Voici le nouveau numéro des Rêveries. Le 22ème, il sort en plein été et vous permettra peut-être de croiser certains des groupes sur scène. Ce nouveau numéro fait la part belle à la scène angevine (Bermud, Daria, Limboy, Christian Ravel, Maxime du Joker's, Festival Levitation) et ce sera aussi le cas sur le prochain avec une scène en pleine effervescence (Rest Up, Fragile, Gondhawa...).
La version papier sortira en septembre, elle sera disponible sur Angers dans certains points stratégiques (Le Chabada, Exit Music, Joker's Pub...) ou sur simple demande.
Daria signe son retour fin 2024 avec Fall Not, cinquième album aussi brillant que ses prédécesseurs. Dans une scène Angevine plus active que jamais (Fragile, Do Not Machine, Limboy, Bermud, Tiny Voices, San Carol...) il est temps de prendre des nouvelles du groupe fondé au début des années 2000.
L’actualité
de Daria c’est votre retour huit ans après avec un nouvel album, Fall Not. Qu’est
ce qui a entraîné cette longue pause ?
La pause est
survenue assez simplement. Après la tournée 2016-2017 pour défendre Impossible
Colours (sorti en 2016), nous ne sommes pas retournés au local de
façon fréquente pour composer de nouvelles chansons… Sans doute que nos vies et
nos obligations à cette période nous ont éloigné de la musique de Daria
et assez simplement, sans le verbaliser, que nous nous sommes mis en pause… Ce
qui a permis à chacun de faire pleins d’autres choses :)
Il y a
eu des changements de line-up entre Impossible Colours et Fall
Not. Le tout premier concerne la batterie, Matgaz n’a fait qu’enregistrer
le précédent album je crois ? Comment s’est fait le retour d’Arnaud ?
Oui c’est
ça. Matgaz avait enregistré Impossible Colours et
fait les premiers concerts qui ont suivi. Puis par manque de temps (il joue
notamment dans Mars Red Sky), il a cédé sa place à Charly
(batteur originaire de Limoges, dans les Bushmen entre autres…) pour
toutes les autres dates. Puis la pause est survenue.
Et le retour
d’Arnaud s’est fait en 2021/2022. D’abord sur le mode « eh les
gars, est ce qu’on n’irait pas jouer quelques morceaux au local ? » puis
de fil en aiguille l’idée a fait son chemin que l’on pourrait jouer de nouveaux
trucs…
Pour
la basse, le changement avec l’arrivée de Pierre-Yves s’est fait durant l’enregistrement ?
J’ai lu que Germain était crédité de 4 morceaux… ?
Oui c’est
ça. Germain avait repris avec nous lors des sollicitations d’Arnaud.
Puis l’aventure a cessé durant l’enregistrement. Nous avons enregistré l’album
en 3 sessions de 3 jours durant 2023 : février, avril et octobre. Germain a
joué sur celles de février et avril. Et par la suite, la vie perso et pro a
fait que cela n’était plus possible pour lui de poursuivre. PY est
arrivé dans la foulée à l’issue de la session d’octobre (c’est Cam qui
s’est chargé, en plus, des basses lors de cette session).
L’artwork
contraste vraiment avec le précédent avec un côté sombre, était-ce volontaire
ce contraste ?
Effectivement,
c’est plus NB que full color comme le précédent. Non ce n’était pas du tout
prémédité. On fonctionne au coup de cœur sur des visuels. Et nous avons tout de
suite flashé sur ce visuel. La peinture de la pochette est le travail d’un
artiste qui s’appelle Kieran Antill.
L’enregistrement
s’est fait par vos soins, Camille notamment, qu’est-ce que cela
change par rapport aux enregistrements précédents en studio ?
Comme on le
disait précédemment, nous avons fait en 3 sessions, mais c’était bien des
sessions en studio. Pour le groupe ce qui était différent c’est que cela
offrait le temps (court quand même) d’une réflexion sur certains sons, certains
arrangements. Pour Cam, ça multipliait les casquettes. Chapeau (sic!) à
lui de l’avoir fait ainsi !
