MUSCU s'est reformé il y a peu et part sur la route pour quelques dates. Pour l'occasion voici la vidéo d ela live session de Desperate Fire.
samedi 5 septembre 2026
jeudi 3 septembre 2026
Zalem – Ananta
Zalem – Ananta
Autoproduction
Le dernier album de Zalem est sorti en mars 2026. Pour
mémoire leur dernier disque Stigma est sorti en
2011. Le groupe était en sommeil après un changement de line-up et une longue
pause. Aujourd’hui, il revient avec un nouvel album (5 titres, 73 minutes) :
Ananta.
Zalem n’a pas perdu son sens de la musique bien au contraire, inutile de
comparer l’ancien line-up et l’actuel car une pointe de nouveauté est arrivée
dans les compositions de leur dernier effort discographique.
Ananta a été enregistré au studios Tostaky sur
Angers et mixé par Nicolas Houssin dans son home studio de St Georges
sur Loire. Le travail de production est énorme, écoutez au casque et vous
comprendrez ce que je veux dire.
Icarus ouvre le disque
et je vous conseille de visionner le clip tourné à Ecouflant. Le chant est une
nouveauté chez Zalem, et il apporte une fraîcheur dans les nouvelles
compos.
Crossroads arrive en
deuxième sur l’album et j’ai vraiment aimé ce qui m’est arrivé dans les
oreilles, un son massif avec des montées de guitares bien planantes qui vous
fera voyager, j’en suis sûr. On sent bien les influences d’Isis, avec
une maîtrise des instruments, les guitares qui répondent au clavier et le duo
basse-batterie s’accorde à merveille.
Imaginez-vous, en vélo avec un casque sur la tête et un autre sur les
oreilles en campagne, loin du tumulte de la ville et traverser les chemins à
l’écoute du morceau.
The Maze m’a un peu
surpris, dans le bon sens bien sûr, je n’ai pas l’habitude d’entendre
« Nietzsche » mais je pense que l’utilisation de sa voix pour le
morceau le plus, disons sombre de l’EP à l’écoute, me concernant, est une bonne
trouvaille. Ce n’est peut-être pas un hasard, je m’interroge juste sur ce qui
est dit par le monsieur cité ci-dessus. Pourtant The
Maze m’a pris aux tripes, son côté sombre ne m’a pas empêché de
l’apprécier. Je m’y retrouve juste un peu moins en rapport avec le reste du
disque.
Néanmoins, Zalem est de retour et c’est bien là le principal.
Si vous aimez Isis, Explosion in The Sky ou que vous
vouez un culte à la Lune, bon elle est facile à placer celle-là, je pense que Ananta,
le dernier Ep de Zalem, est fait pour vous.
Fred lpmr
samedi 29 août 2026
JB HANAK - Bâtards
JB HANAK - Bâtards
Le Mot et le reste
Ma rencontre avec l’univers de JB Hanak a été un électrochoc. Sales Chiens, son premier roman, m’avait littéralement scotché : un récit brut, sans concession, qui m’a immédiatement accroché. C’est wFenec et Guillaume Circus qui m’ont fait découvrir cet auteur, et je ne les en remercierai jamais assez. Hanak y dépeignait avec justesse les coulisses, parfois chaotiques, de la tournée de dDamage en France et en Italie, un voyage jalonné de péripéties aussi drôles qu’absurdes. Son style direct, sans fioritures, m’a tout de suite séduit.
Avec Bâtards, JB Hanak nous embarque cette fois au Japon, toujours aux côtés de dDamage, mais pour une aventure aux saveurs et aux tournures bien différentes. Accompagné d’artistes locaux, le duo électro y explore les coutumes nippones, la répression impitoyable envers les drogues, et multiplie les rencontres aussi improbables que mémorables. Les concerts s’enchaînent, les embrouilles aussi, et on ne s’en plaindra pas. Ourko, ce chien virtuel aussi énigmatique que symbolique, revient hanter les pages du livre. Il incarne tout à la fois la colère, la douleur, la maladie… et bien plus encore.
