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mardi 20 octobre 2026

BIG TIME – Old Fashioned

 


BIG TIME – Old Fashioned

Engineer Records

Découverte aujourd’hui à Montpellier avec BIG TIME. Punkrock à fond, grosses influences 90’s - parfaitement ma came !  Le trio s’est formé en 2023 autour de Cyril (Lessen, Vesuve) et Vincent (Wake The Dead, Eight Years, Vegan Fox). Un changement de batteur a eu lieu en 2025 avec l’arrivée Jordan (Cowards, Man Is Not A Bird, Bufford Tannen) et la formation se stabilise depuis. Le trio sort son premier album, Old Fashioned, sur Engineer Records qui a déjà sorti des disques d’Antillectual ou Wake The Dead.

Alexandre de 2 Doigts dans la Prise (aussi batteur de Raincheck, ex-Guerilla Poubelle, Leptik Ficus…) est aux manettes. Le résultat : un son propre et efficace. La batterie a un son très No Use For A Name, un peu métalique, je trouve. La pochette, signée par le groupe et Jokoule, affiche des tournesols en fin de vie, une belle image de décomposition douce.

The Wrong Way, avec le featuring de Chomby de Raincheck se place comme l’un des morceaux phares de ce premier album. Sous des airs de punkrock californien il arrive à faire passer de belles mélodies et prend vraiment le temps de poser les choses en étirant ses lignes jusqu’à approcher les 5 minutes. Burnout et Winners sont plus directs dans leur traitement et tablent sur la vitesse mais accrochent, encore une fois, grâce à des mélodies efficaces.

J'adore les petits interludes, avant (D)Rimjob ou après Monster : ils apportent de la variation, coupent l'album et laissent respirer. D’ailleurs ce dernier morceau apporte le second featuring avec Thomas des excellents Cold Stress. Très rapide, le morceau penche vers un punkrock plus brutal et incisif.

BIG TIME aime décidemment jouer sur de longues lignes mélodiques car c’est de nouveau le cas sur Buried Boxes où le refrain est vraiment très bon avec les chœurs puissants derrière. Old Fashioned clôt l'album : longue pièce dont la seconde partie développe une atmosphère enivrante, à la manière de certains morceaux des cultissimes — et trop sous-estimés — Diesel Boy.


BIG TIME nous livre avec Old Fashioned un premier album très réussi qui ravira les afficionados du punkrock façon Epitaph et Fat Wreck. Pas toujours original mais certifié efficace !

 

J. NeWSovski

 

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jeudi 15 octobre 2026

BETWEEN BODIES – Hands to hold each other

 


BETWEEN BODIES – Hands to hold each other

Zeitstrafe Records

Entre Cologne et Toronto, Between Bodies est un groupe à part sur la scène européenne. Remarqué et mis en avant par Krod Records s’est émancipé et est parti sur le label Zeitstrafe rds. Je connais bien le groupe pour avoir chroniqué ses précédentes productions, et sa capacité à composer des morceaux accrocheurs ne se dément pas.

Dans un registre proche de Spanish Love Songs, les allemands arrivent à faire passer beaucoup d’intensité dans leurs morceaux. Waves sonne justement comme le groupe américain. Puissant rapide et plein de mélodies, la voix de Christopher rappelle celle de Dylan Slocum, le vibrato de ce dernier en moins. Les échanges entre les différentes voix fonctionnent à merveille et amènent une vraie variété dans le morceau. Chandelier est aussi une très belle chanson, bien mise en avant par ses nappes de clavier et ses mélodies ciselées. Le chant monte haut et fait preuve d’une très grande intensité.

Leur écriture mérite aussi qu’on s’y attarde. Milli Writes On Hotel Walls est un texte percutant, où l’anarchiste Milli se débat dans une société conformiste, à la recherche d’une place qui n’existe pas.

Annie (21st century working class) et Bathroom Floor reprennent une recette gagnante : des mélodies entraînantes, un tempo effréné, et des influences qui rappellent Blink 182 pour l’un, Alkaline Trio (époque From Here To Infirmary.) pour l’autre.

