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jeudi 3 septembre 2026

Zalem – Ananta

 


Zalem – Ananta

Autoproduction

Le dernier album de Zalem est sorti en mars 2026. Pour mémoire leur dernier disque Stigma est sorti en 2011. Le groupe était en sommeil après un changement de line-up et une longue pause. Aujourd’hui, il revient avec un nouvel album (5 titres, 73 minutes) : Ananta.

Zalem n’a pas perdu son sens de la musique bien au contraire, inutile de comparer l’ancien line-up et l’actuel car une pointe de nouveauté est arrivée dans les compositions de leur dernier effort discographique.

Ananta a été enregistré au studios Tostaky sur Angers et mixé par Nicolas Houssin dans son home studio de St Georges sur Loire. Le travail de production est énorme, écoutez au casque et vous comprendrez ce que je veux dire.

Icarus ouvre le disque et je vous conseille de visionner le clip tourné à Ecouflant. Le chant est une nouveauté chez Zalem, et il apporte une fraîcheur dans les nouvelles compos.

Crossroads arrive en deuxième sur l’album et j’ai vraiment aimé ce qui m’est arrivé dans les oreilles, un son massif avec des montées de guitares bien planantes qui vous fera voyager, j’en suis sûr. On sent bien les influences d’Isis, avec une maîtrise des instruments, les guitares qui répondent au clavier et le duo basse-batterie s’accorde à merveille.

Imaginez-vous, en vélo avec un casque sur la tête et un autre sur les oreilles en campagne, loin du tumulte de la ville et traverser les chemins à l’écoute du morceau.

The Maze m’a un peu surpris, dans le bon sens bien sûr, je n’ai pas l’habitude d’entendre « Nietzsche » mais je pense que l’utilisation de sa voix pour le morceau le plus, disons sombre de l’EP à l’écoute, me concernant, est une bonne trouvaille. Ce n’est peut-être pas un hasard, je m’interroge juste sur ce qui est dit par le monsieur cité ci-dessus. Pourtant The Maze m’a pris aux tripes, son côté sombre ne m’a pas empêché de l’apprécier. Je m’y retrouve juste un peu moins en rapport avec le reste du disque.

Néanmoins, Zalem est de retour et c’est bien là le principal.

Si vous aimez Isis, Explosion in The Sky ou que vous vouez un culte à la Lune, bon elle est facile à placer celle-là, je pense que Ananta, le dernier Ep de Zalem, est fait pour vous.

 

Fred lpmr

 

 

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samedi 15 août 2026

BLUE GRIZZLY – S/t

 


BLUE GRIZZLY – S/t

Autoproduction

 

Voici un groupe qui assume pleinement son identité. Entre miel sonore et douceur mélodique, Blue Grizzly propose un rock gourmand, aussi savoureux qu’inattendu. Le trio rennais signe ici son deuxième album, après Makesong (2024) et l’EP Malone (2023).

Avec des sonorités résolument grunges, les Rennais prouvent qu’ils sont de vieux briscards du genre. Never Thought You Would envoie une bouffée d’air seattlien, tout en évoquant aussi les Suisses d’Hathors. Ce morceau d’ouverture, percutant, donne le ton, même s’il peut sembler trompeur : Blue Grizzly excelle surtout dans des mélodies power pop (Spell and Write, Tug, Conquistador), qu’ils distillent avec brio tout au long des 14 titres.

Côté douceur, Abuela et Kragle livrent une dose de tendresse sans renoncer à leur ancrage années 90. Let Him Down, simple et efficace, rappelle même les Breeders. L’inclusion d’un morceau instrumental comme Pikiwiki, nerveux et revigorant, est une excellente idée pour dynamiser l’écoute. Le groupe revient ensuite à un grunge plus lourd avec Found The Law That I Wanted, marqué par un riff puissant et des sonorités noise sur le refrain, puis America, au chant filtré, l’un des titres les plus percutants de l’album.

