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mercredi 17 juin 2026

SWIRLS – Surge

 


SWIRLS – Surge

Howlin Banana / A tant Rêver du roi

Cela fait maintenant presque 3 mois qu’est sorti Surge. Il tourne régulièrement à la maison et, à chaque écoute, je l’apprécie encore plus. J’étais déjà tombé sous le charme de son prédécesseur (Top of the line, 2024), découvert après les avoir vus en live, mais ce nouvel album met la barre encore un peu plus haut avec son garage rock qui a rappelle souvent les Strokes. Il y a un côté très frais chez le groupe nantais, composé d’ex Von Pariahs, une touche de spontanéité et une énergie positive communicative.

Et effectivement Swirls possède ce côté garage que l’on peut rapprocher de The Strokes avec fibre indie bien plus prononcée et une rythmique plus nerveuse. Dès Short Fuse on se laisse embarquer, une entrée en matière sobre avant que Leave it to me ne déboule avec ses faux airs de Parquet Courts et une débauche d’énergie grandissante. Plus posé, Currents s’appuie sur des riffs hypnotiques à l’opposé du dynamique A Car Or A Guitar ou de l’explosif Daytime Drinking très rythmés qui évoquent The Hives dans le côté garage débridé.

On connaissait Powerstation, choisi en amont pour annoncer la sortie de ce deuxième album. C’est un très bon morceau représentatif de l’identité du groupe, d’ailleurs le clip est fun. Neverland a lui aussi eu le droit à une mise en vidéo, un morceau sur le refus de grandir. J’aime aussi la capacité du groupe à varier les ambiances, alterner énergie, mélodies tout en y glissant un soupçon de pop comme sur Numb. Franchement c’est super bien foutu et à aucun moment on ne décroche !


Surge est un très solide deuxième album, surtout si peu de temps après le premier. Swirls est inspiré et maîtrise totalement son style pour notre plus grand plaisir !

J. NeWSovski

 

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vendredi 12 juin 2026

BANK MYNA – Live aux Beaux-Arts de Paris

 


BANK MYNA – Live aux Beaux-Arts de Paris

Medication Time / Stellar Frequencies

 

Vous savez à quel point j’apprécie Bank Myna, ce groupe parisien que je suis depuis des années, et que j’ai eu la chance de voir en concert avant d’avoir l’opportunité de les interviewer l’an dernier. En février 2026, ils ont eu l’excellente idée d’enregistrer et de filmer deux de leurs morceaux dans la chapelle des Petits-Augustins, un cadre aussi sublime qu’inattendu.

Les images qui en résultent sont à couper le souffle : le lieu, avec ses œuvres et son architecture, n’est pas un simple décor, mais bien un acteur de cette performance. Les deux titres choisis, No Ocean Of Thoughts et The Shadowed Body (tirés de leur dernier album, Emuria), y gagnent une dimension supplémentaire. On ne reviendra pas sur leur intensité ni leur puissance envoûtante — on en a déjà parlé à la sortie de l’album — mais en version live, dans ce cadre jadis sacré, leur intensité et leur beauté en sont décuplées.

Cette captation sort en édition limitée (40 vinyles et 30 CDs), avec une pochette à la hauteur de l’événement.

Seul bémol : la frustration de n’avoir que deux titres (17 minutes tout de même) sous la dent. Difficile de comprendre pourquoi un vrai set de 45 à 60 minutes n’a pas été envisagé, ne serait-ce qu’en filmant partiellement. Un mystère qui me laisse sur ma faim…

Si vous ne connaissez pas encore Bank Myna, plongez sans hésiter. Ce groupe est hors norme, et cette captation est une superbe œuvre visuelle et sonore.

 

J. NeWSovski

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dimanche 7 juin 2026

THIRD EGO – More Ego

 




THIRD EGO – More Ego

Shield Recordings / Slow Death Records / White Russian Records / Serial Bowl Records /

 

Third Ego c’est la belle découverte de ces dernières années. Je ne sais plus d’où venait exactement l’info : peut-être d’un message de Tomoi des Burning Heads posé discrètement sur les réseaux ou bien directement des fournisseurs de tuyaux les plus affutés de France : Guillaume Circus et Gui de Champi. Third Ego n’est pas un groupe qui débarque de nulle part, à sa tête on retrouve Jean Morreau, ancien guitariste de NRA, celui que l’on appelait Orange à l’époque. À ses côtés on retrouve Rene, bassiste charismatique, autrefois dans Selfish. Brat Pack, Need, Human Alert sont les autres groupes dans lesquels les membres du quatuor ont usé quelques cordes, un beau petit CV en somme. More Ego est le deuxième album des Amstellodamois après un premier éponyme sorti en 2022 sur White Russian Records.

More Ego applique la même recette que son prédécesseur à commencer par cette magnifique pochette. J’aime beaucoup cette continuité visuelle qui me fait penser aux anciens artworks d’Hot Water Music, c’est joli, sobre, et forcément ça attire l’œil.