L’album ne laisse aucun répit. Entre King’s Head, hymne enflammé destiné à électriser les concerts, et New Ways to stay on earth, morceau long et intense, les Allemands enchaînent douze titres d’une qualité irréprochable. Mention spéciale à I wanted to tell you, qui commence en douceur avant de s’embraser, explorant avec justesse les thèmes de l’héritage familial et des démons intérieurs.

 

Hands to hold each other est tout simplement un coup de cœur. Bien écrit, mélodique et percutant, il possède tous les ingrédients pour me faire chavirer. L’idéal serait maintenant de réussir à les croiser en France !

 

J. NeWSovski

 

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lundi 5 octobre 2026

MARVIN HEEMEYER – A new low

 


MARVIN HEEMEYER – A new low

Deviance Rds/ Crapoulet Rds / Maloka / Shlag Rds / BlackOut Prod

Voici le premier album du groupe Nancéen Marvin Heemeyer. Formé en 2019 et déjà auteur d’une démo 4 titres remarquée en 2024 et 2 Eps au préalable. Je vous conseille la lecture de la chronique de cette dernière pour connaître l’origine du nom du groupe. Pour cet album, Marvin Heemeyer a posé ses instruments au studio L’Autre Oreille, avec Fabien Pilard et Julien Rosenberger aux manettes. Le mixage, lui, a été confié à Will Killingsworth (Dead Air Studio), une collaboration qui porte ses fruits car le son est impeccable.

L’album s’ouvre sur une longue introduction qui fait monter la tension, comme une mise en bouche parfaite. Puis, c’est l’explosion : Old Stuff déferle avec un punk hardcore au chant crié, rythmé par des modulations percutantes. Enchaîne You’re so right qui dégage aussi beaucoup d’énergie. Le groupe affiche clairement sa ligne de conduite avec un message clair dans le livret : Fuck Racism, fuck sexism, fuck homophobia and fuck any other form of discrimination.

Et quand il s’agit d’aborder des sujets graves, Marvin Heemeyer ne recule pas. Betharram en est l’exemple parfait, avec un texte puissant : « Homophobic bigots, so afraid of faggots, follow what I say and never what I’ve done, dumb… ». J’adore particulièrement la première partie de ce morceau, où l’échange guitare/basse est d’une efficacité redoutable.

 

Plus tard, Stone vient ensuite calmer le jeu avec une rythmique plus lente, mais surtout plus lourde, avant que le déluge ne reprenne de plus belle (Stand Still, Gross). Le groupe sait aussi nous embarquer avec des rythmiques prenantes et dansantes (No One), tout en rappelant, sur d’autres titres (Banged Up, Layers), leur attachement au hardcore, dans la veine de groupes comme Bunkum ou Go It Alone.

Clairement, les morceaux et le groupe vont être particulièrement intéressants à voir sur scène car c’est là que ce style, qui est emplein d’énergie et de rage, prend toute sa dimension. À suivre de près, donc, pour ne pas rater leurs prochaines dates de tournée !

 

J. NeWSovski

 

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mercredi 30 septembre 2026

NDA – Low Ton

 


NDA – Low Ton

Autoproduction

Ce vent frais et ensoleillé, celui qui fleure bon le punk rock mélodique de la fin des années 90, souffle à nouveau avec force. Les sorties dans le style se multiplient à l’ouest de la France : Left Bank!, Ashen Shore, Heads Up… Et cette fois, c’est au tour des Nantais de NDA de se faire entendre. Ce jeune groupe, né en 2023 et composé d’anciens membres d’Angry Days, Toxxic TV, Clayton ou encore Les Jacks Sonnent 4, a enregistré ses 13 titres au studio Playtime avec Jonas Guedon, avant de les confier à Korentin Mens du Spearhead Studio pour le mixage.

