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samedi 31 janvier 2026

LOONS – Life Is

 


LOONS – Life Is

Howlin Banana / Head Records / Les Disques du Paradis

 

LOONS fait partie de ces groupes précoces dont on vante la qualité partout en France, un peu à la manière de Lysistrata il y a quelques années ou de Rest Up aujourd’hui… Les trois minots viennent de Montpellier, ont déjà sorti un EP en 2022 et secouent toute la scène avec ce premier album, Life Is, sorti en coproduction chez le très prolifique Howlin Banana, Head Records et Les Disques du Paradis.

L’album est produit par un orfèvre : Amaury Sauvé. Le lavallois est devenu un maître quand il s’agit de donner un son énorme à un groupe. On connaît la qualité de ses travaux avec Amanda Woodward, Birds In Row, Wank For Peace

 

LOONS, qui signifie « fou » ou « dérangé » en anglais commence très fort avec Among The Mourners.  On découvre un punk aux racines grunge prononcées avec de belles mélodies, une voix claire, un passage calme et un plus rugueux : de bons ingrédients pour un superbe morceau de début d’album. On apprécie aussi Fight Scene avec son sens des mélodies et son refrain ultra accrocheur, le morceau se durcit et devient rageur. Ce côté un peu fou on le retrouve également sur Stef qui se fait plaisir dans sa deuxième moitié en partant dans des délires sonores. Le côté indie pop ressort sur My Way, Spectre ou Now I Sigh avec leurs refrains bien sentis. Loons me rappelle alors les bordelais de SIZ. Puis le groupe va plus loin et s’aventure sur des pistes post-hardcore (Katag) jouant sur l’émotion. Solar se révèle très pop et aérien, cassant volontairement la fougue du début de l’album. Et il est intéressant de voir ce jeune groupe, dès son premier album offrir autant de variété et de maturité. Bravo !

 

Un joli album qui rappelle les années 90 alors que ses membres ne les ont pas connues. C’est intéressant ! Mais surtout, c’est superbement bien fait. Life Is navigue avec une habilité déconcertante entre morceaux énervés grunge, mélodies précises et touches pop. Une belle découverte !

 

J. NeWSovski

 

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lundi 26 janvier 2026

ARNAUD FOURNIER – 100% Black Puzzle

 


ARNAUD FOURNIER – 100% Black Puzzle

Ici d’Ailleurs

Quand bien même 2025 se situe désormais dans notre rétroviseur, il serait fâcheux de ne pas se pencher sur quelques grands « oubliés » de l’année écoulée. L’album d’Arnaud FOURNIER avait échappé à nos radars et il aurait été franchement dommage de ne pas prêter une oreille attentive au premier disque solo de ce talentueux multi-instrumentiste (guitare, cuivres…).

Originaire d’Angers mais installé à Nantes (un homme des Pays de la Loire en somme), Arnaud FOURNIER est loin d’être un novice. On lui doit plusieurs projets devenus cultes : LA PHAZE, DEAD HIPPIES ou encore HINT. Et c’est précisément à ce dernier que renvoie « 100% Black Puzzle », son projet solo. Pour la petite histoire, la première salve du duo inclassable s’intitulait « 100% White Puzzle ». Trente ans plus tard, Arnaud FOURNIER, toujours aussi libre et inspiré, pousse encore plus loin le champ des expérimentations.

L’album s’ouvre sur le morceau éponyme, dans une douceur trompeuse faite d’arpèges délicats. Une pièce maîtresse de près de dix minutes dont l’univers sonore évoque d’abord Maxime DELPIERRE, autre artiste ligérien. Le gimmick de guitare, entêtant, installe un climat apaisé. Le calme avant la tempête. Car la trompette réconfortante marque bientôt un point de rupture :  l’orage gronde, le titre s’assombrit, se fait plus dissonant. Distorsions de guitare, cuivres stridents et bidouillages électroniques tordus prennent le dessus, jusqu’au retour salvateur de la boucle de guitare et d’un saxophone plus jazzy, pour un final plus doux. « 100% Black Puzzle » débute magistralement, avec une ouverture post-rock de très haute volée.

Arnaud FOURNIER est un touche-à-tout, et son parcours en atteste. Il s’est toujours affranchi des étiquettes et des carcans. « It’s The Leaving That’ll Kill You » en est la preuve éclatante, prenant le contre-pied parfait du morceau précédent. Plus classique dans sa structure, cet unique titre chanté porté par une vieille connaissance (David IVAR d’HERMAN DUNE), nous entraîne du côté du folk-rock américain le plus raffiné. La voix féminine pour les chœurs et la trompette chaleureuse confèrent à l’ensemble une élégance indéniable. Retour ensuite à des explorations 100 % instrumentales avec « New-York Belle-Île », courte pièce de trois minutes qui invite au voyage. D’abord guidée par une trompette aguicheuse, elle bifurque rapidement vers des terrains plus noisy et chaotiques. Arrive alors la plage la plus longue de l’album, « Miroirs ». Douze minutes assez hallucinantes. Arnaud FOURNIER y convie un autre invité de prestige : Frédéric D. OBERLAND des magnifiques OISEAUX-TEMPETE. Impossible de ne pas penser à eux dans ce mélange détonant de post-rock, free-jazz et ambient. L’atmosphère, d’emblée sombre malgré la présence de cuivres et d’étonnantes clochettes, repose sur un drone inquiétant. La tension monte progressivement, le saxophone se fait plus strident. Puis, surgissant de nulle part, un beat techno fracture le morceau, tandis que les guitares s’enfoncent dans un chaos de plus en plus noisy. L’impression d’assister à une collision improbable entre FUCK BUTTONS et GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR. Magistral. À peine le temps de reprendre son souffle que les bourdonnements et sirènes anxiogènes de la dernière pièce, « Shiny Rebirth », surgissent. Dix minutes d’angoisse pure, comme une bande-son horrifique, marquant le retour du complice des débuts Hervé THOMAS. Saxophone déviant, nappes oppressantes, drones poisseux et saturations se confondent peu à peu. Une ultime pièce venant compléter ce fascinant puzzle noir.