Sonorités rock tendance grunge, les Rennais sont des vieux briscards qui maîtrisent parfaitement leur style. Never Thought You Would sent fort l’odeur de Seattle mais me fait aussi penser aux Suisses d’Hathors. Un morceau rentre-dedans pour débuter mais qui peut paraître tout de même un peu trompeur car Blue Grizzly se révèle être très fort sur les mélodies powerpop (Spell and Write ; Tug ; conquistador) au point d’en distiller tout au long des 14 morceaux.

Malgré de bonnes idées, quelques fragilités subsistent, notamment au niveau du chant : les aigus manquent parfois de stabilité (Tug, Vince and Marco), et les harmonies (Picture in My Mind) pourraient gagner en précision. Pourtant, ces morceaux séduisent par leurs mélodies envoûtantes et des arrangements bien pensés, comme la basse, qui mériterait d’être davantage mise en valeur.
Autre regret : un mixage un peu étouffé sur les voix, dommage pour un album aussi riche. J’ignore si l’enregistrement a été réalisé en autonomie par le groupe, mais cela pourrait expliquer ce manque de clarté.

Derrière le personnage de l’ours se cache un trio passionné, qui puise son inspiration dans les sonorités des années 90 et les mélodies accrocheuses. Et le pari est réussi : on se laisse rapidement emporter par leur univers.


 

J. NeWSovski

 

 

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mercredi 5 août 2026

BALEK PANIC – Zoo City

 


BALEK PANIC – Zoo City

Autoproduction

Déjà auteurs de deux EPs les quatre lascars de BALEK PANIC viennent tout juste de sortir leur premier album, Zoo City, en autoproduction. Les 14 morceaux ont été enregistrés et mixés par Joshua Hudes au studio Résonnance 93, avec un super son. L’artwork, dessiné se veut dans le style du précédent. Un joli dessin signé Benjo San qui illustre bien le titre de cet album : Zoo City.

Let’s party démarre fort en utilisant les codes du punk mélodique, avec un petit riff de guitare qui rappelle Millencolin. Zoo City, quant à lui, évoque Learn To Fly des Foo Fighters.

On sent bien les références punkrock des années 90 notamment dans les structures de refrains accrocheurs, l’utilisation des chœurs et les mélodies accrocheuses et, si l’on joue le jeu du Name Dropping, on peut citer de nombreuses références dont Bracket (My Monster) voire même la vitesse des Satanic Surfers et la façon de placer le refrain sur Human Plastic Waste. On retrouve le côté fun et déconne des Uncommonmenfrommars sur Me and my electric Bike, parfait pour accompagner l’été, le morceau est accompagné par une trompette, qui amène une touche festive et originale. On retrouve d’ailleurs cette dernière sur 49.3 cm of love avant que le morceau parte en punk mélodique parfaitement maîtrisé.

Vous l’aurez compris, le groupe ne révolutionne pas le genre mais sa musique est rafraîchissante, énergique et techniquement maîtrisée. Pour rappel c’est un premier album et je suis enchanté de voir des groupes comme Heads Up, Your Favorite New Tape ou Left Bank jouer du punkrock mélodique comme on en faisait dans les années 90 en pleine hype du style. Mon coup de cœur de l’album se porte sur le morceau Screwed, qui est rapide et propose une belle intensité mais Broken Paths n’est pas très loin en proposant une belle personnalité avec un chant posé différemment et des passages mid-tempo très intéressants. Peut-être une piste pour les prochaines compositions ?

 

Balek Panic est un jeune groupe prometteur et ce premier album offre de belles promesses. Entre références nostalgiques et touches personnelles, cet album est une belle surprise et ce groupe mérite qu’on le suive avec attention.