L’album Low Ton s’ouvre brillamment avec Stoïcism, où les chœurs, puissants et omniprésents, captent immédiatement l’attention. Le morceau n’est pas sans évoquer les mythiques Homeboys (qui, au passage, selon les dernières informations se reformeraient), avec son chant haché et sa rythmique énergique. L’influence de Millencolin transparaît aussi, que ce soit à travers le riff obsédant de Craft Fear, Inc qui aurait pu apparaître dans Life On A Plate ou bien sur Naïve Music, titre direct et mélodique qui rappelle la période Pennybridge Pionneers des Suédois. La basse, particulièrement inventive, apporte des variations très efficaces. Not Fifty, rapide et addictif, confirme cette filiation.

Avec Alien, le groupe passe à la vitesse supérieure : basse ultra-rapide et solos de guitare enflammés en font la petite bombe de l’album. The Gang, porté par des chœurs fédérateurs, fait quant à lui office d’hymne collectif dans un registre différent. Quant à I’m Not Down, qui se conclut au piano, il s’impose comme l’un des titres les plus captivants du disque, à la fois mélancolique et entraînant.

Un petit défaut ? Je trouve que l’artwork, signé Potit Lu, peine à me convaincre, un peu à l’image de celui des Heads Up, leurs voisins des Herbiers. Manque de peps, de couleurs qui claquent, j’aime le côté dessiné mais clairement il est trop terne. Mais bon, comme on dit, les goûts et les couleurs…

Comme les gars sont un peu des malades, ils ont aussi sorti l’album en format jeu Gameboy ! Un jeu, mais aussi une version des morceaux en 8 bits. Un truc un peu incroyable. Et c’est à écouter ici.


NDA vient ajouter son à la liste des groupes de punkrock mélodique / skate punk hyper intéressants. On va suivre avec une grande attention les Nantais !

J. NeWSovski

 

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samedi 26 septembre 2026

CARMEN CARBON – Fire [EP]

 


CARMEN CARBON – Fire [EP]

Autoproduction

Carmen Carbon est un trio angevin, issu de l’atelier « Monte Ton Groupe » du Chabada. Un groupe 100% féminin dans lequel on retrouve notamment Kroquette qui jouait auparavant dans Neuf Volts et dont on a pu entendre la voix dans quelques morceaux de Circles. Elles ont commencé sous le nom de Rosa Radium, une fusion entre une figure féminine emblématique et un élément chimique, il semble que la recette soit la même pour ce nouveau nom.

 

Ce deuxième EP commence par She wants to drive, rock indie au tempo posé mettant en avant une voix plaisante. Get On se révèle plus nerveux, bien appuyé par des chœurs bien placés sur le refrain le morceau pousse et amène de l’énergie, puis Fire se dévoile après une longue et lente introduction, le morceau joue sur les tensions, montée, alternance du chant, riffs lourds. Un morceau intéressant. Le rock indie ressort aussi beaucoup sur Evident things, dont le refrain sonne très Sahara Hotnights, ce qui est un joli compliment car les suédoises sont très fortes sur ce registre.

Bad world joue le contre-pied, avec sa première partie calme sur laquelle la guitare se fait plaisir derrière puis le refrain déclenche une montée d’énergie. L’EP se termine avec My Own Enemy, qui est, selon moi, le morceau le plus efficace. Très punk sur son traitement, le rythme est rapide rappelant MADAM, ça joue vite tout en proposant des mélodies bien pensées.

 

Fire est un EP qui confirme le talent de ce trio angevin, à mi-chemin entre MADAM et PUSSY MIEL. À découvrir absolument.

 

J. NeWSovski

 

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vendredi 18 septembre 2026

EMMA RUTH RUNDLE – These killing Times

 


EMMA RUTH RUNDLE – These killing Times

Errant Child

Sortons un peu du punkrock pour parler d’une artiste que j’apprécie particulièrement depuis des années : Emma Ruth Rundle. Originaire de Los Angeles, elle a débuté au sein du groupe The Nocturnes, puis on la retrouve ensuite dans Red Sparowes, projet post-rock très intéressant. En 2011, elle fonde Marriages qui restera actif quelques années seulement (1 EP et 1 album), mais constituera une étape importante dans l'évolution musicale d’Emma Ruth Rundle vers son travail solo. Elle enchaînera alors cinq albums en 15 années (et pléthore d’Eps), définissant les contours d’un style qui oscille entre post-métal, post-rock et dark-folk. Elle aime aussi s’entourer d’autres artistes que ce soit avec Chelsea Wolfe, dont elle est très proche aussi musicalement, Thou, groupe de sludge ou encore Jaye Jayle, musicien expérimental.

