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dimanche 1 mars 2026

YOUTH AVOIDERS – Defiance

 


YOUTH AVOIDERS – Defiance

Dispear Records / Destructure records

Huit ans séparent Défiance de Relentless, le second album des Parisiens. Une longue période durant laquelle le groupe a vécu beaucoup de hauts avec des concerts partout à travers le monde mais aussi des bas qui les ont obligés à changer de line-up et notamment se séparer de leur bassiste, suite à une agression sexuelle. Ce nouvel album est donc une surprise. Une excellente surprise même. Et dès les premières notes on reconnait les marqueurs du groupe avec un son caractéristique et un chant original.

Endless Fight démarre avec une énergie communicative, punkrock pleine balle, hardcore old school. Le groupe joue vite, à la manière des Nantais de Circles avec lesquels ils partagent de nombreux points communs.

Le tempo est frénétique sur Fed Up Of Their Lies qui montre que Youth Avoiders est toujours un groupe avec des paroles engagées. Les mélodies ne sont pas oubliées comme sur Solidarity with the oppressed ou Nowhere to go où la voix de Christopher se pousse dans ses retranchements. Les titres s’enchaînent, pas moins de 10 pour 20 minutes, la messe est vite dite, mais on notera quelques excellents brûlots comme Real Life Awaits Us ou Short Fuse. J’apprécie particulièrement la guitare de Christoph, d’une efficacité implacable sans distorsion et le jeu de batterie ultra efficace de Marlon.

 

L’enregistrement a été réalisé en deux temps entre Aout 2024 et Novembre 2025 signé Nicolas, qui assure aussi la basse, est d’une justesse remarquable. Quant à la pochette signée par Gaspard Le Quiniou d’Arrache-toi un Œil, elle est vraiment magnifique, c’est une des plus belles que j’ai pu voir ces derniers temps, bravo !

 

Defiance est l’un de ces albums incontournables de ce début d’année. Il marque le retour de Youth Avoiders et c’est une excellente nouvelle ! Il s’écoute en boucle et je ne peux que le conseiller vivement !

 

J. NeWSovski

 

 

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jeudi 5 février 2026

LA FAIBLESSE – Un jour après l’autre

 


LA FAIBLESSE – Un jour après l’autre

Guerilla Asso / Twenty Something

 

Voici l’un des groupes les plus prolifiques de notre scène française et pourtant ce n’est pas un de ceux dont le nom revient le plus régulièrement dans les fanzines et webzines. Peut-être est-ce dû à la difficulté de le classer ? Où son positionnement de groupe post-Hxc, post-metal, screamo chanté en français ? Peu importe les étiquettes finalement car leur musique frappe par son authenticité qui traverse les styles.

 

Sorti en toute fin d’année 2025, Un jour après l’autre est le troisième album de La Faiblesse en trois ans. Dans La Chute les Parisiens plantent le décor avec une tension électrique et des guitares tranchantes. Les deux chants (Paul et Christelle) appuient fort. Avant la fin met en avant une mélancolie latente. La rythmique y est lente, le chant de Paul est torturé tandis que les textes de Christelle sont déchirants. Par la suite Se Lover Dans L’Ombre amène un peu plus de clarté dans ce début d’album. Les mélodies sont plus enjouées même si stagne une certaine tristesse dans l’aura de ce morceau. La lumière transparait aussi à travers seul, chanté en anglais et davantage encore mélodique.

J’aime le côté plus offensif de Partir avec son riff de guitare très incisif, le morceau est puissant et d’une grande densité, c’est aussi le cas de Au-delà du mal qui démarre en trombe pour s’éteindre ensuite et donner naissance à Funambule qui clôt l’album. La Faiblesse amène beaucoup d’intensité dans le contraste entre les passages doux et l’alternance avec la puissance des passages screamo (dans la nuit)

Les textes sont au cœur de cet album et j’aime l’écriture que je trouve emplie de mélancolie (Croire à demain ; funambule).

