samedi 31 janvier 2026

LOONS – Life Is

 


LOONS – Life Is

Howlin Banana / Head Records / Les Disques du Paradis

 

LOONS fait partie de ces groupes précoces dont on vante la qualité partout en France, un peu à la manière de Lysistrata il y a quelques années ou de Rest Up aujourd’hui… Les trois minots viennent de Montpellier, ont déjà sorti un EP en 2022 et secouent toute la scène avec ce premier album, Life Is, sorti en coproduction chez le très prolifique Howlin Banana, Head Records et Les Disques du Paradis.

L’album est produit par un orfèvre : Amaury Sauvé. Le lavallois est devenu un maître quand il s’agit de donner un son énorme à un groupe. On connaît la qualité de ses travaux avec Amanda Woodward, Birds In Row, Wank For Peace

 

LOONS, qui signifie « fou » ou « dérangé » en anglais commence très fort avec Among The Mourners.  On découvre un punk aux racines grunge prononcées avec de belles mélodies, une voix claire, un passage calme et un plus rugueux : de bons ingrédients pour un superbe morceau de début d’album. On apprécie aussi Fight Scene avec son sens des mélodies et son refrain ultra accrocheur, le morceau se durcit et devient rageur. Ce côté un peu fou on le retrouve également sur Stef qui se fait plaisir dans sa deuxième moitié en partant dans des délires sonores. Le côté indie pop ressort sur My Way, Spectre ou Now I Sigh avec leurs refrains bien sentis. Loons me rappelle alors les bordelais de SIZ. Puis le groupe va plus loin et s’aventure sur des pistes post-hardcore (Katag) jouant sur l’émotion. Solar se révèle très pop et aérien, cassant volontairement la fougue du début de l’album. Et il est intéressant de voir ce jeune groupe, dès son premier album offrir autant de variété et de maturité. Bravo !

 

Un joli album qui rappelle les années 90 alors que ses membres ne les ont pas connues. C’est intéressant ! Mais surtout, c’est superbement bien fait. Life Is navigue avec une habilité déconcertante entre morceaux énervés grunge, mélodies précises et touches pop. Une belle découverte !

 

J. NeWSovski

 

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lundi 26 janvier 2026

ARNAUD FOURNIER – 100% Black Puzzle

 


ARNAUD FOURNIER – 100% Black Puzzle

Ici d’Ailleurs

Quand bien même 2025 se situe désormais dans notre rétroviseur, il serait fâcheux de ne pas se pencher sur quelques grands « oubliés » de l’année écoulée. L’album d’Arnaud FOURNIER avait échappé à nos radars et il aurait été franchement dommage de ne pas prêter une oreille attentive au premier disque solo de ce talentueux multi-instrumentiste (guitare, cuivres…).

Originaire d’Angers mais installé à Nantes (un homme des Pays de la Loire en somme), Arnaud FOURNIER est loin d’être un novice. On lui doit plusieurs projets devenus cultes : LA PHAZE, DEAD HIPPIES ou encore HINT. Et c’est précisément à ce dernier que renvoie « 100% Black Puzzle », son projet solo. Pour la petite histoire, la première salve du duo inclassable s’intitulait « 100% White Puzzle ». Trente ans plus tard, Arnaud FOURNIER, toujours aussi libre et inspiré, pousse encore plus loin le champ des expérimentations.

L’album s’ouvre sur le morceau éponyme, dans une douceur trompeuse faite d’arpèges délicats. Une pièce maîtresse de près de dix minutes dont l’univers sonore évoque d’abord Maxime DELPIERRE, autre artiste ligérien. Le gimmick de guitare, entêtant, installe un climat apaisé. Le calme avant la tempête. Car la trompette réconfortante marque bientôt un point de rupture :  l’orage gronde, le titre s’assombrit, se fait plus dissonant. Distorsions de guitare, cuivres stridents et bidouillages électroniques tordus prennent le dessus, jusqu’au retour salvateur de la boucle de guitare et d’un saxophone plus jazzy, pour un final plus doux. « 100% Black Puzzle » débute magistralement, avec une ouverture post-rock de très haute volée.