L’écriture de JB Hanak est une nouvelle fois rythmée, incisive et pleine d’humour. Il parvient à restituer avec un réalisme saisissant l’énergie électrique des concerts, tout en gardant cette touche punk qui le caractérise.
Mais Bâtards va bien au-delà du simple récit de tournée. JB Hanak y explore la relation complexe et profonde entre les deux frères de dDamage, ce lien indéfectible qui les unit malgré tout. Certains passages, d’une intensité forte, sont de véritables coups de poing dans l’estomac. Le roman rend un hommage poignant à Fred, son frère disparu, et c’est là, aussi, que réside sa force. On ressent l’émotion, la tendresse et la mélancolie qui traversent ce récit.
Un roman très fort, totalement punk dans son récit qui se lit comme on écoute un disque : à fond, en profitant de chaque instant. Un grand moment de lecture que je conseille vivement à tous, surtout si la lecture de Sales Chiens vous a marqué.
J. NeWSovski
jeudi 20 août 2026
PUSSY MIEL – Bee Raged [EP]
PUSSY MIEL – Bee Raged [EP]
A tant Rêver du Roi / Dispear Records
Quatuor d’Hossegor et de Capbreton, 100% féminin, Pussy
Miel incarne une scène féminine en pleine ébullition. Tout comme la
scènes basquo-landaise, dont elle est originaire, qui est sacrément en forme en
ce moment avec des formations comme The Drugsters, Kuma No
Motor, ATS 1994… Et des lieux
incontournables comme le Black Flag, Le Circus
ou encore le Magneto.
Pussy Miel tire son nom du film Les 4
saisons d’Espigoule et joue son thème de l’abeille à fond, car passé son
nom, il se décline sur la jolie pochette puis ensuite sur le nom de l’EP, tout
aussi ironique : Bee Raged.
Le groupe de Landaises bouscule les codes. Définitivement
punk, leur musique apporte aussi des boucles stoner et vient conjuguer le côté
brut du grunge. Un beau mélange sur un Ep qui se veut détonnant.
Lack Of understanding
avec ses sonorités stoner et son chant à plusieurs voix me
fait penser aux Sahara Hotnights. Tandis que Wasted est un morceau punk à grosses
guitares aux faux airs de Madam, ce côté punk devient ensuite un
peu plus garage sur Don’t Change Me, un titre
aux sonorités définitivement pop.
Le dernier morceau, délivré, est chanté
en français. Le chant passe bien, un peu posé à la Pogo Car Crash Control,
qui a dû être, de toute évidence, une influence sur ce morceau. Don’t know, qui ouvre l’EP, se veut quant à lui
bien plus lourd sur son introduction avec des guitares bien abrasives. Le
contraste avec le chant très mélodique est intéressant. Puis le morceau part
dans une longue dérive un peu psyché pour finir à près de 5 minutes 30. Culotté
pour une entrée en matière !
Bee Rage, première production du groupe Pussy Miel est une
belle cuvée, pleine de surprise et de caractère. Ne cherchant pas à singer tel
ou tel groupe, le quatuor s’affirme avec des titres personnels et efficaces. Personnellement
j’ai été séduit par leur audace.
Une belle découverte qu’il me tarde de découvrir sur scène.
J. NeWSovski
samedi 15 août 2026
BLUE GRIZZLY – S/t
BLUE GRIZZLY – S/t
Autoproduction
Voici un
groupe qui assume pleinement son identité. Entre miel sonore et douceur
mélodique, Blue Grizzly
propose un rock gourmand, aussi savoureux qu’inattendu. Le trio rennais signe
ici son deuxième album, après Makesong (2024) et l’EP Malone
(2023).
Avec des
sonorités résolument grunges, les Rennais prouvent qu’ils sont de vieux
briscards du genre. Never Thought You Would
envoie une bouffée d’air seattlien, tout en évoquant aussi les Suisses d’Hathors.
Ce morceau d’ouverture, percutant, donne le ton, même s’il peut sembler
trompeur : Blue Grizzly excelle surtout dans des
mélodies power pop (Spell and Write,
Tug, Conquistador), qu’ils distillent avec brio
tout au long des 14 titres.