Coté son, un jour après l’autre a été enregistré au Studio UFO par Alexandre Mazarguil et il est vraiment parfait avec un subtil équilibre entre les instruments et les voix. La pochette reste dans la tradition du groupe à savoir un sobre photo des quatre membres du groupe. Celle-ci se révèle tout de même bien plus sombre que celle de l’album éponyme révélant peut-être une noirceur plus intense de l’album.

 

Un Jour Après L’Autre est un magnifique album empreint de mélancolie et de douleur parfaitement porté par la complémentarité des deux chants. Ce groupe atypique possède la qualité de nous immerger dans son monde. Un album riche, dense et terriblement abouti.

 

J. NeWSovski

 

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mardi 13 janvier 2026

VANTRE – Clonocracy

 


VANTRE – Clonocracy

Araki Records / Cœur sur toi / Table Basse Records / Forbidden Place Records


VANTRE était l’ovni musical de l’année 2025. Difficile à classer : math-rock, post-rock ou indie-punk ? Peu importe finalement, car Clonocracy est un album qui m’a beaucoup surpris et marqué. Originaire du sud de Paris, ce trio s’est formé en 2020 sur une formule audacieuse car il est composé de deux bassistes et d’un batteur. Pas de chanteur, pas besoin. Dès lors, tous les morceaux sont instrumentaux. Le trio a déjà sorti une série d’EPs (Treehopper) et voici donc son premier opus.

 

L’album s’ouvre avec l’époustouflant Stomak, à la rythmique prenante et à l’énergie contagieuse. Un titre d’autant plus savoureux que le jeu de mots avec le nom du groupe ne passe pas inaperçu. Clonocracy s’inspire d’une dystopie futuriste : en 3701, face à l’épuisement des ressources et à la stérilité croissante, de nouvelles croyances émergent, prônant le clonage comme solution. Le morceau éponyme, véritable voyage sonore de sept minutes, explore ces thèmes avec une densité proche du stoner-rock, évoquant les paysages sonores de Dune ou l’univers de Mars Red Sky. Menstruosterone prolonge cette dynamique avec une approche très mélodique et captivante qui s’étale sur la longueur.

Mais Vantre en a encore dans le bide et part sur un rythme effréné, voire très punk, sur Conan The Dog qui laisse tout de même transparaître de belles mélodies sur ses refrains. Un peu plus loin Netavark et Plastic Jizz dynamitent la fin de l’album avec des rythmiques grooves très percutantes tandis que Metha, morceau expérimental, clôture en douceur ce premier album.

 

Une véritable claque que ce premier album. Inclassable mais immersif, Clonocracy est un album à ne pas manquer qui se veut addictif et d’une grande originalité.

J. NeWSovski

 

 

https://vantremusic.bandcamp.com/album/clonocracy

https://linktr.ee/vantremusic

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mercredi 19 novembre 2025

KARABA F.C. – Symbionts

 


KARABA F.C. – Symbionts

Voice of the unheard / Microfaune Records

 

C’est dans la pointe hostile de la Bretagne, à Brest, là où le vent et la pluie forgent les caractères, que naissent en ce moment des groupes très intéressants. Le dernier arrivé s’appelle KARABA FC, un nom énigmatique pour un jeune quatuor formé en 2021. Breton par adoption mais pas tout à fait car si une partie du groupe a posé ses valises à Brest, l’autre est toujours ancré à Paris, où tout a commencé. Après deux EPs prometteurs, le groupe est retourné en studio, à Angers, à la Cuve plus précisément pour enregistrer sous la houlette de Elliot et StW (de Bermud et Limboy) et voici Symbionts.

 

Karaba FC s’inscrit dans la veine de groupes comme Fragile ou Touché Amoré avec un post hardcore qui marie mélodies envoûtantes et sonorités plus torturées.

