mercredi 23 mars 2016

DARIA - Impossible Colours



DARIA  - Impossible Colours
Artic Rodeo Recordings
9.5/10

Se lancer dans la chronique de ce nouvel album de Daria n'est pas un exercice facile. Et ce pour plusieurs raisons. La principale c'est que cet album est très bon, ça devrait pourtant être une chose aisée de parler d'un tel album mais le fait qu'il soit d'Angers est aussi une chose compliquée pour éviter de tomber dans la mise en valeur de groupe originaire de la même ville.

Mais pour essayer de bien parler de cet album il faut aussi remonter un peu avant son enregistrement pour comprendre certaines choses.

Impossible colours est le quatrième album du groupe, et, après Red Red le batteur a quitté le groupe. Son remplacement par Matgaz a été une vraie surprise, une vraie Bonne surprise tant j'aime les groupes du bonhomme (Billy Gaz Station, HeadcasesMSL JAX, Mars Red Sky...). Une bonne occasion pour lui de tabasser sa batterie un peu plus rapidement que sur MRS. Et puis le groupe s'est fait plaisir en allant au bout de sa démarche en allant enregistrer à Baltimore chez son idole J.Robbins.

J.Robbins c'est le gars qui jouait dans Jawbox et Burning Airlines et avant encore dans les mythiques Government Issue, toutes les références de Daria en somme. Il est aussi producteur et là  sa liste de groupes enregistrés est juste énorme : de la vague émo (Jets To Brazil, Hey Mercedes, Promise Ring...) aux groupes couillus (Clutch, None More Black, Paint It Black, Modern Life Is War...). Que d'excellents groupes avec de super albums à la clé.

Ce Impossible colours, a donc déjà toutes les cartes en main pour être excellent. Et c'est ce qu'il est !
Un album homogène avec le son particulier que le 16 pistes à bande leur offre et que le vinyle rend encore meilleur. Dans le style Daria ne déroge pas, continuant son évolution depuis Silencer, mon préféré à ce jour.
Past simple sent bon la maturité et démarre de façon solide un album qui se révèle sérieux.
Daria c'est avant tout un groupe sérieux, qui exécute sa musique proprement et sans accroc ne laissant pas de place à l'imprévu. C'est ce qui plait mais qui peut aussi rebuter certains.

Les Angevins s'appuient sur une section rythmique impressionnante que ce soit par la batterie d'une efficacité exemplaire ou la basse souvent prédominante. La voix de Camille se révèle forte mais aussi fragile, comme sur Margins, arrivant parfois à ses limites (February). Les mélodies sont belles et s'étirent comme sur Impossible Colours se terminant, hélas à mon goût, bizarrement sur une ligne de trompette un peu trop surprenante ou bien sur le très long Empirical dismay de plus de 9 minutes qui termine l'album dans un superbe voyage sonore.
L'album est aussi tiré vers le haut par un titre fort Quiet Anarchy mais d'autres sont tout aussi bons Ghost in the machine. Impossible Colours aurait eu aussi sa place sur un  album de Burning Airlines...
Même si l'influence Dischord se ressent sur l'ensemble de l'album, il n'en demeure pas moins original.

Impossible Colours est donc un superbe album pour un groupe désormais au sommet de son art. Puissant et beau il est certainement l'un des meilleurs de cette année. Incontournable.

Morceau préféré : Ghost In The Machine

https://dariarock.bandcamp.com/album/impossible-colours


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