 

 

J. NeWSovski

 

 

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dimanche 26 juillet 2026

ATS 1994 - Infernus Manet [EP]

 


ATS 1994- Infernus Manet [EP]
Autoproduction

ATS 1994, ce nom mystérieux cache un nouveau groupe venu de Tarnos et Bayonne. On y retrouve Julien (ex-The Drugsters, The Enterprise, Missile) à la batterie, le quatuor a déjà marqué les esprits avec un premier EP 8 titres sorti en décembre 2025. Leur nouvelle production, Infernus Manet, en reprend l’esprit tout en y injectant une touche punk anglais des plus rafraîchissantes. Auto-proclamé Glam Rock/Punk, le groupe surprend dès les premières notes par une guitare au caractère bien trempé.

Infernus Manet, qui ouvre ce 4 titres, explose avec une énergie brute, rappelant MSS FRNCE par son groove, mais avec un chant en anglais à la voix chaude et expressive. Le morceau, nerveux à souhait, séduit par des mélodies accrocheuses et une guitare qui ose : entre riffs percutants et mini-solos, elle apporte une touche atypique et rafraîchissante.

Brain Dead confirme cette influence punk anglais : le débit vocal saccadé et le riff du refrain évoquent Les Clash, tandis que la structure rappelle les Buzzcocks. Mais c’est la réverbération et les sonorités planantes du clavier qui transforment ce titre en un morceau unique, entre punk rock et rock psychédélique.

Meatball joue la carte de la lenteur trompeuse : après une intro douce, le riff accrocheur explose et emmène le morceau vers un power-pop énergique. Les chœurs, bien placés, renforcent ce côté mélodique et entraînant.

 

Le dernier morceau, Hybrid moments, est une reprise des Misfits. Assez fidèle à l’originale c’est amusant car ce groupe est pas mal repris ces derniers temps (Black Mantra notamment sur son dernier EP). Preuve que ce groupe est intemporel et continue d’inspirer les nouvelles générations.

 

ATS 1994 est une pépite à suivre de près. Au-delà d’un punk rock classique, le groupe apporte une originalité rare : des mélodies travaillées, une guitare inspirée, et une énergie contagieuse. À mettre sur vos radars sans hésiter !

J. NeWSovski

 

 

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mardi 21 juillet 2026

ASTROMILK – Nobody Knows How Sad It Is To Be The Sun [EP]

 


ASTROMILK – Nobody Knows How Sad It Is To Be The Sun [EP]

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Découverte réjouissante au détour des recommandations de Bandcamp : ASTROMILK, trio toulousain mené par Steve Ziane (ex-Lindbergh, Subcity Stories). Né en 2011 comme un projet solo, le groupe s’est progressivement étoffé avec Stéphan à la basse et Florent à la batterie. Après un premier album, Bad Songs For Sad People (2013), voici Nobody Knows…, leur premier EP… 13 ans plus tard.

L’ouverture de l’EP rappelle la vague émo de la fin des années 90, évoquant même Sense Field. Mélodique, presque pop, Throwing Cases pose une ambiance envoûtante. The Entertainer ajoute une touche Blonde Redhead, notamment grâce à une section rythmique où la basse domine. La voix douce de Steve contraste avec l’énergie croissante du morceau, créant un équilibre captivant.

Richard Gere’s Complex se distingue par son introduction soignée et ses mélodies percutantes, rappelant les Canadiens d’All Systems Go. Une power-pop musclée, riche en accroches, qui ne renierait pas Baby Chaos. Et si les références fusent pour décrire ASTROMILK, c’est parce que leur musique, inspirante, mérite qu’on s’y attarde.

Le titre éponyme (Nobody Knows), lui, évoque Favez, avec un chant posé et une douceur enveloppante.

À noter : un projet 100 % DIY, de l’enregistrement (au studio Nuance Records) à la pochette, signée par Steve lui-même.

 

Astromilk fait donc partie de ces belles découvertes avec un EP brillant emplein de belles mélodies. Un trio qu’il faudra suivre avec la plus grande attention !

 

J. NeWSovski

 

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vendredi 3 juillet 2026

3615 FRANCIS - Professional Entertainers [EP]

 


3615 FRANCIS - Professional Entertainers [EP]

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L’année dernière je découvrais 3615 Francis, un groupe au nom totalement incongru qui renvoyait directement aux années 90. Le voilà de retour, 7 mois plus tard, pour un deuxième EP. Les Niçois jouent du punkrock mais sans se soucier des étiquettes.