Emma Ruth Rundle est donc de retour en 2026 avec son nouvel album These killing times, sorti sur son propre label (Errant Child) et dont l’approche me rappelle un peu le troublant Engine of hell, sorti en 2021. Ce dernier marquait une césure dans sa discographie par une approche totalement dépouillée et à fleur de peau, seulement avec voix, piano et guitare acoustique. Ce nouvel opus conserve cette sensibilité mais en retournant à la puissance électrique de ses instruments. Pour l’occasion elle s’est entourée de Jess Gowrie (Chelsea Wolfe, Mrs Piss) à la batterie et Troy Zeigler (Serj Tankian) à la basse.   

Et l’émotion est effectivement au rendez-vous dès les premières notes au piano de Powerless, qui monte en puissance avec une guitare lourde. God’s Picture se veut dans la continuité d’Engine Of Hell. Emma chantonne, pose sa voix avec douceur, on entend ses doigts sur les cordes, le piano prend le lead, le saxophone amène des sonorités nouvelles. Un morceau doux mais intense. On retrouve aussi cet esprit sur Don’t Delay Heaven, sobre et prenant. Anvil enchaîne sur les mêmes bases tout en apportant un final envoûtant avec des modularités impressionnantes sur le chant.

Catherine Wheel est un morceau plus rythmé avec un ambiance originale. Un morceau à l’esprit pop totalement maîtrisé et assumé. Les distorsions de guitares se mêlant aux nappes de violons. Excellent morceau.

Le final avec Human Kingdom me rappelle Chelsea Wolfe dans cette douce folk gothique de plus de 8 minutes. Alors qu’Oceans Of Time conclue avec émotion et sensibilité juste au piano et voix accompagnés par des chœurs réconfortants.

Les invités se succèdent, que ce soit Patrick Shiroishi au saxophone sur Enough et God’s Picture, Gina Gleason, guitariste de Baroness sur Catherine Wheel, Amelia Baker de Cinder Well et le duo de Storefront Church sur Oceans Of Time, le guitariste de Tera Melos sur plusieurs morceaux.

 

Les textes se révèlent toujours aussi engagés, abordant le thème de la montée en puissance du nationalisme chrétien, les discours politiques abjectes tout en amenant des touches positives sur l’amour notamment.

 

These Killing Times, digne successeur d’Engine Of Hell, conserve cette douceur et cette sensibilité propre à Emma Ruth Rundle, tout en retrouvant des touches électrisantes qui manquaient sur le dernier opus. Il en ressort un album (8 titres – 44 min) tout simplement beau et envoûtant.

 

J. NeWSovski

 

 

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samedi 29 août 2026

JB HANAK - Bâtards


 

JB HANAK - Bâtards

Le Mot et le reste

Ma rencontre avec l’univers de JB Hanak a été un électrochoc. Sales Chiens, son premier roman, m’avait littéralement scotché : un récit brut, sans concession, qui m’a immédiatement accroché. C’est wFenec et Guillaume Circus qui m’ont fait découvrir cet auteur, et je ne les en remercierai jamais assez. Hanak y dépeignait avec justesse les coulisses, parfois chaotiques, de la tournée de dDamage en France et en Italie, un voyage jalonné de péripéties aussi drôles qu’absurdes. Son style direct, sans fioritures, m’a tout de suite séduit. 

