Cinq
années d’existence avec une soixantaine de sorties… DISPEAR avait des
choses à fêter durant ce weekend de mi-juin. La chose la plus compliquée a
certainement été de sélectionner les groupes pour venir souffler les bougies.
Initialement
prévu à Cap-Breton, le festival a dû revoir ses plans en raison de la fermeture
(temporaire) du Circus, un lieu emblématique de la scène alternative et
DIY locale. Il s’est donc déplacé à Bayonne, au Magneto. Une salle de
taille modeste mais à l’architecture superbe, nichée dans les remparts
historiques de la cité basque.
C’est
The SOBERS qui a l’honneur de débuter les hostilités. Affairés à
recueillir les propos des autres groupes, nous n’avons pu voir le set des
Marseillais mais une source aux oreilles affûtées nous a parlé d’un très bon
concert avec une voix rappelant Fat Mike et d’une très bonne tenue de scène. Je
connais le groupe sur album, leur punkrock est très bon, à priori sur scène
c’est la même !
BELLY
BUTTON
enchaîne. Je n’avais pas vu le duo Bordelais depuis 1996 au Festival Rock de
Fontenay Le Comte et je dois avouer que le souvenir que j’avais conservé
correspond à ce que le groupe est encore aujourd’hui. Après avoir splitté en
1998, le duo s’est reformé en 2015 et possède toujours le même son noise et la
même fraîcheur qui le caractérisait. Basse / Batterie ça fonctionne toujours
parfaitement, 13 titres, une petite heure et un drame évité avec ce pichet
d’eau renversé par Fredovitch sur ses pédales d’effets.
Place
ensuite aux locaux de KUMA NO MOTOR,
le groupe d’Iban, l’un des deux fondateurs de Dispear Records.
Sous des airs sérieux et posés, le trio basque envoie un hardcore punk qui tire
sur le crust avec une basse qui rappelle même par moments Motörhead. Le set est
éclatant de puissance, vraiment impressionnant, et par moment en termes de
posture je pense à Gojira. Une jolie claque sur scène !
THE PLAYMATICS est mon groupe coup de cœur de ces dernières années, j’adore leur côté fun et ensoleillé. En toute honnêteté, si le groupe était américain, il aurait certainement rempli le catalogue de LookOut ! Records avec un mix entre Teen Idols et les Dance Hall Crashers. J’avais hâte d’entendre leurs nouveaux morceaux et de découvrir ce que pouvait donner la présence d’un clavier dans le groupe. Je dois avouer que je n’ai pas été déçu même si le son a été très mal géré pour eux. Clairement on n’entendait pas Lisa sur les trois premiers morceaux et les retours ne semblaient pas assurés sur scène, bref des conditions difficiles. Mais le groupe a parfaitement assuré en envoyant proprement leurs tubes : Wasted Youth, Nasty Nasty, 23 summer Hit. Le clavier s’intègre bien aux anciens morceaux même s’il restait assez discret et aurait mérité d'être mieux placé sur scène. J’ai juste un petit regret : le morceau Handle The Truth, présent sur le nouvel album, qui est chanté avec Sabrina de Maria Tarey (non présente le vendredi) aurait pu permettre de faire venir un nouvel invité sur scène pour la remplacer (Gus, Iban ?).
BLACK
MANTRA
termine cette première journée. Les Bressuirais devaient ouvrir le festival
dans la première mouture du planning, mais c’est finalement une très bonne idée
de les avoir mis en fin de soirée. Effectivement leur énergie et leur style
atypique ont séduit le public qui s’est, hélas, clairsemé durant la soirée.
Mélangeant hardcore, punk et reggae, le groupe a régalé avec sa fraîcheur et sa
bonne humeur. Il a aussi joué son dernier EP, Slow Motion Apocalypse,
dans sa totalité en terminant le set par Skulls, la reprise des Misfits
reprise en chœur par le public. Grosse ambiance.