Dans Professional Entertainers le groupe peut aussi bien s’appuyer sur ses racines Bad Religion comme sur le rapide et mélodique War, ou bien s’aventurer dans le ska/reggae/morceau fun comme pouvait le faire Less Than Jake et consorts. Sur Song for you, on sent le soleil et pleinement la fin des années 90, l’époque où chaque groupe sortait son morceau tranquille (Undeclinable Ambuscade, Burning Heads, Goldfinger, NoFX, Uncommonmenfrommars…), la trompette est convoquée, le xylophone aussi et ça marche parfaitement. Fright Night démarre sur une basse groovy et des textes rigolos, puis il part vers un punkrock qui me fait penser aux Chasing Paperboys. War est donc d’inspiration Bad Religion sur ses lignes mélodiques mais surtout sur le positionnement des chœurs, ça en fait un morceau terriblement efficace. J’aime bien aussi The end of the race, plus long mais rapide et accrocheur.  Fuckin Sad termine l’EP en moins de 15 secondes et aurait donc eu parfaitement sa place sur la magnifique compile Fat Wreck : short music for short people.

 

Un deuxième EP dans la continuité du précédent à savoir un punkrock difficilement classable avec une grosse marge de fun et de bonne humeur. Le groupe ne se met pas de barrières et ça se sent.

J. NeWSovski

 

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samedi 11 avril 2026

KANØN – S/t [EP]

  



KANØN – S/t [EP]

Autoproduction

KANØN, est un projet né il y a 1 an ½ dans lequel on retrouve Ben (ex-We Want Sound ; et son projet solo Ben Leno), Louis de Orchids ainsi que Manon et Louise du groupe Deuxième Etage. Le groupe est installé entre Poitiers et Parthenay.

In My Veins, le morceau d’ouverture, possède des faux airs de Dead End, il démarre fort avant d’offrir la surprise d’une guitare acoustique qui vient adoucir l’ensemble et lui confère une originalité immédiate. Je trouve d’ailleurs super intéressant ce morceau de pop-punk très solaire, bien porté par la voix de Ben dont le grain ajoute une touche de caractère. Green Jacket, quant à lui, m’évoque un peu FAVEZ par certains aspects, j’aime beaucoup le côté mid-tempo, riche en émotions et bien appuyé par des chœurs qui montent haut. Cats, s’installe avec une belle intro soignée avant de basculer vers de la power-pop très plaisante servie par des chœurs féminins accrocheurs et un chant qui oscille entre mélodieux et rugueux. Trick or treat peine, par contre, à me convaincre. Chanté par les filles, le morceau possède un côté Panic Monster avec la guitare acoustique mais l’accent accroche l’oreille, c’est fun mais sans plus.

 

Au final, KANØN signe un premier EP prometteur, alliant mélodies bien senties et une touche punk-rock qui flirte avec la power-pop. La construction est solide, la voix accrocheuse, et l’ensemble donne envie d’en savoir plus. À suivre de près.


J. NeWSovski


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dimanche 29 mars 2026

.CHIRE – Notre Dame Des Tentes [EP]

 


.CHIRE – Notre Dame Des Tentes [EP]

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Montréal ne cesse de confirmer son rôle de place forte du rock canadien. Après Vulgaires Machins, Population II, Nobro ou Lost Love, voici .CHIRE et son punk « gériatrique » – un terme qui, rassurez-vous, ne reflète en rien l’énergie de ce quintet. Leur EP Notre Dame Des Tentes est une claque aussi bien musicale que sociale, où la rage et l’engagement se marient à des riffs tranchants et des voix éraillées. Bon, en voyant les photos des gars, je me rends compte qu’on a à peu près le même âge. Je vais donc considérer Les Rêveries comme un fanzine gériatrique aussi !

