FUUDGE - Les
Horribles
Folivora
Records
Il y a tout
juste trois ans, nous faisions connaissance avec les fous furieux de FUUDGE,
combo québécois mené par l'excellent David Bujold. Véritable homme à
tout faire de la bande, Bujold, toujours bien accompagné dans ce projet,
a décidé de remettre le couvert en 2026 avec « Les Horribles
».
Pas sûr que
cette nouvelle production des Montréalais leur apporte un semblant de notoriété
sur le Vieux Continent, mais force est de constater que la machine FUUDGE
tourne toujours à plein régime. Les Québécois continuent en effet de creuser le
sillon d'un rock épais et abrasif, quelque part entre grunge déglingué, stoner,
indie rock et punk sous tension.
« Les
Horribles » constitue en quelque sorte le petit frère de « ...qu'un
cauchemar devienne si vrai ». Mais l'immobilisme n'est pas la marque de
fabrique de FUUDGE, qui intègre par petites touches des sonorités
acoustiques ou plus groovy à son rock lourd. Et toujours dans la langue de
Céline Dion. Avec, le plus souvent, un sens de l'humour particulièrement
aiguisé.
Le ton est
donné avec le puissant « J'va bientôt
t'abandonner ». Le quatuor balance des riffs énormes et une
rythmique pachydermique. Le chant de David Bujold a toujours le
chic pour osciller entre douceur et braillements. Le mimétisme avec Ty Segall
est d'ailleurs impressionnant sur l'introduction de « L'Abomination », avec son même jeu de
guitare acoustique et son chant haut perché. Mais très vite, le morceau
redevient du FUUDGE pur jus. Jalonné de breaks, porté par un chant
planant, il se pare même d'une coloration psychédélique bienvenue. Le mélange
d'acoustique et d'électricité fait également mouche sur « La Honte
», l'occasion pour Bujold de s'époumoner avec conviction. Plus saccadé, « Le Mentor
» constitue une belle bizarrerie, à la fois pop et expérimentale. L'énergie
punk est de retour sur « Le Cortège », mais les énumérations en mode
spoken word de Bujold laissent rapidement place à une rupture
particulièrement barrée. Plus classique, « J’vois
noir dans l’clair » renoue avec le rock bien heavy des
Québecois. Super efficace. FUUDGE enchaine ensuite avec une pépite
stoner du plus bel effet : « Pas
fier » comme les 4
larrons de FUUDGE. « Je sais pas
c’que j’fais icitte », titre le plus long de l’album,
impressionne par sa lourdeur et son agressivité. Les nombreux changements de
rythmes et la versalité du chant finissent par nous emporter. Les Montréalais
reviennent ensuite à quelque chose de plus direct avec la bombe punk « V'là les horribles ». Un morceau énergique
qui tranche avec la balade psychédélique au titre énigmatique « Les Ciels oranges ». Enfin, l'émouvant « Ma joie m'étrangle » conclut l'album avec
un savant mélange d'indie rock et d'ambiances grungy.
Avec «
Les Horribles », FUUDGE livre sans doute son disque le plus abouti : un album
compact, puissant et furieusement vivant, qui confirme tout le savoir-faire des
Québécois lorsqu'il s'agit de transformer le bruit en véritable terrain de jeu.
Et l'on ne désespère toujours pas de voir un jour cette déferlante sonore
traverser l'Atlantique pour venir secouer les salles françaises.
Mr Caribou
Titre préféré : La
Honte

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Votre avis :
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.