Avec Bâtards, JB Hanak nous embarque cette fois au Japon, toujours aux côtés de dDamage, mais pour une aventure aux saveurs et aux tournures bien différentes. Accompagné d’artistes locaux, le duo électro y explore les coutumes nippones, la répression impitoyable envers les drogues, et multiplie les rencontres aussi improbables que mémorables. Les concerts s’enchaînent, les embrouilles aussi, et on ne s’en plaindra pas. Ourko, ce chien virtuel aussi énigmatique que symbolique, revient hanter les pages du livre. Il incarne tout à la fois la colère, la douleur, la maladie… et bien plus encore. 

L’écriture de JB Hanak est une nouvelle fois rythmée, incisive et pleine d’humour. Il parvient à restituer avec un réalisme saisissant l’énergie électrique des concerts, tout en gardant cette touche punk qui le caractérise. 

Mais Bâtards va bien au-delà du simple récit de tournée. JB Hanak y explore la relation complexe et profonde entre les deux frères de dDamage, ce lien indéfectible qui les unit malgré tout. Certains passages, d’une intensité forte, sont de véritables coups de poing dans l’estomac. Le roman rend un hommage poignant à Fred, son frère disparu, et c’est là, aussi, que réside sa force. On ressent l’émotion, la tendresse et la mélancolie qui traversent ce récit. 


Un roman très fort, totalement punk dans son récit qui se lit comme on écoute un disque : à fond, en profitant de chaque instant. Un grand moment de lecture que je conseille vivement à tous, surtout si la lecture de Sales Chiens vous a marqué.


J. NeWSovski



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mardi 25 août 2026

DÉÉFAIT – S/t [EP]

 


DÉÉFAIT – S/t [EP]

 Ici d’Ailleurs

Comme le dit le vieil adage, il n'est jamais trop tard. Sorti il y a déjà plusieurs mois, le premier EP du combo parisien DEEFAIT était mystérieusement passé sous nos radars. Et, à l'écoute des six titres qui le composent, il aurait été franchement dommage de passer à côté tant le cocktail concocté par les jeunes Parisiens impressionne. Faisant la part belle à l'improvisation et aux formats longs, DEEFAIT mêle avec un talent évident noise-rock, krautrock et envolées psychédéliques. Le quintet refuse le surplace : chaque morceau bifurque là où on ne l'attend pas, porté par un break bien senti, une montée de tension ou une boucle entêtante qui finit par vous happer.

On entre immédiatement dans le vif du sujet avec « We Love Each Other So Much That We Won't Belong To Any Species Anymore ». La voix surgit d'emblée, bientôt rejointe par des guitares dissonantes qui s'appuient sur une rythmique implacable. L'ambiance évoque d'abord IT IT ANITA ou CLINIC, avant une accalmie qui rappelle le chant d'Amedeo Pace et la période la plus noisy de BLONDE REDHEAD. Puis le morceau reprend de plus belle pour s'achever sur les hurlements haut perchés de Ric Lara, le chanteur mexicain du quintet. Changement d'atmosphère avec l'introduction planante de « Molokh ∞ » : une basse aguicheuse, une délicate boucle de guitare acoustique et une voix quasi chamanique sont un véritable appel à la transe. Au fil de ses huit minutes, le morceau se tend inexorablement. La voix se fait toujours plus inquiétante, tandis que les nappes de synthé et les guitares fusionnent jusqu'à former un mur du son qui renvoie aux plus belles heures de SWANS. DEEFAIT poursuit ses expérimentations sur « BONDBONDBOND ». D'une ambiance tribale à une ritournelle répétitive, le titre se transforme progressivement en une puissante déflagration post-rock. Retour au calme sur les premières notes de « Comatose Big Sun ». D'abord enfumé et hypnotique, le morceau s'électrifie peu à peu avant de s'éteindre dans un final qui semble presque improvisé. Une étrangeté supplémentaire à mettre à l'actif du groupe. La voix incantatoire et le vacarme bruitiste avancent main dans la main sur « Al' Ether ». Au milieu de ce chaos, on croit distinguer un chant en français (après l'anglais et l'espagnol). Une nouvelle surprise qui évoque cette fois l'univers de OISEAUX-TEMPÊTE. Enfin, « Wow! Ferreri Cooked For Us », le morceau le plus court du disque et probable hommage à La Grande Bouffe de Marco Ferreri, s'avère tout aussi déjanté que le reste de l'EP. Les distorsions de guitares et le chant plus agressif font mouche. Avant une ultime note plus apaisée et le retour de la voix haut perchée de Ric Lara.