 

No Just A Memory débute l’album, on connaissait le morceau, déjà présent sur la playlist du zine au printemps en avant-première. Super efficace, il sonne bien et est accrocheur, clairement je pourrais dire que c’est le tube du groupe. Drained a des faux airs de NRA époque New Recovery, je trouve même que la voix de Jean rappelle parfois celle d’Aziz, la guitare se déchaîne et la ligne de basse est magique. 

Les pépites se succèdent, et loin d’étaler une vitesse trop rapide, le groupe pose des mid-tempo hyper intéressants comme le fabuleux Choking ou bien Fate, sombres et inquiétants ils amènent une gravité et une lourdeur intéressantes. Mais le groupe Hollandais sait aussi décharger une grosse dose d’énergie comme sur Colors et ressort aussi un côté Washington DC de l’album avec des titres qui font la part belle aux mélodies comme Unseen ou Lying all the time, pas forcément des mélodies léchées et faciles mais quelque chose de plus subtil avec un vrai son rock’n’roll. On saluera au passage le travail de l'incontournable Menno Bakker


More Ego n’est pas une surprise mais plutôt la confirmation d’un groupe talentueux formé de vieux briscards qui connaissent le punk rock. Sans se prendre la tête, le groupe aligne 12 titres (25 minutes) super plaisants, efficaces et accrocheurs. La très grande classe !

 

J. NeWSovski

 

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mardi 2 juin 2026

HOMEGROUND – Splendid

 


HOMEGROUND – Splendid

Krod Records

 

 Certaines villes, discrètes, abritent une culture musicale qui traverse les époques sans jamais s’essouffler. Des endroits difficiles à situer mais où la culture musicale se transmet de génération en génération, sans jamais vraiment s’éteindre. Nevers, est l’un de ces lieux. Et Homeground, est l’un de ces groupes qui portent aujourd’hui cette histoire. On retrouve toujours la ville de Nevers sur les tournées des groupes et c’est tout naturellement que le quintet a pu se nourrir avec tout ce qui passait avec une préférence pour le skate-punk des Satanic Surfers et autres Millencolin. Mais Homeground a pris le temps de digérer ses influences.

Après Believe in Forgets, un EP prometteur sorti en 2021, voici Splendid, leur premier album. Le quatuor a posé davantage les choses qu’auparavant, offrant un punk-rock qui tient davantage de la vague émo du début des années 2000 qu’à la vague Epitaph du milieu des 90’s. Et cela se ressent dès le morceau d’ouverture, Frozen Mind, Radieux et chantant qui gère parfaitement sa structure. Je pense à The Promise Ring sur des morceaux comme Changes, avec un attrait certain vers les mélodies longues et douces mais tout de même musclées par un mur de guitares. Vices complète cette série des morceaux bien construits et terriblement accrocheurs. The Raft se veut plus pop dans son approche mais explose littéralement sur le refrain porté pars des chœurs qui le rendent grandiose. Un morceau surprenant.

L’un des points forts du groupe est aussi la voix et le chant, à la fois douce et puissante, elle apporte une touche de quiétude, d’harmonie et de sérénité à l’ensemble. Un exemple avec That Track, aux riffs lourds que ce soit à la basse ou à la guitare. Plagiarism Love en semi-acoustique est intéressant, il me fait penser à l’album solo de Nikola Sarcevic, emplein de mélancolie.

Si j’ai bien compris Everyone Knows parle de Nevers, du format de la ville qui fait que tout le monde a quelqu’un en commun. C’est un peu le cas aussi à Angers et c’est ce qui fait le charme des « moyennes » villes de Province.

 

Splendid est un album plein de charme de la part d’un groupe discret. Ceux qui ont apprécié l’époque Jade Tree, Vagrant records des années 2000 ne pourront qu’apprécier la musique d’Homeground. C’est frais mais mélancolique avec des riffs suffisamment efficaces pour vous entraîner à chaque morceau.


J. NeWSovski

 

 

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samedi 23 mai 2026

THE FLATLINERS – Cold World

 


THE FLATLINERS – Cold World
Equal Vision Records

Avec Cold World, les Canadiens de The Flatliners signent leur 7ème album en 24 ans de carrière, et force est de constater qu’ils n’ont rien perdu de leur superbe. Après New Ruin (2022), un disque où le groupe explorait ses blessures et ses doutes avec sincérité, le quatuor de Richmond Hill dans l’Ontario revient avec un album à l’esprit bien plus serein, presque zen, face à l’ambiance actuelle. Pas de révolution ici, mais une confirmation : The Flatliners font ce qu’ils savent faire le mieux avec une maturité impressionnante.

L’album s’ouvre d’excellente manière avec Stolen Valour, un morceau qui pose le ton : des guitares massives, une rythmique implacable, et le chant rauque et unique de Chris Cresswell (aussi membre de Hot Water Music) qui scande « Together in disintegration we fall first ». Les chœurs fonctionnent à merveille et la batterie n’est pas en reste ! Sorti en single en février, Good, You? est un tube en puissance. La construction lente, presque hypnotique, explose en un refrain fédérateur, typique des Flatliners et qui fait le lien avec l’époque Inviting Light en 2017. Inner Peace (paix intérieure en français) est un titre ironique, tant l’énergie du morceau est explosive. J’aime le contraste entre le chant saccadé et les refrains mélodiques enrobés de chœurs entraînants.

