mercredi 11 décembre 2013

Castles – truth or fiction ?


Castles – truth or fiction ?
Palm reader – black basset records
9/10
Castles est un groupe Belgo-Britannique qui sent très bon les vapeurs d’outre atlantique. Le son, autant le dire rapidement, est extrêmement bon avec une très grosse puissance et un son de batterie parfait. C’est Kurt Ballou, le chanteur de Converge, qui l’a enregistré dans le Massachusset, un mec qui s’y connaît en gros son…
Je découvre donc ce groupe avec « Fiction or truth ? » qui est le deuxième album du groupe après « you, the organ grinder » sorti en 2012.
La pochette fait preuve d’originalité quelque part entre Justin(e) et Sports avec une mise en scène qui sont bon les copains, les tacles et la mauvaise bière. Elle cache aussi très bien ce qu’elle contient.
Parce que Castles joue fort et bien et pas vraiment une musique aussi accessible qu’une partie de foot de district.
Car s’il fallait classer Castles, je sais que c’est pas beau mais j’oserais dire qu’il se situe pas très loin d’un Fugazi et d’un Hot Water Music le tout dopé aux hormones de taureau. Le groupe manie parfaitement passages violents et passages mélos tout en gardant un coté noisy. D'ailleurs cette facilité à alterner dans les deux registres est déconcertante car il maîtrise parfaitement ces registres.
Plutôt que de parler d’influences je ressens ce coté noise à la Fugazi très présent (Palm Reader ou untame) avec un chant plus lourd et une section rythmique impressionnante. Et puis parfois le groupe me fait aussi penser aux catalans d’Aina par la capacité à créer de belles mélodies finalement pas si simples  (we are fascinated - boneshaker).
C’est donc une très bonne surprise qui devrait ravir tous les fans de noise et qui ont eu aussi un petit coup de cœur à l’époque pour les groupes émo un peu burnés. Au passage, il est encore dispo à prix libre sur leur bandcamp… ce qui n'empêchera pas de préférer la superbe version vinyle. 




dimanche 8 décembre 2013

This Life – lies about the truth


This Life – lies about the truth
Delete your favorite records
7.5/10
Toulouse est une ville qui aime le hardcore et qui enfante bon nombre de groupes dans le style. Pour n’en citer que quelques uns je parlerai de Fat Society, désormais vieux groupe plus ou moins actif mais dont la puissance est d’une efficacité redoutable, Fire at Will dans un style plus hardcore moderne  ou encore Alea Jacta Est, le renouveau du hardcore français.
This Life vient donc de Toulouse et sort avec lies about the truth son premier LP. Le groupe fait preuve d’énormément de maîtrise en jouant un hardcore rapide et technique qui me fait énormément penser aux regrettés FTX. Le groupe sait alterner énergie, mélodies, breaks avec facilié. Je n’ai pas leur pédigrée sous les yeux mais je pense que les gars ont du traîner dans d’autres groupes auparavant. Le quintet commence d’ailleurs déjà à se tailler une réputation en  se produisant en première partie de groupes internationaux : Hatebreed ou Comeback Kid à l’Xtrem Fest cet été ou Agnostic Front ce mois-ci.
L’artwork est superbe et raffiné, il emmène toute une réflexion sur sa symbolique.


This Life est un groupe plein d’avenir qui fait preuve d’une belle maîtrise de son style. Il ne lui reste plus qu’à se détacher de toutes ses références pour trouver son originalité.


samedi 7 décembre 2013

Vincent d'Alea Jacta Est a t'il bon goût ?

Ce mois-ci l’invité de la rubrique a-t-il Bon Goût ? est le chanteur d’Alea Jacta Est, le groupe de hardcore pur jus sans sucre ajouté de Toulouse qui s’apprête dans quelques semaines à sortir un nouvel et deuxième album, qui je pense fera, à l’image du précédent « gloria victis » l'effet d'une bombe.
Vincent termine donc l’année avec beaucoup d’humour.



