANØN signe un premier EP prometteur, alliant mélodies bien senties et une touche punk-rock qui flirte avec la power-pop. La construction est solide, la voix accrocheuse, et l’ensemble donne envie d’en savoir plus. À suivre de près.


J. NeWSovski


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dimanche 29 mars 2026

.CHIRE – Notre Dame Des Tentes [EP]

 


.CHIRE – Notre Dame Des Tentes [EP]

Autoproduction

 

Montréal ne cesse de confirmer son rôle de place forte du rock canadien. Après Vulgaires Machins, Population II, Nobro ou Lost Love, voici .CHIRE et son punk « gériatrique » – un terme qui, rassurez-vous, ne reflète en rien l’énergie de ce quintet. Leur EP Notre Dame Des Tentes est une claque aussi bien musicale que sociale, où la rage et l’engagement se marient à des riffs tranchants et des voix éraillées. Bon, en voyant les photos des gars, je me rends compte qu’on a à peu près le même âge. Je vais donc considérer Les Rêveries comme un fanzine gériatrique aussi !

L’EP démarre fort avec Révolution (y’en aura pas) punkrock très efficace avec une grosse voix façon Gruff Punk et un chant en français teinté du subtil accent québécois si reconnaissable. Ça joue fort et ça joue vite, un vrai défouloir, les chœurs fonctionnent à merveille et la section rythmique est vraiment sympa, j’aime beaucoup la basse. Enchaîne ensuite C’est le premier tour de roue le plus rough, avec le deuxième chanteur qui prend le lead. Sa voix est originale et, avec ce texte, ça passe crème ! Le texte aborde le sujet de l’écologie et comment enrailler le mouvement de surconsommation, c’est intéressant.

Il y a toujours un engagement dans les textes, c’est le cas aussi sur Brûle ! Coderre, Brûle !, un morceau que j’affectionne particulièrement. Il va vite, la voix éraille de FO dessus fonctionne à merveille et la guitare est joueuse et balance quelques riffs bien sentis. Un très très bon morceau.

Notre Dame Des Tentes, morceau éponyme, est une plongée dans le Montréal des laissés-pour-compte. Le texte, poignant, décrit un campement de fortune face à l’explosion des loyers – un thème universel, mais ancré dans le réel (-30°C l’hiver, ça ne pardonne pas). Musicalement, les riffs en cascade et les changements de tempo évoquent l’urgence, comme si Hot Water Music avait croisé la route des Vulgaires Machins. Un excellent morceau.

Fuck Gagner me fait vraiment penser à un morceau de Guerilla Poubelle, un brûlot punk rapide et direct. Un texte qui aborde, une nouvelle fois, un sujet sociétal.

 

Notre Dame Des Tentes est un EP sans concession, où le punk retrouve sa fonction première : dénoncer, rassembler, et surtout, faire bouger. .CHIRE prouve qu’on peut être « gériatrique » sans rien perdre de son mordant, et qu’à Montréal, la scène punk francophone a encore de beaux jours devant elle. À suivre de près, donc.

J. NeWSovski

 

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vendredi 13 mars 2026

FALLING WAVES – The stories we’ve been told [EP]

 


FALLING WAVES – The stories we’ve been told [EP]

Autoproduction

Sorti en fin d’année 2025, ce second EP de Falling Waves est passé sous les radars et il serait dommage de ne pas profiter ce petit bijou de 25 minutes pour 4 titres tant ce groupe de Saint Etienne regorge de qualités.

 

L’EP s’ouvre avec Brighton Blast, qui installe une atmosphère envoûtante, entre douceur ambiante et montée en puissance. La guitare, résolument années 90, apporte une intensité qui ne sacrifie jamais la mélodie. Circles enchaîne avec près de sept minutes d’indie rock hypnotique, où la tension monte crescendo. On y entend des échos de la scène emo, voire des accents de Baby Chaos, mais toujours avec une identité propre.

J’aime beaucoup John Murphy avec des extraits du film 28 jours plus tard de Danny Boyle dont le thème a été composé par John Murphy et des samples issus du discours de Greta Thunberg devant l’ONU qui servent de chant Derrière on est sur du post-rock hyper immersif et super bien réalisé. Le dernier morceau (CTRL DEL) est aussi une vraie pépite qui allie douceur et mélodies sur sa première partie avant de durcir le ton mais de garder son côté envoutant sur sa seconde moitié.

On notera aussi la très jolie pochette, sobre et énigmatique.

Falling Waves signe ici l’un des plus beaux EP de la fin d’année 2025, alliant qualité musicale, sincérité et une capacité rare à captiver l’auditeur.