Avec « 100% Black Puzzle », Arnaud FOURNIER signe un coup de maitre. Une œuvre dense, exigeante et sans concession. Indispensable pour les amateurs d’expérimentations sonores et de post-rock aventureux.

 

Mr Caribou


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jeudi 22 janvier 2026

FUCK IT – Blind [EP]

 


FUCK IT – Blind [EP]

Old Chicks Records

 

Mon premier contact avec FUCK IT, c’était à travers guts (2023), leur EP précédent, et leur interview dans Good Friends (un clin d’œil à Jean-Louis pour le coup de projecteur). Trio féminin de Clermont Ferrand, très punk, il signe ici son 3ème EP en 5 ans.

L’identité visuelle de FUCK IT mérite le détour : une pochette sobre en noir et blanc, zébrée d’un éclair jaune qui tranche comme un coup de poing. Ce choix graphique, à la fois brut et efficace, crée une cohérence et une continuité entre leurs trois EPs, comme une signature visuelle de leur univers. C’est plutôt rare de voir ça et je trouve ça cool.

Blind ouvre le bal avec une énergie punk garage qui claque : le chant, puissant et charismatique, n’est pas sans évoquer Lisa Kekaula (The Bellrays). L’EP enchaîne sans temps mort avec In And Out, un titre dans la pure tradition Riot Grrrl, où la rage et la mélodie s’équilibrent à la perfection.

Not an animal aborde le sujet des femmes et la toxicité masculine, le rythme est plus lent et derrière Dig Me Out en rajoute une couche avec des dissonances noise appuyées par un tempo encore abaissé. Mais FUCK IT remonte en puissance avec Every Morning très punk avec cette voix si singulière. Le final se fait de belle manière avec Tears in my heart mélange de punk et de post-rock, définitivement original et fortement plaisant.

 

 

Toujours totalement DIY, le groupe sort cet EP sur sa propre structure, Old Chicks Asso.

 

Il me tarde des les découvrir sur scène car le groupe doit y être explosif. En attendant, ce 3ème EP est une nouvelle réussite en affirmant son propre style.

 

J. NeWSovski

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Linktree



samedi 17 janvier 2026

WAKE THE DEAD – The Great Disappointment

 


WAKE THE DEAD – The Great Disappointment

Useless Pride Records


Après l’excellent Still Burning en 2020, huit titres percutants et un line-up renouvelé (batteur et chanteur), Wake The Dead confirmait déjà sa capacité à rebondir et se réinventer ce qui n’est pas simple surtout quand on parle de la signature vocale. Mais en 2023-2024, nouveau rebondissement : Vincent cède le micro à Aleksandra. Contre-pied parfait puisqu’elle insuffle un nouveau vent de fraîcheur au groupe.

La belle introduction de The Great… plante le décor avant que Break Up ne lance l’album sur des rails hardcore, énergiques et sans concession, rappelant l’efficacité d’un Comeback Kid. Les Marseillais assument pleinement leur héritage, leur filiation, mais Aleksandra, par sa présence vocale, évoque aussi, évidemment, Walls Of Jericho ou les premiers Stinky. Les riffs, tranchants comme des lames, ne laissent aucun répit.

 

Plus modern hardcore sur son traitement, with no regrets enchaîne de belle manière avec un refrain bien senti. J’aime la façon dont est construit l’album avec des touches punk disséminées par ci par là, notamment sur Cowspiracy et son titre sans équivoque, qui fait référence au documentaire de Kip Andersen et Keegan Kuhn, réédité en 2015 sur Netflix et produite par Léonardo DiCaprio. Wake The Dead est porteur de messages tous axés vers la planète, c’est le thème global de l’album, en approchant la pollution, l’élevage intensif et son impact environnemental…

Pour moi le titre majeur est Marseille City, plus qu’un titre, plus qu’un hymne ce morceau est monstrueux ! Avec son entrée en matière digne de Madball et son refrain obsédant, ce titre est l’un des meilleurs que j’ai pu écouter dans le style depuis un paquet d’années. Your Last Stand, enfonce le clou dans le même registre avec des chœurs puissants et une énergie folle.

Tide Of Decay se veut plus posé, plus lourd et définitivement plus métal, montrant que Wake The Dead navigue entre les styles avec facilité. Ce que l’on ressent aussi sur Moving Forward et The Blue Grow : hardcore voire post-hardcore. Le groupe met de côté son mode « rentre-dedans » pour développer davantage des mélodies étirées.