Arnaud FOURNIER est un touche-à-tout, et son parcours en atteste. Il s’est toujours affranchi des étiquettes et des carcans. « It’s The Leaving That’ll Kill You » en est la preuve éclatante, prenant le contre-pied parfait du morceau précédent. Plus classique dans sa structure, cet unique titre chanté porté par une vieille connaissance (David IVAR d’HERMAN DUNE), nous entraîne du côté du folk-rock américain le plus raffiné. La voix féminine pour les chœurs et la trompette chaleureuse confèrent à l’ensemble une élégance indéniable. Retour ensuite à des explorations 100 % instrumentales avec « New-York Belle-Île », courte pièce de trois minutes qui invite au voyage. D’abord guidée par une trompette aguicheuse, elle bifurque rapidement vers des terrains plus noisy et chaotiques. Arrive alors la plage la plus longue de l’album, « Miroirs ». Douze minutes assez hallucinantes. Arnaud FOURNIER y convie un autre invité de prestige : Frédéric D. OBERLAND des magnifiques OISEAUX-TEMPETE. Impossible de ne pas penser à eux dans ce mélange détonant de post-rock, free-jazz et ambient. L’atmosphère, d’emblée sombre malgré la présence de cuivres et d’étonnantes clochettes, repose sur un drone inquiétant. La tension monte progressivement, le saxophone se fait plus strident. Puis, surgissant de nulle part, un beat techno fracture le morceau, tandis que les guitares s’enfoncent dans un chaos de plus en plus noisy. L’impression d’assister à une collision improbable entre FUCK BUTTONS et GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR. Magistral. À peine le temps de reprendre son souffle que les bourdonnements et sirènes anxiogènes de la dernière pièce, « Shiny Rebirth », surgissent. Dix minutes d’angoisse pure, comme une bande-son horrifique, marquant le retour du complice des débuts Hervé THOMAS. Saxophone déviant, nappes oppressantes, drones poisseux et saturations se confondent peu à peu. Une ultime pièce venant compléter ce fascinant puzzle noir.

Avec « 100% Black Puzzle », Arnaud FOURNIER signe un coup de maitre. Une œuvre dense, exigeante et sans concession. Indispensable pour les amateurs d’expérimentations sonores et de post-rock aventureux.

 

Mr Caribou


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jeudi 22 janvier 2026

FUCK IT – Blind [EP]

 


FUCK IT – Blind [EP]

Old Chicks Records

 

Mon premier contact avec FUCK IT, c’était à travers guts (2023), leur EP précédent, et leur interview dans Good Friends (un clin d’œil à Jean-Louis pour le coup de projecteur). Trio féminin de Clermont Ferrand, très punk, il signe ici son 3ème EP en 5 ans.

L’identité visuelle de FUCK IT mérite le détour : une pochette sobre en noir et blanc, zébrée d’un éclair jaune qui tranche comme un coup de poing. Ce choix graphique, à la fois brut et efficace, crée une cohérence et une continuité entre leurs trois EPs, comme une signature visuelle de leur univers. C’est plutôt rare de voir ça et je trouve ça cool.

Blind ouvre le bal avec une énergie punk garage qui claque : le chant, puissant et charismatique, n’est pas sans évoquer Lisa Kekaula (The Bellrays). L’EP enchaîne sans temps mort avec In And Out, un titre dans la pure tradition Riot Grrrl, où la rage et la mélodie s’équilibrent à la perfection.

Not an animal aborde le sujet des femmes et la toxicité masculine, le rythme est plus lent et derrière Dig Me Out en rajoute une couche avec des dissonances noise appuyées par un tempo encore abaissé. Mais FUCK IT remonte en puissance avec Every Morning très punk avec cette voix si singulière. Le final se fait de belle manière avec Tears in my heart mélange de punk et de post-rock, définitivement original et fortement plaisant.

 

 

Toujours totalement DIY, le groupe sort cet EP sur sa propre structure, Old Chicks Asso.

 

Il me tarde des les découvrir sur scène car le groupe doit y être explosif. En attendant, ce 3ème EP est une nouvelle réussite en affirmant son propre style.

 

J. NeWSovski

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Linktree



samedi 17 janvier 2026

WAKE THE DEAD – The Great Disappointment

 


WAKE THE DEAD – The Great Disappointment

Useless Pride Records


Après l’excellent Still Burning en 2020, huit titres percutants et un line-up renouvelé (batteur et chanteur), Wake The Dead confirmait déjà sa capacité à rebondir et se réinventer ce qui n’est pas simple surtout quand on parle de la signature vocale. Mais en 2023-2024, nouveau rebondissement : Vincent cède le micro à Aleksandra. Contre-pied parfait puisqu’elle insuffle un nouveau vent de fraîcheur au groupe.

La belle introduction de The Great… plante le décor avant que Break Up ne lance l’album sur des rails hardcore, énergiques et sans concession, rappelant l’efficacité d’un Comeback Kid. Les Marseillais assument pleinement leur héritage, leur filiation, mais Aleksandra, par sa présence vocale, évoque aussi, évidemment, Walls Of Jericho ou les premiers Stinky. Les riffs, tranchants comme des lames, ne laissent aucun répit.

 

Plus modern hardcore sur son traitement, with no regrets enchaîne de belle manière avec un refrain bien senti. J’aime la façon dont est construit l’album avec des touches punk disséminées par ci par là, notamment sur Cowspiracy et son titre sans équivoque, qui fait référence au documentaire de Kip Andersen et Keegan Kuhn, réédité en 2015 sur Netflix et produite par Léonardo DiCaprio. Wake The Dead est porteur de messages tous axés vers la planète, c’est le thème global de l’album, en approchant la pollution, l’élevage intensif et son impact environnemental…

Pour moi le titre majeur est Marseille City, plus qu’un titre, plus qu’un hymne ce morceau est monstrueux ! Avec son entrée en matière digne de Madball et son refrain obsédant, ce titre est l’un des meilleurs que j’ai pu écouter dans le style depuis un paquet d’années. Your Last Stand, enfonce le clou dans le même registre avec des chœurs puissants et une énergie folle.