Trails amène ce côté mélodique. Le jumelage des deux chants (Émile et Clément) avec deux voix bien distinctes fonctionne à merveille. Le morceau est plus que plaisant il en devient même presque dansant. Celebrate est aussi très efficace alternant douceur et énergie, on ressent sur ce morceau la grosse influence Touché Amoré. Et puis le groupe joue aussi avec les codes de l’indie rock sur Always Aging avant de durcir le ton sur sa deuxième partie pour en faire un morceau presque screamo.

Life amène ses riffs joueurs façon Vantre et j’apprécie aussi beaucoup la fragilité qui se dégage du groupe avec un chant qui me fait parfois penser au groupe Elliott. Une chanson très mélodique dans la veine des groupes Emo du début des années 2000. C’est très beau et très bien exécuté. On frôle le post-rock sur la très douce Happy qui est pleine de mélancolie et de tristesse puis Tides vient clore ce premier album de très belle manière avec un regain d’énergie.

 

Avec Symbionts, Karaba FC signe un premier album abouti, où mélodies, émotions et énergie fusionnent de façon naturelle. Leur capacité à transcender les genres – du post-hardcore à l’emo, en passant par des touches de post-rock – augure d’un avenir radieux. Un groupe à suivre de près, et un disque à écouter sans modération.

 

J. NeWSovski

 

https://karabafc.bandcamp.com/album/symbionts

https://www.facebook.com/KARABAFC/



mardi 7 octobre 2025

PLUIE CESSERA – We’ve been alone [EP]

 


PLUIE CESSERA – We’ve been alone [EP]

Spleencore Records / Tout Doux Records

Joli nom, et belle promesse tenue pour ce jeune groupe parisien de screamo/post-hardcore, formé en 2023. We’ve Been Alone, leur premier EP, surprend par sa maturité : pas un instant on n’y devine les balbutiements d’un premier essai. Pluie Cessera puise son inspiration chez des tauliers du genre comme La Dispute ou Touché Amoré, mais s’en détache avec une identité propre, oscillant entre rage et réconfort.

L’EP s’ouvre sur A song for my dead dog, une morceau qui incarne bien cette dualité avec des mélodies très mélancoliques avant qu’une cassure en milieu de morceau ne vienne briser cette douceur naissante pour offrir un final bien plus explosif. Mosh part enchaîne avec des sonorités tout aussi captivantes, mêlant rythmiques entraînantes et mélodies envoûtantes. La formule est réutilisée avec brio sur And Then the Rain Fell dont le début est vraiment très doux avant que le chant ne pousse le curseur de l’intensité pour un beau final.

Montagnes commence doucement, très immersif, il monte en puissance avec l’arrivée du chant avant de s’offrir avec un interlude fait de spoken word qui une dimension plus poétique. J’aime beaucoup le défouloir qu’est Love Is Blind, véritable morceau hardcore screamo où l’influence Touché Amoré se fait vraiment sentir. Il est rapide, énergique et très efficace ! Quant à Amélie, c’est peut -être le morceau le plus abouti, grâce à ses mélodies très subtiles associées à une fureur très fragile. Le chant clair est très joli et au final on se laisse vraiment happer par ce titre.

 

Côté production, le son est bien arrangé et équilibré même si, à mon goût, l’ensemble manque tout de même d’un peu de puissance pour vraiment basculer vers un côté encore plus viscéral et mettre une véritable petite claque.

PLUIE CESSERA est donc un groupe à suivre avec beaucoup d’attention, et avec ce premier EP il révèle une vraie personnalité. Il sera très intéressant de voir son évolution.

J. NeWSovski

 

 

https://pluiecessera.bandcamp.com/album/weve-been-alone

https://www.facebook.com/pluiecessera



mardi 15 juillet 2025

THE MERCENARIES – Turn It Up

 


THE MERCENARIES – Turn It Up

Autoproduction

 

The Mercenaries a déjà deux EPs et un album au compteur, pourtant je les découvre seulement avec Turn It Up. Le groupe parisien, de Montreuil plus précisément, balance depuis 2014 un cocktail bien dosé de rocksteady, de punk et de ska. Une tambouille chaude et rugueuse à la fois, qui aurait toute sa place sur Hellcat Records aux côtés de Rancid ou des Interrupters, d’ailleurs ces derniers les ont déjà embarqués en première partie sur leurs dates en France, c’est dire si les points communs ne sont pas anodins.