Mais le bulldozer revient en force avec le surpuissant You & Me aux riffs entêtants qui mixe une nouvelle fois hardcore et métal. Puis sur Binary Anthem bien plus punk sur la forme. Projection dans l’avenir sur le titre 2050 offre une plongée sombre dans un futur incertain, porté par un riff grave et un rythme implacable. L’album se clôt sur …Disappointment, post-hardcore assumé, qui boucle parfaitement avec l’ouverture.

Produit par Flo Salfati (Landmvrks), The Great Disappointment bénéficie d’un son puissant et équilibré. L’artwork, bien que reflétant une réalité environnementale glaçante, est visuellement saisissant.

 

Malgré un nouveau changement au chant, Wake The Dead signe un album monstrueux, engagé et musicalement abouti. Entre riffs accrocheurs, chant percutant et thèmes urgents, c’est sans hésiter l’un des meilleurs opus de 2025.

J. NeWSovski

 

https://wakethedeadhardcore.bandcamp.com/album/the-great-disappointment

https://www.facebook.com/wakethedead13



mardi 13 janvier 2026

VANTRE – Clonocracy

 


VANTRE – Clonocracy

Araki Records / Cœur sur toi / Table Basse Records / Forbidden Place Records


VANTRE était l’ovni musical de l’année 2025. Difficile à classer : math-rock, post-rock ou indie-punk ? Peu importe finalement, car Clonocracy est un album qui m’a beaucoup surpris et marqué. Originaire du sud de Paris, ce trio s’est formé en 2020 sur une formule audacieuse car il est composé de deux bassistes et d’un batteur. Pas de chanteur, pas besoin. Dès lors, tous les morceaux sont instrumentaux. Le trio a déjà sorti une série d’EPs (Treehopper) et voici donc son premier opus.

 

L’album s’ouvre avec l’époustouflant Stomak, à la rythmique prenante et à l’énergie contagieuse. Un titre d’autant plus savoureux que le jeu de mots avec le nom du groupe ne passe pas inaperçu. Clonocracy s’inspire d’une dystopie futuriste : en 3701, face à l’épuisement des ressources et à la stérilité croissante, de nouvelles croyances émergent, prônant le clonage comme solution. Le morceau éponyme, véritable voyage sonore de sept minutes, explore ces thèmes avec une densité proche du stoner-rock, évoquant les paysages sonores de Dune ou l’univers de Mars Red Sky. Menstruosterone prolonge cette dynamique avec une approche très mélodique et captivante qui s’étale sur la longueur.

Mais Vantre en a encore dans le bide et part sur un rythme effréné, voire très punk, sur Conan The Dog qui laisse tout de même transparaître de belles mélodies sur ses refrains. Un peu plus loin Netavark et Plastic Jizz dynamitent la fin de l’album avec des rythmiques grooves très percutantes tandis que Metha, morceau expérimental, clôture en douceur ce premier album.

 

Une véritable claque que ce premier album. Inclassable mais immersif, Clonocracy est un album à ne pas manquer qui se veut addictif et d’une grande originalité.

J. NeWSovski

 

 

https://vantremusic.bandcamp.com/album/clonocracy

https://linktr.ee/vantremusic

https://www.facebook.com/vantremusic/

vendredi 9 janvier 2026

STADE – Musiques de stade

 


STADE – Musiques de stade

Upton Park

 

Il est facile de sortir des jeux de mots sur le nom de ce groupe, on peut aussi rêver d’un plateau avec une affiche qui les associerait à Equipe de Foot et pourquoi pas aussi Sports et encore plus le Karaba FC ?

Mais STADE c’est un trio des Côtes d’Armor qui, comme le disait Miossec, ressemble à « un arrière droit assez brutal, évoluant en D3, qui sent la bière et l’animal, les tacles et la mauvaise foi ». C’était juste pour filer ma comparaison sportive et la lier à la Bretagne car STADE joue un rock-garage-indie légèrement teinté de post-punk. Les gars ont joué au préalable dans des groupes comme Skopitone Sisko ou The Craftmen Club et l’ensemble est plutôt enjoué comme sur le dynamique Petit Pont, sorte de Strokes à la rythmique accélérée voire très entraînant comme sur Nu Song qui ouvre en grande pompe ce premier album. J’aime beaucoup Mercurochrome instrumental extrêmement bien écrit, subtil mélange entre Vantre et Totorro. Le trio s’aventure sur des riffs dansants avec Keep It Burning et sa guitare virevoltante puis sur Paimpol très indie pop avec une basse prédominante. Cat’s tongue relance la dynamique avec un son plus gras et puis Physique-Chimie permet de redescendre tout doucement sur des notes post-rock quelque peu atmosphérique, un morceau très intéressant qui est subtilement et intelligemment enchainé avec 176 BPM, qui allie l’énergie du groupe avec son côté fun.