 

Petites incartades plus pop avec And They’re Off à la rythmique plus posée et aux mélodies accrocheuses puis sur Whyte Light et enfin Into Annihilation, qui se révèle un très joli morceau, parfait sur son mid-tempo avec la rage subjacente dans la voix de Chris. Pulpit dénote un peu, notamment sur ses couplets avec les deux chants en superposition, le refrain est intéressant mais ce morceau peine à me convaincre. Puis caché dans la fin de l’album Burn se révèle être un très bon morceau, explosif avec une grande intensité, des riffs percutants et un refrain bien senti, bref tous les marqueurs des Flatliners, tous ceux qui me font aimer ce groupe.

 

Pas de révolution ni de grande surprise avec ce nouvel album, comme ça a pu être le cas par le passé avec Inviting Light. Cold World est un album solide avec quelques morceaux qui pourraient devenir des classiques du groupes et d’autres plus pop ou moins incisifs me font lui préférer son prédécesseur, New Ruin. Mais il demeure tout de très nettement au-dessus du lot, et rien que pour la voix et le chant de Chris Cresswell cet album est une très bonne nouvelle.

J. NeWSovski

 

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mardi 19 mai 2026

FLYING DONUTS REACTIVATED / DARIA - [split]

 


FLYING DONUTS REACTIVATED / DARIA 

This Machine Conjures Up The Old Days And Past Sounds

Dispear Records / Reactivated Records

Quelle sacrée surprise que ce retour des Flying Donuts ! Évoquée il y a quelques mois, la reformation s’est finalement concrétisée en une véritable résurrection. Le trio s’était séparé il y a 9 ans, la reformation, centrée autour de Jérémie Dalstein (guitare et chant), accueille deux nouveaux membres et fait aussi évoluer son nom avec l’ajout du Reactivated derrière. Mais l’ADN est toujours là et, pour marquer le coup, le groupe décide de sortir un petit split avec Daria, légende angevine et de s’organiser une double tournée : côte Ouest au printemps puis l’Est à l’automne.

 

Chaque groupe joue quatre morceaux. Les Flying Donuts Reactivated entament les hostilités avec Rain And Storms, morceau inédit enregistré en deux temps (2023 et 2026) dans le style caractéristique du groupe. Rythmiquement assez posé, une guitare lourde, et la voix de Jérémie si distinctive, mélodiquement c’est très bon. Même fonctionnement pour Trapped, ce nouveau morceau offre un chant plus haut tandis que derrière la guitare et la basse envoient des mélodies lourdes et grasses. My Target et Opposite Guys qui apparaissent sur Renewed Attack ont été placées pour fêter les 20 ans de l’album. On connaît bien évidemment par cœur ces deux titres et leur réécoute reste un pur plaisir.

Daria propose aussi 4 morceaux qui sont des inédits. Drawing In The Air et In Absentia proviennent des sessions d’enregistrement de The Impossible Colours. Matgaz était alors à la batterie et J. Robbins à la production. Le premier est calme mais d’une grande intensité tandis que le second joue davantage sur l’énergie et les mélodies. Deux très bons morceaux qui auraient mérités d’être présents sur l’album.

February, en version acoustique a été enregistré en 2017, c’est un hommage poignant à Iain Burgess, l’un des deux piliers du studio Black Box avec Peter Deimel. Décédé il y a 16 ans, il avait enregistré les deux premiers albums du groupe. Enfin, Waltz #1, est une chanson extraite de la compile allemande A Brief Smile, hommage à Elliott Smith.

Le split, disponible en cassette et en numérique, met en valeur l’artwork de Dan Kerozene, dont on reconnaît immédiatement la patte avec une brin de nostalgie.

J. NeWSovski

 

 

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vendredi 15 mai 2026

Le CHATEAU COSCO – Hortense [EP]

 


Le CHATEAU COSCO – Hortense [EP]

Calvaire Divin

Auteur il y a deux ans d’un premier EP « Sortilèges », le CHATEAU COSCO remet le couvert avec cinq titres intenses qui s’écoutent comme un bloc compact. Le trio montpelliérain affine encore un peu plus son noise-rock instrumental teinté de math-rock évoquant à la fois TOTORRO, PENICHE mais également les Belges de LA JUNGLE pour les rythmes technoïdes qui jalonnent cette nouvelle production.