Tide Of Decay se veut plus posé, plus lourd et définitivement plus métal, montrant que Wake The Dead navigue entre les styles avec facilité. Ce que l’on ressent aussi sur Moving Forward et The Blue Grow : hardcore voire post-hardcore. Le groupe met de côté son mode « rentre-dedans » pour développer davantage des mélodies étirées.

Mais le bulldozer revient en force avec le surpuissant You & Me aux riffs entêtants qui mixe une nouvelle fois hardcore et métal. Puis sur Binary Anthem bien plus punk sur la forme. Projection dans l’avenir sur le titre 2050 offre une plongée sombre dans un futur incertain, porté par un riff grave et un rythme implacable. L’album se clôt sur …Disappointment, post-hardcore assumé, qui boucle parfaitement avec l’ouverture.

Produit par Flo Salfati (Landmvrks), The Great Disappointment bénéficie d’un son puissant et équilibré. L’artwork, bien que reflétant une réalité environnementale glaçante, est visuellement saisissant.

 

Malgré un nouveau changement au chant, Wake The Dead signe un album monstrueux, engagé et musicalement abouti. Entre riffs accrocheurs, chant percutant et thèmes urgents, c’est sans hésiter l’un des meilleurs opus de 2025.

J. NeWSovski

 

https://wakethedeadhardcore.bandcamp.com/album/the-great-disappointment

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mardi 13 janvier 2026

VANTRE – Clonocracy

 


VANTRE – Clonocracy

Araki Records / Cœur sur toi / Table Basse Records / Forbidden Place Records


VANTRE était l’ovni musical de l’année 2025. Difficile à classer : math-rock, post-rock ou indie-punk ? Peu importe finalement, car Clonocracy est un album qui m’a beaucoup surpris et marqué. Originaire du sud de Paris, ce trio s’est formé en 2020 sur une formule audacieuse car il est composé de deux bassistes et d’un batteur. Pas de chanteur, pas besoin. Dès lors, tous les morceaux sont instrumentaux. Le trio a déjà sorti une série d’EPs (Treehopper) et voici donc son premier opus.

 

L’album s’ouvre avec l’époustouflant Stomak, à la rythmique prenante et à l’énergie contagieuse. Un titre d’autant plus savoureux que le jeu de mots avec le nom du groupe ne passe pas inaperçu. Clonocracy s’inspire d’une dystopie futuriste : en 3701, face à l’épuisement des ressources et à la stérilité croissante, de nouvelles croyances émergent, prônant le clonage comme solution. Le morceau éponyme, véritable voyage sonore de sept minutes, explore ces thèmes avec une densité proche du stoner-rock, évoquant les paysages sonores de Dune ou l’univers de Mars Red Sky. Menstruosterone prolonge cette dynamique avec une approche très mélodique et captivante qui s’étale sur la longueur.

Mais Vantre en a encore dans le bide et part sur un rythme effréné, voire très punk, sur Conan The Dog qui laisse tout de même transparaître de belles mélodies sur ses refrains. Un peu plus loin Netavark et Plastic Jizz dynamitent la fin de l’album avec des rythmiques grooves très percutantes tandis que Metha, morceau expérimental, clôture en douceur ce premier album.

 

Une véritable claque que ce premier album. Inclassable mais immersif, Clonocracy est un album à ne pas manquer qui se veut addictif et d’une grande originalité.

J. NeWSovski

 

 

https://vantremusic.bandcamp.com/album/clonocracy

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vendredi 9 janvier 2026

STADE – Musiques de stade

 


STADE – Musiques de stade

Upton Park

 

Il est facile de sortir des jeux de mots sur le nom de ce groupe, on peut aussi rêver d’un plateau avec une affiche qui les associerait à Equipe de Foot et pourquoi pas aussi Sports et encore plus le Karaba FC ?

Mais STADE c’est un trio des Côtes d’Armor qui, comme le disait Miossec, ressemble à « un arrière droit assez brutal, évoluant en D3, qui sent la bière et l’animal, les tacles et la mauvaise foi ». C’était juste pour filer ma comparaison sportive et la lier à la Bretagne car STADE joue un rock-garage-indie légèrement teinté de post-punk. Les gars ont joué au préalable dans des groupes comme Skopitone Sisko ou The Craftmen Club et l’ensemble est plutôt enjoué comme sur le dynamique Petit Pont, sorte de Strokes à la rythmique accélérée voire très entraînant comme sur Nu Song qui ouvre en grande pompe ce premier album. J’aime beaucoup Mercurochrome instrumental extrêmement bien écrit, subtil mélange entre Vantre et Totorro. Le trio s’aventure sur des riffs dansants avec Keep It Burning et sa guitare virevoltante puis sur Paimpol très indie pop avec une basse prédominante. Cat’s tongue relance la dynamique avec un son plus gras et puis Physique-Chimie permet de redescendre tout doucement sur des notes post-rock quelque peu atmosphérique, un morceau très intéressant qui est subtilement et intelligemment enchainé avec 176 BPM, qui allie l’énergie du groupe avec son côté fun.