Une première soirée totalement réussie pour le label à la poire, qui a
permis de découvrir de nombreux groupes sur scène mais aussi et de rencontrer
un paquet de personnes hyper intéressantes. Un peu déçu par la carte des bières
au bar dommage que certaines brasseries locales ne soient pas disponibles (La
Superbe).
JOUR
2
En
cette journée de pré-canicule, on se prépare tranquillement avec quelques
interviews en fin d’après-midi. Puis TØCARD! Nous rappelle dans la fraîcheur de la
salle et démarre sur les chapeaux de roue avec un set rapide et énervé. Le
public arrive timidement mais se laisse prendre dans la vague d’énergie.
Harcore-punk-crust bien joué et très efficace avec Maël au chant que l’on
connait à travers The Sons Of O’Flaherty, Sordid Ship, Sparkrow…
The
DRUGSTERS
était le groupe que j’attendais le plus de ce festival. Milooz,
co-fondateur de Dispear, est à la basse, solide sur ses appuis, à mi-chemin
entre Dee Dee Ramone et Sven de NRA, tandis que Thomas nous gratifie de
sa superbe voix à la Milo Auckerman, Francis assure grave à la seconde
guitare tandis que Seb 7hate cartonne derrière. Son arrivée est un vrai
plus pour le groupe qui a énormément gagné en vitesse. Les tubes
s’enchaînent : Not Today, Stadium rock, Boomers
with Attitude est même joué deux fois. Sabrina de Maria Tarey,
habituée à monter faire des featurings donne de la voix sur une reprise
(mi-figue mi-raisin) de Straight Edge de Minor Threat. Grosse
performance, j’ai adoré.
MARIA TAREY, que j’avais croisé l’année dernière avec Wake The
Dead et les Playmatics, prend la suite pour un concert de punk hardcore
déchaîné. Efficace à souhait, Sabrina prend toute la scène et n’hésite pas non
plus à venir pogoter dans la fosse. Cette deuxième journée est clairement basée
sur l’énergie et, avec le groupe vannetais, on est bien servis !
Rancœur est une découverte pour moi. Cold-wave-Oï, sur le
papier, ça semble un mélange étrange mais c’est une jolie rencontre sur scène.
Derrière un look à la Rancid les gars balancent quelques morceaux
prenants : Suicide, Crève-cœur ou encore fatalité.
Une prestation qui m’a donné envie d’attaquer leurs albums !
Le
set le plus explosif reste celui de JETSEX.
Le groupe a de l’expérience et ça se sent. Miko, au chant, prend tout
l’espace et lâche les chiens : jetés de canettes avec ou sans la tête, une
bonne centaine d’aller-retours à travers la scène… Grosse débauche d’énergie. À
côté les trois autres ne sont pas en reste avec un Jimmy Jazz au niveau
ahurissant à la basse, il fait le show sans fioritures, bien accompagné par Arnaud
en rôle de métronome. Des titres issus du dernier album évidemment dont
l’efficace Down In The Rabbit Hole mais aussi des vieux morceaux comme Claudio
Chiapucci qui clôture leur set. La proximité d’Anglet oblige, le groupe
a ramené un surf et Miko a pu s’essayer au stage diving…
YOUTH
AVOIDERS
termine donc cet anniversaire. Le groupe parisien a sorti un nouvel album
récemment qui mettait fin à un hiatus de 8 ans. Sur scène, c’est rapide, très
rapide même. Le batteur est déchaîné et semble avoir encore accéléré le rythme.
Chris, au chant, prend bien l’espace. Sa voix caractéristique, en limite de
rupture, impressionne. Grosse prestation dans un salle devenue étuve.
On clôture donc ce festival sur une excellente deuxième journée. Six
groupes avec un fil conducteur basé sur la débauche d’énergie. Encore de belles
rencontres et plein d’anecdotes. Super weekend !





















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