Avec le CHATEAU COSCO, dont le patronyme évoque presque un titre perdu de Hayao Miyazaki, le ton est donné dès les premières secondes du pétaradant « H.E.E.T. ». Portée par une section rythmique hypnotique et répétitive, cette première salve multiplie les breaks et joue avec les nerfs. Le morceau mêle avec brio incursions math-rock et déflagrations sonores dignes des grandes heures du post-rock, comme une collision entre TOTORRO et EXPLOSIONS IN THE SKY. Plus groovy, « Sortilège IV » s’appuie sur un riff entêtant et convoque une transe quasi tribale, rappelant la furie répétitive de LA JUNGLE. Une musique physique, viscérale, qui donne autant envie de danser que de pogoter dans la fosse. « Azote Liquide » calme un peu le jeu dans avec une entame plus aérienne dominée par des parties de guitares planantes. Mais la tension est cependant palpable. La basse surgit, massive, bientôt épaulée par des guitares plus abrasives et une batterie au diapason pour un morceau débordant d’énergie et de fausses pistes. Avec « Arbok », le trio s’aventure sur un terrain encore plus expérimental et noisy. Sur plus de six minutes, Le CHATEAU COSCO étire sa matière sonore sans jamais perdre en intensité, prouvant sa capacité à construire des architectures complexes tout en conservant une approche ludique et instinctive. « Les Poules », titre le plus court de l’EP qui clôture l’album, impressionne par l’intensité de son jeu de batterie. Les guitares, d’abord cristallines, finissent par baisser la garde pour un final bruitiste aussi chaotique que jubilatoire.


Avec « Hortense », Le CHATEAU COSCO transforme l’essai du premier EP et impose sa signature. Son noise-rock 100% instrumental est une décharge d’énergie brute qui ne demande qu’à exploser sur scène.

 

Mr Caribou

 

Titre préféré : H.E.E.T

  



mardi 5 mai 2026

CIRCLES – In defense of lost causes [EP]

 


CIRCLES – In defense of lost causes [EP]

Shield recordings

Toujours sous le charme de leur précédent album, Still, que je considère comme l’un des tous meilleurs albums de 2024, c’est avec beaucoup d’appétit que j’entame ce nouvel EP des Nantais, qui s’avère chaud, voire même brûlant.

Et Frontline brouille les pistes avec sa douce introduction au piano, mais non ce n’est qu’illusion ! Cette nouvelle production ne sera pas calme, bien au contraire ! Car le morceau part très rapidement sur une débauche d’énergie avec le chant déchaîné de Guillaume, et la surprise vient de l’intervention de Kroquette (Neuf Volts, Sorcellerie, Carmen Carbon) qui vient couper le rythme et poser une belle mélodie sur le refrain. War prend la suite et c’est un morceau très rapide avec un refrain bien sympa avec les chœurs par-dessus, j’aime beaucoup sa deuxième partie très oldschool dansant. Defend est encore plus rapide et expéditif (41 sec), rythmique et sonorités atypiques, de la même manière on y retrouve un featuring avec Beatrice Myself de Neuf Volts. Revenge commence avec le gallois Mick McCann au chant, du groupe An Slua, dans un style très streetpunk / oï. Cage est un morceau de hardcore plus moderne notamment sur son refrain mélodique avec un excellent riff de guitare qui vient trancher le morceau. Très belle conclusion avec Vampyres qui fait preuve d’une grande intensité.

 

Avec un tel titre, les Nantais ne se contentent pas que de balancer des morceaux accrocheurs : le groupe porte des idées. CIRCLES est un groupe engagé avec des idées qu’il défend. Ils abordent les thèmes de la résistance face à tous styles d’adversité, le refus de la guerre et s’y opposer, évidemment le rejet du fascisme et l’engagement à la lutte collective.

 

In Defense Of Lost Causes est un petit bijou, je regrette juste sa brièveté (8 min). Mais CIRCLES confirme ici qu’il est l’un des groupes les plus excitants de la scène hardcore française de par la qualité de ses compositions mais aussi son engagement et son originalité. J’ai hâte de le retrouver sur scène.

 

J. NeWSovski

 

 

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samedi 25 avril 2026

LEFT BANK! / HEADS UP – split [EP]

 


LEFT BANK! / HEADS UP – split [EP]

Dispear Records

Quand deux groupes aussi complémentaires que Left Bank! et Heads Up décident de s’unir pour un split, le résultat ne peut qu’être explosif. Séparés par seulement 56 km (Nantes-Les Herbiers), ils partagent le même amour du punkrock mélodique. Dispear Records a eu la bonne idée de leur offrir un écrin à la hauteur de leur collaboration, avec une édition vinyle soignée. Il faut saluer le travail des graphistes qui ont travaillé aussi en collaboration sur ce très bel artwork : Julien Stylobic Lassalle et Kitch Kat.

Left Bank! ouvre le bal avec quatre titres qui ne laissent aucun répit. Dès Clouds, le ton est donné : un mur de guitares saturées, une rythmique implacable et une basse très intéressante. Hog, reprise de leurs camarades d’Heads Up est une belle surprise et se veut fidèle à l’originale, une chanson présente sur leur premier album (Let Things Happen – 2019). No Shallow et We’re Here enchaînent avec des mélodies qui restent en tête dans la grande tradition Fat Wreck Chords, Lagwagon en tête. Une prestation maîtrisée, avec une production impeccable.