 

Chez The Mercenaries le chant est partagé entre Bad Ness et Loki, et cette alternance entre voix féminine et masculine est super intéressante et amène un dynamisme constant. La grande nouveauté par rapport aux précédents enregistrements c’est l’arrivée d’une section cuivre (Nico au trombone et Léo à la trompette) qui amène de la profondeur et du coffre à leur musique.

Dès l’ouverture avec Zion, le ton est donné : un reggae abrasif, dense, presque militant, qui pose l’ambiance. Plus tard on se délectera aussi de Paradise, porté par une basse qui groove à souhait avec une bonne vibe roots. Mais Turn It Up ne s’endort jamais longtemps : Take It To The Streets arrive en embuscade avec la voix éraillée de Bad Ness, qui n’a rien à envier à Aimee Allen de The Interrupters (oulala cette fin sur Time to party !!!) pendant que Like There Is No Tomorrow vient nous chercher avec un piano irrésistible et un refrain plus accrocheur qu’une bande de velcro. Les Parisiens sont aussi très bons sur le côté roots (Far From The Troubles) mais ils n’oublient pas non plus le ska avec un titre instrumental (Madness). Puis quand ils mixent toutes leurs influences et les ressortent à leur sauce ça donne des morceaux hybrides comme antisocial ou Bad Girl qui partent dans toutes les directions mais de façon tellement coordonnée que ça fonctionne parfaitement ! On parle de Bad Ness depuis le début parce qu’on aime bien les groupes avec des chanteuses ici, mais la voix de Loki est tout aussi intéressante avec son grain si particulier.

 

On notera la très jolie pochette réalisée au stylo Bic par l’artiste Beus, le recto est magnifique mais le verso vaut tout autant le détour.

 

Bande son idéale pour l’été, Turn It Up est un album surprise qui amène une grosse dose de fraîcheur à l’aide de sonorités diversifiées qui mettent en avant une belle ouverture. Un chouette album !

 

J. NeWSovski

 

 

https://the-mercenaries.bandcamp.com/album/turn-it-up

https://www.facebook.com/themercenariespunkrock/?locale=fr_FR



samedi 14 juin 2025

BANK MYNA – Eimuria

 


BANK MYNA – Eimuria

Medication Time Records / Araki Records / Stellar frequencies records

 

Il y a des disques qui ne se livrent pas tout de suite. Des disques qui réclament qu’on les déguste, qui réclament du silence autour, une pièce à soi, et une écoute feutrée. Eimuria, deuxième album de Bank Myna, fait partie de ceux-là. Un disque à la croisée du post-rock, du doom et de l’ambient, qui nous entraîne lentement dans un monde à la beauté vertigineuse et inquiétante.

Ce qui frappe d'abord, c’est l’atmosphère. Elle est dense et brumeuse. Je pense à Chelsea Wolfe pour le goût des tensions et les montées en puissance, à Anna Von Hausswolff pour le côté mystique, ou encore à Emma Ruth Rundle et Julie Christmas pour la capacité à faire frissonner. Mais Bank Myna a vraiment son propre style.

 

Seulement cinq titres mais près de cinquante minutes, les morceaux sont donc longs, patiemment construits. Chacun est un voyage, une embardée, No Ocean of Thoughts ouvre dans une lente dérive, et prend son temps pour s’installer, puis The Shadowed Body s’étale sur près de treize minutes avec une belle basse et des guitares inquiétantes. Le point culminant se situe sur Burn All the Edges, vraiment mystique, aux touches ethniques dans les sonorités mais aussi le chant de Maud qui devient tour à tour aérien puis incantatoire, il est le fil conducteur de ce voyage sonore. Sa voix n’habite pas seulement la musique : elle la hante.

