mardi 7 janvier 2014

Interview - Guerilla Poubelle

Rencontre avec Guerilla Poubelle lors de la tournée hivernale accompagnés par les anglais de Great Cynics qui faisaient escale dans ce bon vieux T’Es Rock Coco à Angers où les Wank 4 Peace, locaux énervés, sont aussi venus pousser la chansonnette. Entrevue au coin du comptoir avec TILL pour une courte interview en 6 questions.





1- Le line-up a pas mal changé ces dernières années et notamment entre Punk = Existentialisme et Amor Fati…
Ce qui c’est passé c’est qu’après le 2ème album on a changé de bassiste parce qu’à l’époque ça ne lui plaisait plus. Donc on a passé 4 ans avec un autre en faisant les concerts, on a enregistré le split avec Charly Fiasco, un 45t, des morceaux sur des compiles et une compile d’anciens morceaux ou de morceaux rares qui s’appelle Guerilla poubelle c’était mieux avant. Et là il y a un an et demi, le batteur Alex, qui était là depuis 2007, habitait à Lyon, nous à Paris, et avait un gamin en route, plus trop envie de jouer de la batterie. Il avait sa vie. Il nous a dit qu’il voulait arrêter après tel concert et puis ça s’est goupillé que le bassiste n’avait plus les mêmes motivations. Les deux se sont cassés au même moment. Je me suis retrouvé tout seul, j’avais quand même recruté Paul le batteur auparavant  et du coup on a repris avec un nouveau bassiste et on s’est posé la question de savoir si on changeait de nom. Comme ça tout change d’un coup. C’est comme si je faisais un groupe avec 2 autres gars. D’une part je trouvais ça dommage de ne pas profiter de tout le travail qui avait été fait. En plus il me restait du merch à la maison ! (rires).  Ce qu’on s’est dit c’est que moi j’avais envie de faire la même chose comme musique. Les chansons sont les mêmes, ça se voit, les nouveaux morceaux restent du Guerilla Poubelle. Si on avait changé de nom tout le monde aurait râlé. Et inversement en ne changeant pas de nom on pensait que les gens allaient râler. Et en fait non, je pense qu’on a bien fait de garder le nom, de garder la « franchise ». Et puis au final ça a toujours été moi qui écrivais tout, qui composais, j’amène aussi le livret, l’artwork... Et puis c’est plus assumé maintenant que c’est Till qui fait Guerilla avec les gars.


2- Maladroit a pris une grosse part ces derniers temps, j’ai comme l’impression que c’est devenu plus qu’un side project au point de menacer Guerilla Poubelle.
On avait juste envie de faire un groupe avec Olivier de Dead Pop Club, de chanter à deux, de faire un truc un peu goofy. Nos groupes sont un peu premier degré du coup on voulait un truc un peu plus léger, un peu plus fun et avec deux guitares, parce qu’on a jamais eu de groupe avec deux guitares. Après on a pas mal changé de membres, on a eu 2 batteurs, 4 bassistes. On a fait quatre 45t, un album et là on a un split qui sort à la Saint Valentin avec un groupe Italien qui s’appelle Teenage Bubblegums. Le fait que Guerilla Poubelle soit au ralenti avec Alex qui était à Lyon, qui allait avoir un gamin, et puis on avait un peu tout écumé et parfois c’est bien de laisser respirer les gens ! (rires). Du coup c’était l’occaz d’y aller à fond. Maladroit, l’année dernière, on a fait 70 concerts, aux Etat-Unis, Canada, Allemagne, pas mal en Europe.
Après ça ne nous a pas trop échappé, ça reste pour le fun. Guerilla aussi c’est pour le fun bien entendu ! Ça reste comme on a envie que ce soit. Et là cette année Guerilla Poubelle a repris, on a un peu mis de coté Maladroit. Ça permet de composer, là on a enregistré cinq morceaux, il y en a deux sur le split et peut être un album pour l’année prochaine.

3- Venons-en à Amor Fati, où et par qui a-t-il été enregistré ?
On l’a enregistré dans le nord de la France, dans la campagne près de Cambray avec un gars qui s’appelle Romain et qui joue dans Over The Stars de Lille. Il a son petit studio et il fait des prods vraiment cools. On a fait toutes les prises de son dans son petit studio, le SOFA studio, c’est pas connu mais c’est très confortable, vraiment sympa et on a terminé directement chez lui, en home-studio par les petits arrangements, les chants…
Après c’est mon père qui a mixé, c’est lui qui avait déjà mixé les deux premiers et presque tout le reste. Ça permet d’avoir une continuité dans le son de Guerilla Poubelle. On a gardé quelques titres de coté que Romain a mixé de son coté, et le son n’a rien à voir : le son est plus moderne, plus actuel avec des batteries. Et après c’est Alex, l’ancien batteur, qui a fait le mastering.