Ton groupe culte ?
Pas évident d'y répondre j’écoute pas mal de groupes. Disons que pour rester dans ceux qui ont influencé mon groupe je pense à Death before dinausore, mais mes groupes cultes seront plutôt tous ces vieux groupes de hardos à cheveux longs qui jouent dans des stades comme Metabourka.
Death Before Dishonnor


mercredi 4 décembre 2013

Guerilla Poubelle – Amor Fati


Guerilla Poubelle – Amor Fati
Guerilla Asso
9.5/10
Je suis heureux de la sortie de ce nouvel album de Guerilla Poubelle, j’avais peur que Maladroit ne prenne trop  de temps et de place. Ce dernier doit être un bon défouloir dans un registre plus léger, très punk mélo et qui d’ailleurs, fait partie de ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle. Mais c’est justement parce que c’est un défouloir et que ces dernières années il a pris une autre dimension en multipliant les productions, parce qu’aussi on sent une grande complicité entre ses membres que ça m’emmenait à penser que Maladroit risquait fort de devenir plus qu’un side project au point de mettre un peu de coté Guerilla Poubelle.
Le retour de Guerilla, qui au passage fête ses dix ans, c’est un retour vers des textes bien foutus, engagés et un punkrock plus rude, plus brut et d’une efficacité incontestable.
Ce qu’il y a de bien c’est qu’on retrouve ses repères avec Guerilla : les ohohoh derrières, des morceaux un peu plus lents, un style d’écriture reconnaissable. On est en territoire connu (les rats quittent le navire ; martin luther (burger) king…).
Les très bons morceaux se succèdent et Amor Fati au fur et à mesure des écoutes se révèle être un excellent album. J’apprécie particulièrement Seuls au pluriel et sa phrase d’intro balancée avec véhémence « le disquaire de mon enfance est devenu un shop de hipster », la rythmique permet de mettre en avant le texte et le phrasé si caractéristique de Till, c’est d’ailleurs dans ce style de morceau mid tempo que le groupe excelle je trouve.
J’ai du m’y reprendre à plusieurs fois sur le retour à la terre, que j’avais pris pour un morceau de Justin(e), au niveau des textes c’est assez surprenant et musicalement aussi d’ailleurs, un très bon morceau. 
On retrouve deux titres présents sur le EP C’est pas comme si c’était la fin du monde, Karl Marx et l’histoire est toujours aussi efficace et je reste toujours sur ma faim avec Novembre mais bon ça on en avait déjà parlé.
Pire Père est morceau sur une base rythmique un peu spéciale qui me gonfle sur l’intro  mais que je trouve très plaisant sur son refrain avec cette guitare qui vient endurcir le tout et, après plusieurs écoutes, finalement je le trouve bien ce morceau… J’accroche bien moins sur Présent Composé, titre à base reggae, qui révèle un texte intéressant mais les riffs c’est pas mon truc…J’ai l’impression d’être revenu 15 ans en arrière à l’époque où tout le monde venait poser du reggae sur son album

Prévert, Kosma, Paris clôt l’album et là c’est bon on rhabille les marmots, on peut partir, la grosse claque est prise… Une chanson comme rarement on peut en entendre dans ce style, c’est fort, très fort, c’est beau très beau. Je me rappelle Till me citer Miossec comme featuring incongru dans A-t-il Bon Goût et honnêtement ce titre pourrait être de lui. J’adore. On prend vraiment la dimension de composition de Till et la progression du groupe depuis le premier album. Cette chanson est magnifique.

Un grand album de Guerilla Poubelle qu’il faudra certainement écouter maintes fois avant de l’apprécier justement. Mais définitivement le patron du punkrock français tient la forme et son évolution ne laisse envisager que du plaisir.

Mon titre préféré: Prévert, Kosma, Paris

dimanche 1 décembre 2013

interview : FOOLISH



Petit échange de messages avec Alexis de Foolish. Leur dernier album, the good old days, sorti avant cet été amorçait des petits changements dans le groupe, que ce soit au niveau du line up et du style.



The Good Old Days votre nouvel album dénote un peu du précédent : il est très court et on ne retrouve pas de morceau en français ni de cuivres.  Il y a eu, j’ai cru comprendre, un changement de line-up ?
Alexis :  Effectivement, on a changé un petit peu dernièrement mais ce n'est pas une coupure nette, je dirais plutôt que c'est une évolution et notre changement de line up n'y est pas pour rien. Nous allions de plus en plus vers un skate punk très typé 90's (fatwreck et cie) plutôt que sur des morceaux de ska et je pense que cela se ressent sur cet opus.
Notre album est effectivement plus court car nous avions besoin d'un support pour montrer au public notre évolution, notre nouveau line-up etc.. Les gens nous voient encore comme un groupe de Ska punk parfois ( nous ne renions pas du tout le ska non plus mais ce n'est plus la direction que le groupe a pris). Nous avons toujours 2/3 titres Ska à nos concerts mais la tendance est au punk plus rapide et mélo.