L’EP démarre fort avec Révolution (y’en aura pas) punkrock très efficace avec une grosse voix façon Gruff Punk et un chant en français teinté du subtil accent québécois si reconnaissable. Ça joue fort et ça joue vite, un vrai défouloir, les chœurs fonctionnent à merveille et la section rythmique est vraiment sympa, j’aime beaucoup la basse. Enchaîne ensuite C’est le premier tour de roue le plus rough, avec le deuxième chanteur qui prend le lead. Sa voix est originale et, avec ce texte, ça passe crème ! Le texte aborde le sujet de l’écologie et comment enrailler le mouvement de surconsommation, c’est intéressant.

Il y a toujours un engagement dans les textes, c’est le cas aussi sur Brûle ! Coderre, Brûle !, un morceau que j’affectionne particulièrement. Il va vite, la voix éraille de FO dessus fonctionne à merveille et la guitare est joueuse et balance quelques riffs bien sentis. Un très très bon morceau.

Notre Dame Des Tentes, morceau éponyme, est une plongée dans le Montréal des laissés-pour-compte. Le texte, poignant, décrit un campement de fortune face à l’explosion des loyers – un thème universel, mais ancré dans le réel (-30°C l’hiver, ça ne pardonne pas). Musicalement, les riffs en cascade et les changements de tempo évoquent l’urgence, comme si Hot Water Music avait croisé la route des Vulgaires Machins. Un excellent morceau.

Fuck Gagner me fait vraiment penser à un morceau de Guerilla Poubelle, un brûlot punk rapide et direct. Un texte qui aborde, une nouvelle fois, un sujet sociétal.

 

Notre Dame Des Tentes est un EP sans concession, où le punk retrouve sa fonction première : dénoncer, rassembler, et surtout, faire bouger. .CHIRE prouve qu’on peut être « gériatrique » sans rien perdre de son mordant, et qu’à Montréal, la scène punk francophone a encore de beaux jours devant elle. À suivre de près, donc.

J. NeWSovski

 

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vendredi 13 mars 2026

FALLING WAVES – The stories we’ve been told [EP]

 


FALLING WAVES – The stories we’ve been told [EP]

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Sorti en fin d’année 2025, ce second EP de Falling Waves est passé sous les radars et il serait dommage de ne pas profiter ce petit bijou de 25 minutes pour 4 titres tant ce groupe de Saint Etienne regorge de qualités.

 

L’EP s’ouvre avec Brighton Blast, qui installe une atmosphère envoûtante, entre douceur ambiante et montée en puissance. La guitare, résolument années 90, apporte une intensité qui ne sacrifie jamais la mélodie. Circles enchaîne avec près de sept minutes d’indie rock hypnotique, où la tension monte crescendo. On y entend des échos de la scène emo, voire des accents de Baby Chaos, mais toujours avec une identité propre.

J’aime beaucoup John Murphy avec des extraits du film 28 jours plus tard de Danny Boyle dont le thème a été composé par John Murphy et des samples issus du discours de Greta Thunberg devant l’ONU qui servent de chant Derrière on est sur du post-rock hyper immersif et super bien réalisé. Le dernier morceau (CTRL DEL) est aussi une vraie pépite qui allie douceur et mélodies sur sa première partie avant de durcir le ton mais de garder son côté envoutant sur sa seconde moitié.

On notera aussi la très jolie pochette, sobre et énigmatique.

Falling Waves signe ici l’un des plus beaux EP de la fin d’année 2025, alliant qualité musicale, sincérité et une capacité rare à captiver l’auditeur.

 

J. NeWSovski

 

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jeudi 27 novembre 2025

3615 FRANCIS – Playboys [EP]

 



3615 FRANCIS – Playboys [EP]

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3615 Francis c’est le piège parfait : un nom qui fleure bon la nostalgie des années 80, mais une musique qui se joue des codes avec une grande modernité. Derrière ce côté rétro, il déploie une énergie électrique avec un joli sens de l’hybridation. En plus de ses influences 90’s, le quatuor Niçois ose injecter à son punkrock mélodiques des éclats d’électro pour un mélange aussi détonnant que surprenant.