 

J’avais déjà beaucoup aimé Volaverunt (leur premier album) qui explorait déjà ce côté sombre, Eimuria s’y enfonce encore plus profondément. C’est un album encore plus dense et plus riche. Chaque écoute devient un voyage, jamais exactement le même.

 

On sort de Eimuria un peu transformé, comme vidé puis rempli différemment. C’est un disque qui transporte, fait voyager. Un disque comme de grands artistes peuvent produire. Bank Myna est un groupe français, de Paris et il est tout aussi grand !

 

 

J. NeWSovski

 

 

https://bankmyna.bandcamp.com/album/eimuria

https://www.facebook.com/bankmyna/



jeudi 22 mai 2025

YOUR NEW FAVORITE TAPE – Twenty years too late

 


YOUR NEW FAVORITE TAPE – Twenty years too late

Autoproduction

 

Attention voici un groupe dont le nom va pas mal circuler dans les années à venir : Your new Favorite Tape. On va le raccourcir en YNFT, parce que leur patronyme est très long à dire, mais toujours est-il que le groupe joue un punkrock très rapide emplein de références des années 90/ 2000. En clair c’est la période que je préfère, celle qui a bercé mon adolescence et qui berce, encore et toujours, mes oreilles. Comme beaucoup de monde je connais par cœur la plupart des albums sortis sur Fat Wreck Chords, Epitaph, Burning Heart… et ça fait toujours plaisir 30 ans après de voir que le style n’est pas mort et que des groupes perpétuent la tradition.

 

YNFT, c’est avant tout l’histoire de deux vieux potes, Guiggy et Pedro qui ont décidé de rebrancher leurs guitares pour, avant tout, se faire plaisir, ils se sont rapprochés de Benny de Exit Wounds à la basse et de Jérémie de Dolorès Riposte à la batterie.

 

Les Parisiens possèdent plusieurs cordes à leur arc, se révélant mélodiques et accrocheurs sur Graduated avec son refrain très pop. Mais ils se montrent aussi plus lents et posés sur la balade S.A.M, qui est un très joli morceau. YNFT possède des faux airs de No Use For A Name sur No Comply Impossible et Sick Of You, l’un des morceaux les plus efficaces de ce premier album. Il révèle aussi un côté Blink 182 aussi sur Monday Song. Le quatuor s’implique avec beaucoup de sincérité sur the sun will rise dont le texte parle des attentats du 13 novembre et plus précisément le Bataclan. YNFT sait accélérer quand il faut avec des morceaux bien foutus comme Dead For Sure et The Change, mais loin d’être que du rentre dedans il joue aussi avec la finesse comme sur Music Box. On appréciera aussi la petite introduction au joli jeu de mot et aux sonorités métalliques : Hell-O.

 

 

S’inspirant du schéma punkrock mélodique de la fin des années 90, YNFT amène une touche moderne avec des riffs de guitares parfois plus agressifs, tout en apportant une réelle touche powerpop appréciable.

 

 

J. NeWSovski


https://www.yournewfavoritetape.com/

https://yournewfavoritetape.bandcamp.com/album/twenty-years-too-late

 


jeudi 8 mai 2025

MSS FRNCE – VII [EP]


 MSS FRNCE – VII [EP]

Autoproduction

 

Voici typiquement le groupe qui me met une claque à chaque concert, il déborde d’énergie, de bonne humeur, d’ondes positives. De vrais concerts punk où tu t’attends à tout et où tout peut arriver. Pourtant, je dois avouer que sur album (ou en l'occurrence sur EP), je n’ai jamais trouvé le groupe excellent. Mais ça, c’était avant, car MSS FRNCE revient avec un septième EP plein de nouveautés.

