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mardi 25 août 2026

DÉÉFAIT – S/t [EP]

 


DÉÉFAIT – S/t [EP]

 Ici d’Ailleurs

Comme le dit le vieil adage, il n'est jamais trop tard. Sorti il y a déjà plusieurs mois, le premier EP du combo parisien DEEFAIT était mystérieusement passé sous nos radars. Et, à l'écoute des six titres qui le composent, il aurait été franchement dommage de passer à côté tant le cocktail concocté par les jeunes Parisiens impressionne. Faisant la part belle à l'improvisation et aux formats longs, DEEFAIT mêle avec un talent évident noise-rock, krautrock et envolées psychédéliques. Le quintet refuse le surplace : chaque morceau bifurque là où on ne l'attend pas, porté par un break bien senti, une montée de tension ou une boucle entêtante qui finit par vous happer.

On entre immédiatement dans le vif du sujet avec « We Love Each Other So Much That We Won't Belong To Any Species Anymore ». La voix surgit d'emblée, bientôt rejointe par des guitares dissonantes qui s'appuient sur une rythmique implacable. L'ambiance évoque d'abord IT IT ANITA ou CLINIC, avant une accalmie qui rappelle le chant d'Amedeo Pace et la période la plus noisy de BLONDE REDHEAD. Puis le morceau reprend de plus belle pour s'achever sur les hurlements haut perchés de Ric Lara, le chanteur mexicain du quintet. Changement d'atmosphère avec l'introduction planante de « Molokh ∞ » : une basse aguicheuse, une délicate boucle de guitare acoustique et une voix quasi chamanique sont un véritable appel à la transe. Au fil de ses huit minutes, le morceau se tend inexorablement. La voix se fait toujours plus inquiétante, tandis que les nappes de synthé et les guitares fusionnent jusqu'à former un mur du son qui renvoie aux plus belles heures de SWANS. DEEFAIT poursuit ses expérimentations sur « BONDBONDBOND ». D'une ambiance tribale à une ritournelle répétitive, le titre se transforme progressivement en une puissante déflagration post-rock. Retour au calme sur les premières notes de « Comatose Big Sun ». D'abord enfumé et hypnotique, le morceau s'électrifie peu à peu avant de s'éteindre dans un final qui semble presque improvisé. Une étrangeté supplémentaire à mettre à l'actif du groupe. La voix incantatoire et le vacarme bruitiste avancent main dans la main sur « Al' Ether ». Au milieu de ce chaos, on croit distinguer un chant en français (après l'anglais et l'espagnol). Une nouvelle surprise qui évoque cette fois l'univers de OISEAUX-TEMPÊTE. Enfin, « Wow! Ferreri Cooked For Us », le morceau le plus court du disque et probable hommage à La Grande Bouffe de Marco Ferreri, s'avère tout aussi déjanté que le reste de l'EP. Les distorsions de guitares et le chant plus agressif font mouche. Avant une ultime note plus apaisée et le retour de la voix haut perchée de Ric Lara.

En seulement six morceaux, DEEFAIT réussit un premier coup d'éclat impressionnant avec notre noise-rock / krautrock explosif. Rares sont les premiers disques à afficher une personnalité aussi affirmée. Dans une époque où beaucoup cherchent le morceau qui retiendra l'attention en quelques secondes, DEEFAIT prend le chemin inverse. Celui de la lente contamination. Une musique qui ne cherche jamais à séduire, mais qui finit par s'installer durablement. Un véritable coup de cœur, qui donne furieusement envie de découvrir le premier album annoncé pour la rentrée de septembre.

 

Titre préféré :         Molokh ∞

Mr Caribou

 

 

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lundi 10 août 2026

CRIMES ET CAMIONS – La vague [EP]

 



CRIMES ET CAMIONS – La vague [EP]

Dispear Records

Nouveau venu sur la scène punk, Crimes et Camions n’est pourtant pas composé d’inconnus : on y retrouve Fabien, figure du projet, ancien membre de Face Up To It, groupe bordelais de punk hardcore qui a marqué les années 2000.

L’EP s’ouvre avec La vague, titre éponyme qui donne le ton : une charge frontale contre la montée du RN. Derrière son nom décalé, le groupe affiche un engagement sans détour, avec des textes percutants en français. In the Navy, en anglais, propose une approche plus basique et linéaire, sur laquelle j’ai eu du mal à accrocher. Mais l’énergie revient vite avec Trop facile, intense et brut, suivi de Plus Rien N’A De Sens, un morceau résolument punk, aussi bien dans sa forme que dans son fond social.

Troisième guerre confirme cette dynamique : direct et sans fioritures. Le son clair et rythmé de Crimes et Camions rappelle par moments Youth Avoiders, avec une vitalité qui fait mouche. L’EP se clôt sur Media de Merda, chanté en espagnol, et toujours aussi incisif.

