mercredi 18 février 2026

VULGAIRES MACHINS – Contempler l’abîme

 


VULGAIRES MACHINS – Contempler l’abîme

Kicking Records

 

Il y a un an, je me plongeais avec délice dans le livre consacré aux Vulgaires Machins, retraçant l’histoire du groupe punk rock le plus emblématique du Québec. L’arrivée, fin 2025, de ce nouvel album m’offre une autre perspective pour (re)découvrir leur univers.

Et c’est avec le somptueux Terminé le fun que démarre ce 9ème album. Un texte alarmiste à l’ambiance pesante qui s’attaque au consumérisme, un thème central des paroles des Québécois. Oser lancer un nouvel opus avec un morceau aussi long, atypique et audacieux relève du pari risqué. Pourtant je dois avouer que j’aime énormément. Et puis quand la guitare arrive, l’intensité se décuple. C’est vraiment original et percutant. Le second titre est sans hésiter mon coup de cœur : Om Mani Padme Hum. Textes et musique s’y entremêlent à la perfection pour offrir l’un des morceaux qui incarne l’essence même du quatuor. De la même manière Me Croire Seul à Me Croire Inutile est un morceau poignant, avec un refrain puissant où les deux voix s’harmonisent parfaitement, c’est vraiment très joli. Un texte poétique sur une rythmique soutenue.

Libérer la foudre figure aussi parmi morceaux marquants, la rythmique en mid-tempo vient mettre en avant un superbe texte qui est sublimé par l’accompagnement de l’orchestre symphonique de Budapest. Il confère à ce morceau un caractère grave et grandiose.

Les Vulgaires Machins révèlent une facette plus pop (il faut se jeter à l’eau ; lorsque je m’arrête) s’éloignant du punkrock. Deux morceaux chantés par Marie-Eve qui est en lead vocal sur beaucoup de morceaux sur cet album, ce qui est une bonne chose.

Faire Sécession avec son intro rappelant The Decline de NoFX s’impose comme l’un des morceaux les plus punks de l’album.

Certains titres m’ont moins convaincu, comme Travail à la chaîne, à la tonalité trop légère sur ses couplets. J’apprécie en revanche la tension qui monte sur l’effondrement qui vient, j’aime beaucoup son refrain aussi. Cette fois ci le chant est partagé à trois avec le featuring de Jenny Salgado, rappeuse Québécoise du groupe Muzion. Malgré son texte incisif On lâche pas la gagne, on continue !, ne m’accroche qu’en partie.

Petit point sur la jolie photo qui sert de pochette à l’album qui sert de réflexion et de miroir au premier morceau : c’est terminé le fun ! Elle est efficace et c’est un excellent choix.

Ce nouvel album des Vulgaires Machins ne vous fera ni danser ni pogoter, mais il va nous faire réfléchir. Les Québécois s’affranchissent des codes qui régissent le style et nous offre un très bel album atypique, conscient et engagé.

J. NeWSovski

 

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