Carnage Piknik, ou l’énergie brute
d’une jeunesse qui assume ses racines et ses rêves. À peine 18-19 ans, ces
trois-là, Eve, Hélio et Milan, ont transformé leur passion précoce pour la
musique en un projet radical. Entre influences noise, rencontres déterminantes
et une vision de l’amour comme arme politique, leur deuxième EP Love
Loving incarne une maturité artistique qui défie les attentes.
Rencontre avec le trio lors de leur passage au Chabada (Angers) lors du
tremplin pour le Printemps de Bourges.
Bonjour Carnage Piknik, je voulais que vous me parliez
de l'origine du groupe, quand avez-vous commencé, de quelle façon vous êtes-vous
rencontrés ?
Hélio (guitare, chant) : Je pense
que plus on a joué ensemble, plus on a eu envie de développer le projet. C'est
une passion qui s'est un peu révélée avec l'expérience, j’ai senti que ça me
procurait des émotions que je n’arrivais pas à toucher d’une autre manière et
du coup c'était hyper plaisant.
On a pu bénéficier aussi d'accompagnement, à l'époque on avait fait
TDM dans les débuts du groupe, peu après la rencontre avec Eve, ça nous a
permis un peu de nous trouver musicalement, et de comprendre qu'on avait en la
capacité et la possibilité de créer des trucs qui nous plaisent et qu'on aurait
envie.
En fait vous êtes hyper jeunes, quel âge avez-vous
exactement ?
C’est quand même un style qui est assez particulier,
qu'est-ce qui vous a influencés pour, dès le début, jouer ce genre de musique ?
Hélio : Au début on était très Psychotic Monks on jurait que par
eux, et ça nous a porté un peu de préjudice, parce ce que ça ressemblait trop.
Mais en même temps quand on est jeune c'est normal que notre musique ressemble
à quelque chose, ensuite ça a changé un peu. GILLA BAND
un peu aussi, mais ça gravite toujours autour, puisqu'ils travaillent ensemble.
Récemment c'est les groupes de notre label REVERSE
TAPES, où comme on les
côtoie, forcément on s'inspire un peu de la musique qu'ils font. Donc les STUFFED FOXES aussi forcément restent une grande source
d'inspiration, et LOW RENT HOUSING
aussi.
Au tout départ c'est venu de quoi, de votre cercle, ou
des parents ?
Hélio : On a tous été biberonnés à la musique toute
notre vie, je pense que chez chacun et chacune d'entre nous il y avait toujours
un disque qui tournait, la musique fait partie de notre évolution, moi j'ai été
grave biberonné à Sonic Youth
donc ce sont des sonorités qui sont évidentes. Pour beaucoup ça ne paraît pas
logique de commencer la musique par ça, mais c'est l'inverse qui serait dur
pour moi en fait, je n'aurais jamais les capacités de composer un morceau tout
propre, par là où la plupart des groupes auraient pu commencer. Donc c'est un
peu la suite logique de tout ce que j'ai été amené à écouter dans mon enfance.
Mon père organise un festival, donc j'ai toujours été dans le milieu
associatif, voir des concerts, assister à des balances, la mère de Milan est
prof dans une école de musique…
Milan : l'Elastica
Music, qui nous aide
vachement aussi d'ailleurs dans plein de trucs de prod et d'accompagnement. C'est
vrai qu'on a tous les trois été un peu « forcés » de faire de la
musique. Un jour d'ailleurs avec Hélio on s'est dit que ce serait trop con de
ne pas tenter quelque chose. On est un peu des Nepo Baby finalement, même Eve
elle a une culture de toute la musique anglaise qui est assez folle.
Eve : C'est logique quand on grandit avec des
choses comme ça, de continuer à écouter, c'est vrai que l'inverse serait
étonnant. Après quand on est ado on a toujours la petite phase où on se
rebelle, où on écoute des trucs différents. Je sais que j'écoute des trucs qui
leur font saigner les oreilles, mais il y a toujours un point d'accroche.
Là, vous avez sorti votre deuxième EP, il s'appelle Love
Loving, où a-t-il été enregistré en fait ?
Hélio : Thomas
a fait le mastering du premier EP, donc on avait déjà eu une première
expérience de travail avec lui. A l’époque c'était un peu au hasard, on ne
connaissait pas énormément son travail, ou tout du moins, on connaissait son
travail, mais sans savoir que c'était lui. Et quand on a fait le lien, on est
déjà fan de lui sans le savoir alors pourquoi ne pas tenter, on avait que des
bons échos, on trouvait qu'il faisait du super taf, et on avait confiance aussi
dans sa capacité de comprendre notre musique, et réussir à la retranscrire sur
un disque, ce qui n'est pas simple pour une musique qui est autant vouée au
live que la nôtre.