Je suis un peu sur la réserve quant à l’utilisation des filtres sur le chant sur Human Robot, derrière ça tourne à la perfection mais ce chant façon Daft Punk me perturbe tout de même. Il m’est aussi difficile d’écouter le morceau Raymond Gommenec’h en entier, un morceau instrumental sur lequel est posé la voix de feu Thierry Gilardi qui commente la final de la coupe du monde 2006 entre la France et l’Italie. Ce match reste en mémoire comme le traumatisme d’une deuxième étoile perdue bêtement, pourtant ce rock atmosphérique est vraiment bien construit et immersif. Autre petit point négatif : la pochette. Justin(e) nous avait fait l’équipe de foot sur Treillières Über Alles, ça aurait été dommage de reprendre le concept (surtout pour un trio) mais là, même si je comprends le concept, je ne trouve pas l’objet particulièrement joli.

 

Derrière un artwork de petite division se cache un groupe talentueux qui à travers ces dix titres montrent beaucoup de créativité dans leur garage-noise-indé qui se révèle tout à tour énergique, immersif et dansant. Un premier album totalement réussi pour un groupe qui vise la coupe d'Europe.

 

J. NeWSovski

 

https://uptonpark.bandcamp.com/album/musiques-de-stade

https://www.facebook.com/stadestadestade

vendredi 2 janvier 2026

CUSHDRIVE – Kaiju [EP]

 


CUSHDRIVE – Kaiju [EP]

Autoproduction

 

Formé en 2022 à Lyon, CUSHDRIVE revient avec Kaiju, son troisième EP, et une formule réduite : le trio a troqué le punkrock rapide de ses débuts pour un son plus lourd, peut-être plus mature. Dès l’ouverture avec As I Slide, la basse imposante et les riffs tranchants donnent le ton. Le groupe semble avoir tourné une page, abandonnant partiellement le punk-rock mélodique qui caractérisait Walk On The Warm Sand (2023) pour embrasser un rock plus abrasif, sans pour autant sacrifier ses mélodies accrocheuses.

Kill Your Idols confirme cette évolution : le morceau, énergique et direct, mise sur des rythmiques serrées et des vocaux incisifs. Fakery, plus rapide, joue sur des contrastes entre vitesse et mélancolie, tandis que Kaiju (le titre éponyme) évoque étrangement The Deadly Shakes, que j’avais chroniqué en tout début d’année. Une filiation de plus avec le rock brut et mélodique.

La surprise vient de la reprise de Next To You (The Police), un choix audacieux dans un paysage où les reprises se font de plus en plus rares, et c’est d’ailleurs fort dommage. Fidèle à l’esprit original, CUSHDRIVE y injecte sa patte : une épaisseur sonore et une lourdeur qui rappellent que le trio a les épaules pour porter un héritage.

Passer d’un quatuor à un trio est toujours un pari risqué. Ici, le résultat est convaincant, même si j’avoue un pincement de nostalgie pour le punk-rock mélodique de Walk On The Warm Sand. Pourtant, ce Kaiju marque une étape décisive : CUSHDRIVE y affirme une identité plus sombre, plus puissante, et surtout, très cohérente. Le groupe a trouvé un équilibre entre brutalité et mélodie, une base solide pour la suite.

 

J. NeWSovski

 

https://cushdrive.bandcamp.com/album/kaiju

https://www.facebook.com/cushdriveband/



jeudi 18 décembre 2025

CARNAGE PIKNIK – Love Loving [EP]

 


CARNAGE PIKNIK – Love Loving [EP]

Reverse Tapes

Cela fait du bien d’entendre émerger de nouveaux groupes du Mans. Après Powell, No Time To Lose et Turbo Panda, la barre était haute, et depuis mon départ de la Sarthe il y a près de 20 ans, j’avoue avoir un peu perdu de vue la scène mancelle. Alors quand Carnage Piknik débarque, avec une amitié affichée avec Rest Up, impossible de ne pas ressentir un pincement au cœur et l’envie d’écouter attentivement ce second EP, Love Loving.

Le groupe, encore jeune, apporte une fraîcheur revigorante et une palette sonore variée, comme en témoigne Punk is love, morceau à la fois aérien, ethnique, et osons le mot, chamanique. Un choix audacieux pour un EP de noise-rock, mais qui paie. On retrouve des échos de Rest Up, notamment dans Signing Session et ses sonorités brutes. Le chant d’Eve, bien que lointain, séduit par sa douceur et sa répétition hypnotique, rendant le titre obsédant. 6AM, qui ouvre l’EP, regorge de trouvailles subtiles et évite soigneusement les clichés. « Self/Crowd » reprend une structure similaire, en misant davantage sur les distorsions. Enfin, « Pink Machine » synthétise le tout : une première partie post-rock, aérienne, qui bascule vers une seconde moitié plus rugueuse et nerveuse. Un morceau captivant, dont on imagine aisément la puissance en live. D’ailleurs Angers n’est pas si loin du Mans…

Au-delà de la musique, Carnage Piknik porte un message fort : l’amour comme résistance dans un monde peu enclin à l’optimisme. L’artwork, sobre et épuré, renforce cette identité : minimaliste, mais marqué.

En résumé, Carnage Piknik est un jeune groupe prometteur, au son brut et sans concession. Ils fuient les sentiers battus pour explorer, tâtonner, et c’est précisément ce qui les rend attachants. Certaines maladresses subsistent, mais le talent est indéniable — et l’avenir leur sourit.