Et c’est justement sur des airs d’électro-punk et le morceau Playboy que 3615 Francis introduit son EP avant que les guitares ne prennent le pas, la rythmique binaire revient sur le refrain alors que le chant rappelle les groupes Fat Wreck des années 90. On connaissait déjà aussi Don’t share your DNA qui était le deuxième single (sorti fin mai, playboy en avril), le morceau était d’ailleurs sur la playlist estivale. Très efficace, un peu déjanté avec des sonorités originales venant du clavier. Le chant amène, une nouvelle fois, une touche de folie bien compensée par le refrain avec la douce voix féminine qui l’accompagne. L’influence Hateful Monday ou peut-être tout simplement la ressemblance est flagrante sur Heart has gone qui reprend les codes du punkrock mélodique : rapide et terriblement accrocheur sur le refrain avec un chant particulièrement intéressant. Le quatuor se lance dans la chanson française avec Je vous emmerde, rapide défouloir de 29 secondes délibérément provocateur. Puis tout se termine avec Scream It louder, qui monte haut et se révèle être très plaisant.

 

Un premier EP qui se révèle original de par ses sonorités électro sur quelques morceaux ainsi que le passage en français sur un titre. C’est efficace et mélodique à souhait. Une bonne découverte.

 

 

J. NeWSovski

https://3615francis.bandcamp.com/track/playboy

https://www.facebook.com/p/3615-Francis-61575084989133/



dimanche 2 novembre 2025

DEAD IN L.A. – Demolition. Girl.

 


DEAD IN L.A. – Demolition. Girl.

 

C’est grâce à Aleksandra, aussi chanteuse de Wake The Dead, que j’ai découvert Dead In L.A., nouvelle formation où elle assure la basse et les chœurs. Le trio est complété par deux anciens de The Dawn (ex-Inmate pour les plus anciens) : Seb à la guitare et au chant, et Bruno à la batterie. Basé à Marseille, ce premier album de 8 titres (27 minutes) est un vrai coup de poing !

 

L’album respire la chaleur de Marseille, et tout commence par The Heartbreaker, un morceau sulfureux et d’une puissance folle, que les chœurs déchirants d’Aleksandra amplifient encore. Sans temps mort, Friendshit s’engage sur les mêmes bases, avec une rythmique ultra-groovy. Moins direct, le morceau dégage une sensation de puissance rare. Dead In L.A. impose un style bien à lui, qui évoque Unsane ou nos Frenchies de Tantrum, avec des sonorités parfois teintées de stoner. Les chœurs, omniprésents, apportent une touche unique qui fait de ce groupe une pépite à part.

 

On connaissait déjà The Driver, mais il résume à lui seul les influences du trio : une première partie écrasante, pure noise rock années 90 à la Unsane, suivie d’une deuxième partie ronde et groovy, très stoner façon Clutch


L’énergie ne faiblit pas, et on se demande comment le trio tiendra le rythme sur scène :
Reckless, tout aussi intense, offre un refrain qui apporte — fait rare — une pointe de douceur. J’avais diffusé Hell is full of DJ’s and architects dans ma playlist estivale, un morceau hyper énergique où la symbiose entre le chant et les chœurs, omniprésents, est impressionnante. Ce titre représente vraiment l’identité du groupe à mon sens et c’est une belle carte de visite. Avec un côté très punk, Heads On Fire enchaîne à une vitesse folle, avant de basculer brutalement vers une transition post-hardcore, puis de repartir sur un rythme effréné. Le tempo ne faiblit pas jusqu’à la fin, et je retiens surtout Worship, plus lent et posé, mais terriblement lourd, avec ses riffs de basse inquiétants. Une mélodie de piano vient y glisser un rayon de soleil bienvenu.

 

Dans cette fin d’année tellement riche en sorties de qualité, il serait dommage de rater ce trio marseillais. Leur son, lourd et puissant, est d’une efficacité redoutable, et les morceaux, addictifs, apportent un vent de fraîcheur. À découvrir absolument, et à suivre pour leurs prochaines dates !