Bref, un jeune groupe à suivre de près, qui s’inscrit dans la lignée d’un punk rock engagé, à l’image des Toulousains de Nightwatchers. À découvrir sans hésiter !

 

J. NeWSovski

 

 

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vendredi 13 mars 2026

FALLING WAVES – The stories we’ve been told [EP]

 


FALLING WAVES – The stories we’ve been told [EP]

Autoproduction

Sorti en fin d’année 2025, ce second EP de Falling Waves est passé sous les radars et il serait dommage de ne pas profiter ce petit bijou de 25 minutes pour 4 titres tant ce groupe de Saint Etienne regorge de qualités.

 

L’EP s’ouvre avec Brighton Blast, qui installe une atmosphère envoûtante, entre douceur ambiante et montée en puissance. La guitare, résolument années 90, apporte une intensité qui ne sacrifie jamais la mélodie. Circles enchaîne avec près de sept minutes d’indie rock hypnotique, où la tension monte crescendo. On y entend des échos de la scène emo, voire des accents de Baby Chaos, mais toujours avec une identité propre.

J’aime beaucoup John Murphy avec des extraits du film 28 jours plus tard de Danny Boyle dont le thème a été composé par John Murphy et des samples issus du discours de Greta Thunberg devant l’ONU qui servent de chant Derrière on est sur du post-rock hyper immersif et super bien réalisé. Le dernier morceau (CTRL DEL) est aussi une vraie pépite qui allie douceur et mélodies sur sa première partie avant de durcir le ton mais de garder son côté envoutant sur sa seconde moitié.

On notera aussi la très jolie pochette, sobre et énigmatique.

Falling Waves signe ici l’un des plus beaux EP de la fin d’année 2025, alliant qualité musicale, sincérité et une capacité rare à captiver l’auditeur.

 

J. NeWSovski

 

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mercredi 18 février 2026

VULGAIRES MACHINS – Contempler l’abîme

 


VULGAIRES MACHINS – Contempler l’abîme

Kicking Records

 

Il y a un an, je me plongeais avec délice dans le livre consacré aux Vulgaires Machins, retraçant l’histoire du groupe punk rock le plus emblématique du Québec. L’arrivée, fin 2025, de ce nouvel album m’offre une autre perspective pour (re)découvrir leur univers.

Et c’est avec le somptueux Terminé le fun que démarre ce 9ème album. Un texte alarmiste à l’ambiance pesante qui s’attaque au consumérisme, un thème central des paroles des Québécois. Oser lancer un nouvel opus avec un morceau aussi long, atypique et audacieux relève du pari risqué. Pourtant je dois avouer que j’aime énormément. Et puis quand la guitare arrive, l’intensité se décuple. C’est vraiment original et percutant. Le second titre est sans hésiter mon coup de cœur : Om Mani Padme Hum. Textes et musique s’y entremêlent à la perfection pour offrir l’un des morceaux qui incarne l’essence même du quatuor. De la même manière Me Croire Seul à Me Croire Inutile est un morceau poignant, avec un refrain puissant où les deux voix s’harmonisent parfaitement, c’est vraiment très joli. Un texte poétique sur une rythmique soutenue.

Libérer la foudre figure aussi parmi morceaux marquants, la rythmique en mid-tempo vient mettre en avant un superbe texte qui est sublimé par l’accompagnement de l’orchestre symphonique de Budapest. Il confère à ce morceau un caractère grave et grandiose.

Les Vulgaires Machins révèlent une facette plus pop (il faut se jeter à l’eau ; lorsque je m’arrête) s’éloignant du punkrock. Deux morceaux chantés par Marie-Eve qui est en lead vocal sur beaucoup de morceaux sur cet album, ce qui est une bonne chose.

Faire Sécession avec son intro rappelant The Decline de NoFX s’impose comme l’un des morceaux les plus punks de l’album.

Certains titres m’ont moins convaincu, comme Travail à la chaîne, à la tonalité trop légère sur ses couplets. J’apprécie en revanche la tension qui monte sur l’effondrement qui vient, j’aime beaucoup son refrain aussi. Cette fois ci le chant est partagé à trois avec le featuring de Jenny Salgado, rappeuse Québécoise du groupe Muzion. Malgré son texte incisif On lâche pas la gagne, on continue !, ne m’accroche qu’en partie.

Petit point sur la jolie photo qui sert de pochette à l’album qui sert de réflexion et de miroir au premier morceau : c’est terminé le fun ! Elle est efficace et c’est un excellent choix.

Ce nouvel album des Vulgaires Machins ne vous fera ni danser ni pogoter, mais il va nous faire réfléchir. Les Québécois s’affranchissent des codes qui régissent le style et nous offre un très bel album atypique, conscient et engagé.

J. NeWSovski

 

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samedi 14 février 2026

JETSEX – Down! Down! Down!