Je n’avais jamais fait attention que c’était ton père qui mixait…
Oui, il fait ça en home-studio. Il a aussi fait Charly Fiasco, Dolorès Riposte





4- Au niveau des textes quels thèmes explores-tu ?
Ce qui m’a inspiré, c’est ce qui se passe dans ma vie. Le premier album de Guerilla Poubelle j’avais 20 ans et maintenant j’en ai 30 donc ce n’est pas les mêmes problématiques évidemment. Après c’est difficile d’en parler comme ça. Je ne me dis pas tiens je vais faire une chanson sur les policiers, une sur les fachos… C’est pas didactique comme ça. Ça reste assez vague, il n’y a pas forcément de thème.

Pourtant sur des titres comme Seul au pluriel il y a un thème…
Ça parle du fait d’être beaucoup en tournée, de ne pas être souvent chez toi et quand tu rentres tu n’as plus de potes parce que les gens ils font leur vie, leurs soirées. Et tut te retrouves un samedi soir chez toi et on t’a rien proposé et tu vois sur Internet que les autres sont partis faire la fête et tu te retrouves tout seul avec ta meuf.
Ça parle des potes qui déménagent loin. Je me suis retrouvé en un an avec tous les gens proches de moi qui ont déménagé à Berlin, Toronto, Nantes. Tu te sens un peu largué. Et puis d’autres gens un peu proches à qui tu faisais confiance et qui se retrouvent à faire de la merde. Des amitiés pourries.

Le dernier morceau Prévert, Kosma, Paris est un morceau assez singulier…
C’est Fickse, le batteur de Justin(e), qui a chanté aussi dans Mon Autre Groupe, qui a été batteur de Maladroit, qui chante aussi dans Poésie Zéro et qui vient d’écrire un livre qui s’appelle Un Hiver à Paris, qui l’a écrit. J’ai toujours voulu écrire une chanson sur Paris, je suis parisien, j’ai toujours vécu à Paris et c’est compliqué de trouver l’approche. J’ai toujours commencé à écrire des trucs  sans jamais réussir à finaliser une chanson.
J’avais envie d’écrire qu’il écrive une chanson pour Guerilla et du coup je me suis dit que ce serait un thème qui lui parlerait et qu’on retrouve au final aussi dans le bouquin.
Il a fait le texte et moi la musique. Comme il l’a écrit c’était un peu en ternaire, un peu sur un mouvement différent. Moi je l’ai ressenti comme ça en lisant le texte. Du coup on est parti sur ça. C’était un peu osé, parce qu’elle ne ressemble pas trop à ce qu’on fait. Mais je trouve que ça s’intègre pas mal. Le fait qu’elle soit en dernier avec une fin grandiloquente y fait aussi. Ça fonctionne comme dernier morceau et c’est sûr qu’on ne l’aurait pas mise au milieu.

5- Il y a encore du ska… euh pardon du reggae !
Il y a toujours eu du reggae. Moi j’adore le reggae. Les albums des burning… ça a toujours été notre culture. Je t’avouerai que le morceau de cet album Présent composé le bassiste déteste ça donc c’est moi qui ai fait les parties basses…

Guerilla Poubelle par Karine Jacques


6- Comment tu crées la set-list pour un concert ?

En fait on a une base. On sait quels morceaux on peut jouer. On répète que tant de morceaux et puis après chaque soir on ne fait pas vraiment le même set. Sur cette tournée on a un bassiste qui remplace Jimmy, donc c’est Antho des Nina’School et comme il remplace il ne va pas apprendre tous les morceaux. On fait donc des aiguillages. A un moment dans la set-list  on peut aller par là ou par là, ce ne sont pas les mêmes morceaux mais ça se rejoint à la fin. C’est une sorte de jeu de piste. On ne joue pas les mêmes morceaux tous les soirs parce que ça nous ferait chier. En jouant on se regarde, on se dit on saute celle-là … c’est suivant l’ambiance. On n’a pas un truc super rodé avec toute la liste des enchaînements et les blagues déjà écrites. Ça reste du spontané.

Guerilla Poubelle par Karine Jacques

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