Heads Up prend le relais sans temps mort. Right To Freedom impose dès les premières notes une rythmique chaloupée qui pourrait faire penser aux Satanic Surfers. A leur tour ils reprennent un morceau de leurs potes et ils ont choisi Fear, issu de Message in the Bottle (2024). Arrangé à leur sauce le morceau évolue dans une version ska-reggae très fun et solaire. You’re Not Alone appuie un peu plus sur le côté reggae, rappelant les albums récents de Mad Caddies. Le split se clôt avec The End Is Near, un retour au punk-rock pur et dur, qui rappelle que cette nouvelle génération a encore beaucoup à offrir.

 

Un split réjouissant qui met en lumière deux groupes prometteurs de la scène punk rock mélodique française. Left Bank!, avec leur énergie pure et directe, nous offre un condensé de punk rock efficace et sans concession. De leur côté, les Vendéens de Heads Up surprennent par leur éclectisme, naviguant avec brio entre punk rock énergique et reggae. Deux approches complémentaires, pour un résultat accrocheur !

J. NeWSovski

 

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mardi 21 avril 2026

NIGHTWATCHERS – Qu’importe la mort [EP]

 


NIGHTWATCHERS – Qu’importe la mort [EP]

Stonehenge Records

Nightwatchers de Toulouse est un groupe de punkrock aussi intéressant que rare. Leur musique, teintée d’un militantisme sans concession, en fait une formation consciente et réfléchie. Ce nouvel EP de quatre titres, Qu’importe la mort, est un manifeste contre les guerres et les tyrans, un brûlot contre une époque où les égos s’affrontent au nom d’une cupidité décomplexée. Si le message peut sembler prêcher des convertis, le public du groupe partage déjà très certainement ses convictions, il reste essentiel que des voix comme celle des toulousains continuent de s’élever, plutôt que de laisser le silence s’installer.

Côté musical, l’EP marie punk rock et post-punk avec une efficacité redoutable. Atomisés, le premier morceau, pose une ambiance envoûtante, prenant son temps pour installer une tension sourde. On y perçoit des influences de Not Scientists, avec une construction habile, même si la voix, parfois noyée dans le mix, gagnerait à être davantage mise en avant. La Loi du marché explose ensuite avec une énergie qui rappelle Youth Avoiders ou Patient Zéro : un titre percutant, porté par un refrain mélodique et des chœurs entraînants. Avec Dommages collatéraux, le groupe enfonce le clou, maintenant un rythme soutenu et une structure similaire, mais sans jamais tomber dans la redite. Enfin, Malemort surprend par son introduction en demi-teinte, où les riffs s’égrènent avant que le morceau ne s’emballe, révélant de belles parties mélodiques.

 

En quatre titres, NIGHTWATCHERS signe un EP court mais percutant, qui donne envie de les retrouver sur scène. Leur musique, à la fois engagée et accessible, mérite d’être découverte — d’autant que l’EP est disponible gratuitement sur leur Bandcamp et permet de découvrir pleinement les paroles si importantes.

 

J. NeWSovski

  

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jeudi 16 avril 2026

THE FLICKER – Darker

 


THE FLICKER – Darker

Twenty Something

 

Les angevins connaissent bien The Flicker, surtout son chanteur, Casbah, figure incontournable du microcosme rock local. On le connaît bien à travers ses précédents groupes : Casbah Club ou The Last Band In Town. Mais The Flicker c’est avant tout un groupe de vieux briscards qui transpire le rock et qui est là par passion et pour prendre du plaisir sur scène.

 

Ce nouvel album, leur deuxième après Your Last Day On Earth (2020), est une nouvelle fois enregistré par Camille Belin qui venait juste de finir la production de Big Big Smile de Fragile. Je dois avouer que le son est vraiment puissant et donne beaucoup de relief à la musique du groupe. Côté esthétique de l’objet, je suis moins emballé par l’artwork, simple, direct mais manquant d’originalité surtout comparé au précédent.

Dès l’ouverture avec Left In The Afternoon, on perçoit un punk-rock à l’ancienne, et c’est ce qui est particulièrement plaisant. En y regardant de plus près ce n’est pas étonnant car ce titre est, à l’origine, issu du répertoire du Casbah Club, joué sur scène mais jamais enregistré. J’apprécie la façon de chanter de Casbah, pas très courante à l’heure actuelle et c’est intéressant d’amener autant de variations. On citera forcément des références telles que The Clash ou certains groupes anglais comme les Buzzcocks pour le côté mélodique très présent. Et, parmi les titres marquants, j’aime beaucoup The Silo, rapide, efficace et sans fioritures, le riff de guitare sur les couplets est bien incisif et le refrain est fédérateur. C’est même, pour moi, le meilleur morceau de l’ensemble du répertoire du groupe. Le côté mélodique transparait à travers des titres comme Big Bad World ou le tube No Sorry No Sorrow au refrain digne des Thugs. Une influence que l’on peut retrouver sur un morceau comme So Pure, rapide et efficace qui n’est pas sans rappeler aussi Bad Religion. Last Day On earth vient faire un clin d’œil au premier opus qui portait déjà ce nom. On appréciera les chœurs faits par Camille Belin, et c’est classe que le chanteur de Daria ait prêté sa voix.