Est-ce
que s’enregistrer n’amène pas une pression supplémentaire par rapport à un
enregistrement avec un producteur du calibre de J. Robbins
Oui dans le
sens où l’on veut être sûr de fournir à celui qui va mixer des pistes
correctes, avec des choix de sons cohérents par rapport à la fois à
l’esthétique de celui qui mixe mais aussi avec ce que l’on va attendre de lui. Cam
n’en est plus à son coup d’essai et nos collaborations avec J. Robbins nous
renforce aussi sur ce terrain-là.
Comment
se passe la création d’un titre chez Daria? Par exemple pouvez-vous expliquer
comment est née une chanson comme Cognac ? Le texte, la musique ?
Assez
classiquement je crois. D’une part, on démarre sur une idée que l’on fait
tourner au local, qu’on étoffe, qu’on travaille. Et si tout se passe bien et
que cela commence à ressembler à un morceau alors Cam commence à
travailler une mélodie de voix. Ou d’autre part, il arrive que certaines idées
soient bien abouties, que le titre soit entièrement composé par l’un de nous.
Par exemple, Cam a écrit Cognac
puis l’a enregistré en mode démo sur son ordi. Tous séduits, on a plus qu’à
apprendre à le jouer au local. Evidemment dans tous les cas, ça laisse la place
aux discussions pour faire évoluer les choses à des moments. Une démo VS
l’énergie/le volume du groupe en vrai ça change parfois les perceptions et fait
évoluer les choses.
L’écriture
d’un morceau varie-t-elle suivant que vous êtes
dans Daria, Lane ou Do Not Machine ? Par exemple si un
riff de guitare vous vient en tête avec quel groupe l’associez-vous ?
Oui
forcément car de loin c’est du rock mais de près ce sont 3 groupes différents
:)
Et de façon
très pratique, Machine utilise un accordage guitare très spécifique donc
y’a pas de question à se poser. Et LANE a existé alors que Daria
ne jouait plus donc finalement pas de question non plus.
Quel
regard portez-vous sur l’évolution de Daria depuis Silencer ?
C’est une
question compliquée car ce n’est jamais simple de regarder dans le rétro. Je
crois que la principale évolution tient dans la manière qu’on a de faire passer
les émotions. Depuis le début la sincérité des émotions est là mais elle ne
s’exprime plus pareille aujourd’hui. À l’époque de Silencer,
c’était beaucoup « tout dans le rouge », à fond les instrus et la
voix. Aujourd’hui, on cherche beaucoup plus la dynamique au sein d’un morceau
ou d’un disque, et ce dans la musique mais aussi dans le chant pour transmettre
ces émotions.
Je ne
vous ai jamais posé la question mais d’où vient le nom Daria à l’origine ?
C’est un
prénom d’origine slave que l’on a toujours beaucoup aimé. Et à l’époque de la
naissance du groupe naissait aussi le dessin animé du même nom que l’on
appréciait.
Petite
question de curiosité pour Camille et Etienne, on vous croise toujours dans les
mêmes groupes, avez-vous et jouez-vous dans d’autres formations, séparés l’un
de l’autre ?
Effectivement
! Par le passé, Cam a joué dans Ride The Arch sans Etienne.
Et Etienne a joué dans Hatebonz sans Cam… mais avec Arnaud
:)
Y’a-t-il
beaucoup de dates de prévues pour soutenir l’album ?
Oui nous
allons essayer de défendre au maximum Fall Not par la
scène. Nous avons annoncé d’ores et déjà une vingtaine de dates jusqu’à l’été…
En France mais aussi en Espagne :)
Merci à Herr Krombacher pour les photos et les vidéos.
Et voici arrivée l'heure du traditionnel bilan de l'année. Une année riche en découvertes que ce soit sur scène ou sur la platine. Au total 61 chroniques, 17 interviews, 60 groupes vus sur scène, des dizaines de rencontres plus intéressantes les une que les autres. Bref, une très belle année !