 

J. NeWSovski

 

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lundi 9 mars 2026

LA DEBÂCLE – Manquer d’air [EP]

 


LA DEBÂCLE – Manquer d’air [EP]

Araki Records / Cœur Sur Toi / Kravache

 

Voici le premier EP de ce nouveau groupe Toulousain qui avait déjà préparé le terrain en sortant une démo en 2024. Cette fois-ci la production est plus soignée avec Julia Soula qui s’en est chargée.

Trois titres seulement mais de belles promesses avec une base de son très punkrock façon Charlie Fiasco, référence locale pas si anodine car la voix de Mathieu ressemble beaucoup à celle de Romain des Charlie.

L’EP s’ouvre sur La Tangente, un morceau qui pose immédiatement les bases : un punk-rock mélodique, des chœurs bien placés et une énergie bien présente. Mille Éclairs enchaîne avec intelligence, alternant entre passages punk-rock et mélodies post-hardcore, le tout servi par des textes en français bien sentis. Enfin, Manquer d’air clôt l’EP en appuyant davantage sur les contrastes. Le morceau démarre rapidement avant de se poser et développer des moments doux et aériens, puis une longue montée en puissance pour un final explosif.

Trois titres, c’est court, mais suffisant pour donner envie d’en entendre plus. La Débâcle vient de sortir ici, un premier EP qui servira de support idéal pour démarcher les salles et se faire une place sur scène. À suivre de près, donc.

 

J. NeWSovski

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jeudi 26 février 2026

THE TACT – Fizzy Life

 


THE TACT – Fizzy Life

Tic & Tact Records


The Tact signe ici son deuxième EP, Fizzy Life, une bouffée d’air frais qui sent bon le printemps. Atypique à plus d’un titre : non seulement le duo se limite à une guitare et une batterie, mais il est aussi formé d’un père et de son fils. Originaires de Corbelin, un village niché au pied des Alpes, ils ont commencé leur aventure en 2022.

L’EP s’ouvre sur Don’t Care, un single déjà rodé depuis plusieurs mois. Un choix judicieux : ce morceau détonne, alliant une énergie rock’n’roll pure et un côté accrocheur qui en fait un tube en puissance. Proud Of Your Genes poursuit sur cette lancée puis Fizzy Life avec son riff de guitare percutant et un filtre vocal renforce l’aspect groovy. Le jeune chanteur avec son accent et son phrasé haché, laisse entrevoir une marge de progression. Une idée à creuser : pourquoi ne pas tenter quelques titres en français pour varier ?

Part Of The Game marque un virage mélodique, moins rock et plus aérien, avec une touche psychédélique qui surprend et séduit. Quant à At One, son tempo plus lent et ses sonorités indie-pop en font un morceau à part, presque contemplatif et rappelle l’influence The Strokes.

 

The Tact est un groupe solaire. Au-delà de leur formule atypique, père et fils livrent un rock’n’roll teinté de garage et d’indie-pop, frais et embarquant. Un EP à découvrir sans attendre – et à suivre de près !

J. NeWSovski

 

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jeudi 22 janvier 2026

FUCK IT – Blind [EP]

 


FUCK IT – Blind [EP]

Old Chicks Records

 

Mon premier contact avec FUCK IT, c’était à travers guts (2023), leur EP précédent, et leur interview dans Good Friends (un clin d’œil à Jean-Louis pour le coup de projecteur). Trio féminin de Clermont Ferrand, très punk, il signe ici son 3ème EP en 5 ans.

L’identité visuelle de FUCK IT mérite le détour : une pochette sobre en noir et blanc, zébrée d’un éclair jaune qui tranche comme un coup de poing. Ce choix graphique, à la fois brut et efficace, crée une cohérence et une continuité entre leurs trois EPs, comme une signature visuelle de leur univers. C’est plutôt rare de voir ça et je trouve ça cool.

Blind ouvre le bal avec une énergie punk garage qui claque : le chant, puissant et charismatique, n’est pas sans évoquer Lisa Kekaula (The Bellrays). L’EP enchaîne sans temps mort avec In And Out, un titre dans la pure tradition Riot Grrrl, où la rage et la mélodie s’équilibrent à la perfection.

Not an animal aborde le sujet des femmes et la toxicité masculine, le rythme est plus lent et derrière Dig Me Out en rajoute une couche avec des dissonances noise appuyées par un tempo encore abaissé. Mais FUCK IT remonte en puissance avec Every Morning très punk avec cette voix si singulière. Le final se fait de belle manière avec Tears in my heart mélange de punk et de post-rock, définitivement original et fortement plaisant.

