dimanche 21 décembre 2025
jeudi 18 décembre 2025
CARNAGE PIKNIK – Love Loving [EP]
CARNAGE
PIKNIK – Love Loving [EP]
Reverse
Tapes
Cela fait du
bien d’entendre émerger de nouveaux groupes du Mans. Après Powell, No
Time To Lose et Turbo Panda, la barre était haute, et depuis mon
départ de la Sarthe il y a près de 20 ans, j’avoue avoir un peu perdu de vue la
scène mancelle. Alors quand Carnage
Piknik débarque, avec une amitié affichée avec Rest Up,
impossible de ne pas ressentir un pincement au cœur et l’envie d’écouter
attentivement ce second EP, Love Loving.
Le groupe,
encore jeune, apporte une fraîcheur revigorante et une palette sonore variée,
comme en témoigne Punk is love,
morceau à la fois aérien, ethnique, et osons le mot, chamanique. Un choix
audacieux pour un EP de noise-rock, mais qui paie. On retrouve des échos de
Rest Up, notamment dans Signing Session
et ses sonorités brutes. Le chant d’Eve, bien que lointain, séduit
par sa douceur et sa répétition hypnotique, rendant le titre obsédant. 6AM, qui ouvre l’EP, regorge de
trouvailles subtiles et évite soigneusement les clichés. « Self/Crowd » reprend une structure
similaire, en misant davantage sur les distorsions. Enfin, « Pink Machine » synthétise le tout : une
première partie post-rock, aérienne, qui bascule vers une seconde moitié plus
rugueuse et nerveuse. Un morceau captivant, dont on imagine aisément la
puissance en live. D’ailleurs Angers n’est pas si loin du Mans…
Au-delà de
la musique, Carnage Piknik porte un message fort : l’amour comme
résistance dans un monde peu enclin à l’optimisme. L’artwork, sobre et épuré,
renforce cette identité : minimaliste, mais marqué.
En
résumé, Carnage Piknik est un jeune groupe prometteur, au son brut et sans
concession. Ils
fuient les sentiers battus pour explorer, tâtonner, et c’est précisément ce qui
les rend attachants. Certaines maladresses subsistent, mais le talent
est indéniable — et l’avenir leur sourit.
J. NeWSovski
https://www.facebook.com/profile.php?id=61550577914352#
https://reversetapes.bandcamp.com/album/love-loving
dimanche 14 décembre 2025
FRAGILE – Big big smile
FRAGILE –
Big big smile
Le Cèpe
Records
Cette année,
à nouveau, la scène angevine nous offre de belles pépites. A peine un mois après
la sortie de l’excellent Real Sensations, le coup d’éclat des
jeunes prodiges de Rest Up, voilà qu’arrive le premier véritable album
de FRAGILE. Sur le même label que son cadet, le Cèpe Records. Fragile
quitte donc le confort quasi-familial de Nineteen Something pour s’émanciper.
Et force est de constater que le jeune groupe angevin n’a pas pris les choses à
la légère car tout y est calculé, mesuré et réfléchi. Pour couper court à cette
chronique je pourrais tout de suite dire que Big Big Smile est
tout simplement l’un des tout meilleurs albums sortis cette année, l’un des
plus aboutis. Et ce en toute objectivité.
La
présentation sera assez courte, on connait l’histoire, le groupe s’est formé
pendant le confinement. Les cinq jouaient dans d’autres groupes : Wild
Fox, Scuffles, LANE, Dog for friends. Ils montent le
groupe pour se faire plaisir et jouer ensemble. Pour tourner ils enregistrent
un mini album qui va se révéler être la surprise de l’année et leur ouvrir
toutes les portes des salles de France. Et c’est sur scène, encore plus, que le
groupe se forge une belle réputation.
Pour lui
donner une suite le groupe angevin s’est attaché les services de Camille
Belin, chanteur guitariste de Daria que l’on retrouve aussi derrière
les fûts de Do Not Machine et LANE. Ce dernier sortait de la
réalisation de Fall Not l’excellent dernier album de Daria et on
lui doit aussi le premier album de The Flickers. Amoureux d’Angers,
le groupe s’est enfermé dans les studios du Chabada pour enregistrer ses
dix titres.
L’artwork a
été confié à Éloïse Rabaté dans un style qui rappelle Edward Hopper,
c’est joli et feutré. Tout comme la belle et longue introduction (The Lowdown),
sorte de nuage vaporeux que l’on traverse pour découvrir l’album avec Santander, mélange de punkrock et d’émo
hardcore façon Touché Amoré ou La Dispute. Le
quintet amène une vraie touche mélodique, un peu pop, bien sentie. Celebrate est aussi un tube en puissance
qui se joue des styles, très dansant, il permet de mettre en avant l’évolution dans
le chant de Baptiste qui ne s’arrache plus la voix comme sur about
going home, il a su trouver un juste équilibre entre puissance et
mélodie. Cela se ressent aussi fortement sur Little
Things, l’un des morceaux les
plus touchants de l’album. Un autre grand tube de Big Big Smile
est A reason Why, subtil jeu
entre mélodies pop et sonorités punk-noise. Mais pour moi le meilleur morceau
reste Wallflower, déjà joué
sur scène depuis dès mois, il révélait une efficacité impressionnante. Avec son
intro chanté par Josic, il met en avant la touche Fragile :
mélodies imparables, puissance sur le refrain avec des phrases fédératrices. C’est
pour moi leur morceau le plus représentatif, peut-être aussi le plus abouti et,
sur scène, le plus intense assurément.