Je suis un peu sur la réserve quant à l’utilisation des filtres sur le chant sur Human Robot, derrière ça tourne à la perfection mais ce chant façon Daft Punk me perturbe tout de même. Il m’est aussi difficile d’écouter le morceau Raymond Gommenec’h en entier, un morceau instrumental sur lequel est posé la voix de feu Thierry Gilardi qui commente la final de la coupe du monde 2006 entre la France et l’Italie. Ce match reste en mémoire comme le traumatisme d’une deuxième étoile perdue bêtement, pourtant ce rock atmosphérique est vraiment bien construit et immersif. Autre petit point négatif : la pochette. Justin(e) nous avait fait l’équipe de foot sur Treillières Über Alles, ça aurait été dommage de reprendre le concept (surtout pour un trio) mais là, même si je comprends le concept, je ne trouve pas l’objet particulièrement joli.

 

Derrière un artwork de petite division se cache un groupe talentueux qui à travers ces dix titres montrent beaucoup de créativité dans leur garage-noise-indé qui se révèle tout à tour énergique, immersif et dansant. Un premier album totalement réussi pour un groupe qui vise la coupe d'Europe.

 

J. NeWSovski

 

https://uptonpark.bandcamp.com/album/musiques-de-stade

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dimanche 4 janvier 2026

Fanzine Les Rêveries numéro 23

 


Bonne année à tous !

Voici le 23ème numéro des Rêveries, 6 mois après la sortie du précédent, une sorte de petit rythme s'installe ! Toujours une version numérique qui sort avant la version papier.

Vous retrouverez la fine fleur angevine : Rest Up, Fragile et Lunar Lock. Ainsi que pas mal de groupes Tourangeaux : First Draft, Patient Zéro et Beyond The Styx. J'ai aussi ramené de mes vacances hollandaises deux très bons groupes composés d'anciens NRA : les Soul Motels et Third Ego. Et puis on tape dans les coups de cœur de l'année : Jack ATBF, Split, Dead In LA, Madam, Mule Jenny, Dawn Dealers, Cushdrive, Karaba FC, Pain Magazine et Bank Myna.

On parle aussi de l'Omega Sound Fest, d'artworks, de bilan 2025 et de prévisions 2026.

Bonne lecture !

LIEN pour lire ou télécharger





La version papier sortira durant le mois, elle sera disponible sur Angers dans certains points stratégiques (Le Chabada, Exit Music, Joker's Pub...) ou sur simple demande. Par correspondance c'est possible en prenant en charge les frais de port.

vendredi 2 janvier 2026

CUSHDRIVE – Kaiju [EP]

 


CUSHDRIVE – Kaiju [EP]

Autoproduction

 

Formé en 2022 à Lyon, CUSHDRIVE revient avec Kaiju, son troisième EP, et une formule réduite : le trio a troqué le punkrock rapide de ses débuts pour un son plus lourd, peut-être plus mature. Dès l’ouverture avec As I Slide, la basse imposante et les riffs tranchants donnent le ton. Le groupe semble avoir tourné une page, abandonnant partiellement le punk-rock mélodique qui caractérisait Walk On The Warm Sand (2023) pour embrasser un rock plus abrasif, sans pour autant sacrifier ses mélodies accrocheuses.

Kill Your Idols confirme cette évolution : le morceau, énergique et direct, mise sur des rythmiques serrées et des vocaux incisifs. Fakery, plus rapide, joue sur des contrastes entre vitesse et mélancolie, tandis que Kaiju (le titre éponyme) évoque étrangement The Deadly Shakes, que j’avais chroniqué en tout début d’année. Une filiation de plus avec le rock brut et mélodique.

La surprise vient de la reprise de Next To You (The Police), un choix audacieux dans un paysage où les reprises se font de plus en plus rares, et c’est d’ailleurs fort dommage. Fidèle à l’esprit original, CUSHDRIVE y injecte sa patte : une épaisseur sonore et une lourdeur qui rappellent que le trio a les épaules pour porter un héritage.

Passer d’un quatuor à un trio est toujours un pari risqué. Ici, le résultat est convaincant, même si j’avoue un pincement de nostalgie pour le punk-rock mélodique de Walk On The Warm Sand. Pourtant, ce Kaiju marque une étape décisive : CUSHDRIVE y affirme une identité plus sombre, plus puissante, et surtout, très cohérente. Le groupe a trouvé un équilibre entre brutalité et mélodie, une base solide pour la suite.

 

J. NeWSovski

 

https://cushdrive.bandcamp.com/album/kaiju

https://www.facebook.com/cushdriveband/



dimanche 28 décembre 2025

!! LE BILAN 2025 !!