Côté
douceur, Abuela et Kragle livrent une dose de tendresse sans
renoncer à leur ancrage années 90. Let Him
Down, simple et efficace, rappelle même les Breeders.
L’inclusion d’un morceau instrumental comme Pikiwiki,
nerveux et revigorant, est une excellente idée pour dynamiser l’écoute. Le
groupe revient ensuite à un grunge plus lourd avec Found The Law That I Wanted, marqué par un
riff puissant et des sonorités noise sur le refrain, puis America, au chant filtré, l’un des titres
les plus percutants de l’album.
Sonorités rock tendance grunge, les Rennais sont des vieux briscards qui maîtrisent parfaitement leur style. Never Thought You Would sent fort l’odeur de Seattle mais me fait aussi penser aux Suisses d’Hathors. Un morceau rentre-dedans pour débuter mais qui peut paraître tout de même un peu trompeur car Blue Grizzly se révèle être très fort sur les mélodies powerpop (Spell and Write ; Tug ; conquistador) au point d’en distiller tout au long des 14 morceaux.
Malgré de bonnes
idées, quelques fragilités subsistent, notamment au niveau du chant : les aigus
manquent parfois de stabilité (Tug,
Vince and Marco),
et les harmonies (Picture
in My Mind)
pourraient gagner en précision. Pourtant, ces morceaux séduisent par leurs mélodies
envoûtantes et des arrangements bien pensés, comme la basse, qui mériterait
d’être davantage mise en valeur.
Autre regret : un mixage un peu étouffé sur les voix, dommage pour un album
aussi riche. J’ignore si l’enregistrement a été réalisé en autonomie par le
groupe, mais cela pourrait expliquer ce manque de clarté.
Derrière
le personnage de l’ours se cache un trio passionné, qui puise son inspiration
dans les sonorités des années 90 et les mélodies accrocheuses. Et le pari est
réussi : on se laisse rapidement emporter par leur univers.
J. NeWSovski
mercredi 5 août 2026
BALEK PANIC – Zoo City
BALEK PANIC – Zoo City
Autoproduction
Déjà auteurs de deux EPs les quatre lascars de BALEK PANIC
viennent tout juste de sortir leur premier album, Zoo City, en
autoproduction. Les 14 morceaux ont été enregistrés et mixés par Joshua Hudes
au studio Résonnance 93, avec un super son. L’artwork, dessiné se veut dans le
style du précédent. Un joli dessin signé Benjo San qui illustre bien le titre
de cet album : Zoo City.
Let’s party démarre fort
en utilisant les codes du punk mélodique, avec un petit riff de guitare qui rappelle
Millencolin. Zoo City, quant à lui,
évoque Learn To Fly des Foo Fighters.
On sent bien les références punkrock des années 90 notamment
dans les structures de refrains accrocheurs, l’utilisation des chœurs et les
mélodies accrocheuses et, si l’on joue le jeu du Name Dropping, on peut citer de
nombreuses références dont Bracket (My Monster) voire même
la vitesse des Satanic Surfers et la façon de placer le refrain sur Human Plastic Waste. On
retrouve le côté fun et déconne des Uncommonmenfrommars sur Me and my electric Bike, parfait
pour accompagner l’été, le morceau est accompagné par une trompette, qui amène
une touche festive et originale. On retrouve d’ailleurs cette dernière sur 49.3 cm of love avant que le
morceau parte en punk mélodique parfaitement maîtrisé.
Vous l’aurez compris, le groupe ne révolutionne pas le genre
mais sa musique est rafraîchissante, énergique et techniquement maîtrisée. Pour
rappel c’est un premier album et je suis enchanté de voir des groupes comme Heads
Up, Your Favorite New Tape ou Left Bank jouer du punkrock
mélodique comme on en faisait dans les années 90 en pleine hype du style. Mon
coup de cœur de l’album se porte sur le morceau Screwed, qui est
rapide et propose une belle intensité mais Broken Paths n’est pas
très loin en proposant une belle personnalité avec un chant posé différemment
et des passages mid-tempo très intéressants. Peut-être une piste pour les prochaines
compositions ?