On notera
aussi Tiny Ghosts and
disco lights et afterglow,
tous deux très bons et puissants dans l’intensité. Puis l’album se referme sur Wide Awake, douce ballade acoustique, osée
mais pertinente.
FRAGILE
ne fait pas que confirmer ses promesses mais s’impose désormais comme un incontournable.
Big Big Smileest un album réfléchi avec une belle petite collection de tubes d’émo-post-hardcore.
Un album à écouter en boucle et savourer sur scène.
J. NeWSovski
https://fragileangers.bandcamp.com/album/big-big-smile
https://www.facebook.com/fragileangers
mercredi 10 décembre 2025
UNTITLED WITH DRUMS – Symbols [EP]
UNTITLED
WITH DRUMS – Symbols [EP]
Juggernoise
/ Atypeek Music / Araki Records / MA Saret Records / Stellar Frequencies
Untitled With
Drums est enfin de
retour après l’album Hollow sorti juste avant le
confinement. Cinq longues années durant lesquelles on a tout de même pu croiser
le groupe en première partie des Deftones en 2002, puis l’année d’après
au DesertFest de Londres. Deux très belles dates.
Ce court EP
de 4 titres était seulement destiné à être distribué en version numérique via Juggernoise
(leur propre structure) mais quelques labels se sont associés pour nous l’offrir
en CD (Araki Records et MA Saret Records) et en cassette (Stellar
Frequencies).
Candle ouvre le bal avec un mur de guitare qui pourrait faire penser à Watertank.
Le chant est très plaisant et le groupe pose de belles mélodies sur son refrain.
Malgré la lourdeur des riffs le morceau dégage un aspect aérien intéressant,
des restes de leurs précédents productions davantage tournées post-rock. Un
côté que Obsolete va
entretenir sur son introduction, puis le groupe de Clermont déroule un peu à la
manière de Rival Schools balançant quelques passages hyper bien sentis « Now
everybody noticed we’re going on repeat » totalement accrocheurs et
addictifs. Power est nerveux
et direct, il dégage une belle puissance qui cette fois ci me rappelle le
dernier album de Jack And The Bearded Fishermen. Far termine l’EP en développant davantage
le côté mélodique que ce soit dans la musique mais aussi sur le chant qui monte
haut sur son final, ce qui est assez rare dans ce style de musique.
A noter que
les quatre titres ont été enregistrés par Alex Hourvari à la Voûte
et masterisés par l’inévitable Alan Douches auquel on doit notamment des
albums des Deftones et autres Cave-In.
Belle
surprise que ce nouvel EP d’Untitled With Drums que je croyais en pause. Un peu
court mais il laisse la porte ouverte à un futur album qui sera à n’en pas
douter tout aussi excellent.
J. NeWSovski
https://untitledwithdrums.bandcamp.com/album/symbols
https://www.facebook.com/untitledwithdrums/
samedi 6 décembre 2025
JACK AND THE BEARDED FISHERMEN – Naked
JACK AND
THE BEARDED FISHERMEN – Naked
Twenty
Something
Vingt ans de
carrière, cinq albums, et toujours cette impression que Jack And The Bearded Fishermen n’a
pas fini de nous surprendre. Avec Naked, le groupe
bisontin signe peut-être son chef-d’œuvre, un équilibre parfait entre puissance
noise et délicatesse post-rock. Après le magistral Playful Winds,
qui avait marqué son grand retour et qui s’est imposé comme l’un des meilleurs
opus de 2022, Naked confirme et le dépasse même : les
guitares sont encore plus massives, les mélodies plus envoûtantes, et la
production encore plus aboutie.
Memory, qui démarre ce nouvel opus, s’inscrit directement dans la continuité
avec un son lourd et des mélodies subtiles. Les guitares arrivent par vagues,
telles des murs, elles amènent une pression constante et les deux voix, légèrement
en retrait, servent efficacement l’ensemble. La lourdeur est encore plus
présente sur This Grey qui me
fait curieusement penser à From Mars To Sirius de Gojira.
La rythmique, puissante sans être brutale, fonctionne comme un rouleau
compresseur, et l’ajout de trois guitares, plutôt que de surcharger le son, en
renforce la profondeur et l’impact. Le groupe de Besançon invite les Nantais de
Watertank à partager le morceau Melt
Into Oddity, ce qui n’est pas une énorme surprise car j’avais pu
voir les deux tourner ensemble l’année dernière et leur entente sautait aux
yeux. Ce morceau est un petit bijou de post-rock.