L'heure du traditionnel bilan de fin d'année est déjà arrivée. Une année qui a tenu toutes ses promesses avec son nombre de confirmations et de révélations.

Côté Rêveries, en 2025 c'est plus de 75 chroniques qui ont été réalisées, 35 interviews et 56 groupes vus sur scène.


Une nouvelle fois les Rêveries tient à affirmer son soutien aux groupes français, aux groupes émergents, autoproduits et c'est pour cela qu'une grande part des chroniques et interviews y sont consacrées.


ALBUMS FRANÇAIS


25- LIMBOY - II

24- 10 JUIN - Turn it up

23- La FLEMME - Turn it up

22- The MERCENARIES - Turn it up

21- TARDIS - For a while...    

20- BERMUD - Oceans on the moon

19- NOT SCIENTISTS - Voices

19- MULE JENNY - Take enough leeway

17- TH DA FREAK - Negative freaks

16- LIONS LAW - Evermore

15- PAMPLEMOUSSE - Porcelain

mercredi 24 décembre 2025

Le Bilan de Mr CARIBOU

 Un bilan bien chargé pour Mr CARIBOU qui a lâché les rênes pour nous offrir des tops albums multi-styles !! Une année 2025 très riche avec pleine de découvertes mais aussi de confirmations.

MEILLEURS ALBUMS 2025 (toutes catégories confondues) :

    


     1- IMPERIAL TRIUMPHANT « Goldstar »

Trio Black/death/jazz qui avance masqué

https://imperialtriumphant.bandcamp.com/album/goldstar-24-bit-hd-audio

 




     2- PANDA BEAR « Sinister Grift »

Beach Boys assistés par ordinateur

https://pandabearmusic.bandcamp.com/album/sinister-grift

 




     3- HORSEGIRL « Phonetics On and On »

Indie-rock eighties 100% féminin

https://thisishorsegirl.bandcamp.com/album/phonetics-on-and-on

 




    4- POPULATION II « Maintenant Jamais »

Rock psyché chanté dans la langue de Céline Dion

https://population2.bandcamp.com/album/maintenant-jamais

 



    5- REST UP « Real Sensations »

Post-punk/noise made in Angers

https://restuplads.bandcamp.com/album/real-sensations-2

 

Meilleurs albums punk-rock/post-punk/noise/math-rock 2025 :

 

jeudi 18 décembre 2025

CARNAGE PIKNIK – Love Loving [EP]

 


CARNAGE PIKNIK – Love Loving [EP]

Reverse Tapes

Cela fait du bien d’entendre émerger de nouveaux groupes du Mans. Après Powell, No Time To Lose et Turbo Panda, la barre était haute, et depuis mon départ de la Sarthe il y a près de 20 ans, j’avoue avoir un peu perdu de vue la scène mancelle. Alors quand Carnage Piknik débarque, avec une amitié affichée avec Rest Up, impossible de ne pas ressentir un pincement au cœur et l’envie d’écouter attentivement ce second EP, Love Loving.

Le groupe, encore jeune, apporte une fraîcheur revigorante et une palette sonore variée, comme en témoigne Punk is love, morceau à la fois aérien, ethnique, et osons le mot, chamanique. Un choix audacieux pour un EP de noise-rock, mais qui paie. On retrouve des échos de Rest Up, notamment dans Signing Session et ses sonorités brutes. Le chant d’Eve, bien que lointain, séduit par sa douceur et sa répétition hypnotique, rendant le titre obsédant. 6AM, qui ouvre l’EP, regorge de trouvailles subtiles et évite soigneusement les clichés. « Self/Crowd » reprend une structure similaire, en misant davantage sur les distorsions. Enfin, « Pink Machine » synthétise le tout : une première partie post-rock, aérienne, qui bascule vers une seconde moitié plus rugueuse et nerveuse. Un morceau captivant, dont on imagine aisément la puissance en live. D’ailleurs Angers n’est pas si loin du Mans…

Au-delà de la musique, Carnage Piknik porte un message fort : l’amour comme résistance dans un monde peu enclin à l’optimisme. L’artwork, sobre et épuré, renforce cette identité : minimaliste, mais marqué.

En résumé, Carnage Piknik est un jeune groupe prometteur, au son brut et sans concession. Ils fuient les sentiers battus pour explorer, tâtonner, et c’est précisément ce qui les rend attachants. Certaines maladresses subsistent, mais le talent est indéniable — et l’avenir leur sourit.

J. NeWSovski

https://www.facebook.com/profile.php?id=61550577914352#

https://reversetapes.bandcamp.com/album/love-loving



dimanche 14 décembre 2025

FRAGILE – Big big smile

 


FRAGILE – Big big smile

Le Cèpe Records

Cette année, à nouveau, la scène angevine nous offre de belles pépites. A peine un mois après la sortie de l’excellent Real Sensations, le coup d’éclat des jeunes prodiges de Rest Up, voilà qu’arrive le premier véritable album de FRAGILE. Sur le même label que son cadet, le Cèpe Records. Fragile quitte donc le confort quasi-familial de Nineteen Something pour s’émanciper. Et force est de constater que le jeune groupe angevin n’a pas pris les choses à la légère car tout y est calculé, mesuré et réfléchi. Pour couper court à cette chronique je pourrais tout de suite dire que Big Big Smile est tout simplement l’un des tout meilleurs albums sortis cette année, l’un des plus aboutis. Et ce en toute objectivité.

