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samedi 15 août 2026

BLUE GRIZZLY – S/t

 


BLUE GRIZZLY – S/t

Autoproduction

 

Voici un groupe qui assume pleinement son identité. Entre miel sonore et douceur mélodique, Blue Grizzly propose un rock gourmand, aussi savoureux qu’inattendu. Le trio rennais signe ici son deuxième album, après Makesong (2024) et l’EP Malone (2023).

Avec des sonorités résolument grunges, les Rennais prouvent qu’ils sont de vieux briscards du genre. Never Thought You Would envoie une bouffée d’air seattlien, tout en évoquant aussi les Suisses d’Hathors. Ce morceau d’ouverture, percutant, donne le ton, même s’il peut sembler trompeur : Blue Grizzly excelle surtout dans des mélodies power pop (Spell and Write, Tug, Conquistador), qu’ils distillent avec brio tout au long des 14 titres.

Côté douceur, Abuela et Kragle livrent une dose de tendresse sans renoncer à leur ancrage années 90. Let Him Down, simple et efficace, rappelle même les Breeders. L’inclusion d’un morceau instrumental comme Pikiwiki, nerveux et revigorant, est une excellente idée pour dynamiser l’écoute. Le groupe revient ensuite à un grunge plus lourd avec Found The Law That I Wanted, marqué par un riff puissant et des sonorités noise sur le refrain, puis America, au chant filtré, l’un des titres les plus percutants de l’album.

Malgré de bonnes idées, quelques fragilités subsistent, notamment au niveau du chant : les aigus manquent parfois de stabilité (Tug, Vince and Marco), et les harmonies (Picture in My Mind) pourraient gagner en précision. Pourtant, ces morceaux séduisent par leurs mélodies envoûtantes et des arrangements bien pensés, comme la basse, qui mériterait d’être davantage mise en valeur.
Autre regret : un mixage un peu étouffé sur les voix, dommage pour un album aussi riche. J’ignore si l’enregistrement a été réalisé en autonomie par le groupe, mais cela pourrait expliquer ce manque de clarté.

Derrière le personnage de l’ours se cache un trio passionné, qui puise son inspiration dans les sonorités des années 90 et les mélodies accrocheuses. Et le pari est réussi : on se laisse rapidement emporter par leur univers.

Sonorités rock tendance grunge, les Rennais sont des vieux briscards qui maîtrisent parfaitement leur style. Never Thought You Would sent fort l’odeur de Seattle mais me fait aussi penser aux Suisses d’Hathors. Un morceau rentre-dedans pour débuter mais qui peut paraître tout de même un peu trompeur car Blue Grizzly se révèle être très fort sur les mélodies powerpop (Spell and Write ; Tug ; conquistador) au point d’en distiller tout au long des 14 morceaux.

 

J. NeWSovski

 

 

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