TANT QUE
C’EST ENCORE POSSIBLE : OLIVIER DE DRAGO
Entretiens
avec Sam Guillerand
Chaque
Jour Est un Dimanche
La
collection Les Derniers Des Mohicans revient sur les figures marquantes
de la scène musicale française dite underground. Voici le troisième tome
consacré à Olivier Drago et intitulé « Tant que c’est encore
possible ».
Le tome
précédent consacré à Franck Frejnik, pilier du fanzinat et de la presse
musicale, s’est révélé d’une richesse d’informations incroyable. L’entretien
révélait une personne discrète mais profondément engagée. J’ai adoré la
quantité d’anecdotes et de situations décrites. Déjà fan du personnage, cet
ouvrage n’a fait que confirmer l’impression ressentie à travers tous ses
travaux.
Je me suis
donc jeté sur ce nouveau tome dédié au fondateur et rédacteur en chef d’une
revue qui a évolué sous plusieurs noms tout en gardant le même ADN : New
Noise.
L’entretien
revient sur le parcours d’Olivier : son enfance à Limoges, sa
découverte de la musique, les premiers concerts. Son projet d’étude qui devient
le site No Brain No Headache et qui sera le détonateur vers son passage
à la presse écrite. On y découvre ses premiers pas dans le magazine VELVET,
vous savez ce mag très joli avec un dvd empli de live et de clip. Je ne sais
pas si ma mémoire me joue des tours mais il me semble même qu’au troisième ou
quatrième Fury Fest, au Mans, une scène portait le nom du magazine. Ce n’est,
d’ailleurs, pas abordé dans le livre. Le magazine connaît quelques déboires
aussi il s’échappe et monte Versus avec une ligne éditoriale assez
proche qui se transforme quelques années plus tard en Noise et puis un
peu plus tard en New Noise.
Cet
entretien permet de découvrir l’envers du décor. Loin de l’image romantique
d’un open-space animé, Olivier Drago révèle une réalité plus solitaire :
certains rédacteurs n’ont jamais été rencontrés, les échanges se font très
souvent à distance.
La référence
R.A.G.E., magazine pionnier, revient très régulièrement et montre qu’il
reste une référence et une influence importante.
L’entretien
aborde l’épineux sujet des difficultés de New Noise qui ont
démarré en 2022 et qui ont mis à mal sa publication. C’est à nouveau le cas cette
année. La discussion tient à trouver les raisons des baisses de vente, je suis
surpris qu’à aucun moment le sujet du prix du magazine ne soit approché,
pourtant crucial, car d’un point de vue lecteur j’ai vu une sacrée différence
entre le prix d’un numéro en 2015 (6.90€) et un actuel (12.90€). Bien entendu elle
se justifie par une hausse des coûts d’impression mais l’achat d’un New Noise n’est
plus à la portée de tout le monde.
La deuxième
partie du livre est une discussion complète entre Sam Guillerand
et Olivier Drago sur un sujet qui les oppose. Olivier
étant toujours avide de nouveautés ce qui n’est pas le cas de Sam. Je
résume un peu mais l’idée se situe par-là. Cette partie qui m’a fait penser à l’excellent
zine HuGui(Gui) les Bons Tuyaux, mais, hélas, je n’ai pas vraiment apprécié.
Tant
que c’est encore possible est bien plus qu’un entretien : c’est une plongée dans les coulisses de
la presse musicale, un témoignage sur les défis et les difficultés de
l’indépendance. Que vous soyez lecteur de New Noise, passionné de fanzines ou
simplement curieux des aventures éditoriales, ce livre vous parlera. À lire,
donc, tant que c’est encore possible !
J. NeWSovski

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