Balek Panic est un jeune groupe prometteur et ce premier
album offre de belles promesses. Entre références nostalgiques et touches
personnelles, cet album est une belle surprise et ce groupe mérite qu’on le
suive avec attention.
J. NeWSovski
vendredi 31 juillet 2026
BAYLINE – State of despair [EP]
BAYLINE –
State of despair [EP]
White
Russian Records
Bayline est
un groupe hollandais qui s’est formé récemment (2022), il a déjà sorti un album
en 2023 (I choose love) et vient de sortir son nouvel EP 4 titres,
State of Despair, chez le mythique label batave : White
Russian Records. La formation s’est stabilisée avec l’arrivée de son nouveau
batteur (le 3ème quand même !).
Cet EP
fonctionne sous forme de concept en explorant de façon chronologique la lente
descente d’une relation qui s’effondre, depuis la prise de conscience de
l’incompatibilité jusqu’à la panique étouffante de se retrouver prisonnier
d’une vie qui ne nous correspond plus.
Tout
commence avec Wither (se
faner en français) qui se révèle être un morceau d’Emo – Post-hardcore avec
un chant qui alterne le saturé et le clair. Il me rappelle un peu, toutes
proportions gardées, la vague de groupes comme Boysetsfire ou Grade.
Il évoque la lente disparition de l'espoir, à mesure que la réalité de la
situation s'impose.
Vient
ensuite Comfort’s a coffin qui
évoque lui la peur de quitter ce qui nous est familier. C’est un morceau rapide
et très efficace, tellement que je l’ai placé il y a quelques semaines sur la
playlist estivale du fanzine.
Sinking in slowmotion en remet une couche dans le style émo-hardcore. Le rythme
est encore très véloce avec de bons riffs de guitares, à la fois joueurs puis
lourds. Il aborde le moment où l'on comprend qu'il faut abandonner le navire
pour survivre.
State Of Despair est le morceau phare de l’EP, le dernier à avoir été
dévoilé. Il démarre fort, avec un chant mélo sur les refrains et fini en
véritable défouloir. Il retranscrit les conséquences physiques des crises
d'angoisse ainsi que le courage nécessaire qu'il faut pour choisir une nouvelle
direction.
Je noterai
aussi les superbes artworks qui ont accompagné les sorties des trois premiers
morceaux puis l’EP. Un très beau travail du studio Daggers Design.
Rappelant
avec nostalgie la vague émo-hardcore de la fin des années 90, Bayline nous
offre un petit EP marquant, efficace et original sur son sujet.
J. NeWSovski
dimanche 26 juillet 2026
ATS 1994 - Infernus Manet [EP]
ATS 1994- Infernus Manet [EP]
Autoproduction
ATS 1994, ce nom mystérieux cache un nouveau
groupe venu de Tarnos et Bayonne. On y retrouve Julien (ex-The
Drugsters, The Enterprise, Missile) à la batterie, le quatuor a déjà marqué
les esprits avec un premier EP 8 titres sorti en décembre 2025. Leur nouvelle
production, Infernus Manet, en reprend l’esprit tout en y
injectant une touche punk anglais
des plus rafraîchissantes. Auto-proclamé Glam Rock/Punk,
le groupe surprend dès les premières notes par une guitare au caractère bien
trempé.
Infernus Manet, qui ouvre ce 4 titres, explose avec une énergie brute,
rappelant MSS FRNCE par son groove, mais avec un chant en anglais à la
voix chaude et expressive. Le morceau, nerveux à souhait, séduit par des
mélodies accrocheuses et une guitare qui ose : entre riffs percutants et mini-solos,
elle apporte une touche atypique et rafraîchissante.
Brain Dead confirme cette influence punk anglais : le débit vocal saccadé
et le riff du refrain évoquent Les Clash, tandis que la structure
rappelle les Buzzcocks. Mais c’est la réverbération et les sonorités
planantes du clavier qui transforment ce titre en un morceau unique, entre punk
rock et rock psychédélique.
Meatball joue la carte de la lenteur trompeuse : après une intro douce, le riff accrocheur
explose et emmène le morceau vers un power-pop énergique. Les chœurs, bien
placés, renforcent ce côté mélodique et entraînant.