  

Ce nouvel EP s’ouvre avec l’excellent De plein Fouet qui, sur une longue introduction, amène cette énergie propre au groupe. C’est d’ailleurs par ce même morceau que le groupe a débuté le concert à Angers, le jour même de la sortie de l'EP. Il est mélodique avant de partir en rupture quand Martin prend le micro pour hurler. Les paroles sont bien écrites (« On demande de choisir entre noir ou blanc mais notre combat est gris »). C’est aussi un morceau long qui dénote car les parisiens nous avaient habitués à des titres toujours très courts et expéditifs.

 

L’exercice d’écriture est intéressant sur Au Jour D’Aujourd’hui tandis que les mardis de la peur souffle un air de garage punk d’une efficacité redoutable avec un vrai esprit punk comme les coupures de son ou cette partie : « si j’veux, je ne chante pas la prochaine phrase ».

Le chant de Martin a évolué depuis les débuts du groupe avec davantage de parties chantées comme sur R FRNCE. La guitare d’Antoine, dont c’est le premier enregistrement avec le groupe, est incisive et très rapide avec un super son tandis que la basse de Jérôme ronronne à merveille notamment sur Fier de vous. Le rythme est effréné sur le Tube de l’été et il faut rendre hommage à Jérémie à la batterie qui s’avère être en concert le porte-parole du groupe.

Le son est top, parfaitement enregistré par Henri d’Armancourt à l’Echappée tandis que Simon, frère de Martin, s’est chargé de la pochette.

 

Clairement mon EP préféré de la part de MSS FRNCE, le groupe semble plus posé avec des chansons peut-être mieux construites et structurées.

 

J. NeWSovski

 

 

https://mssfrnce.bandcamp.com/album/vii

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dimanche 4 mai 2025

CAROLINA REAPER – Nick Cage is a vampire [EP]

 


CAROLINA REAPER – Nick Cage is a vampire [EP]

Autoproduction

 

Que ça fait plaisir de découvrir Carolina Reaper. Sorti dans l’anonymat en décembre 2024, ce court EP numérique de trois titres est pourtant le rayon de soleil de ce début d’année. Pour présenter le groupe on va commencer par Olivier Portnoi qui tient la guitare et le chant, ici on le connait bien parce que le fanzine a grandi avec Dead Pop Club en fond sonore, ça tombe d’ailleurs très bien car Jérôme qui y jouait de la batterie se retrouve aussi dans Carolina. Les deux compères sont allés chercher Florian d’Hogwash à la guitare et Victor de M-Sixteen à la basse.

 

On connaît la passion d’Olivier pour le cinéma et ce premier EP de trois titres  y rend hommage, notamment à Nicolas Cage. Le son est impeccable et même très puissant. On pense à Dead Pop Club mais aussi à Verne sur Just Another Day et cela fait du bien d’entendre Olivier en dehors de Panic Club ou Maladroit. La batterie tabasse et les riffs sont mélodiques, bref un super morceau.

Le second titre est un hommage à Willrow Hood, personnage mythique de l’Empire contre-attaque, le son est lourd et dur façon Second Rate voire aussi Quicksand tandis que le groupe pousse encore plus son côté mélodique dans Lost in Cara’s room, qui laisse entrevoir de très belles choses.

 

Autant dire que la suite de ce trop court EP est attendu avec une impatience grandissante. Mais en attendant il ravira tous les fans nostalgiques de la génération Emo Glam Connection

 

 

J. NeWSovski

 

 

 

https://carolinareaper-band.bandcamp.com/album/nick-cage-is-a-vampire

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vendredi 18 avril 2025

LION’S LAW – Evermore

 


LION’S LAW – Evermore

HFMN / Une vie pour rien

 

Lion's Law est un pilier incontournable de la scène Oi!, qu’elle soit française ou même mondiale. Le groupe parisien, fidèle à ses racines tout en continuant à évoluer, nous offre un cinquième album qui se démarque avec des titres uniquement chantés en anglais. Je ne suis pas un familier de la scène Oï mais force est de constater que le groupe s’est construit une sacrée réputation au point de tourner autant à l’étranger que par chez nous. Lion’s Law s’est formé en 2012 et le line-up a pas mal tourné sur ses débuts avant de se stabiliser il y a quelques années avec le retour de Tomoi à la batterie (il était présent à l’origine) qui trouve de la place dans un emploi du temps déjà bien pris par les Burning Heads et Komintern Sect et l’arrivée de Vovott à la guitare qui remplace Louis, le principal compositeur. Le groupe est affilié au mouvement SHARP (SkinHeads Against Racial Prejudice).