Le groupe offre avec Darker une version plus sombre de sa musique, le tempo est plus lent, l’ambiance plus inquiétante. Ce morceau se démarque mais amène une touche d’originalité et une cassure bienvenue dans l’album.

La reprise de Good Night Dresden, chantée en français, est un hommage audacieux à Extraballe, l’un des grands oubliés du rock hexagonal. C’est une première pour The Flicker et c’est intéressant notamment pour clôturer cet album.

Darker, deuxième album de The Flicker, est un bel album de rock au sens large avec une ossature punk. Très intéressant à écouter il permet de faire une liaison avec le style du début des années 90 et un son actuel. A découvrir aussi sur scène où le groupe prend une dimension encore plus grande.

 

J. NeWSovski

 

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lundi 6 avril 2026

ECHO SAYS ECHO – Aithaleia

 


ECHO SAYS ECHO – Aithaleia

Voice Of The Unheard

 

Pour commencer à parler de cet album, je me dois de parler du superbe artwork réalisé par Ariane Patenaude. Sorte de sablier, de mondes inversés avec des fractales numériques par-dessus. Au-delà de la beauté, il est intrigant et annonce l’immersion sonore qui suit. L’album en vinyle, s’offre sur un superbe splatter du plus bel effet. Certainement l’un des plus beaux objets entrecroisés depuis quelques années.

Echo Says Echo est un groupe de Paris qui joue du post-rock instrumental. Il y a beaucoup de sorties actuellement dans ce style ou beaucoup qui s’en approchent en proposant du shoegaze ambiant mais j’avais envie de parler de cet album précisément car il sort véritablement du lot.

Aithaleia est un mot qui évoque les cendres et le feu, c’est aussi le nom donné à l’île d’Elbe dans l’Antiquité et sa terre volcanique. Cet album s’écoute comme un voyage, six titres qui forment une seule et unique œuvre immersive à souhait.

Dès l’ouverture avec Noisy Cave, on sent de l’énergie, maîtrisée, calculée, façon Explosions In The Sky mais qui joue avec les contrastes pour offrir différents temps sur le même morceau. Les touches électroniques sont légères et apportent une ambiance intéressante. The Landing offre un autre visage, marqué sur des ruptures et une batterie dominante. La tension est grandissante et la puissance se libère. Volta Celeste est le morceau qui m’accroche le plus, le riff de guitare est obsédant sur la première partie et l’ambiance puissante et rapide est totalement captivante. En live ce morceau doit être super fort et intense. HHID alterne les ambiances durant ses sept minutes joue avec les contrastes, les temporalités, et une tension latente, puis Stuck In Eternity amène sa poésie. Le morceau était déjà sorti avant l’album complet et se visionne aussi en clip rappelant la pochette du dernier Tardis mais plus directement Interstellar. Le parallèle entre le film et la musique d’Echo Says Echo est d’ailleurs intéressant.

Le voyage sonore se termine avec le long et magnifique Dissensus sur lequel on retrouve ce climat enivrant. Les touches électroniques et synthétiques sont à nouveau présentes pour amener une touche originale.

 

Aithaleia est donc un très bel album, envoûtant et immersif. Il se révèle très riche et ne cesse de distiller ses charmes écoute après écoute. Hâte de découvrir sa transposition sur scène.

 

J. NeWSovski


 

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dimanche 29 mars 2026

.CHIRE – Notre Dame Des Tentes [EP]

 


.CHIRE – Notre Dame Des Tentes [EP]

Autoproduction

 

Montréal ne cesse de confirmer son rôle de place forte du rock canadien. Après Vulgaires Machins, Population II, Nobro ou Lost Love, voici .CHIRE et son punk « gériatrique » – un terme qui, rassurez-vous, ne reflète en rien l’énergie de ce quintet. Leur EP Notre Dame Des Tentes est une claque aussi bien musicale que sociale, où la rage et l’engagement se marient à des riffs tranchants et des voix éraillées. Bon, en voyant les photos des gars, je me rends compte qu’on a à peu près le même âge. Je vais donc considérer Les Rêveries comme un fanzine gériatrique aussi !

L’EP démarre fort avec Révolution (y’en aura pas) punkrock très efficace avec une grosse voix façon Gruff Punk et un chant en français teinté du subtil accent québécois si reconnaissable. Ça joue fort et ça joue vite, un vrai défouloir, les chœurs fonctionnent à merveille et la section rythmique est vraiment sympa, j’aime beaucoup la basse. Enchaîne ensuite C’est le premier tour de roue le plus rough, avec le deuxième chanteur qui prend le lead. Sa voix est originale et, avec ce texte, ça passe crème ! Le texte aborde le sujet de l’écologie et comment enrailler le mouvement de surconsommation, c’est intéressant.