Le dernier morceau, Hybrid moments, est une
reprise des Misfits. Assez fidèle à l’originale c’est amusant car ce
groupe est pas mal repris ces derniers temps (Black Mantra notamment sur
son dernier EP). Preuve
que ce groupe est intemporel et continue d’inspirer les nouvelles générations.
ATS
1994 est une pépite à suivre de près. Au-delà d’un punk rock classique, le
groupe apporte une originalité rare : des mélodies travaillées, une guitare inspirée,
et une énergie contagieuse. À mettre sur vos radars sans hésiter !
J. NeWSovski
mardi 21 juillet 2026
ASTROMILK – Nobody Knows How Sad It Is To Be The Sun [EP]
ASTROMILK – Nobody Knows How Sad It Is To Be The Sun [EP]
Découverte réjouissante au détour des recommandations de Bandcamp : ASTROMILK, trio toulousain mené par Steve Ziane (ex-Lindbergh, Subcity Stories). Né en 2011 comme un projet solo, le groupe s’est progressivement étoffé avec Stéphan à la basse et Florent à la batterie. Après un premier album, Bad Songs For Sad People (2013), voici Nobody Knows…, leur premier EP… 13 ans plus tard.
L’ouverture de l’EP rappelle la vague émo de la fin des années 90, évoquant même Sense Field. Mélodique, presque pop, Throwing Cases pose une ambiance envoûtante. The Entertainer ajoute une touche Blonde Redhead, notamment grâce à une section rythmique où la basse domine. La voix douce de Steve contraste avec l’énergie croissante du morceau, créant un équilibre captivant.
Richard Gere’s Complex se distingue par son introduction soignée et ses mélodies percutantes, rappelant les Canadiens d’All Systems Go. Une power-pop musclée, riche en accroches, qui ne renierait pas Baby Chaos. Et si les références fusent pour décrire ASTROMILK, c’est parce que leur musique, inspirante, mérite qu’on s’y attarde.
Le titre éponyme (Nobody Knows), lui, évoque Favez, avec un chant posé et une douceur enveloppante.
À noter : un projet 100 % DIY, de l’enregistrement (au studio Nuance Records) à la pochette, signée par Steve lui-même.
Astromilk fait donc partie de ces belles découvertes avec un EP brillant emplein de belles mélodies. Un trio qu’il faudra suivre avec la plus grande attention !
J. NeWSovski
jeudi 16 juillet 2026
THE PLAYMATICS – This party sucks
THE PLAYMATICS – This party sucks
Dispear Records / Hell Vice i Vicious / Massprod / Abracadaboum
/ Kick Your Asso / Wrecking Crew / High And Denim
En 2024, les
Rennais de The Playmatics avaient marqué les esprits avec Dive-In,
leur premier album. Un mélange de pop-punk énergique et de chant féminin
mélodique, pour un résultat fun, ensoleillé, et surtout : l’une des plus belles
surprises de l’année. Depuis, le groupe a écumé les routes, accumulé
l’expérience, et mûri l’envie de se réinventer. Ce deuxième opus en est la
preuve, avec son lot de petits et grands ajustements.
D’emblée, The Tale of a Loser donne le la : tempo effréné, mélodies soignées, riffs
percutants et un refrain impeccablement construit. L’ajout du clavier, confié à
Baptiste, apporte une couleur sonore inédite et pertinente — une
alternative judicieuse à l’hypothèse d’une seconde guitare, initialement
envisagée pour épaissir le son. Road
Trip poursuit dans cette veine,
avec une rythmique punk-rock endiablée et une basse, signée Thomas,
d’une agilité remarquable.
Invisible Lines
s’inscrit dans la tradition du genre, porté par des chœurs façon Bad Religion. Equal Rights,
plus mélodique, évoque les vieux Seven Hate (The Weaning Day ou
Homegrown), avec des lignes vocales étirées qui rappellent aussi,
sans surprise, les Thugs. Seb 7Hate, fan assumé du groupe rennais,
appréciera.