samedi 30 novembre 2013

Disagony – venom dish



Disagony – venom dish

Snowhite

8/10
Disagony nous embarque dans la Delorean de Marty Mc Fly, programmée sur un retour direct dans les 90’s en pleine vague noise/punk couramment nommée aussi grunge. Disagony c’est pour moi un mélange de L7 et de Hole. La comparaison est facile car d’une part c’est une chanteuse et de l’autre sa voix se rapproche de Courtney Love et de Donita Sparks. Au niveau du son on reste dans le même registre avec un beau mur de guitares. « Unburied from sand »  « tender revolver » ou  « cut » pourraient sortir de Hungry For Stink de l’album des californiennes, avec une touche de modernité stoner en plus. « Spirit mechanism » rappelle aux heures les plus calmes de la fin de Hole et aux débuts de la carrière solo de Courtney Love. Une belle ballade, mélodique où le timbre de voix fait des merveilles. « Forever Fool » est du même acabit, une superbe ballade qui termine l’album de belle manière et qui montre à quel point le groupe maîtrise la mélodie. « Stop rewind » démarre sur une intro dans la plus pure tradition de Hole, le reste  du morceau est un peu plus complexe dans un style plus indé avec un son de gratte un peu plus crade mais force est de constater que pour l’instant ça marche et pour quelqu’un qui n’aurait pas connu les 90’s je pense qu’il y a moyen de prendre une petite claque.  

Après il y a des choses qui, pour moi, marchent moins bien, des morceaux qui sonnent trop pop « wild generation y » ou « insobriety » sur lesquels on regrette que le mur de guitares se soit fissuré.

Et dans tout ça, après avoir bien re-brassé deux des groupes grunge féminins américains les plus influents (pas de référence aux Babes In Toyland même si on pourrait…), on découvre que Disagony est un groupe suisse. Putain ces Suisses sont vraiment retors en musique ces dernières années ! Je passe sur les Nostromo, Favez et compagnie mais je pense à Archers and Arrows, Hathors et j’en oublie certainement un bon nombre. L’air helvétique  semble être bien chargé en ce moment ce qui nous permet d’avoir des voisins qui s’éclatent pas mal.

Et dans tout ça Venom Dish, le premier album de Disagony, qui s’est réfugié dans une jolie pochette avec une femme nue (est-ce la chanteuse ?) est un bel album que je prends plaisir à écouter et que je réécouterai encore dans plusieurs mois avec autant de plaisir je pense. Amenant son lot de nostalgie et de mélancolie tout en permettant un bon lâchage de chiens.

Mon titre préféré: forever fool
 





mercredi 27 novembre 2013

No Guts No Glory – Yes, we have partying skills





No Guts No Glory – Yes, we have partying skills
Delete your favorite records
9/10
Autant le dire dès le début et mettre fin à tout suspens : ce nouvel album des Valençois est un sacré opus. Pour ceux qui comme moi connaissent très peu ou pas NGNG, il s’agit d’un quatuor de Valence, la patrie des Uncommonmenfrommars. Le groupe s’est formé en 2004, il y a donc près de  10 ans et ses membres font aussi  (ou faisaient)  partie d’Annita Babyface and the tasty poneys, Owen Temple Quartet et Horro Vacui. Je ne connais pas les deux derniers hélas. Toujours est-il que le groupe a déjà sorti deux albums auparavant à coté desquels je suis passé à coté…
Yes, we have partying skills se présente dans un joli artwork façon carton qui dégage une grosse sobriété.  Coté musique, le fun annoncé dans le titre, se ressent très rapidement avec un punkrock oldschool qui me fait très rapidement penser aux excellent tourangeaux de Daily Mind Distorsion. Le groupe ne se prend pas la tête et se fait plaisir à jouer, ça se sent et surtout ça s’entend comme dans des titres comme Riot girls ou All Hail Leo Taxi qui déchirent vraiment. Certains titres me rappellent aussi la furie de Madjive comme About Beauty. A noter que les deux références que je cite font partie de mes albums préférés de ces dernières années.

No guts No Glory est une vraie révélation pour moi avec un punkrock simple, j’adore leurs plans et leur son un peu cradingue qui sent bon le garage. Et puis surtout cet album sent le live, rien qu’en écoutant on imagine les gars sur scène, dans un petit rade qui sent bon la transpi et la bière renversée.  Le vrai goût de cette musique… ce qui me fait l’aimer ! J’espère qu’une bonne tournée dans tous les coins de France va suivre histoire de croiser les gars. On Verra Bien, comme le dit le tatouage pris en photo sur le dos du disque.