Pour la rubrique "albums" j’ai repris mon vieux crédo de séparer les albums punkrock français des internationaux pour la simple raison que je me suis rendu compte que 87% (chiffre vérifié par huissier) des chroniques des Rêveries concernent des albums français. Les choix se simplifient certes, mais je ne peux rester qu’admiratif devant la qualité des albums proposés par nos groups nationaux.
Angevin d’adoption depuis plus de quinze ans, j’ai du mal à percevoir l’aura et la notoriété de Daria en dehors de l’Anjou. Pour les avoir découverts à la sortie de leur premier album Silencer(2006) j’ai pu apprécier leur évolution et leur montée en puissance jusqu’à Impossible Colours dix années plus tard. C’est pour moi un excellent album bien trop méconnu. Le groupe s’est ensuite mis en pause et ses membres se sont consacrés à leur projets annexes : L.A.N.E. et Do Not Machine.
C’est en décembre 2023 que Daria annonce son retour avec un morceau : Water & Sound. Un changement de line-up aussi, Matgaz (MarsRedSky, Epiq, Headcases…) n’est resté que le temps de l’enregistrement d’Impossible Colours et est remplacé par Arnaud qui fait son grand retour. 2024, Daria écrit son cinquième album, Germain à la basse enregistre quatre morceaux puis est remplacé par Pierre-Yves (LesThugs, L.A.N.E.).
Fall Not s’offre dans un très joli écrin, sobre et sombre, en opposition à son prédécesseur très lumineux. L’album a été enregistré directement par le groupe, par Camille précisément, qui s’était déjà chargé des albums de The Flicker, L.A.N.E. et Do Not Machine. Le mixage a été réalisé par J.Robbins (Clutch, Aïna, Jets To Brazil Jawbox…), présent à la production sur les précédents albums.
Et force est de constater que Daria est toujours en forme, Citrus Paradisi nous le prouve assez rapidement avec une rythmique entêtante et des parties mélodiques bien léchées. Le refrain est entraînant comme il faut et on notera la participation de J.Robbins au chant, juste la grande classe ! Keep My Head calme un peu le jeu avec un tempo plus lent mais une intensité plus grande qui prend de l’ampleur tout au long du morceau. Il regorge de passages délicieux comme lorsque Camille répète « We somehow begin, We somehow begin to reflect our paradoxes ».
The Coral wounds impose un refrain accrocheur avec une belle puissance tandis que Cognac se démarque de l’album avec une basse omniprésente, une atmosphère inquiétante créée par ces vagues de guitares, le chant de Camille est posé et ciselé. On pourrait penser à Jesus Lizard, dont le dernier album résonne encore, toujours est-il que ce morceau ne pourra laisser indifférent et se révèle après des dizaines d’écoutes comme CELUI qui ressort de Fall Not.
Mais Daria sait toujours jouer aussi vite comme dans ses jeunes années comme c’est le cas sur A smile an oasis et retrouve ses gammes sur Water & Sand qui aurait pu être présent sur un ancien album.
Minor Majority et the invisible Wandering posent une atmosphère plus lourde et grave, en mid-tempo tandis que Second to none est un morceau qui se révèle d’une grande ampleur que je trouve aussi chargé en émotion sur sa partie centrale. Fictions, si j’ai bien compris n’apparaîtra que sur le cd, un titre emmené par la basse de Pierre Yves, qui sonne à perfection.
De retour après une longue pause Daria nous offre un album riche et intense, enregistré par leurs soins c’est une nouvelle belle démonstration de leur talent. Je parlais d’aura en début de chronique, j’espère qu’elle explosera encore plus tant cet album et ce groupe mérite une grosse reconnaissance.
Heart
Beat Nation,
premier album de Do Not Machine, était sorti dans l’anonymat du COVID, simple sortie
physique avec peu ou pas de concerts pour l’appuyer. Pourtant derrière ce
groupe il y a des musiciens chevronnés, fine fleur de la scène angevine : Alex à la basse (Zenzile, Glass), Ben à la guitare et au chant (Last Time Vodoo), les frères Etienne et Camille à la guitare et batterie (Daria, L.A.N.E.). Sorte de super groupe local qui
sort son deuxième album dans un timing bien choisi juste après l’arrêt de Lane et juste avant le prochain album de DARIA.