On peut parler
de l’aspect aérien du groupe notamment sur Drones
qui se révèle envoûtant à souhait, il prend son temps pour imprégner ses
mélodies. Le quintet fait preuve d’une belle maîtrise du song-writing sur The Cave
dont le refrain reste ancré en tête avec et Summit
Glow immersif à souhait avec
ce refrain très Gojiraiesque une nouvelle fois. Deux interludes (Naked I et Naked
II) viennent casser la dynamique,
aérer l’album et c’est assez intéressant pour éviter le côté trop linéaire et
massif de l’ensemble.
On parle
aussi rapidement du très bel artwork, un côté esthétique que le groupe maîtrise
bien car toutes leurs productions sont délicates et réussies.
Naked
est un
joli coup de maître car il arrive, selon moi, à faire encore mieux que son
prédécesseur. Cette fusion entre riffs lourds et mélodies léchées forme une
magnifique alchimie et place clairement Jack ATBF comme l’un des groupes les
plus passionnants de la scène actuelle. Clairement l’un des albums de l’année.
J. NeWSovski
https://www.facebook.com/jackandthebeardedfishermen1/
https://jackandthebeardedfishermen.bandcamp.com/album/naked
mercredi 3 décembre 2025
WAVEPOOL - Crayola [EP]
WAVEPOOL
- Crayola [EP]
Howlin
Banana
On ne
présente plus le label indie HOWLIN BANANA et son impeccable catalogue :
TH DA FREAK, JOHNNIE CARWASH, JOHNNY MAFIA...
Dernière pépite en date dégotée par le label francilien, le quintet rouennais WAVEPOOL.
Actif depuis 2024, cette joyeuse bande pourrait s'imposer comme l’une des
révélations les plus prometteuses de la scène indie hexagonale. Leur premier EP
"Crayola" aux accents shoegaze, dream-pop et
indie-rock est en tout cas une réussite.
Les Normands
déploient tout au long de ces six titres un sens de la mélodie hors pair. Le
morceau d'ouverture "Blue
Moon" pose le ton. Rythme
mid-tempo, harmonies vocales, ligne de basse accrocheuse, alternance de
guitares cristallines ou nerveuses, refrain imparable. Bref, la bande-son
parfaite pour une virée en voiture, les vitres ouvertes en fin d'été. Ambiance
plus automnale et mélancolique sur le délicat "Assumptions". Mention spéciale sur ce
titre au chant féminin très classe et à l'utilisation inspirée d'un clavier
vintage. Une voix nous invite à la plus grande attention sur "Blurry World",
pépite indie-pop dont le gimmick de synthé fait des étincelles. Le chant
vaporeux peut faire penser notamment à MELODY'S ECHO CHAMBER. Plus shoegaze,
"Tiny Cowboy" évoque lui le meilleur des
COCTEAU TWINS. Ce titre, porté par sa rythmique chaloupée, installe une
atmosphère presque hypnotique. "Shell"
très minimaliste et doux dans sa première moitié monte subitement en pression
pour un final plus bruitiste à la SLOWDIVE. L'EP des cinq Normands touche déjà
à sa fin avec "In Thrall" qui laisse plus de place en
chant masculin. Un titre plus tonique qui introduit une diversité musicale
intéressante pour le combo rouennais.
Bénéficiant
d'une production de qualité, "Crayola" est une belle promesse
shoegaze / dream-pop. Avec son goût pour la langueur mélancolique et sa
maitrise des contrastes entre saturation et douceur WAVEPOOL est promis à un
avenir radieux.
Mr Caribou
Titre préféré : Tiny
Cowboy
https://wavepoolfr.bandcamp.com/album/crayola
https://www.instagram.com/wavepool.band
mardi 2 décembre 2025
CROOKED MINDS – The hurricane Sessions [EP]
CROOKED
MINDS – The hurricane Sessions [EP]
Tsukune
Label
Après Off
The Planet (2023), un premier album aussi court que percutant (7 titres en
26 minutes), Crooked Minds revient avec The Hurricane
Sessions, un EP de trois morceaux qui confirme leur talent pour
distiller un rock énergique et sans compromis. Trois titres, trois ambiances.
D’emblée Big Pig
frappe fort avec une rythmique très rock’n’roll et des faux airs de Clutch
sur son refrain. Ça joue vite et c’est hyper entraînant, bien gras comme il
faut ! Blast ne ralentit
pas vraiment le rythme mais ajoute un côté mélodique, un peu grunge façon Therapy?,
le jeu de la basse est très bon et les mélodies y sont bien posées. J’aime bien
le chant qui est puissant.
Hurricane transpire le désert rock à la Kyuss, avec de longues
boucles enivrantes, la guitare est joueuse, et c’est un stoner cool, vraiment
plaisant, qui me rappelle aussi quelque part certains morceaux du dernier album
des Rochelais de Walnut Grove DC.
Ce
court Ep permet de découvrir un groupe Nazairien bien emballant et énergique.
Il rappelle de nombreuses références élogieuses sans jamais tomber dans la
copie. Une chose est sûre : ce groupe est taillé pour la scène. A
découvrir en concert donc et à écouter en boucle en attendant !
J. NeWSovski