En seulement six morceaux, DEEFAIT réussit un premier coup d'éclat impressionnant avec notre noise-rock / krautrock explosif. Rares sont les premiers disques à afficher une personnalité aussi affirmée. Dans une époque où beaucoup cherchent le morceau qui retiendra l'attention en quelques secondes, DEEFAIT prend le chemin inverse. Celui de la lente contamination. Une musique qui ne cherche jamais à séduire, mais qui finit par s'installer durablement. Un véritable coup de cœur, qui donne furieusement envie de découvrir le premier album annoncé pour la rentrée de septembre.

 

Titre préféré :         Molokh ∞

Mr Caribou

 

 

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jeudi 20 août 2026

PUSSY MIEL – Bee Raged [EP]

 


PUSSY MIEL – Bee Raged [EP]

A tant Rêver du Roi / Dispear Records

 

Quatuor d’Hossegor et de Capbreton, 100% féminin, Pussy Miel incarne une scène féminine en pleine ébullition. Tout comme la scènes basquo-landaise, dont elle est originaire, qui est sacrément en forme en ce moment avec des formations comme The Drugsters, Kuma No Motor, ATS 1994… Et des lieux incontournables comme le Black Flag, Le Circus ou encore le Magneto.

Pussy Miel tire son nom du film Les 4 saisons d’Espigoule et joue son thème de l’abeille à fond, car passé son nom, il se décline sur la jolie pochette puis ensuite sur le nom de l’EP, tout aussi ironique : Bee Raged.

Le groupe de Landaises bouscule les codes. Définitivement punk, leur musique apporte aussi des boucles stoner et vient conjuguer le côté brut du grunge. Un beau mélange sur un Ep qui se veut détonnant.

 

Lack Of understanding avec ses sonorités stoner et son chant à plusieurs voix me fait penser aux Sahara Hotnights. Tandis que Wasted est un morceau punk à grosses guitares aux faux airs de Madam, ce côté punk devient ensuite un peu plus garage sur Don’t Change Me, un titre aux sonorités définitivement pop.

Le dernier morceau, délivré, est chanté en français. Le chant passe bien, un peu posé à la Pogo Car Crash Control, qui a dû être, de toute évidence, une influence sur ce morceau. Don’t know, qui ouvre l’EP, se veut quant à lui bien plus lourd sur son introduction avec des guitares bien abrasives. Le contraste avec le chant très mélodique est intéressant. Puis le morceau part dans une longue dérive un peu psyché pour finir à près de 5 minutes 30. Culotté pour une entrée en matière !

 

Bee Rage, première production du groupe Pussy Miel est une belle cuvée, pleine de surprise et de caractère. Ne cherchant pas à singer tel ou tel groupe, le quatuor s’affirme avec des titres personnels et efficaces. Personnellement j’ai été séduit par leur audace.
Une belle découverte qu’il me tarde de découvrir sur scène.

J. NeWSovski

 

 

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mercredi 5 août 2026

BALEK PANIC – Zoo City

 


BALEK PANIC – Zoo City

Autoproduction

Déjà auteurs de deux EPs les quatre lascars de BALEK PANIC viennent tout juste de sortir leur premier album, Zoo City, en autoproduction. Les 14 morceaux ont été enregistrés et mixés par Joshua Hudes au studio Résonnance 93, avec un super son. L’artwork, dessiné se veut dans le style du précédent. Un joli dessin signé Benjo San qui illustre bien le titre de cet album : Zoo City.

Let’s party démarre fort en utilisant les codes du punk mélodique, avec un petit riff de guitare qui rappelle Millencolin. Zoo City, quant à lui, évoque Learn To Fly des Foo Fighters.