On connaissait déjà Handle the truth, le morceau
avec Sabrina de Maria Tarey, je trouve qu’il est vraiment
excellent, j’adore la combinaison des voix entre la puissance et la rage d’un
côté et la douceur mélodieuse d’autre part. Hyper efficace. Mais le groupe n’en
délaisse pas moins son goût prononcé pour les mélodies et à ce jeu on peut
noter By My Side, d’une fraîcheur désarmante.
Same Old sort des sentiers
battus : plus lent, plus lourd, ce titre exige plusieurs écoutes pour révéler
son potentiel addictif. Son pont, où batterie et clavier prennent les
commandes, est un moment fort. Et que dire du refrain, porté par le chant
envoûtant de Lisa ? Une jolie trouvaille tout simplement !
Awkward Situation permet de
découvrir Thomas au chant, Lisa assurant
les chœurs. Leurs
voix s’entrelacent à la perfection. Autre pépite : With a Taser, rapide et ciselé, où la
basse déchaîne et le clavier ajoute une touche mélodique bienvenue.
Côté
nouveautés, Au Large marque le premier titre en français du groupe. À
l’heure où j’écris ces lignes, il ne m’a pas encore convaincu. Non par principe, je suis loin d’être allergique au français, mais parce que le morceau
manque, à mon sens, de fluidité et de caractère. À réécouter, donc.
On conclura par l’excellent son signé Dimitri Dupire,
enregistré au studio DB. Il s’était déjà chargé du premier opus et on
connait son travail avec The Ascending et Clavicule notamment. La
pochette est aussi une belle réussite avec un collage efficace et un code
couleur marqué et marquant.
Ce
deuxième album se distingue du premier grâce à l’arrivée du clavier, qui
enrichit la palette sonore du groupe. Les compositions explorent de nouvelles
directions, et le pari est réussi. Sans hésiter, voici un album des plus marquants depuis ce début d'année !
J. NeWSovski
samedi 11 juillet 2026
RUBBER LEGS – S/t
RUBBER
LEGS – S/t
Adrenalin
fix music / Omnivox Records / Banana Juice Records / Stryckhnine Recordz
Nouveau venu
sur la scène tourangelle, RUBBER LEGS est le fruit de la collaboration
entre Fra (RAVI, Burning Heads, The Eternal
Youth, Creep AC, The Repeaters) et sa
compagne Wareen (Brancal, German Cow). Un duo qui,
dès les premières notes, bouscule les codes et les époques.
Le défi ?
Les classer. Entre garage lo-fi, mélodies envoûtantes et harmonies vocales
soignées, leur son semble tout droit sorti des années 60. The machine is racing out of control ouvre
le bal avec un clavier intéressant, il sera aussi pertinent de voir sur scène
comment cela peut être rendu. Wareen, passant avec aisance de l’anglais
au français, y pose une voix à la fois douce et percutante.
L’album
regorge de pépites : Hot Road qui m’a particulièrement marqué —
brut, sincère, et d’une fraîcheur désarmante. Sea
Sex and Fuzz, quant à lui, révèle toute la complicité du duo,
leurs voix s’entrelacent à la perfection. Don’t
go with him est une reprise planante et légèrement soul des Ar-Kaics,
ou encore I Dig You, autre
reprise du mythique Boss Hog de John Spencer.
Impossible
de ne pas mentionner The Party, déjà révélé en avant-première et
présent sur la playlist du fanzine. Ce titre dansant, presque hypnotique,
incarne à lui seul l’esprit de Rubber Legs : un mélange d’urgence
et de nonchalance, une invitation à bouger.
L’album
défile avec une énergie contagieuse. Slip On
A Banana Peel évoque par moments Clinic Rodeo,
tandis que Shing A Ling Time
s’impose avec son refrain irrésistible.
Côté visuel,
la pochette mérite le détour : un collage original et marqué, signé Wareen.
Rappelons que cette dernière, graphiste de métier, a déjà marqué les esprits
avec ses créations, comme celle de Is This Glen pour Seven
Hate.
Un
disque atypique, résolument ancré dans l’esprit garage des sixties, à la fois
dansant et décontracté. Un joli coup d’essai pour ce duo prometteur.