 

Dès les premières notes, Lion's Law met la barre très haut avec une série de titres d’une grande puissance et d’une accroche remarquable. Ça commence par Paris qui parle de la gentrification et l’évolution de la ville qui a remplacé ses vieux bars par des boutiques hypes. La voix de Wattie est rauque à souhait et fait des merveilles sur Brother, un titre mélodique qui fonctionne à merveille. Le groupe rappelle aussi les maîtres du genre, Agnostic Front, sur des titres comme l’excellent Sewer Rats avec un chant enragé comme peut aussi le faire Roger Miret. Le morceau aborde le thème de l’unité entre punk et skins. Dans le même registre Lonely Road marie parfaitement des riffs de guitare incisifs et des refrains percutants.

Le titre éponyme, Evermore, parle du découragement du groupe qui avoue avoir abandonné tout espoir en un avenir meilleur. Un morceau punkrock d’une belle efficacité avec une basse magistrale qui pourrait rappeler Rancid. La dextérité de Swann à la basse est aussi remarquable sur un titre comme The Code. Lion’s Law se permet une reprise audacieuse de I Ran de A Flock of Seagulls, que les parisiens s'approprient avec brio. Ce clin d'œil ajoute une touche de légèreté à un album engagé. Au passage j’aime beaucoup quand les groupes posent une reprise décalée sur un album, c’était une habitude dans les années 90 qui est, hélas, un peu passée de mode. Merci les gars de le remettre au goût du jour !

 

On passe vite fait sur la pochette pas vraiment jolie et c’est dommage pour un album de ce calibre. Un ou deux titres sont aussi un peu dispensables dans la profusion des quinze présents.

 

Evermore est sans doute le meilleur album de Lion's Law. La bande a su combiner tout ce qui fait son identité et pousser les limites encore plus loin.

 

  

 

J. NeWSovski

 

 

https://lionslawparis.com/

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samedi 30 mars 2024

LA FAIBLESSE – S/t

 


LA FAIBLESSE – S/t

Nineteen Something / Guerilla Asso

 

La faiblesse s’est formé en 2020 en plein confinement et joue la parité car il est composé de deux filles et deux gars. Parité aussi sur le chant, qui est partagé entre Paul et Christelle, toujours en français mais parfois difficilement lisible. Mais La Faiblesse est surtout un groupe atypique, assez pour poser suffisamment de problèmes lorsqu’il s’agit de définir son style, le quatuor parisien se joue des codes et propose une musique aussi intéressante qu’elle est variée.

 

Tout commence dans la lourdeur avec Les chemins vers toi qui impose une atmosphère lourde et puissante que vient amplifier le chant hurlé de Paul. Le contraste apparaît dès le titre suivant, Je l’aime autant que la hais, un morceau doux, long et langoureux en plein registre post-hardcore, les harmonies des voix sont très belles et ce morceau joue beaucoup sur l’émotion. La fureur de La Faiblesse reprend ensuite le dessus avec l’énervé Rester Ensemble au chant screamo sur un rythme post-metal. Cette énergie et cette puissance se distillent avec parcimonie mais on la retrouve aussi sur Tout se perd où les deux chants d’entremêlent dans une jolie danse.

Oser, laisser le vide, s’impose comme un morceau très shoegaze que la voix de Christelle arrive à rendre léger, la fin au clavier fait preuve d’originalité. Le groupe part dans un registre plus punk sur Après la pluie qui attaquera les cordes vocales de sa chanteuse, le morceau semble calquer sa structure sur celle d’un orage : puissant et volcanique au départ pour se terminer de façon plus lumineuse. Il s’enchaîne d’ailleurs avec une interview de l’auteur Casey par Yard, qui se fond plutôt bien dans le morceau.

