jeudi 2 avril 2026

TANT QUE C’EST ENCORE POSSIBLE : OLIVIER DE DRAGO

 


TANT QUE C’EST ENCORE POSSIBLE : OLIVIER DE DRAGO

Entretiens avec Sam Guillerand

Chaque Jour Est un Dimanche

 

La collection Les Derniers Des Mohicans revient sur les figures marquantes de la scène musicale française dite underground. Voici le troisième tome consacré à Olivier Drago et intitulé « Tant que c’est encore possible ».

Le tome précédent consacré à Franck Frejnik, pilier du fanzinat et de la presse musicale, s’est révélé d’une richesse d’informations incroyable. L’entretien révélait une personne discrète mais profondément engagée. J’ai adoré la quantité d’anecdotes et de situations décrites. Déjà fan du personnage, cet ouvrage n’a fait que confirmer l’impression ressentie à travers tous ses travaux.

 

Je me suis donc jeté sur ce nouveau tome dédié au fondateur et rédacteur en chef d’une revue qui a évolué sous plusieurs noms tout en gardant le même ADN : New Noise.

L’entretien revient sur le parcours d’Olivier : son enfance à Limoges, sa découverte de la musique, les premiers concerts. Son projet d’étude qui devient le site No Brain No Headache et qui sera le détonateur vers son passage à la presse écrite. On y découvre ses premiers pas dans le magazine VELVET, vous savez ce mag très joli avec un dvd empli de live et de clip. Je ne sais pas si ma mémoire me joue des tours mais il me semble même qu’au troisième ou quatrième Fury Fest, au Mans, une scène portait le nom du magazine. Ce n’est, d’ailleurs, pas abordé dans le livre. Le magazine connaît quelques déboires aussi il s’échappe et monte Versus avec une ligne éditoriale assez proche qui se transforme quelques années plus tard en Noise et puis un peu plus tard en New Noise.

Cet entretien permet de découvrir l’envers du décor. Loin de l’image romantique d’un open-space animé, Olivier Drago révèle une réalité plus solitaire : certains rédacteurs n’ont jamais été rencontrés, les échanges se font très souvent à distance.

La référence R.A.G.E., magazine pionnier, revient très régulièrement et montre qu’il reste une référence et une influence importante.

L’entretien aborde l’épineux sujet des difficultés de New Noise qui ont démarré en 2022 et qui ont mis à mal sa publication. C’est à nouveau le cas cette année. La discussion tient à trouver les raisons des baisses de vente, je suis surpris qu’à aucun moment le sujet du prix du magazine ne soit approché, pourtant crucial, car d’un point de vue lecteur j’ai vu une sacrée différence entre le prix d’un numéro en 2015 (6.90€) et un actuel (12.90€). Bien entendu elle se justifie par une hausse des coûts d’impression mais l’achat d’un New Noise n’est plus à la portée de tout le monde.

La deuxième partie du livre est une discussion complète entre Sam Guillerand et Olivier Drago sur un sujet qui les oppose. Olivier étant toujours avide de nouveautés ce qui n’est pas le cas de Sam. Je résume un peu mais l’idée se situe par-là. Cette partie qui m’a fait penser à l’excellent zine HuGui(Gui) les Bons Tuyaux, mais, hélas, je n’ai pas vraiment apprécié. Le côté name-dropping et la volonté oppressante de vouloir convaincre est pesante à lire. Et puis il y a un réel décalage de temps d’expression entre les deux protagonistes qui s’est révélé gênant pour moi. J’ai par contre apprécié la richesse des propos souvent pertinents. Mais peu importe ce n’est que mon humble avis.

 

Tant que c’est encore possible est bien plus qu’un entretien : c’est une plongée dans les coulisses de la presse musicale, un témoignage sur les défis et les difficultés de l’indépendance. Que vous soyez lecteur de New Noise, passionné de fanzines ou simplement curieux des aventures éditoriales, ce livre vous parlera. À lire, donc, tant que c’est encore possible !

J. NeWSovski

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