J. NeWSovski
mardi 7 juillet 2026
BLACK MANTRA – Slow Motion Apocalypse [EP]
BLACK MANTRA – Slow Motion Apocalypse [EP]
Bastardz / Dispear Records
Formé en 2017 avec des membres issus de la scène bressuiraise (Penalty, For The Real, Bunkum…) et nantaise (Circles), Black Mantra confirme EP après EP sa singularité. Entre hardcore et punk, le groupe s’impose par un style atypique et des prestations live solides.
Inherent Violence ouvre l’EP avec un mélange savoureux de hardcore et de punk, où la voix de Gus, toujours plus aboutie, apporte énergie et mélodie. Avec MAD, le groupe surprend encore : le morceau se scinde en deux parties, dont une incursion reggae qui évoque directement les Bad Brains, voire même les Burning Heads.
Et dans le registre des morceaux fun, impossible de passer à côté de Holding On. Preuve s’il en est du côté atypique du groupe : quel autre collectif oserait glisser un tel titre dans un EP hardcore ? Groovy à souhait, avec des chœurs féminins envoûtants et une touche pop maîtrisée à la perfection. On pense même à Infectious Grooves ! Don’t Try, lui, revient aux fondamentaux du groupe, avec un punk hardcore toujours aussi libre, généreux en groove et en mélodies.
Le groupe offre aussi deux reprises dans cet EP. Gratitude des Beastie Boys est réinventée en version reggae, dopée par des riffs de guitare puissants au refrain. Quant à Skulls (Misfits), elle reste fidèle à l’originale, mais gagne en efficacité grâce à un son massif et à la voix envoûtante de Gus.
Original, l’objet sort aussi en cassette LEGO à monter soi-même (version limitée) et propose deux artworks différents suivant la version CD (chez Bästardz) et la version cassette (Dispear). Pour finir Slow Motion Apocalypse a été enregistré au Nomad Audio pour les parties instrumentales et au New Record Studio pour les voix.
Avec Slow Motion Apocalypse, Black Mantra signe son EP le plus abouti à ce jour. Riche, énergique et surtout d’une variété rare, cet opus mérite amplement de propulser le groupe sous les projecteurs.Si vous ne connaissez pas, il est temps de vous jeter dessus !
J. NeWSovski
vendredi 3 juillet 2026
3615 FRANCIS - Professional Entertainers [EP]
3615
FRANCIS - Professional Entertainers [EP]
Autoproduction
L’année
dernière je découvrais 3615 Francis, un groupe au nom
totalement incongru qui renvoyait directement aux années 90. Le voilà de retour,
7 mois plus tard, pour un deuxième EP. Les Niçois jouent du punkrock mais sans se
soucier des étiquettes.
Dans Professional
Entertainers le groupe peut aussi bien s’appuyer sur ses racines Bad
Religion comme sur le rapide et mélodique War,
ou bien s’aventurer dans le ska/reggae/morceau fun comme pouvait le faire Less
Than Jake et consorts. Sur Song for you,
on sent le soleil et pleinement la fin des années 90, l’époque où chaque groupe
sortait son morceau tranquille (Undeclinable Ambuscade, Burning Heads, Goldfinger,
NoFX, Uncommonmenfrommars…), la trompette est convoquée, le xylophone aussi
et ça marche parfaitement. Fright
Night démarre sur une basse
groovy et des textes rigolos, puis il part vers un punkrock qui me fait penser
aux Chasing Paperboys. War
est donc d’inspiration Bad Religion sur ses lignes mélodiques mais surtout sur
le positionnement des chœurs, ça en fait un morceau terriblement efficace. J’aime
bien aussi The end of the race,
plus long mais rapide et accrocheur. Fuckin Sad termine l’EP en moins de 15
secondes et aurait donc eu parfaitement sa place sur la magnifique compile Fat
Wreck : short music for short people.
Un
deuxième EP dans la continuité du précédent à savoir un punkrock difficilement
classable avec une grosse marge de fun et de bonne humeur. Le groupe ne se met
pas de barrières et ça se sent.