J. NeWSovski

https://www.facebook.com/profile.php?id=61550577914352#

https://reversetapes.bandcamp.com/album/love-loving



dimanche 14 décembre 2025

FRAGILE – Big big smile

 


FRAGILE – Big big smile

Le Cèpe Records

Cette année, à nouveau, la scène angevine nous offre de belles pépites. A peine un mois après la sortie de l’excellent Real Sensations, le coup d’éclat des jeunes prodiges de Rest Up, voilà qu’arrive le premier véritable album de FRAGILE. Sur le même label que son cadet, le Cèpe Records. Fragile quitte donc le confort quasi-familial de Nineteen Something pour s’émanciper. Et force est de constater que le jeune groupe angevin n’a pas pris les choses à la légère car tout y est calculé, mesuré et réfléchi. Pour couper court à cette chronique je pourrais tout de suite dire que Big Big Smile est tout simplement l’un des tout meilleurs albums sortis cette année, l’un des plus aboutis. Et ce en toute objectivité.

La présentation sera assez courte, on connait l’histoire, le groupe s’est formé pendant le confinement. Les cinq jouaient dans d’autres groupes : Wild Fox, Scuffles, LANE, Dog for friends. Ils montent le groupe pour se faire plaisir et jouer ensemble. Pour tourner ils enregistrent un mini album qui va se révéler être la surprise de l’année et leur ouvrir toutes les portes des salles de France. Et c’est sur scène, encore plus, que le groupe se forge une belle réputation.

Pour lui donner une suite le groupe angevin s’est attaché les services de Camille Belin, chanteur guitariste de Daria que l’on retrouve aussi derrière les fûts de Do Not Machine et LANE. Ce dernier sortait de la réalisation de Fall Not l’excellent dernier album de Daria et on lui doit aussi le premier album de The Flickers. Amoureux d’Angers, le groupe s’est enfermé dans les studios du Chabada pour enregistrer ses dix titres.

L’artwork a été confié à Éloïse Rabaté dans un style qui rappelle Edward Hopper, c’est joli et feutré. Tout comme la belle et longue introduction (The Lowdown), sorte de nuage vaporeux que l’on traverse pour découvrir l’album avec Santander, mélange de punkrock et d’émo hardcore façon Touché Amoré ou La Dispute. Le quintet amène une vraie touche mélodique, un peu pop, bien sentie. Celebrate est aussi un tube en puissance qui se joue des styles, très dansant, il permet de mettre en avant l’évolution dans le chant de Baptiste qui ne s’arrache plus la voix comme sur about going home, il a su trouver un juste équilibre entre puissance et mélodie. Cela se ressent aussi fortement sur Little Things, l’un des morceaux les plus touchants de l’album. Un autre grand tube de Big Big Smile est A reason Why, subtil jeu entre mélodies pop et sonorités punk-noise. Mais pour moi le meilleur morceau reste Wallflower, déjà joué sur scène depuis dès mois, il révélait une efficacité impressionnante. Avec son intro chanté par Josic, il met en avant la touche Fragile : mélodies imparables, puissance sur le refrain avec des phrases fédératrices. C’est pour moi leur morceau le plus représentatif, peut-être aussi le plus abouti et, sur scène, le plus intense assurément.

On notera aussi Tiny Ghosts and disco lights et afterglow, tous deux très bons et puissants dans l’intensité. Puis l’album se referme sur Wide Awake, douce ballade acoustique, osée mais pertinente.

 

FRAGILE ne fait pas que confirmer ses promesses mais s’impose désormais comme un incontournable. Big Big Smileest un album réfléchi avec une belle petite collection de tubes d’émo-post-hardcore. Un album à écouter en boucle et savourer sur scène.

 

J. NeWSovski

 

https://fragileangers.bandcamp.com/album/big-big-smile

https://www.facebook.com/fragileangers



mardi 2 décembre 2025

CROOKED MINDS – The hurricane Sessions [EP]

 


CROOKED MINDS – The hurricane Sessions [EP]

Tsukune Label

 

Après Off The Planet (2023), un premier album aussi court que percutant (7 titres en 26 minutes), Crooked Minds revient avec The Hurricane Sessions, un EP de trois morceaux qui confirme leur talent pour distiller un rock énergique et sans compromis. Trois titres, trois ambiances.

D’emblée Big Pig frappe fort avec une rythmique très rock’n’roll et des faux airs de Clutch sur son refrain. Ça joue vite et c’est hyper entraînant, bien gras comme il faut ! Blast ne ralentit pas vraiment le rythme mais ajoute un côté mélodique, un peu grunge façon Therapy?, le jeu de la basse est très bon et les mélodies y sont bien posées. J’aime bien le chant qui est puissant.

Hurricane transpire le désert rock à la Kyuss, avec de longues boucles enivrantes, la guitare est joueuse, et c’est un stoner cool, vraiment plaisant, qui me rappelle aussi quelque part certains morceaux du dernier album des Rochelais de Walnut Grove DC.

 

Ce court Ep permet de découvrir un groupe Nazairien bien emballant et énergique. Il rappelle de nombreuses références élogieuses sans jamais tomber dans la copie. Une chose est sûre : ce groupe est taillé pour la scène. A découvrir en concert donc et à écouter en boucle en attendant !