La présentation sera assez courte, on connait l’histoire, le groupe s’est formé pendant le confinement. Les cinq jouaient dans d’autres groupes : Wild Fox, Scuffles, LANE, Dog for friends. Ils montent le groupe pour se faire plaisir et jouer ensemble. Pour tourner ils enregistrent un mini album qui va se révéler être la surprise de l’année et leur ouvrir toutes les portes des salles de France. Et c’est sur scène, encore plus, que le groupe se forge une belle réputation.

Pour lui donner une suite le groupe angevin s’est attaché les services de Camille Belin, chanteur guitariste de Daria que l’on retrouve aussi derrière les fûts de Do Not Machine et LANE. Ce dernier sortait de la réalisation de Fall Not l’excellent dernier album de Daria et on lui doit aussi le premier album de The Flickers. Amoureux d’Angers, le groupe s’est enfermé dans les studios du Chabada pour enregistrer ses dix titres.

L’artwork a été confié à Éloïse Rabaté dans un style qui rappelle Edward Hopper, c’est joli et feutré. Tout comme la belle et longue introduction (The Lowdown), sorte de nuage vaporeux que l’on traverse pour découvrir l’album avec Santander, mélange de punkrock et d’émo hardcore façon Touché Amoré ou La Dispute. Le quintet amène une vraie touche mélodique, un peu pop, bien sentie. Celebrate est aussi un tube en puissance qui se joue des styles, très dansant, il permet de mettre en avant l’évolution dans le chant de Baptiste qui ne s’arrache plus la voix comme sur about going home, il a su trouver un juste équilibre entre puissance et mélodie. Cela se ressent aussi fortement sur Little Things, l’un des morceaux les plus touchants de l’album. Un autre grand tube de Big Big Smile est A reason Why, subtil jeu entre mélodies pop et sonorités punk-noise. Mais pour moi le meilleur morceau reste Wallflower, déjà joué sur scène depuis dès mois, il révélait une efficacité impressionnante. Avec son intro chanté par Josic, il met en avant la touche Fragile : mélodies imparables, puissance sur le refrain avec des phrases fédératrices. C’est pour moi leur morceau le plus représentatif, peut-être aussi le plus abouti et, sur scène, le plus intense assurément.

On notera aussi Tiny Ghosts and disco lights et afterglow, tous deux très bons et puissants dans l’intensité. Puis l’album se referme sur Wide Awake, douce ballade acoustique, osée mais pertinente.

 

FRAGILE ne fait pas que confirmer ses promesses mais s’impose désormais comme un incontournable. Big Big Smileest un album réfléchi avec une belle petite collection de tubes d’émo-post-hardcore. Un album à écouter en boucle et savourer sur scène.

 

J. NeWSovski

 

https://fragileangers.bandcamp.com/album/big-big-smile

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mercredi 10 décembre 2025

UNTITLED WITH DRUMS – Symbols [EP]

 


UNTITLED WITH DRUMS – Symbols [EP]

Juggernoise / Atypeek Music / Araki Records / MA Saret Records / Stellar Frequencies

Untitled With Drums est enfin de retour après l’album Hollow sorti juste avant le confinement. Cinq longues années durant lesquelles on a tout de même pu croiser le groupe en première partie des Deftones en 2002, puis l’année d’après au DesertFest de Londres. Deux très belles dates.

Ce court EP de 4 titres était seulement destiné à être distribué en version numérique via Juggernoise (leur propre structure) mais quelques labels se sont associés pour nous l’offrir en CD (Araki Records et MA Saret Records) et en cassette (Stellar Frequencies).

 

Candle ouvre le bal avec un mur de guitare qui pourrait faire penser à Watertank. Le chant est très plaisant et le groupe pose de belles mélodies sur son refrain. Malgré la lourdeur des riffs le morceau dégage un aspect aérien intéressant, des restes de leurs précédents productions davantage tournées post-rock. Un côté que Obsolete va entretenir sur son introduction, puis le groupe de Clermont déroule un peu à la manière de Rival Schools balançant quelques passages hyper bien sentis « Now everybody noticed we’re going on repeat » totalement accrocheurs et addictifs. Power est nerveux et direct, il dégage une belle puissance qui cette fois ci me rappelle le dernier album de Jack And The Bearded Fishermen. Far termine l’EP en développant davantage le côté mélodique que ce soit dans la musique mais aussi sur le chant qui monte haut sur son final, ce qui est assez rare dans ce style de musique.

A noter que les quatre titres ont été enregistrés par Alex Hourvari à la Voûte et masterisés par l’inévitable Alan Douches auquel on doit notamment des albums des Deftones et autres Cave-In.