Do Not Machine pourrait se définir par un son lourd, saturé, avec un mur de
guitares fuzz et une basse omniprésente, d’ailleurs le morceau qui ouvre Celebrations
of the end, Feather,
appuie fort sur cet aspect avec un joli sens des mélodies. Mais les angevins
savent aussi accélérer le rythme notamment sur The
Second Take, morceau dévoilé quelques semaines avant la sortie
de l’album sous forme de vidéo. Il se veut résolument très 90’s alternant
énergie et passages plus aériens. Vient ensuite Insomnia
qui marque une sorte de passage dans ces 9 titres. Il amène une atmosphère
justement plus aérienne, avec un son toujours aussi lourd mais des mélodies
plus posées, le tout rythmé par une basse, une nouvelle fois omniprésente. Dès
lors, Do
Not Machine
développe son style sur le très beau Constellation,
qui se révèle une très belle synthèse de l’album, puis sur l’instrumental Portrait.
On ressent
des sonorités rappelant ici RivalSchools ou Quicksand (Glass
Kingdom) voire même certains morceaux très aériens des Deftones (A New
Love Ends ou A shelter)
tout en conservant sa patte mélodique et son fuzz caractéristique.
On notera
que CelebrationsOfTheEnd, comme son prédécesseur, a été enregistré par Camille Belin, le batteur, puis mixé par J.Robbins de Jawbox. Cet album est aussi sorti par Twenty Something, sous-division de NineteenSomething, label de FranckFrejnik (Rock Sound, SlowDeath…), EricSourice (Les Thugs, Lane) et SilvèreVincent (Les tambours du Bronx, Abus
dangereux..).
Ici on
espère que cet album permettra au groupe de tourner enfin et d’avoir la
renommée qu’il mérite. C’est en tout cas un superbe album et l’une des sorties
marquantes de ce début 2024.
La douceur angevine semble propice à l’inspiration musicale,
ces derniers mois les sorties d’albums s’y sont succédées (Fragile, Tiny
Voices, Bermud, Lane, Beastly…). C’est aujourd’hui le tour de Do Not Machine de
nous présenter son deuxième opus qui sort cette-fois-ci dans un contexte bien
meilleur avec une belle release partie au Chabada.
On s’était rencontrés à la sortie de Heart
beat nation, en 2020 en plein COVID, avez-vous réussi tout de même à
défendre l’album sur scène ?
C’est exact. Le premier album est
sorti en nov. 2020 pendant le second confinement. L’année 2021 a ensuite été
marquée par nos doutes, comment défendre ce premier disque et comment rebondir.
Du coup, on a peu joué pour ce premier disque au profit de temps passé à
composer notre second disque.
Pour celui-ci, il commence à y avoir quelques dates et
notamment une à Paris avec La Faiblesse, est-ce important pour vous de
retrouver la scène ?
Evidemment. C’est par la scène qu’une musique comme celle que l’on joue
prend une part importante de son sens. Les concerts, les rencontres, les heures
de camion, etc… ça fait aussi parti du délire et ça nous fait du bien de faire
cela avec Do not machine.
Quel a été votre processus de composition pour ce
deuxième album ? êtes-vous partis dans la continuité du précédent ou
avez-vous composé différemment ?
La réponse ne sera pas très originale :) Comme beaucoup de groupes, chacun
arrive au local avec une idée, un riff, une mélodie de chant, et ensemble on
fait tourner, on construit, on étoffe jusqu’à être tous satisfaits du rendu. On
avait fait comme ça pour le premier, on a fait comme ça pour ce second disque…
Et l’on fait comme ça avec tous nos autres projets aussi:)
Sur les premières écoutes j’ai l’impression que,
notamment sur sa deuxième partie, Celebrations of the end sonne
davantage aérien et post-punk que Heart beat nation, est-ce juste
une sensation ?