Mourir à Ramsgate, c’est le nom de la ville où ils ont enregistré l’album, voit le featuring d’Isaac Ashby du groupe College qui apporte une touche plus pop avec sa voix, et se révèle comme l’un des morceaux les plus intéressants. Puis tout se termine avec le 9ème morceau : Pendu mais vivant. Un peu comme son titre, il révèle une véritable tristesse dans ses notes et son univers.

 

Ce second album de la faiblesse, sans titre, se révèle une belle surprise avec la découverte d’un groupe qui maîtrise parfaitement l’alternance des séquences calmes et aériennes avec la fureur d’un post-hardcore screamo à l’énergie surprenante.

 

J. NeWSovski

https://www.facebook.com/lafaiblesseparis/

https://nineteensomething.bandcamp.com/album/la-faiblesse

 

 

jeudi 1 février 2024

LILA EHJA – Clivota

 


LILA EHJA – Clivota 

Croux Records / Toutdoux Records

 

Premier coup de cœur en ce début d’année 2024 avec « Clivota » l’excellent album de LILA EHJA, one-girl-band puissant venant tout droit de la capitale. Déjà auteure d’un premier album en 2021, la parisienne joue également de la basse dans le groupe de black métal RANCE. La coloration musicale de LILA EHJA est quelque peu différente. LILA EHJA propose un savant mélange de darkwave, post-punk, shoegaze, indus et sonorités gothiques qui sent bon les eighties. Une musique froide qui évoque plus le béton ou les friches industrielles que des plages ensoleillées ou le marché de Noel.

 

D’emblée, une douce mélancolie s’installe sur le bien nommé « Vague (Intro) ». La boite à rythme, la voix éthérée de Lila et les sons de guitares rappellent notamment les plus belles heures de COCTEAU TWINS. Le tempo s’accélère nettement sur le métronomique « The Book ». Assez new wave, le chant y est plus affirmé. Quelle fut ma surprise d’apprendre après quelques recherches qu’il s’agissait en fait d’une reprise d’un groupe du début des années 80, NITZER EBB dont la version d’origine était plus minimaliste et synthétique. Le titre éponyme « Clivota » nous envoute complètement avec sa grosse basse ronflante et l’intrusion d’une guitare plus saturée. Il fait clairement penser à JESSICA 93, et c’est un compliment. Des guitares plus noisy que l’on retrouve avec plaisir sur « Ghost Love » dont l’introduction évoquait pourtant plus les synthés de PERTURBATOR ou CARPENTER BRUT. L’album se fait de plus en plus audacieux et expérimental. Les 7 minutes du sombre « Rust » en attestent. Construit sur un rythme assez lent, le titre alterne entre chant parfois noyé par la réverb’, guitare bruyante ou petit gimmick de synthé. La lenteur et la noirceur sont toujours de mise sur « Trigger » dont les sonorités à la CURE ne peuvent que nous charmer. « Worship » marque une rupture avec ces beats percutants. Un titre qui ressemble à une battle entre EBM et guitares noisy. Après un « Noyades » bien barré et répétitif sur lequel on croit entendre l’utilisation d’un auto-tune, « Clivota » arrive bientôt à son terme. Le dernier morceau « Oudrone », très ambient et 100% instrumental fait office de générique de fin. Pas celui d’une comédie familiale mais plutôt celui d’un film flippant et horrifique.

 

Oscillant entre plusieurs styles, ce deuxième album de LILA EHJA est une réussite. Il nous tarde désormais de découvrir cette artiste touche-à-tout sur scène.

 

Mr Caribou

 

Titre préféré :                    RUST

 

https://lilaehja.bandcamp.com/album/clivota

https://www.facebook.com/lilaehjamusic/