jeudi 25 juin 2026

Live Report - DISPEAR FEST

 


Cinq années d’existence avec une soixantaine de sorties… DISPEAR avait des choses à fêter durant ce weekend de mi-juin. La chose la plus compliquée a certainement été de sélectionner les groupes pour venir souffler les bougies.

Initialement prévu à Cap-Breton, le festival a dû revoir ses plans en raison de la fermeture (temporaire) du Circus, un lieu emblématique de la scène alternative et DIY locale. Il s’est donc déplacé à Bayonne, au Magneto. Une salle de taille modeste mais à l’architecture superbe, nichée dans les remparts historiques de la cité basque.

 

C’est The SOBERS qui a l’honneur de débuter les hostilités. Affairés à recueillir les propos des autres groupes, nous n’avons pu voir le set des Marseillais mais une source aux oreilles affûtées nous a parlé d’un très bon concert avec une voix rappelant Fat Mike et d’une très bonne tenue de scène. Je connais le groupe sur album, leur punkrock est très bon, à priori sur scène c’est la même !

BELLY BUTTON enchaîne. Je n’avais pas vu le duo Bordelais depuis 1996 au Festival Rock de Fontenay Le Comte et je dois avouer que le souvenir que j’avais conservé correspond à ce que le groupe est encore aujourd’hui. Après avoir splitté en 1998, le duo s’est reformé en 2015 et possède toujours le même son noise et la même fraîcheur qui le caractérisait. Basse / Batterie ça fonctionne toujours parfaitement, 13 titres, une petite heure et un drame évité avec ce pichet d’eau renversé par Fredovitch sur ses pédales d’effets.




Place ensuite aux locaux de KUMA NO MOTOR, le groupe d’Iban, l’un des deux fondateurs de Dispear Records. Sous des airs sérieux et posés, le trio basque envoie un hardcore punk qui tire sur le crust avec une basse qui rappelle même par moments Motörhead. Le set est éclatant de puissance, vraiment impressionnant, et par moment en termes de posture je pense à Gojira. Une jolie claque sur scène !




THE PLAYMATICS est mon groupe coup de cœur de ces dernières années, j’adore leur côté fun et ensoleillé. En toute honnêteté, si le groupe était américain, il aurait certainement rempli le catalogue de LookOut ! Records avec un mix entre Teen Idols et les Dance Hall Crashers. J’avais hâte d’entendre leurs nouveaux morceaux et de découvrir ce que pouvait donner la présence d’un clavier dans le groupe. Je dois avouer que je n’ai pas été déçu même si le son a été très mal géré pour eux. Clairement on n’entendait pas Lisa sur les trois premiers morceaux et les retours ne semblaient pas assurés sur scène, bref des conditions difficiles. Mais le groupe a parfaitement assuré en envoyant proprement leurs tubes : Wasted Youth, Nasty Nasty, 23 summer Hit. Le clavier s’intègre bien aux anciens morceaux même s’il restait assez discret et aurait mérité d'être mieux placé sur scène. J’ai juste un petit regret : le morceau Handle The Truth, présent sur le nouvel album, qui est chanté avec Sabrina de Maria Tarey (non présente le vendredi) aurait pu permettre de faire venir un nouvel invité sur scène pour la remplacer (Gus, Iban ?).




BLACK MANTRA termine cette première journée. Les Bressuirais devaient ouvrir le festival dans la première mouture du planning, mais c’est finalement une très bonne idée de les avoir mis en fin de soirée. Effectivement leur énergie et leur style atypique ont séduit le public qui s’est, hélas, clairsemé durant la soirée. Mélangeant hardcore, punk et reggae, le groupe a régalé avec sa fraîcheur et sa bonne humeur. Il a aussi joué son dernier EP, Slow Motion Apocalypse, dans sa totalité en terminant le set par Skulls, la reprise des Misfits reprise en chœur par le public. Grosse ambiance.

 



Une première soirée totalement réussie pour le label à la poire, qui a permis de découvrir de nombreux groupes sur scène mais aussi et de rencontrer un paquet de personnes hyper intéressantes. Un peu déçu par la carte des bières au bar dommage que certaines brasseries locales ne soient pas disponibles (La Superbe).

 

JOUR 2

En cette journée de pré-canicule, on se prépare tranquillement avec quelques interviews en fin d’après-midi. Puis TØCARD! Nous rappelle dans la fraîcheur de la salle et démarre sur les chapeaux de roue avec un set rapide et énervé. Le public arrive timidement mais se laisse prendre dans la vague d’énergie. Harcore-punk-crust bien joué et très efficace avec Maël au chant que l’on connait à travers The Sons Of O’Flaherty, Sordid Ship, Sparkrow…





The DRUGSTERS était le groupe que j’attendais le plus de ce festival. Milooz, co-fondateur de Dispear, est à la basse, solide sur ses appuis, à mi-chemin entre Dee Dee Ramone et Sven de NRA, tandis que Thomas nous gratifie de sa superbe voix à la Milo Auckerman, Francis assure grave à la seconde guitare tandis que Seb 7hate cartonne derrière. Son arrivée est un vrai plus pour le groupe qui a énormément gagné en vitesse. Les tubes s’enchaînent : Not Today, Stadium rock, Boomers with Attitude est même joué deux fois. Sabrina de Maria Tarey, habituée à monter faire des featurings donne de la voix sur une reprise (mi-figue mi-raisin) de Straight Edge de Minor Threat. Grosse performance, j’ai adoré.




MARIA TAREY, que j’avais croisé l’année dernière avec Wake The Dead et les Playmatics, prend la suite pour un concert de punk hardcore déchaîné. Efficace à souhait, Sabrina prend toute la scène et n’hésite pas non plus à venir pogoter dans la fosse. Cette deuxième journée est clairement basée sur l’énergie et, avec le groupe vannetais, on est bien servis !




Rancœur est une découverte pour moi. Cold-wave-Oï, sur le papier, ça semble un mélange étrange mais c’est une jolie rencontre sur scène. Derrière un look à la Rancid les gars balancent quelques morceaux prenants : Suicide, Crève-cœur ou encore fatalité. Une prestation qui m’a donné envie d’attaquer leurs albums !




Le set le plus explosif reste celui de JETSEX. Le groupe a de l’expérience et ça se sent. Miko, au chant, prend tout l’espace et lâche les chiens : jetés de canettes avec ou sans la tête, une bonne centaine d’aller-retours à travers la scène… Grosse débauche d’énergie. À côté les trois autres ne sont pas en reste avec un Jimmy Jazz au niveau ahurissant à la basse, il fait le show sans fioritures, bien accompagné par Arnaud en rôle de métronome. Des titres issus du dernier album évidemment dont l’efficace Down In The Rabbit Hole mais aussi des vieux morceaux comme Claudio Chiapucci qui clôture leur set. La proximité d’Anglet oblige, le groupe a ramené un surf et Miko a pu s’essayer au stage diving…




YOUTH AVOIDERS termine donc cet anniversaire. Le groupe parisien a sorti un nouvel album récemment qui mettait fin à un hiatus de 8 ans. Sur scène, c’est rapide, très rapide même. Le batteur est déchaîné et semble avoir encore accéléré le rythme. Chris, au chant, prend bien l’espace. Sa voix caractéristique, en limite de rupture, impressionne. Grosse prestation dans un salle devenue étuve.

 


On clôture donc ce festival sur une excellente deuxième journée. Six groupes avec un fil conducteur basé sur la débauche d’énergie. Encore de belles rencontres et plein d’anecdotes. Super weekend !

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