 

J. NeWSovski

 

https://www.facebook.com/4CrookedMinds/

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https://soundcloud.com/tsukune-label/02-crooked-minds-blast?si=e2861181cd3f4878833e29049fa556f5&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing

jeudi 27 novembre 2025

3615 FRANCIS – Playboys [EP]

 



3615 FRANCIS – Playboys [EP]

Autoproduction

3615 Francis c’est le piège parfait : un nom qui fleure bon la nostalgie des années 80, mais une musique qui se joue des codes avec une grande modernité. Derrière ce côté rétro, il déploie une énergie électrique avec un joli sens de l’hybridation. En plus de ses influences 90’s, le quatuor Niçois ose injecter à son punkrock mélodiques des éclats d’électro pour un mélange aussi détonnant que surprenant.

Et c’est justement sur des airs d’électro-punk et le morceau Playboy que 3615 Francis introduit son EP avant que les guitares ne prennent le pas, la rythmique binaire revient sur le refrain alors que le chant rappelle les groupes Fat Wreck des années 90. On connaissait déjà aussi Don’t share your DNA qui était le deuxième single (sorti fin mai, playboy en avril), le morceau était d’ailleurs sur la playlist estivale. Très efficace, un peu déjanté avec des sonorités originales venant du clavier. Le chant amène, une nouvelle fois, une touche de folie bien compensée par le refrain avec la douce voix féminine qui l’accompagne. L’influence Hateful Monday ou peut-être tout simplement la ressemblance est flagrante sur Heart has gone qui reprend les codes du punkrock mélodique : rapide et terriblement accrocheur sur le refrain avec un chant particulièrement intéressant. Le quatuor se lance dans la chanson française avec Je vous emmerde, rapide défouloir de 29 secondes délibérément provocateur. Puis tout se termine avec Scream It louder, qui monte haut et se révèle être très plaisant.

 

Un premier EP qui se révèle original de par ses sonorités électro sur quelques morceaux ainsi que le passage en français sur un titre. C’est efficace et mélodique à souhait. Une bonne découverte.

 

 

J. NeWSovski

https://3615francis.bandcamp.com/track/playboy

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samedi 15 novembre 2025

FIRST DRAFT – An Instant Before The Promise Of Dawn

 


FIRST DRAFT – An Instant Before The Promise Of Dawn

Vlad Productions

 

First Draft reste, à mes yeux, l’une des révélations scéniques les plus excitantes de ces dernières années. Alors autant dire tout de suite que j’avais beaucoup d’attentes avant la sortie de leur premier album An Instant Before The Promise Of Dawn. Elles sont non seulement comblées, mais c’est à un album rare que je suis confronté.

Car cet album est une réussite totale. Le groupe y applique la même recette que sur ses précédentes productions, mais avec une maturité et une audace qui renforcent encore leur identité. Oui, on pensera à Brutus – comment ne pas faire le lien, quand les deux groupes partagent une batteuse-chanteuse et une énergie post-rock aussi communicative ? Pourtant, First Draft opère en duo basse/batterie, et c’est là que réside la magie : on jurerait entendre un quatuor, voire un quintet, tant leur musique est riche et dense. Sur scène, c’est la même déflagration que sur disque. Une performance tout simplement, difficile à réaliser. Clément, avec ses pédales d’effets et ses delays, tel un magicien, fait sonner sa basse comme une basse mais aussi une guitare. Marine, derrière sa batterie, alterne entre mélodies envoûtantes et cris déchirants, sans jamais sacrifier la précision. Ce qui donne une intensité rare, une émotion à l’état brut.

An Instant Before… est un album profondément ancré dans le post-rock, et chaque morceau est une pépite. Satellites In Your Sway s’élance avec une puissance immédiate, avant de s’élever vers des hauteurs aériennes. A Tyrant’s Heaven, d’une énergie implacable, impose un groove hypnotique. Et puis il y a Agnostalgic : si le titre évoque par moments l’univers de Brutus, First Draft y appose sa griffe avec des riffs de basse envoûtants et une rythmique viscérale, purement addictive. Mais c’est Paralysis Kingdom qui m’a vraiment transpercé – un titre phare où la mélancolie et la douleur du chant de Marine se mêlent à des mélodies d’une puissance folle. Et le plus impressionnant ? En sept morceaux et 38 minutes, pas une seconde de faiblesse. Une homogénéité parfaite, une cohérence qui force l’admiration.

Je ne peux pas parler de cet album sans évoquer son artwork, marqué par un rouge profond (après le bleu de l’EP précédent), signé Lohengrin Papadato. Une continuité visuelle qui épouse à merveille l’univers sonore du groupe. Quant à la production, confiée à Benoît Roux au Studio Drudenhaus, elle est tout simplement irréprochable.

An Instant Before The Promise Of Dawn est bien plus qu’un premier album : c’est une réussite magnifique. Sans fioritures, sans démonstrations techniques inutiles, First Draft y déploie une efficacité brute et une beauté envoûtante. Pour moi, c’est tout simplement l’une des plus belles sorties françaises de cette année, un coup de cœur absolu, une confirmation éclatante que ce duo, au début de sa carrière, a tellement de choses à nous offrir.