J. NeWSovski
lundi 29 juin 2026
FUUDGE - Les Horribles
FUUDGE - Les
Horribles
Folivora
Records
Il y a tout
juste trois ans, nous faisions connaissance avec les fous furieux de FUUDGE,
combo québécois mené par l'excellent David Bujold. Véritable homme à
tout faire de la bande, Bujold, toujours bien accompagné dans ce projet,
a décidé de remettre le couvert en 2026 avec « Les Horribles
».
Pas sûr que
cette nouvelle production des Montréalais leur apporte un semblant de notoriété
sur le Vieux Continent, mais force est de constater que la machine FUUDGE
tourne toujours à plein régime. Les Québécois continuent en effet de creuser le
sillon d'un rock épais et abrasif, quelque part entre grunge déglingué, stoner,
indie rock et punk sous tension.
« Les
Horribles » constitue en quelque sorte le petit frère de « ...qu'un
cauchemar devienne si vrai ». Mais l'immobilisme n'est pas la marque de
fabrique de FUUDGE, qui intègre par petites touches des sonorités
acoustiques ou plus groovy à son rock lourd. Et toujours dans la langue de
Céline Dion. Avec, le plus souvent, un sens de l'humour particulièrement
aiguisé.
Le ton est
donné avec le puissant « J'va bientôt
t'abandonner ». Le quatuor balance des riffs énormes et une
rythmique pachydermique. Le chant de David Bujold a toujours le
chic pour osciller entre douceur et braillements. Le mimétisme avec Ty Segall
est d'ailleurs impressionnant sur l'introduction de « L'Abomination », avec son même jeu de
guitare acoustique et son chant haut perché. Mais très vite, le morceau
redevient du FUUDGE pur jus. Jalonné de breaks, porté par un chant
planant, il se pare même d'une coloration psychédélique bienvenue. Le mélange
d'acoustique et d'électricité fait également mouche sur « La Honte
», l'occasion pour Bujold de s'époumoner avec conviction. Plus saccadé, « Le Mentor
» constitue une belle bizarrerie, à la fois pop et expérimentale. L'énergie
punk est de retour sur « Le Cortège », mais les énumérations en mode
spoken word de Bujold laissent rapidement place à une rupture
particulièrement barrée. Plus classique, « J’vois
noir dans l’clair » renoue avec le rock bien heavy des
Québecois. Super efficace. FUUDGE enchaine ensuite avec une pépite
stoner du plus bel effet : « Pas
fier » comme les 4
larrons de FUUDGE. « Je sais pas
c’que j’fais icitte », titre le plus long de l’album,
impressionne par sa lourdeur et son agressivité. Les nombreux changements de
rythmes et la versalité du chant finissent par nous emporter. Les Montréalais
reviennent ensuite à quelque chose de plus direct avec la bombe punk « V'là les horribles ». Un morceau énergique
qui tranche avec la balade psychédélique au titre énigmatique « Les Ciels oranges ». Enfin, l'émouvant « Ma joie m'étrangle » conclut l'album avec
un savant mélange d'indie rock et d'ambiances grungy.
Avec «
Les Horribles », FUUDGE livre sans doute son disque le plus abouti : un album
compact, puissant et furieusement vivant, qui confirme tout le savoir-faire des
Québécois lorsqu'il s'agit de transformer le bruit en véritable terrain de jeu.
Et l'on ne désespère toujours pas de voir un jour cette déferlante sonore
traverser l'Atlantique pour venir secouer les salles françaises.
Mr Caribou
Titre préféré : La
Honte
jeudi 25 juin 2026
Live Report - DISPEAR FEST
Cinq
années d’existence avec une soixantaine de sorties… DISPEAR avait des
choses à fêter durant ce weekend de mi-juin. La chose la plus compliquée a
certainement été de sélectionner les groupes pour venir souffler les bougies.
Initialement
prévu à Cap-Breton, le festival a dû revoir ses plans en raison de la fermeture
(temporaire) du Circus, un lieu emblématique de la scène alternative et
DIY locale. Il s’est donc déplacé à Bayonne, au Magneto. Une salle de
taille modeste mais à l’architecture superbe, nichée dans les remparts
historiques de la cité basque.