 

Belle surprise que ce nouvel EP d’Untitled With Drums que je croyais en pause. Un peu court mais il laisse la porte ouverte à un futur album qui sera à n’en pas douter tout aussi excellent.

 

J. NeWSovski

 

 

https://untitledwithdrums.bandcamp.com/album/symbols

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samedi 6 décembre 2025

JACK AND THE BEARDED FISHERMEN – Naked

 


JACK AND THE BEARDED FISHERMEN – Naked

Twenty Something

Vingt ans de carrière, cinq albums, et toujours cette impression que Jack And The Bearded Fishermen n’a pas fini de nous surprendre. Avec Naked, le groupe bisontin signe peut-être son chef-d’œuvre, un équilibre parfait entre puissance noise et délicatesse post-rock. Après le magistral Playful Winds, qui avait marqué son grand retour et qui s’est imposé comme l’un des meilleurs opus de 2022, Naked confirme et le dépasse même : les guitares sont encore plus massives, les mélodies plus envoûtantes, et la production encore plus aboutie.

Memory, qui démarre ce nouvel opus, s’inscrit directement dans la continuité avec un son lourd et des mélodies subtiles. Les guitares arrivent par vagues, telles des murs, elles amènent une pression constante et les deux voix, légèrement en retrait, servent efficacement l’ensemble. La lourdeur est encore plus présente sur This Grey qui me fait curieusement penser à From Mars To Sirius de Gojira. La rythmique, puissante sans être brutale, fonctionne comme un rouleau compresseur, et l’ajout de trois guitares, plutôt que de surcharger le son, en renforce la profondeur et l’impact. Le groupe de Besançon invite les Nantais de Watertank à partager le morceau Melt Into Oddity, ce qui n’est pas une énorme surprise car j’avais pu voir les deux tourner ensemble l’année dernière et leur entente sautait aux yeux. Ce morceau est un petit bijou de post-rock.

On peut parler de l’aspect aérien du groupe notamment sur Drones qui se révèle envoûtant à souhait, il prend son temps pour imprégner ses mélodies. Le quintet fait preuve d’une belle maîtrise du song-writing sur The Cave dont le refrain reste ancré en tête avec et Summit Glow immersif à souhait avec ce refrain très Gojiraiesque une nouvelle fois. Deux interludes (Naked I et Naked II) viennent casser la dynamique, aérer l’album et c’est assez intéressant pour éviter le côté trop linéaire et massif de l’ensemble.

On parle aussi rapidement du très bel artwork, un côté esthétique que le groupe maîtrise bien car toutes leurs productions sont délicates et réussies.

 

Naked est un joli coup de maître car il arrive, selon moi, à faire encore mieux que son prédécesseur. Cette fusion entre riffs lourds et mélodies léchées forme une magnifique alchimie et place clairement Jack ATBF comme l’un des groupes les plus passionnants de la scène actuelle. Clairement l’un des albums de l’année.

 

J. NeWSovski

 

https://www.facebook.com/jackandthebeardedfishermen1/

https://jackandthebeardedfishermen.bandcamp.com/album/naked



mercredi 3 décembre 2025

WAVEPOOL - Crayola [EP]

 


WAVEPOOL - Crayola [EP]

Howlin Banana

 

On ne présente plus le label indie HOWLIN BANANA et son impeccable catalogue : TH DA FREAK, JOHNNIE CARWASH, JOHNNY MAFIA... Dernière pépite en date dégotée par le label francilien, le quintet rouennais WAVEPOOL. Actif depuis 2024, cette joyeuse bande pourrait s'imposer comme l’une des révélations les plus prometteuses de la scène indie hexagonale. Leur premier EP "Crayola" aux accents shoegaze, dream-pop et indie-rock est en tout cas une réussite.

Les Normands déploient tout au long de ces six titres un sens de la mélodie hors pair. Le morceau d'ouverture "Blue Moon" pose le ton. Rythme mid-tempo, harmonies vocales, ligne de basse accrocheuse, alternance de guitares cristallines ou nerveuses, refrain imparable. Bref, la bande-son parfaite pour une virée en voiture, les vitres ouvertes en fin d'été. Ambiance plus automnale et mélancolique sur le délicat "Assumptions". Mention spéciale sur ce titre au chant féminin très classe et à l'utilisation inspirée d'un clavier vintage. Une voix nous invite à la plus grande attention sur "Blurry World", pépite indie-pop dont le gimmick de synthé fait des étincelles. Le chant vaporeux peut faire penser notamment à MELODY'S ECHO CHAMBER. Plus shoegaze, "Tiny Cowboy" évoque lui le meilleur des COCTEAU TWINS. Ce titre, porté par sa rythmique chaloupée, installe une atmosphère presque hypnotique. "Shell" très minimaliste et doux dans sa première moitié monte subitement en pression pour un final plus bruitiste à la SLOWDIVE. L'EP des cinq Normands touche déjà à sa fin avec "In Thrall" qui laisse plus de place en chant masculin. Un titre plus tonique qui introduit une diversité musicale intéressante pour le combo rouennais. 