On sent bien les références punkrock des années 90 notamment dans les structures de refrains accrocheurs, l’utilisation des chœurs et les mélodies accrocheuses et, si l’on joue le jeu du Name Dropping, on peut citer de nombreuses références dont Bracket (My Monster) voire même la vitesse des Satanic Surfers et la façon de placer le refrain sur Human Plastic Waste. On retrouve le côté fun et déconne des Uncommonmenfrommars sur Me and my electric Bike, parfait pour accompagner l’été, le morceau est accompagné par une trompette, qui amène une touche festive et originale. On retrouve d’ailleurs cette dernière sur 49.3 cm of love avant que le morceau parte en punk mélodique parfaitement maîtrisé.

Vous l’aurez compris, le groupe ne révolutionne pas le genre mais sa musique est rafraîchissante, énergique et techniquement maîtrisée. Pour rappel c’est un premier album et je suis enchanté de voir des groupes comme Heads Up, Your Favorite New Tape ou Left Bank jouer du punkrock mélodique comme on en faisait dans les années 90 en pleine hype du style. Mon coup de cœur de l’album se porte sur le morceau Screwed, qui est rapide et propose une belle intensité mais Broken Paths n’est pas très loin en proposant une belle personnalité avec un chant posé différemment et des passages mid-tempo très intéressants. Peut-être une piste pour les prochaines compositions ?

 

Balek Panic est un jeune groupe prometteur et ce premier album offre de belles promesses. Entre références nostalgiques et touches personnelles, cet album est une belle surprise et ce groupe mérite qu’on le suive avec attention.

 

 

J. NeWSovski

 

 

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vendredi 31 juillet 2026

BAYLINE – State of despair [EP]

 


BAYLINE – State of despair [EP]

White Russian Records

Bayline est un groupe hollandais qui s’est formé récemment (2022), il a déjà sorti un album en 2023 (I choose love) et vient de sortir son nouvel EP 4 titres, State of Despair, chez le mythique label batave : White Russian Records. La formation s’est stabilisée avec l’arrivée de son nouveau batteur (le 3ème quand même !).

Cet EP fonctionne sous forme de concept en explorant de façon chronologique la lente descente d’une relation qui s’effondre, depuis la prise de conscience de l’incompatibilité jusqu’à la panique étouffante de se retrouver prisonnier d’une vie qui ne nous correspond plus.

Tout commence avec Wither (se faner en français) qui se révèle être un morceau d’Emo – Post-hardcore avec un chant qui alterne le saturé et le clair. Il me rappelle un peu, toutes proportions gardées, la vague de groupes comme Boysetsfire ou Grade. Il évoque la lente disparition de l'espoir, à mesure que la réalité de la situation s'impose.

Vient ensuite Comfort’s a coffin qui évoque lui la peur de quitter ce qui nous est familier. C’est un morceau rapide et très efficace, tellement que je l’ai placé il y a quelques semaines sur la playlist estivale du fanzine.

Sinking in slowmotion en remet une couche dans le style émo-hardcore. Le rythme est encore très véloce avec de bons riffs de guitares, à la fois joueurs puis lourds. Il aborde le moment où l'on comprend qu'il faut abandonner le navire pour survivre.

State Of Despair est le morceau phare de l’EP, le dernier à avoir été dévoilé. Il démarre fort, avec un chant mélo sur les refrains et fini en véritable défouloir. Il retranscrit les conséquences physiques des crises d'angoisse ainsi que le courage nécessaire qu'il faut pour choisir une nouvelle direction.

Je noterai aussi les superbes artworks qui ont accompagné les sorties des trois premiers morceaux puis l’EP. Un très beau travail du studio Daggers Design.

 

Rappelant avec nostalgie la vague émo-hardcore de la fin des années 90, Bayline nous offre un petit EP marquant, efficace et original sur son sujet.