 

 

Toujours totalement DIY, le groupe sort cet EP sur sa propre structure, Old Chicks Asso.

 

Il me tarde des les découvrir sur scène car le groupe doit y être explosif. En attendant, ce 3ème EP est une nouvelle réussite en affirmant son propre style.

 

J. NeWSovski

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vendredi 2 janvier 2026

CUSHDRIVE – Kaiju [EP]

 


CUSHDRIVE – Kaiju [EP]

Autoproduction

 

Formé en 2022 à Lyon, CUSHDRIVE revient avec Kaiju, son troisième EP, et une formule réduite : le trio a troqué le punkrock rapide de ses débuts pour un son plus lourd, peut-être plus mature. Dès l’ouverture avec As I Slide, la basse imposante et les riffs tranchants donnent le ton. Le groupe semble avoir tourné une page, abandonnant partiellement le punk-rock mélodique qui caractérisait Walk On The Warm Sand (2023) pour embrasser un rock plus abrasif, sans pour autant sacrifier ses mélodies accrocheuses.

Kill Your Idols confirme cette évolution : le morceau, énergique et direct, mise sur des rythmiques serrées et des vocaux incisifs. Fakery, plus rapide, joue sur des contrastes entre vitesse et mélancolie, tandis que Kaiju (le titre éponyme) évoque étrangement The Deadly Shakes, que j’avais chroniqué en tout début d’année. Une filiation de plus avec le rock brut et mélodique.

La surprise vient de la reprise de Next To You (The Police), un choix audacieux dans un paysage où les reprises se font de plus en plus rares, et c’est d’ailleurs fort dommage. Fidèle à l’esprit original, CUSHDRIVE y injecte sa patte : une épaisseur sonore et une lourdeur qui rappellent que le trio a les épaules pour porter un héritage.

Passer d’un quatuor à un trio est toujours un pari risqué. Ici, le résultat est convaincant, même si j’avoue un pincement de nostalgie pour le punk-rock mélodique de Walk On The Warm Sand. Pourtant, ce Kaiju marque une étape décisive : CUSHDRIVE y affirme une identité plus sombre, plus puissante, et surtout, très cohérente. Le groupe a trouvé un équilibre entre brutalité et mélodie, une base solide pour la suite.

 

J. NeWSovski

 

https://cushdrive.bandcamp.com/album/kaiju

https://www.facebook.com/cushdriveband/



jeudi 18 décembre 2025

CARNAGE PIKNIK – Love Loving [EP]

 


CARNAGE PIKNIK – Love Loving [EP]

Reverse Tapes

Cela fait du bien d’entendre émerger de nouveaux groupes du Mans. Après Powell, No Time To Lose et Turbo Panda, la barre était haute, et depuis mon départ de la Sarthe il y a près de 20 ans, j’avoue avoir un peu perdu de vue la scène mancelle. Alors quand Carnage Piknik débarque, avec une amitié affichée avec Rest Up, impossible de ne pas ressentir un pincement au cœur et l’envie d’écouter attentivement ce second EP, Love Loving.

Le groupe, encore jeune, apporte une fraîcheur revigorante et une palette sonore variée, comme en témoigne Punk is love, morceau à la fois aérien, ethnique, et osons le mot, chamanique. Un choix audacieux pour un EP de noise-rock, mais qui paie. On retrouve des échos de Rest Up, notamment dans Signing Session et ses sonorités brutes. Le chant d’Eve, bien que lointain, séduit par sa douceur et sa répétition hypnotique, rendant le titre obsédant. 6AM, qui ouvre l’EP, regorge de trouvailles subtiles et évite soigneusement les clichés. « Self/Crowd » reprend une structure similaire, en misant davantage sur les distorsions. Enfin, « Pink Machine » synthétise le tout : une première partie post-rock, aérienne, qui bascule vers une seconde moitié plus rugueuse et nerveuse. Un morceau captivant, dont on imagine aisément la puissance en live. D’ailleurs Angers n’est pas si loin du Mans…

Au-delà de la musique, Carnage Piknik porte un message fort : l’amour comme résistance dans un monde peu enclin à l’optimisme. L’artwork, sobre et épuré, renforce cette identité : minimaliste, mais marqué.

En résumé, Carnage Piknik est un jeune groupe prometteur, au son brut et sans concession. Ils fuient les sentiers battus pour explorer, tâtonner, et c’est précisément ce qui les rend attachants. Certaines maladresses subsistent, mais le talent est indéniable — et l’avenir leur sourit.

