samedi 16 mars 2013

Breaking Strain - interview


Breaking Strain



Parce que parfois une interview toute simple permet de découvrir aisément un jeune groupe, je me passerai de faire une longue introduction fastidieuse pour présenter les Breaking Strain de Clermont-Ferrand...



  • D’où vient votre nom de groupe, comment s’est fait le choix ?
Le choix du nom s'est fait un peu par hasard en fait, on est tombé sur "Breaking Strain", je ne saurais trop te dire comment, et on a eu l'étincelle. "Point de rupture", ça convient bien avec ce qu'on défend. On reste optimiste, certains diront utopistes, mais l'an 01, la grève générale, le jour où tout partira en couille, on y croit encore. Il y a une autre manière de vivre que celle complètement folle que l'on nous impose.


  • Peux-tu me présenter les membres du groupe, qui joue quoi, d’où venez-vous ?
On est de Clermont Ferrand alias Michelin city. C'est un peu dark et ça sent un peu le pneu mais on s'y sent bien. Et surtout, la ville est peuplée de gens formidables. On joue en trio, depuis les débuts du groupe il y a moi, Vincent, à la guitare et au chant, Hubert à la basse et aux choeurs , Jérôme est notre nouveau batteur, il nous a rejoint depuis septembre dernier pour remplacer Antoine, parti pour se consacrer pleinement à son boulot d'ingé son.
  • Au niveau des influences, j’ai pas mal ressenti Propagandhi… Qu’est ce que vous appréciez comme autres groupes (étranger/français)?
Il est vrai que Propagandhi nous a pas mal influencé, "Today's empire, tomorrow's ashes" c'est juste incroyable ce disque. Après on retrouve des groupes comme Jawbreaker, Pennywise, Leatherface, Snuff, NRA, Hot Water Music, Social Distortion, Fugazi,  Bob mould, des trucs plus noise comme Unsane, ou plus métal comme Helmet, Massive Attack dans un registre totalement différent. En groupe français, on retrouve Burning Heads, on a grandi avec leur son, si on joue du punk rock aujourd'hui, ils en sont en grande partie responsables...
  • Quels sont les sujets de vos paroles ?
"Spit and die", c'est un constat du début des années 2000. T'as l'impression que tout le monde a la gueule de bois et s'est résigné à vivre dans le "oh, on est pas si mal". Si tu compares avec les décennies précédentes, perso, je trouve ça un peu inquiétant, vivre de manière moderne ne veut pas dire libre. On est là entouré de nos petits gadgets bien souvent plus inutile qu'autre chose, à perdre son temps alors que tout s'écroule et que nos droits sont remis jour après jour en question.
Putain mais bosser par exemple ça a jamais été une partie de plaisir mais là ça devient de plus en plus fou, les conditions de travail sont de plus en plus dégueulasses, et le conditionnement est tel qu'on a plus de réaction. Il va falloir mettre bien plus qu'un coup de poing sur la table si on ne veut pas finir avec un bras dans le cul. (Push In)
La religion c'est pareil, on a un retour d'idées moyenâgeuses assez flippantes (Pray for Hell). On aborde aussi le star-system (Last Breath), ça, c'est toujours aussi désolant que marrant, la surinformation (Lonely places), la science (Devotion). De quel droit au nom de la science, on peut tout se permettre?
La misère sociale (Whatever), l'ambiance Gotham city de Clermont et son ciel nucléaire (Blacksnow).
Les longues journées de boulot où les minutes ressemblent à des heures (The Cell), mais aussi des sujets plus légers comme l'insomnie chronique (Night Tale), la procrastination (Living in Lies) ou les mecs qui ont un égo démesuré (Mad dog mac cree).
Et quand même, un peu d'amour en fond de tableau (Spit and die).


  • Où avez-vous enregistré votre album, dans quelles conditions ?
Les batteries ont été enregistrés dans un studio dans les bois non loin de chez nous, tout le reste par Antoine, dans une baraque qu'on occupait en colocation. Les conditions étaient bonnes, on avait récupéré pas mal de matos, bien bosser les morceaux au préalable, les consignes laissées par J.Livermore étaient simples: en gros faites comme vous le sentez, assurez vous que ça sonne! Point barre.
  • Comment vous est venue l’idée de le faire mixer par Jason Livermore ?
Au comptoir du Raymond Bar, en discutant avec des potes. On savait pas trop où mixer, masteriser la bête, puis de fil en aiguille tout est devenu clair. Il faut dire aussi que "Supporting Caste" nous avait filé un sacré frisson. Et niveau monnaie ça nous revenait pas plus cher qu'en France, surtout au niveau du mastering.

jason livermore

  • La pochette, que je trouve très réussie, qui l’a réalisée ?
Merci pour Wild Reno! Un des boss de Wild Customs, la marque de guitare française. Il fait beaucoup de graphisme également et on avait été scotché par pas mal de ces projets. En plus c'est un vieux pote à nous, on a usé pas mal de planches à roulettes ensemble, ça nous faisait plaisir de faire un truc avec lui et c'était réciproque.
  • Y ‘a t’il une tournée de prévue ?
On a attaqué à tourner depuis le début de l'année pour défendre "Spit and die". La devise est simple, on va jouer partout où on veut de nous. La sauce prend pas trop mal, on a pas mal de plans de prévu, on va dans des villes où on a jamais été, on va même aller faire un tour en Belgique au mois de mai. Pourvu que ça dure.
On a pas mal de projets en tête, affaires à suivre...



Interview par Julos News -mars 2013

(photos par chuck lyzewski @ Black Room - Bordeaux)

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