Tout à fait d’accord avec toi. Sans que cela soit quelque chose que l’on se
soit imposé, on a sans doute inconsciemment écouté nos envies lors de la
composition, et ça tendait parfois vers des parties plus aériennes, plus
ambiantes comme tu le décris.
Vous êtes partis sur le même principe d’enregistrement
que pour le précédent, à savoir enregistré par Camille et mixé
ensuite par J.Robbins. D’ailleurs où et comment l’avez-vous
enregistré ?
C’est ça. On l’a fait en plusieurs sessions. D’abord le basse-batterie en
studio. Puis quelques temps plus tard, en plusieurs fois encore, les guitares
dans le local de répétition. Et enfin les voix, là aussi dans le local. Le tout
piloté par Cam avant qu’on envoie à J. Robbins, à qui l’on fait
confiance depuis longtemps maintenant pour mixer une musique comme la nôtre.
Pouvez-vous nous éclairer sur le nom de ce nouvel
album ?
C’est une ligne d’un des morceaux, sur « a
new love ends». A la
réflexion, ça faisait écho à la période que l’on avait vécu avec tout ce bazar
covid… Et la sensation d’un renouveau.
Qu’abordez-vous comme sujets dans vos textes ?
Les messages sont divers et variés : constat mélancolique du monde mais
aussi des échos ou des réflexions sur des choses vues ou vécues.
Comment s’est fait le choix de l’artwork ?
Avec des gens de confiance… Les mêmes artistes (Julie Cice et Pascal
Darosa) que pour le visuel du premier. On y voit même un lien assez direct,
dans la continuité.
Avec deux albums au compteur désormais, comment se
fait votre choix des titres pour les concerts ? Y a-t-il des morceaux que
vous écartez très rapidement car plus difficiles à jouer ?
On choisit surtout ceux qui nous plaisent, sans trop réfléchir. Ensuite on
voit si on s’en sort pour les interpréter. Et si ça colle, alors on les inscrit
sur la setlist :)
Qu’en est-il de vos groupes respectifs ? Last Time
Vodoo ? Zenzile ? Il me semble que le nouvel album de Daria ne
devrait pas tarder ?
Zenzile s’apprête à fêter ses 30 ans en
2025… Ça va être énorme !! Et Daria s’apprête à sortir son 5ème album à
la rentrée 2024.
Adolescent,
loin d’Angers, je ne connaissais de la ville que les bribes que mon grand-frère
alors étudiant me racontait : les bars, les concerts, le disquaire BlacketNoir, Hint, Zenzile, La Ruda Salska,
DirtyHands, lesThugs …
Une ville marquée par l’empreinte de ces derniers, qui, inévitablement, ont
influencé nombre de jeunes groupes. Des années plus tard, m’installant moi-même
sur Angers j’ai été accueilli par une gentille compilation « Tribute to
les Thugs », digne hommage de ces héritiers. Ce fut le moyen pour moi de
découvrir Daria.
Daria c’est un superbe groupe plein de
mélodies et de complexité fort d’influences locales mais aussi américaines. Et
lorsque des années plus tard ses membres ont décidé de se mêler aux Thugs
pour former LANE ça été une nouvelle aussi surprenante qu’excitante.
Peut-être est-ce d’ailleurs une spécialité angevine de voir des groupes se
mélanger car je garde en souvenir KILO,
groupe extraordinaire avec du SEXYPOPet du HINT
réunis. Un mélange détonnant.
Et voici
donc qu’aujourd’hui arrive Do Not Machine, subtil mélange cette fois-ci entre des
membres de DARIA, LANE, ZENZILE
et GLASS.
Subtil
mélange c’est le terme qui caractérise aussi cet album, je pense à des morceaux
comme le très planant et aérien Seriousweakness, peut-être trop court mais qui
montre la passion du groupe pour les mélodies. Do Not Machine aime aussi et surtout
les grosses guitares appuyées par une batterie martelant le rythme tel un
marteau sur une enclume (CuriousBox). Il y a dans Undertow
une ambiance qui rappelle BurningAirlines
voire Favez avec une basse très présente.