Il y a toujours un engagement dans les textes, c’est le cas aussi sur Brûle ! Coderre, Brûle !, un morceau que j’affectionne particulièrement. Il va vite, la voix éraille de FO dessus fonctionne à merveille et la guitare est joueuse et balance quelques riffs bien sentis. Un très très bon morceau.

Notre Dame Des Tentes, morceau éponyme, est une plongée dans le Montréal des laissés-pour-compte. Le texte, poignant, décrit un campement de fortune face à l’explosion des loyers – un thème universel, mais ancré dans le réel (-30°C l’hiver, ça ne pardonne pas). Musicalement, les riffs en cascade et les changements de tempo évoquent l’urgence, comme si Hot Water Music avait croisé la route des Vulgaires Machins. Un excellent morceau.

Fuck Gagner me fait vraiment penser à un morceau de Guerilla Poubelle, un brûlot punk rapide et direct. Un texte qui aborde, une nouvelle fois, un sujet sociétal.

 

Notre Dame Des Tentes est un EP sans concession, où le punk retrouve sa fonction première : dénoncer, rassembler, et surtout, faire bouger. .CHIRE prouve qu’on peut être « gériatrique » sans rien perdre de son mordant, et qu’à Montréal, la scène punk francophone a encore de beaux jours devant elle. À suivre de près, donc.

J. NeWSovski

 

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mercredi 25 mars 2026

WETWALLS – démo

 


WETWALLS – démo

Bus Stop Press

Marseille voit émerger WETWALLS, un collectif qui rassemble d’anciens membres de Wake The Dead, Water Mane, Joyblasters et Third Memory – des noms familiers pour les habitués des Rêveries. Cette démo, disponible en cassette, propose six titres (dont une intro et une outro) pour un voyage intense de 14 minutes.

C’est une démo, et le rendu sonore en porte les traces : un mixage un peu compressé, presque étouffé, qui ne rend pas encore justice à la musique du groupe. Mais derrière ces arrangements un peu bruts, l’énergie transparaît. Dès In Neutral, WETWALLS dévoile un post-hardcore viscéral et mélodique, où les chants se mêlent à des lignes musicales soigneusement ciselées, ça part en screamo.

Neon Sky confirme cette impression, avec une tension et une intensité palpable et des mélodies qui s’étirent. Split Soul, quant à lui, ouvre une brèche vers des horizons plus ambitieux : on devine un groupe capable de déployer des morceaux encore plus atmosphériques, tout en gardant cette énergie électrique qui les caractérise.

 

 

Une belle découverte, on attend la première sortie « officielle » avec impatience parce qu’on a affaire à un groupe talentueux !

J. NeWSovski

 

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mardi 17 mars 2026

THE DRUGSTERS – S/t

 


THE DRUGSTERS – S/t

Dispear Records / L’Ouïe pleure

Bam Bam Bam, The Drugsters viennent du Sud-Ouest, de Bayonne, Euskadi baby ! Et ce groupe cartonne comme jamais ! Il amène avec lui un vent frais issu de la fin des années 80 et qui sent bon le début des 90’s. En regardant d’un peu plus près à travers le livret de la cassette, Dispear oblige, on retrouve Thomas d’Unlogistic au chant et à la guitare ainsi qu’un ancien The Cabrones mais surtout Claudy Bastard FM : Milooz. Et ça, ça parlera aux plus vieux lecteurs des Rêveries toujours dans l’ivresse de la salle enfumée du Blues bar. Suite à l’enregistrement Seb de Seven Hate, légende parmi les légendes, a rejoint le groupe à la batterie ainsi que Francis (Rodeo Idiot Engine) à la guitare.

L’album s’ouvre sur un punkrock direct avec des morceaux comme Chemical Ride qui me rappelle au bon souvenir du premier album des Burning Heads. Ainsi que Boomers With Attitude qui démarre avec un petit extrait de l’Arme Fatale avant que le refrain abrasif nous entraîne tous avec son « we are the boomers ». J’adore le chant éraillé de Thomas, juste ce qu’il faut.

Not Today sonne comme les Descendents, c’en est même troublant, le son, le ton éraillé, l’énergie… Un chouette morceau ! Not Punk Enough est efficace, un peu plus en retrait vu les autres chansons. John Connor débute la face B avec un sample de… Terminator 2. Un vrai film de boomer pour sûr ! L’alternance entre les chants des deux Thomas est intéressante et le morceau amène une vraie intensité pertinente. Le morceau qui ressort du lot est No Control, le refrain est bien senti et le groupe y développe de belles mélodies. Tout se termine avec Stadium Rock, taillé pour la scène, il va faire chanter le public même si je trouve qu’il aurait mérité un tempo plus rapide pour distiller un peu plus d’énergie.

L’enregistrement respire l’authenticité, certes il n’aura pas le prix du meilleur son 2026 mais c’est aussi ce qui fait son charme et rappelle justement la fin des années 80, et toute une floppée de groupes, The Descendents en premier !