Bénéficiant d'une production de qualité, "Crayola" est une belle promesse shoegaze / dream-pop. Avec son goût pour la langueur mélancolique et sa maitrise des contrastes entre saturation et douceur WAVEPOOL est promis à un avenir radieux.  

 

Mr Caribou

Titre préféré :                      Tiny Cowboy

 

https://wavepoolfr.bandcamp.com/album/crayola

https://www.instagram.com/wavepool.band



mardi 2 décembre 2025

CROOKED MINDS – The hurricane Sessions [EP]

 


CROOKED MINDS – The hurricane Sessions [EP]

Tsukune Label

 

Après Off The Planet (2023), un premier album aussi court que percutant (7 titres en 26 minutes), Crooked Minds revient avec The Hurricane Sessions, un EP de trois morceaux qui confirme leur talent pour distiller un rock énergique et sans compromis. Trois titres, trois ambiances.

D’emblée Big Pig frappe fort avec une rythmique très rock’n’roll et des faux airs de Clutch sur son refrain. Ça joue vite et c’est hyper entraînant, bien gras comme il faut ! Blast ne ralentit pas vraiment le rythme mais ajoute un côté mélodique, un peu grunge façon Therapy?, le jeu de la basse est très bon et les mélodies y sont bien posées. J’aime bien le chant qui est puissant.

Hurricane transpire le désert rock à la Kyuss, avec de longues boucles enivrantes, la guitare est joueuse, et c’est un stoner cool, vraiment plaisant, qui me rappelle aussi quelque part certains morceaux du dernier album des Rochelais de Walnut Grove DC.

 

Ce court Ep permet de découvrir un groupe Nazairien bien emballant et énergique. Il rappelle de nombreuses références élogieuses sans jamais tomber dans la copie. Une chose est sûre : ce groupe est taillé pour la scène. A découvrir en concert donc et à écouter en boucle en attendant !

 

J. NeWSovski

 

https://www.facebook.com/4CrookedMinds/

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dimanche 30 novembre 2025

VIOLENT SADIE MODE – Incelcore [EP]


 

VIOLENT SADIE MODE – Incelcore [EP]

Howlin Banana Records, Flippin' Freaks Records, Two Goldfishes Music, Kick Your Asso, Burdigala Records


Spoiler alert ! Voici mon EP coup de cœur de cette année. La partie est pliée, désolé. Le groupe ?  Violent Sadie Mode. Sadie, c’est le prénom de la chanteuse de ce combo bordelais complètement déjanté qui sent trop bon le punk hardcore des années 80. J’ai l’impression d’entendre plein de vieux groupes que j’adorais et surtout, je retrouve une énergie incontrôlable, un vrai bonheur à écouter.

Tout commence dans un véritable défouloir punk, son old school, énergie brute, chant dynamique. Avec Stupid Little Rich Fucking Fuck Face, Violent Sadie Mode démarre très très fort, ça joue vite, ça gueule sans retenue et c’est clairement très bon. Twist en milieu de morceau, je pense à la folie de Heb Frueman, la façon d’alterner punkrock direct et phases spoken-word, Heb Frueman c’est ma référence ultime et ça vaut le coup de la citer pour parler de Violent Sadie Mode. Le groupe a un petit côté streetpunk aussi façon Scattergun à mon sens, certainement en raison de leurs multiples influences qui ont aidées à construire le groupe. L’enchaînement avec 1 Condition 0 Conversation est parfait et c’est à Amyl And The Sniffers que je pense aussitôt. Toujours cette grosse énergie mélangée à un grain de folie dans le chant. C’est frais, entraînant et tout simplement parfait. Incelcore, le titre éponyme, joue sur les changements de rythme avec des passages totalement débridés. Demonic Paranoïa va faire des ravages en concert avec ses riffs de métalliques, tandis que Gutter se démarque par le chant de Rémi sur sa première partie. Le ton est plus posé mais aussi plus lourd. Enfin, Mr Bunny clôt ce premier EP de très belle manière : le morceau prend son temps pour décoller, plus expérimental il révèle une autre facette du punk de Sadie.

Côté paroles le groupe est clairement engagé féministe et pose les choses avec fracas et la pochette va aussi dans ce sens. Violent Sadie Mode, à l’instar de Maria Tarey ou Wake The Dead met en avant cette scène punk hardcore portée par des filles et c’est franchement une excellente nouvelle. J’espère qu’elle sera source de motivation pour des nombreuses futures musiciennes.

 

Vous l’aurez compris, cet EP est tout simplement incontournable. Punk hardcore au son des années 80 avec une énergie incroyable et un chant original. Je vais attendre les prochaines dates de concerts avec une grande attention et surtout le faire tourner en boucle pendant encore de très longues sessions. Longue vie à Violent Sadie Mode.

 

J. NeWSovski

 

https://violentsadiemode.bandcamp.com/

https://www.instagram.com/violent.sadie.mode