 

J. NeWSovski

 

 

https://deadinlarock.bandcamp.com/

https://www.instagram.com/deadinlarock


vendredi 19 septembre 2025

LES SOULS MOTELS – the miserable have medicine

 


LES SOULS MOTELS – the miserable have medicine

Autoproduction

 

Tout est parti d’un message de Pit Samprass sur Facebook, quelque chose du genre : « J’ai enregistré la guitare sur l’album de Les Soul Motels ». Diable ! Qu’est-ce que c’est que ce nouveau groupe ? Une rapide recherche rapide, et le nom de Jean Morreau apparaît à la basse. Vous savez, celui qu’on appelait Orange quand il tenait la guitare dans NRA et qui est aussi le chanteur de THIRD EGO depuis trois ans, à ses côtés il y a aussi Christophe le batteur de Vultures, Hyenas and Coyotes et auparavant dans Socrates. Et derrière tout ce projet - ou plutôt à sa tête – il y a Sven, guitariste de NRA, qui assure ici le chant et la guitare. Une belle fusion de musiciens qui ont bercé ma jeunesse.

Le projet a été enregistré à l’Amsterdam Recording Company par Jean Morreau himself, en même temps c’est son studio…

 

Sven propose 13 titres avec quelques petits tubes comme mon préféré Dark Is In The Heart qui démarre fort par son refrain « I Want Some… » les couplets sont mélodiques et sa voix un peu éraillée m’a surpris : je ne crois pas l’avoir entendu dans NRA à l’époque. Le morceau d’ouverture Rock My Boat est aussi intéressant : posé, il prend son temps pour installer son ambiance, malgré ses deux minutes.

The Miserable have medicine n’est pas un album punkrock au sens strict, il ne fait pas étalage d’une vitesse débordante mais c’est un disque de rock qui est brut tant dans son traitement que dans ses compositions (Rear View Mirror) qui se veut entraînant (see believe, ou le très bon In this world) avec une touche du début des années 90 bien sentie. Les titres s’enchaînent dans le même esprit ce qui rend l’album homogène (Not one message, Fearless) et par moment se dégage une mélancolie latente (Burn Out) portée par des tempos ralentis.

Quelques petites dissonances cependant, comme check one qui me semble trop abrasif à mon goût ou bien le traitement global du son, bien que volontairement lo-fi il manque tout de même de puissance.

 

Au final, The Miserable Have Medicine est un album qui assume ses influences et ses imperfections. Entre énergie rock et mélancolie, il séduit par son authenticité, même s’il laisse parfois sur sa faim côté production. Un projet à suivre, porté par des musiciens légendaires, dont on espère qu’ils arpenteront les routes bientôt !

J. NeWSovski

 

 

https://lessoulmotels.bandcamp.com/album/the-miserable-have-medicine



vendredi 29 août 2025

TENNGER – S/T

 


TENNGER – S/T

autoproduction


Il y a des disques qui ne se donnent pas tout de suite. Mais qui finissent par nous habiter au fil des écoutes. La dernière production du trio TENNGER appartient à cette catégorie. Sorti en autoproduction en toute discrétion au printemps, le EP 5 titres proposé par les Toulousains est l'éloge de la lenteur et de la délicatesse. Pour sa deuxième livraison (un premier EP avait déjà vu le jour en 2022), le combo de Toulouse navigue aux confins du slowcore et du post-rock atmosphérique. On pense notamment à des groupes aussi cultes que SLINT ou DUSTER à l'écoute de ces 5 compositions sobres mais inspirées. Dès les premières mesures du morceau d’ouverture "
Aside", on comprend que l'expérience sera presque méditative. La délicate introduction de trois minutes laisse place au chant murmuré (comme dans DUSTER) et à une rythmique chirurgicale. La tension monte crescendo, la guitare se fait plus incisive et la batterie plus explosive. Le deuxième morceau prend un peu le contrepied du titre introductif. Plus noisy, frontal et puissant, "Duel" est un excellent titre de rock instrumental (le chant y est quasiment absent). La voix toute en retenue d'Alec se fait plus présente sur le mélodique "Street Staff", titre qui s'inscrit dans une veine plus slowcore. "Pouring Tree" montre le versant plus indie-rock de TENNGER. Le titre charme par sa ligne de basse accrocheuse et son final plus bruitiste. Le chant y est plus affirmé, moins chuchoté. Une coloration musicale qui rappelle certains titres mid-tempo de LYSISTRATA. Le EP éponyme des Toulousains se conclut avec le poignant "Alone". Dans un format assez ramassé (5 minutes), cette dernière pépite post-rock nous rappelle vraiment le meilleur de SLINT.