 

J. NeWSovski

 

 

https://firstdraft.bandcamp.com/album/an-instant-before-the-promise-of-dawn

https://firstdraftmusic.com/

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mardi 11 novembre 2025

SPLIT – Violence Breeds Violence

 


SPLIT – Violence Breeds Violence

Incisive Records / Dispear Records

 

Mené par Marvin, ex-membre de Structures, SPLIT est un nouveau groupe rouennais qui frappe fort dès son premier album. En sept titres et seulement 18 minutes, le quintet impose un son aussi dense que difficilement classable, mélangeant punk, New York hardcore, crust et riffs trash avec une urgence qui ne laisse personne indifférent. Ici, la basse domine, lourde et oppressante, tandis que les guitares et la batterie tissent un climat où la tension est permanente.

Dès Cowards après une lente montée en tension, on sent beaucoup de puissance puis un déferlement de sons. Et c’est en lisant son interview dans Mowno que je découvre ce qui anime Marvin sur ce morceau et qui explique la violence exprimée. Dès lors, on perçoit un autre angle de vue que ce soit sur Cowards et même tout l’album complet.  Une colère qui ne se contente pas d’être exprimée : elle est structurée, réfléchie, et traverse tout l’album. Good Cop, avec sa rythmique plus rapide, s’attaque directement aux violences policières, tandis que For Fucks Sake joue des changements de tempos pour désorienter et captiver.

SPLIT excelle dans l’art du contraste. World Sucks décharge toute son énergie en 24 secondes, comme un coup de poing, avant que Something Of My Own ne revienne à une lourdeur plus mélodique, mais tout aussi écrasante. Stained Soul, avec sa rythmique mécanique et son refrain fédérateur, est sans doute le morceau le plus accrocheur de l’album – un hymne sombre qui reste en tête bien après l’écoute. Enfin, I Feel Nothing More clôt l’album en douceur trompeuse : les guitares mélodieuses laissent place à un chant hurlé qui emporte tout dans un final aussi intense que désespéré.


Pas si simple d’accès, Violence Breeds Violence est un album qui se refuse à la facilité. Entre dissonances assumées et rythmiques lourdes, SPLIT ne cherche pas à séduire, mais plutôt à régler ses comptes et ce, de manière bruyante. Fortement conseillé donc !

 

J. NeWSovski

https://split-hc.bandcamp.com/album/violence-breeds-violence

https://www.facebook.com/profile.php?id=61566070858055

 

vendredi 7 novembre 2025

THE VROOM VROOMS - Hashtag Machine [EP]

 


THE VROOM VROOMS - Hashtag Machine [EP]

Slowrag Production

 

 

Non, THE VROOM VROOMS n’a pas réalisé la BO du dernier Formula One ou de Need For Speed…Quoique, Hashtag Machine est un EP dont les titres décoiffent dans la globalité. Il s’agit du projet de Frederico, ce virtuose de la guitare dont on peut apprécier le talent et l’inspiration dans pas mal de projets (NOT SCIENTISTS, THE POOKIES, FOREST POOKY QUARTET ou bien encore SLOWRAG).

 

Et ça commence fort avec un “Dance Dance Dance” qui symbolise bien l’esprit de cette production. L’homme aime bien explorer pas mal d’univers musicaux mais sur cet EP on appréciera le mélange d’un petit côté punk avec une grosse dose de pur rock 'n’roll.

 

On peut apprécier également une inspiration punk/pop anglaise sur un morceau comme “This is new” avec des couplets qui pourraient nous faire penser aux TOY DOLLS. Il en est de même pour “Panic Monster” avec son intro à la sonorité d’une ballade irlandaise et son refrain qu’on a envie de chanter à gorge déployée.

 

Puis, comme par hasard… ou pas, sur “Rock 'n’roll Police” apparait un feat avec FOREST POOKY, ce vieux compagnon de route, pour un titre très Elvisien, avec un refrain pop très cool.

Le titre “Hastag Machine”, quant à lui, explore le format d’un rock’n’roll pur et dur avec une réelle efficacité.

 

Après nous avoir tenu en haleine avec 5 morceaux très rythmés, on termine avec “Out Of Love”. Un très joli contre-pied au caractère bluesy et accompagné d’une pointe de sonorités Tremolo/Flanger qui sembleraient nous plonger près d’Albuquerque dans le désert du Nouveau-Mexique.

 

THE VROOM VROOMS nous embarquent dans l’aventure d’un premier EP basé sur des sonorités punk/rock’n’roll édulcorées par des parties de guitares inspirées et des refrains accrocheurs. A souligner aussi, les parties vocales tout aussi soignées avec la variété des tessitures.

On adhère donc à ce premier essai musical réussi et agréable à l’écoute en attendant une suite sur un format plus long.

 

Herr Krombacher

 

 

https://thevroomvrooms.bandcamp.com/album/hashtag-machine

https://www.facebook.com/p/The-Vroom-Vrooms-61564274824430/



dimanche 2 novembre 2025

DEAD IN L.A. – Demolition. Girl.

 


DEAD IN L.A. – Demolition. Girl.

 

C’est grâce à Aleksandra, aussi chanteuse de Wake The Dead, que j’ai découvert Dead In L.A., nouvelle formation où elle assure la basse et les chœurs. Le trio est complété par deux anciens de The Dawn (ex-Inmate pour les plus anciens) : Seb à la guitare et au chant, et Bruno à la batterie. Basé à Marseille, ce premier album de 8 titres (27 minutes) est un vrai coup de poing !