Revenant
toujours cependant dans un univers post-rock assez lent mais immersif comme sur
Futilevalues,
le groupe angevin est vraiment plaisant à écouter.J’aime aussi beaucoup le morceau qui donne
son nom à l’album, HeartBeatNation, entraînant voir aérien avec sa
guitare qui s’envole dans la stratosphère tout comme HappyBurial, une chanson qui au final résume
assez bien cet album en remuant les références et les rythmes.
Le groupe a
enregistré lui-même cet album et a eu recours à J.Robbins
pour le mixage. J.Robbins, leader de Jawbox
dont on a déjà pu goûter le travail à travers les derniers Daria.
Heart
Beat Nation est album intéressant qui méritera d’être écouté et réécouté pour
livrer tous ses charmes dès lors il aura du mal à vous quitter.
Aujourd'hui les Rêveries ont décidé de rester dans le local avec une interview de Félix, guitariste de LANE, le groupe angevin fraîchement monté et déjà auteur d'un EP et d'un premier album paru en début d'année. Une interview riche dans laquelle les Rêveries retrouvent pas mal de références communes, et vous ?
Fort du succès de leur
excellent EP "Teaching Not To Pray" sorti l'été dernier, les
Angevins de LANE (Love and Noise
Experiment) enchainent avec la sortie de leur premier album "A Shiny Day". Pour rappel,
LANE est une sorte de "super groupe" à la sauce angevine. Il est
composé notamment d'anciens membres des THUGS
et de DARIA.
Rien de révolutionnaire à
l'écoute des 10 titres d'AShiny Day mais le punk-rock
mélodique de LANE est toujours aussi
efficace et bien balancé. Le plaisir que semble prendre le quintet sur cette
production est évident et largement communicatif pour l'auditeur. D'emblée, le
ton est donné avec le très court et tonique "Stand".
La voix claire d'Eric Sourice,
davantage mise en avant dans ce nouveau projet, est reconnaissable entre mille.
Les trois guitares apportent une puissance de feu au groupe. Mais la mélodie
reste au cœur de la musique des Angevins grâce aux refrains scandés ("A Dead Man Soul", "Clouds Are Nothing") ou à des riffs
de guitare bien inspirés et entêtants ("A
Free Man"). Sur le titre éponyme "A
Shiny Day", le groupe sort du cadre couplet / refrain et se
permet un long pont instrumental plutôt intéressant. Le point d'orgue de cet
album est sans conteste l'enchainement entre le single "Winnipeg" et le très pop "Dirty Liar". "Down the River", titre le plus long,
conclut l'album dans une structure crescendo qui fera sans doute un malheur
pour les fins de set noise des Angevins. Ces derniers écument d'ailleurs les
routes hexagonales à l'heure actuelle.
Seul bémol à ce très bon album
de LANE : ne pas retrouver des morceaux du niveau de "Goal
Line" et "Teaching Not To
Pray", deux titres phares figurant sur leur EP.
La rumeur
circulait depuis quelque temps, et pas uniquement dans la cité angevine, leur
ville de toujours et place forte du rock hexagonal : des THUGS remettraient le couvert ? Mieux qu'une rumeur, un EP a vu le
jour avant l'été sous le patronyme de LANE
(Love And Noise Experiment). Un
nouveau projet qui réunit la fine fleur du rock angevin : Eric et Pierre-Yves
Sourice des THUGS donc,
Etienne et Camille Belin de DARIA
et Félix Sourice, le petit jeune de la bande. Et force est de constater que ce comeback
fait plaisir à attendre tant les quatre titres sont excellents. Les influences
des deux groupes précités s'entrechoquent à merveille. Bien évidemment, la voix
d'Eric rappelle le meilleur des THUGS.