 

The Drugsters est une belle surprise et ce mini-album (9 titres, 21 minutes) s’annonce comme la bande-son idéale de ce printemps. On va vite les découvrir sur scène et ça s’annonce de très belle manière !

J. NeWSovski

 

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lundi 9 mars 2026

LA DEBÂCLE – Manquer d’air [EP]

 


LA DEBÂCLE – Manquer d’air [EP]

Araki Records / Cœur Sur Toi / Kravache

 

Voici le premier EP de ce nouveau groupe Toulousain qui avait déjà préparé le terrain en sortant une démo en 2024. Cette fois-ci la production est plus soignée avec Julia Soula qui s’en est chargée.

Trois titres seulement mais de belles promesses avec une base de son très punkrock façon Charlie Fiasco, référence locale pas si anodine car la voix de Mathieu ressemble beaucoup à celle de Romain des Charlie.

L’EP s’ouvre sur La Tangente, un morceau qui pose immédiatement les bases : un punk-rock mélodique, des chœurs bien placés et une énergie bien présente. Mille Éclairs enchaîne avec intelligence, alternant entre passages punk-rock et mélodies post-hardcore, le tout servi par des textes en français bien sentis. Enfin, Manquer d’air clôt l’EP en appuyant davantage sur les contrastes. Le morceau démarre rapidement avant de se poser et développer des moments doux et aériens, puis une longue montée en puissance pour un final explosif.

Trois titres, c’est court, mais suffisant pour donner envie d’en entendre plus. La Débâcle vient de sortir ici, un premier EP qui servira de support idéal pour démarcher les salles et se faire une place sur scène. À suivre de près, donc.

 

J. NeWSovski

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jeudi 5 mars 2026

DIRTY CLOUD – New Flesh

 


DIRTY CLOUD – New Flesh

Flippin’ Freaks Records

Décidément, la scène rock rouennaise regorge de groupes passionnants : MNNQNS, SERVO, YOU SAID STRANGE ou encore WE HATE YOU PLEASE DIE. Et la liste est loin d’être close. Elle s’allonge aujourd’hui avec une nouvelle pépite locale : DIRTY CLOUD. Repéré il y a trois ans par Raphaël Balzary, ex-frontman de WE HATE YOU PLEASE DIE, le trio revient avec « New Flesh », un premier album qui impressionne autant par sa fougue que par sa maturité. À peine majeurs, les trois énergumènes livrent une musique dense qui oscille entre urgence punk et échappées expérimentales. Leur style s’est largement affiné depuis leur premier coup d’essai (le EP « Straight-Jacket »).

L’étrangeté ouvre le bal avec “Soft Machine”. Deux minutes d’ambient et de bidouillages sonores, presque abstraites. Une introduction déroutante, parfaite rampe de lancement pour la bombe “Tiny Shoes Cause Blister”. Porté par une rythmique martiale, le morceau navigue entre punk, noise-rock et post-punk avant d’opérer, à mi-parcours, une bascule inattendue vers des textures plus shoegaze, presque atmosphériques.

Autre évidence, la palette vocale de Julien est incroyable. Puissante, modulable, capable de descentes abyssales comme de fulgurances stridentes. On pense aux regrettés tRuckks et au chant possédé de Leny, capable lui aussi d’embrasser des territoires proches du death-métal. DIRTY CLOUD flirte d’ailleurs avec ces extrêmes sur la fin de l’expéditif “Stimfapping” où le chant guttural surgit sans prévenir.

Limbic System” (1 minute 20 à peine), maintient la cadence et rappelle les débuts d’ICEAGE. La tension reste palpable sur « Straight Men » et ses guitares débraillées. Mais le trio ne se contente pas d’aligner les uppercuts. Il aime brouiller les pistes. Les cinq minutes de “Skin Crawling” en sont la preuve. La basse minimaliste et le spoken words inquiet de Julien subissent progressivement quelques dissonances. Puis la batterie et les guitares noisy font irruption. DIRTY CLOUD joue beaucoup sur le tempo, les changements de rythme sont légion jusqu’au final agressif.

Voix plus grave et ambiance plus post-punk sur les premières notes de “777555/Scum”. Un morceau au titre bien mystérieux qui prend ensuite des chemins plus punk et noise-rock (dans sa 2ème moitié). Plus posé et lancinant, « Travis the Chimp » est dominé par le chant habité et changeant de Julien. L’album touche déjà à sa fin avec l’étonnant « Garmonbozia ». Une simple guitare acoustique reprend en boucle quelques accords pour un final 100% instrumental. Le calme après la tempête.

Le premier album de DIRTY CLOUD est un disque tendu, incarné et parfois inconfortable. Avec « New Flesh », le groupe rouennais frappe un grand coup et affirme déjà une identité singulière. Et laisse présager un avenir prometteur.

 

Mr Caribou

 

Titre préféré : « Tiny Shoes Cause Blister »

 

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