J. NeWSovski

 

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dimanche 26 juillet 2026

ATS 1994 - Infernus Manet [EP]

 


ATS 1994- Infernus Manet [EP]
Autoproduction

ATS 1994, ce nom mystérieux cache un nouveau groupe venu de Tarnos et Bayonne. On y retrouve Julien (ex-The Drugsters, The Enterprise, Missile) à la batterie, le quatuor a déjà marqué les esprits avec un premier EP 8 titres sorti en décembre 2025. Leur nouvelle production, Infernus Manet, en reprend l’esprit tout en y injectant une touche punk anglais des plus rafraîchissantes. Auto-proclamé Glam Rock/Punk, le groupe surprend dès les premières notes par une guitare au caractère bien trempé.

Infernus Manet, qui ouvre ce 4 titres, explose avec une énergie brute, rappelant MSS FRNCE par son groove, mais avec un chant en anglais à la voix chaude et expressive. Le morceau, nerveux à souhait, séduit par des mélodies accrocheuses et une guitare qui ose : entre riffs percutants et mini-solos, elle apporte une touche atypique et rafraîchissante.

Brain Dead confirme cette influence punk anglais : le débit vocal saccadé et le riff du refrain évoquent Les Clash, tandis que la structure rappelle les Buzzcocks. Mais c’est la réverbération et les sonorités planantes du clavier qui transforment ce titre en un morceau unique, entre punk rock et rock psychédélique.

Meatball joue la carte de la lenteur trompeuse : après une intro douce, le riff accrocheur explose et emmène le morceau vers un power-pop énergique. Les chœurs, bien placés, renforcent ce côté mélodique et entraînant.

 

Le dernier morceau, Hybrid moments, est une reprise des Misfits. Assez fidèle à l’originale c’est amusant car ce groupe est pas mal repris ces derniers temps (Black Mantra notamment sur son dernier EP). Preuve que ce groupe est intemporel et continue d’inspirer les nouvelles générations.

 

ATS 1994 est une pépite à suivre de près. Au-delà d’un punk rock classique, le groupe apporte une originalité rare : des mélodies travaillées, une guitare inspirée, et une énergie contagieuse. À mettre sur vos radars sans hésiter !

J. NeWSovski

 

 

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mardi 21 juillet 2026

ASTROMILK – Nobody Knows How Sad It Is To Be The Sun [EP]

 


ASTROMILK – Nobody Knows How Sad It Is To Be The Sun [EP]

 Autoproduction


Découverte réjouissante au détour des recommandations de Bandcamp : ASTROMILK, trio toulousain mené par Steve Ziane (ex-Lindbergh, Subcity Stories). Né en 2011 comme un projet solo, le groupe s’est progressivement étoffé avec Stéphan à la basse et Florent à la batterie. Après un premier album, Bad Songs For Sad People (2013), voici Nobody Knows…, leur premier EP… 13 ans plus tard.

L’ouverture de l’EP rappelle la vague émo de la fin des années 90, évoquant même Sense Field. Mélodique, presque pop, Throwing Cases pose une ambiance envoûtante. The Entertainer ajoute une touche Blonde Redhead, notamment grâce à une section rythmique où la basse domine. La voix douce de Steve contraste avec l’énergie croissante du morceau, créant un équilibre captivant.

Richard Gere’s Complex se distingue par son introduction soignée et ses mélodies percutantes, rappelant les Canadiens d’All Systems Go. Une power-pop musclée, riche en accroches, qui ne renierait pas Baby Chaos. Et si les références fusent pour décrire ASTROMILK, c’est parce que leur musique, inspirante, mérite qu’on s’y attarde.

Le titre éponyme (Nobody Knows), lui, évoque Favez, avec un chant posé et une douceur enveloppante.

À noter : un projet 100 % DIY, de l’enregistrement (au studio Nuance Records) à la pochette, signée par Steve lui-même.

 

Astromilk fait donc partie de ces belles découvertes avec un EP brillant emplein de belles mélodies. Un trio qu’il faudra suivre avec la plus grande attention !

 

J. NeWSovski

 

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