 

L’album respire la chaleur de Marseille, et tout commence par The Heartbreaker, un morceau sulfureux et d’une puissance folle, que les chœurs déchirants d’Aleksandra amplifient encore. Sans temps mort, Friendshit s’engage sur les mêmes bases, avec une rythmique ultra-groovy. Moins direct, le morceau dégage une sensation de puissance rare. Dead In L.A. impose un style bien à lui, qui évoque Unsane ou nos Frenchies de Tantrum, avec des sonorités parfois teintées de stoner. Les chœurs, omniprésents, apportent une touche unique qui fait de ce groupe une pépite à part.

 

On connaissait déjà The Driver, mais il résume à lui seul les influences du trio : une première partie écrasante, pure noise rock années 90 à la Unsane, suivie d’une deuxième partie ronde et groovy, très stoner façon Clutch


L’énergie ne faiblit pas, et on se demande comment le trio tiendra le rythme sur scène :
Reckless, tout aussi intense, offre un refrain qui apporte — fait rare — une pointe de douceur. J’avais diffusé Hell is full of DJ’s and architects dans ma playlist estivale, un morceau hyper énergique où la symbiose entre le chant et les chœurs, omniprésents, est impressionnante. Ce titre représente vraiment l’identité du groupe à mon sens et c’est une belle carte de visite. Avec un côté très punk, Heads On Fire enchaîne à une vitesse folle, avant de basculer brutalement vers une transition post-hardcore, puis de repartir sur un rythme effréné. Le tempo ne faiblit pas jusqu’à la fin, et je retiens surtout Worship, plus lent et posé, mais terriblement lourd, avec ses riffs de basse inquiétants. Une mélodie de piano vient y glisser un rayon de soleil bienvenu.

 

Dans cette fin d’année tellement riche en sorties de qualité, il serait dommage de rater ce trio marseillais. Leur son, lourd et puissant, est d’une efficacité redoutable, et les morceaux, addictifs, apportent un vent de fraîcheur. À découvrir absolument, et à suivre pour leurs prochaines dates !

 

J. NeWSovski

 

 

https://deadinlarock.bandcamp.com/

https://www.instagram.com/deadinlarock


mardi 28 octobre 2025

TOTORRO - Sofa So Good

 


TOTORRO - Sofa So Good

Recreation Center


On commençait à ne plus y croire. Dix ans quasiment après l'étincelant "Come To Mexico" les pétaradants TOTORRO signent enfin leur retour discographique avec "Sofa So Good". Mais ne nous y méprenons pas, les Rennais ne se sont pas pour autant tournés les pouces. Cette longue période leur a permis notamment de se consacrer à d'autres aventures musicales (DO IT LATER, LA BATTUE...) ou plus récemment de sillonner de nouveau les routes ensemble. Dès les premières secondes de "
Bang Bang", qui ouvre ce troisième opus, on retrouve cette signature immédiatement reconnaissable : intro un poil funky, guitares chatoyantes, rythmiques en cascade, énergie contagieuse...TOTORRO revient comme un vieux cousin perdu de vue : à la première note, les souvenirs affluent, et tout redevient familier. Pas de doute, ils restent les maitres en France du rock instrumental nerveux et bondissant. "Matthews Bridge", plus puissant, enfonce le clou. Un titre qui démontre une nouvelle fois que la musique des Rennais, parfois d’une technicité folle, reste malgré tout accueillante et instinctive. "New Music" démarre délicatement avec une ambiance limite caribéenne. Après une incursion indie-rock, le titre prend ensuite une tournure plus post-rock (guitares cristallines et basse saturée à la EXPLOSIONS IN THE SKY). Le morceau se termine en beauté dans un final plus musclé marqué par un riff de guitare addictif.  Avec "Destiny Chives" (TOTORRO est un groupe 100% instrumental qui aime bien jouer avec les mots dans le choix de ses titres) dévoile une facette plus contemplative. Des rythmiques un peu jazzy alternent avec des passages plus rugueux. On notera par ailleurs la production limpide de ce troisième opus enregistré par Boris Saidini, batteur de BIRDS IN ROW et PAIN MACHINE. Le titre éponyme "Sofa So Good" fait office d'interlude, une respiration bienvenue qui donne presque envie de s'assoupir sur le canapé. TOTORRO retrouve son dynamisme sur le sautillant "Sensation IRL". Un titre qui multiplie les breaks, entre accélérations fulgurantes et accalmies, un vrai parcours de montagnes russes. Les sonorités tropicales font leur retour sur l'intro de "Bernard Guez" qui monte ensuite en intensité grâce à un riff super efficace. Avant l'explosion finale, le groupe joue une nouvelle fois sur les contrastes entre tension et moments plus suspendus. Moins enjoué, "Bonnet Free Jazz"  dévoile un visage plus frontal et brutiste. "Smile Paste", chevauchée post-rock de plus de 7 minutes clôture l'album en beauté. Entre entame cinématographique, math-rock énergique, lente montée en pression et final délicat, ce morceau phare montre tout le savoir-faire du quatuor. 

Avec "Sofa So Good", TOTORRO réussit un retour brillant après dix ans d'absence. Les Rennais n'ont rien perdu de leur éclat et confirment leur place incontournable dans le rock instrumental français. 

Mr Caribou

 

Titre préféré :                                 New Music

 

https://totorro.bandcamp.com/album/sofa-so-good

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