Sur ce deuxième EP, est-ce qu'il y a un truc commun sur
tous les morceaux ?
Milan : Je pense que c'est la volonté de parler de l'amour comme une force politique, aujourd'hui on trouve ça essentiel. Notre musique est liée à un univers assez sombre, et globalement je trouve que le punk, aujourd'hui, change un peu de place dans la société. Il passe d'un truc très no future, à quelque chose comme prôner l'amour comme force de résistance, parce que c'est pile dans ce créneau là. L'amour manque de place dans le monde aujourd'hui, et du coup je crois que c'était hyper important pour nous de le crier haut et fort. Cet EP transpire pas mal l'amour, et puis aussi la radicalité, on était à un point de rupture, entre ce qu'on faisait avant où il y avait pas mal de fioritures : le premier EP est très produit, très réfléchi.
Pour revenir à l’EP, comment s’est cousu le lien avec
Reverse Tapes ?
De quels groupes du Mans êtes-vous proches ?
Hélio : il y a beaucoup plus de groupes de
Metal, d'Hardcore, c'est une scène qu'on connait peu, et qu'on consomme peu,
donc ce n'est pas vraiment des gens avec qui on évolue, même si on regarde, et
qu'on trouve ça chouette, qu'il y ait une telle vivacité dans leur organisation.
La seule personne dont on est vraiment proche, et qui a un projet qui sort du
Mans, c'est Teenage Bed, mais qui a un projet
radicalement différent du nôtre, puisque c'est un truc de folk, et c'est
génial, je conseille à toute personne, d'écouter ce qu'il fait, mais c'est un
peu la seule personne du Mans, qui a un projet, et avec qui on est proche.
Vous jouez souvent sur le Mans ? Parce qu'il y a l’air
d’avoir pas mal de lieux ?
Eve : Oui, justement, on les a tous faits.
Hélio : C'est pour ça que ça rend chaque concert
génial quand on joue au Mans, parce qu’on a une vraie fanbase, et qui commence
un peu à nous échapper, dans le sens où avant, il y avait beaucoup de gens
dedans qu'on connaissait, c'est notre entourage. Et là où je suis assez fier de
ce qu'on a réussi à faire, c'est qu'on a réussi à rassembler plein d'univers,
de voir des têtes de gens qu'on ne voit pas du tout, qui se ramènent à nos
concerts, et qui connaissent à fond ce qu'on fait. Par exemple, notre release
party, c'était hyper beau, parce qu'il y avait une majorité de gens qu'on ne
connaissait pas, qu'on n'avait jamais vus, alors qu'on traîne dans tous les
concerts du Mans. On est contents de réussir à raviver une petite flamme noise,
mais on essaye de moins y jouer maintenant, pour que quand on y joue, ce soit
vraiment des chouettes. J'ai envie que tout le monde aille venir aussi, parce
que ça va être une chouette soirée, au-delà du fait qu'on joue et qu'on va
s'amuser, il y a MadMadMad,
et Heavy Lungs, deux projets qui vont être
trop bien, et nous, on est hyper heureux de partager la scène avec eux, le 7
mars.
Ce soir vous jouez avec Rest Up avec qui vous êtes
proches, c’est bien ça ?
Milan : C'est vraiment nos super potes. On a une
histoire avec le guitariste qui s'appelle Simon,
qui était le guitariste aussi d'un autre groupe dans lequel mon frère a joué,
qui s'appelait Still,
aussi sur Le Mans, qui s'est malheureusement éteint, comme groupe, mais qui a
vraiment percé, c'était génial ! Avec Simon,
on avait déjà un petit passif musical parce qu'à tous les concerts de Still, on était devant à crier
toutes les paroles.
Hélio : En un sens, Simon a fait partie du fait qu'on fasse de la musique
aujourd'hui, par ce groupe et par ton frère aussi.
Milan : mon frère m'a vachement motivé dans ce
truc-là, c'était vraiment des motivateurs. Aujourd'hui, on s'est rejoints un
peu avec Rest Up, on fait quelques dates
ensemble, ils nous ont invités pour leur release à Paris, à la Mécanique ondulatoire. On se suit
sur plein de points, c'est vraiment génial de se retrouver autant.
Hélio : d’un regard national, les gens ont
l'impression qu'on est deux groupes de jeunes qui tapent dans un créneau où il
n'y a pas beaucoup de groupes de jeunes. Les gens nous allient dans leur vision
du truc. On se retrouve à faire de plus en plus de choses avec eux, c'est un
peu les grands frères, quoi.



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