En creusant plus profondément encore leur sillon lent et abrasif, TENNGER affine son langage. On croise les doigts pour que le trio toulousain s’installe dans le paysage du slowcore hexagonal et retienne un plus l'attention qu'il mérite. 

Mr Caribou

 

Titre préféré :                    Aside

 

https://tenngerband.bandcamp.com/album/tennger

https://www.facebook.com/tenggerband



mardi 15 juillet 2025

THE MERCENARIES – Turn It Up

 


THE MERCENARIES – Turn It Up

Autoproduction

 

The Mercenaries a déjà deux EPs et un album au compteur, pourtant je les découvre seulement avec Turn It Up. Le groupe parisien, de Montreuil plus précisément, balance depuis 2014 un cocktail bien dosé de rocksteady, de punk et de ska. Une tambouille chaude et rugueuse à la fois, qui aurait toute sa place sur Hellcat Records aux côtés de Rancid ou des Interrupters, d’ailleurs ces derniers les ont déjà embarqués en première partie sur leurs dates en France, c’est dire si les points communs ne sont pas anodins.

 

Chez The Mercenaries le chant est partagé entre Bad Ness et Loki, et cette alternance entre voix féminine et masculine est super intéressante et amène un dynamisme constant. La grande nouveauté par rapport aux précédents enregistrements c’est l’arrivée d’une section cuivre (Nico au trombone et Léo à la trompette) qui amène de la profondeur et du coffre à leur musique.

Dès l’ouverture avec Zion, le ton est donné : un reggae abrasif, dense, presque militant, qui pose l’ambiance. Plus tard on se délectera aussi de Paradise, porté par une basse qui groove à souhait avec une bonne vibe roots. Mais Turn It Up ne s’endort jamais longtemps : Take It To The Streets arrive en embuscade avec la voix éraillée de Bad Ness, qui n’a rien à envier à Aimee Allen de The Interrupters (oulala cette fin sur Time to party !!!) pendant que Like There Is No Tomorrow vient nous chercher avec un piano irrésistible et un refrain plus accrocheur qu’une bande de velcro. Les Parisiens sont aussi très bons sur le côté roots (Far From The Troubles) mais ils n’oublient pas non plus le ska avec un titre instrumental (Madness). Puis quand ils mixent toutes leurs influences et les ressortent à leur sauce ça donne des morceaux hybrides comme antisocial ou Bad Girl qui partent dans toutes les directions mais de façon tellement coordonnée que ça fonctionne parfaitement ! On parle de Bad Ness depuis le début parce qu’on aime bien les groupes avec des chanteuses ici, mais la voix de Loki est tout aussi intéressante avec son grain si particulier.

 

On notera la très jolie pochette réalisée au stylo Bic par l’artiste Beus, le recto est magnifique mais le verso vaut tout autant le détour.

 

Bande son idéale pour l’été, Turn It Up est un album surprise qui amène une grosse dose de fraîcheur à l’aide de sonorités diversifiées qui mettent en avant une belle ouverture. Un chouette album !

 

J. NeWSovski

 

 

https://the-mercenaries.bandcamp.com/album/turn-it-up

https://www.facebook.com/themercenariespunkrock/?locale=fr_FR