LANE, c'est le mariage parfait entre
électricité et mélodie, entre noise et pop. Bien soutenu par un mur de guitares
(pas moins de trois), "GoalLine" fonctionne à merveille avec son refrain pop
entêtant. La batterie sans fioritures est au diapason comme sur le plus punk
"Blackmoon", simple et efficace. "Dice", tonique, rugueux, direct et
mélodique, est également un morceau de haut vol. Le EP de 12 minutes se termine
en beauté par le titre éponyme "Teachingnot to pray", très THUGS il faut bien le dire avec sa courte intro délicate avant que
la rythmique métronomique et la voix d'Eric ne se mettent en place.
Ce "super groupe"
réunissant des DARIA et THUGS démarre donc sur les chapeaux de roue. On attend
la suite avec impatience (un format plus long peut-être), en espérant que
ce nouveau projet alléchant ne va pas s'arrêter en si bon chemin.
Se lancer dans la chronique de ce
nouvel album de Daria n'est pas un
exercice facile. Et ce pour plusieurs raisons. La principale c'est que cet
album est très bon, ça devrait pourtant être une chose aisée de parler d'un tel
album mais le fait qu'il soit d'Angers
est aussi une chose compliquée pour éviter de tomber dans la mise en valeur de
groupe originaire de la même ville.
Mais pour essayer de bien parler de
cet album il faut aussi remonter un peu avant son enregistrement pour
comprendre certaines choses.
Impossible colours
est le quatrième album du groupe, et, après Red
Red le batteur a quitté le groupe. Son remplacement par Matgaz a été une vraie surprise, une
vraie Bonne surprise tant j'aime les groupes du bonhomme (BillyGazStation, Headcases, MSLJAX, MarsRedSky...). Une bonne
occasion pour lui de tabasser sa batterie un peu plus rapidement que sur MRS. Et puis le groupe s'est fait
plaisir en allant au bout de sa démarche en allant enregistrer à Baltimore chez
son idole J.Robbins.
J.Robbins c'est le gars qui jouait dans Jawbox et BurningAirlines et avant encore dans les
mythiques GovernmentIssue, toutes les références de Daria en somme. Il est aussi producteur
et là sa liste de groupes enregistrés
est juste énorme : de la vague émo (Jets
To Brazil, HeyMercedes, Promise
Ring...) aux groupes couillus (Clutch,
NoneMore Black, Paint It Black,
Modern Life Is War...). Que d'excellents groupes avec de super albums à la
clé.
Ce Impossible colours,
a donc déjà toutes les cartes en main pour être excellent. Et c'est ce qu'il
est !
Un album homogène avec le son
particulier que le 16 pistes à bande leur offre et que le vinyle rend encore
meilleur. Dans le style Daria ne
déroge pas, continuant son évolution depuis Silencer, mon préféré à ce jour.
Pastsimple sent bon la maturité et démarre de
façon solide un album qui se révèle sérieux.
Daria c'est avant tout un groupe sérieux, qui exécute sa musique
proprement et sans accroc ne laissant pas de place à l'imprévu. C'est ce qui
plait mais qui peut aussi rebuter certains.
Les Angevins s'appuient sur une
section rythmique impressionnante que ce soit par la batterie d'une efficacité
exemplaire ou la basse souvent prédominante. La voix de Camille se révèle forte mais aussi fragile, comme sur Margins, arrivant parfois à ses limites (February). Les mélodies sont belles et
s'étirent comme sur Impossible Colours se
terminant, hélas à mon goût, bizarrement sur une ligne de trompette un peu trop
surprenante ou bien sur le très long Empiricaldismay de plus de 9 minutes qui termine
l'album dans un superbe voyage sonore.
L'album est aussi tiré vers le haut
par un titre fort QuietAnarchy
mais d'autres sont tout aussi bons Ghost in the
machine. Impossible Colours
aurait eu aussi sa place sur un album de
BurningAirlines...
Même si l'influence Dischord se ressent sur l'ensemble de
l'album, il n'en demeure pas moins original.
Impossible Colours est donc un superbe album pour un groupe
désormais au sommet de son art. Puissant et beau il est certainement l'un des
meilleurs de cette année. Incontournable.