J. NeWSovski

https://www.facebook.com/profile.php?id=61550577914352#

https://reversetapes.bandcamp.com/album/love-loving



mercredi 10 décembre 2025

UNTITLED WITH DRUMS – Symbols [EP]

 


UNTITLED WITH DRUMS – Symbols [EP]

Juggernoise / Atypeek Music / Araki Records / MA Saret Records / Stellar Frequencies

Untitled With Drums est enfin de retour après l’album Hollow sorti juste avant le confinement. Cinq longues années durant lesquelles on a tout de même pu croiser le groupe en première partie des Deftones en 2002, puis l’année d’après au DesertFest de Londres. Deux très belles dates.

Ce court EP de 4 titres était seulement destiné à être distribué en version numérique via Juggernoise (leur propre structure) mais quelques labels se sont associés pour nous l’offrir en CD (Araki Records et MA Saret Records) et en cassette (Stellar Frequencies).

 

Candle ouvre le bal avec un mur de guitare qui pourrait faire penser à Watertank. Le chant est très plaisant et le groupe pose de belles mélodies sur son refrain. Malgré la lourdeur des riffs le morceau dégage un aspect aérien intéressant, des restes de leurs précédents productions davantage tournées post-rock. Un côté que Obsolete va entretenir sur son introduction, puis le groupe de Clermont déroule un peu à la manière de Rival Schools balançant quelques passages hyper bien sentis « Now everybody noticed we’re going on repeat » totalement accrocheurs et addictifs. Power est nerveux et direct, il dégage une belle puissance qui cette fois ci me rappelle le dernier album de Jack And The Bearded Fishermen. Far termine l’EP en développant davantage le côté mélodique que ce soit dans la musique mais aussi sur le chant qui monte haut sur son final, ce qui est assez rare dans ce style de musique.

A noter que les quatre titres ont été enregistrés par Alex Hourvari à la Voûte et masterisés par l’inévitable Alan Douches auquel on doit notamment des albums des Deftones et autres Cave-In.

 

Belle surprise que ce nouvel EP d’Untitled With Drums que je croyais en pause. Un peu court mais il laisse la porte ouverte à un futur album qui sera à n’en pas douter tout aussi excellent.

 

J. NeWSovski

 

 

https://untitledwithdrums.bandcamp.com/album/symbols

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mercredi 3 décembre 2025

WAVEPOOL - Crayola [EP]

 


WAVEPOOL - Crayola [EP]

Howlin Banana

 

On ne présente plus le label indie HOWLIN BANANA et son impeccable catalogue : TH DA FREAK, JOHNNIE CARWASH, JOHNNY MAFIA... Dernière pépite en date dégotée par le label francilien, le quintet rouennais WAVEPOOL. Actif depuis 2024, cette joyeuse bande pourrait s'imposer comme l’une des révélations les plus prometteuses de la scène indie hexagonale. Leur premier EP "Crayola" aux accents shoegaze, dream-pop et indie-rock est en tout cas une réussite.

Les Normands déploient tout au long de ces six titres un sens de la mélodie hors pair. Le morceau d'ouverture "Blue Moon" pose le ton. Rythme mid-tempo, harmonies vocales, ligne de basse accrocheuse, alternance de guitares cristallines ou nerveuses, refrain imparable. Bref, la bande-son parfaite pour une virée en voiture, les vitres ouvertes en fin d'été. Ambiance plus automnale et mélancolique sur le délicat "Assumptions". Mention spéciale sur ce titre au chant féminin très classe et à l'utilisation inspirée d'un clavier vintage. Une voix nous invite à la plus grande attention sur "Blurry World", pépite indie-pop dont le gimmick de synthé fait des étincelles. Le chant vaporeux peut faire penser notamment à MELODY'S ECHO CHAMBER. Plus shoegaze, "Tiny Cowboy" évoque lui le meilleur des COCTEAU TWINS. Ce titre, porté par sa rythmique chaloupée, installe une atmosphère presque hypnotique. "Shell" très minimaliste et doux dans sa première moitié monte subitement en pression pour un final plus bruitiste à la SLOWDIVE. L'EP des cinq Normands touche déjà à sa fin avec "In Thrall" qui laisse plus de place en chant masculin. Un titre plus tonique qui introduit une diversité musicale intéressante pour le combo rouennais. 

Bénéficiant d'une production de qualité, "Crayola" est une belle promesse shoegaze / dream-pop. Avec son goût pour la langueur mélancolique et sa maitrise des contrastes entre saturation et douceur WAVEPOOL est promis à un avenir radieux.  

 

Mr Caribou

Titre préféré :                      Tiny Cowboy

 

https://wavepoolfr.bandcamp.com/album/crayola

https://www.instagram.com/wavepool.band