 


 

JETSEX – Down! Down! Down!

Dispear Records / Chanmax Records / Jazz Wreck / Kick Your Asso

L’album Down! Down! Down! de JETSEX est sorti à une période peu propice à l’attention médiatique : fin d’année, saturation de sorties… Pourtant, un nouvel opus du groupe parisien mérite mieux qu’un silence radio. Car JETSEX, c’est une institution du punk rock français, marquée par des albums comme Paris By Night (2004) ou Sexually Challenged (2009), et des splits mémorables avec les américains de Murphys Law (2001) et Justin(e) (2007). Leur énergie scénique et leurs concerts à travers le monde (États-Unis, Japon, Mexique) ont forgé leur réputation avant leur séparation en 2011.

En 2024, le groupe se reforme et enchaîne les dates, de la Brasserie la Muette au festival In Your Face. L’enregistrement d’un nouvel album s’imposait naturellement. Avec une surprise tout de même : Pat, figure légendaire du punk français (Frustration, Les Cavaliers, Last Night, Actions Fall Short…), est absent de l’enregistrement malgré sa présence sur scène lors des concerts de réunification.

Down! Down! Down! confirme que JETSEX n’a rien perdu de sa verve. Dès Avigdor Arikha, le ton est donné : riffs agressifs, basse virevoltante, et des featurings de choix pour les oreilles avides de chœurs (Tomoï des Burning Heads/Lion’s Law, Barry de RKL). Shit Me Not et Down The Rabbit Hole (déjà dévoilé en single) enchaînent avec une énergie punk-garage contagieuse. Light Over The Darkness offre une « pause » mid-tempo, rappelant les Bouncing Souls, notamment sur le chant de Miko, tandis que Inside et Hit The Switch prouvent que la section rythmique, portée par Jimmy Jazz, reste une force majeure du groupe. Son travail à la basse est énorme et donne un son vraiment unique au groupe.

Avec des titres comme Black Map ou Came With A Warning, JETSEX livre un album cohérent, où chaque morceau trouve sa place. La clôture, Hello We Gotta Go, surprend par sa structure avec une introduction poséeavant d’emprunter quelques codes au hardcore.

 

Ce retour de Jetsex est donc une excellente nouvelle avec un album détonnant de pur punkrock déchaîné. Les dates de concerts s’annoncent un peu partout et ce sera le moment parfait pour profiter de cet excellent groupe bien trop méconnu.

 

 

J. NeWSovski

 

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jeudi 5 février 2026

LA FAIBLESSE – Un jour après l’autre

 


LA FAIBLESSE – Un jour après l’autre

Guerilla Asso / Twenty Something

 

Voici l’un des groupes les plus prolifiques de notre scène française et pourtant ce n’est pas un de ceux dont le nom revient le plus régulièrement dans les fanzines et webzines. Peut-être est-ce dû à la difficulté de le classer ? Où son positionnement de groupe post-Hxc, post-metal, screamo chanté en français ? Peu importe les étiquettes finalement car leur musique frappe par son authenticité qui traverse les styles.

 

Sorti en toute fin d’année 2025, Un jour après l’autre est le troisième album de La Faiblesse en trois ans. Dans La Chute les Parisiens plantent le décor avec une tension électrique et des guitares tranchantes. Les deux chants (Paul et Christelle) appuient fort. Avant la fin met en avant une mélancolie latente. La rythmique y est lente, le chant de Paul est torturé tandis que les textes de Christelle sont déchirants. Par la suite Se Lover Dans L’Ombre amène un peu plus de clarté dans ce début d’album. Les mélodies sont plus enjouées même si stagne une certaine tristesse dans l’aura de ce morceau. La lumière transparait aussi à travers seul, chanté en anglais et davantage encore mélodique.

J’aime le côté plus offensif de Partir avec son riff de guitare très incisif, le morceau est puissant et d’une grande densité, c’est aussi le cas de Au-delà du mal qui démarre en trombe pour s’éteindre ensuite et donner naissance à Funambule qui clôt l’album. La Faiblesse amène beaucoup d’intensité dans le contraste entre les passages doux et l’alternance avec la puissance des passages screamo (dans la nuit)

Les textes sont au cœur de cet album et j’aime l’écriture que je trouve emplie de mélancolie (Croire à demain ; funambule).

Coté son, un jour après l’autre a été enregistré au Studio UFO par Alexandre Mazarguil et il est vraiment parfait avec un subtil équilibre entre les instruments et les voix. La pochette reste dans la tradition du groupe à savoir un sobre photo des quatre membres du groupe. Celle-ci se révèle tout de même bien plus sombre que celle de l’album éponyme révélant peut-être une noirceur plus intense de l’album.

 

Un Jour Après L’Autre est un magnifique album empreint de mélancolie et de douleur parfaitement porté par la complémentarité des deux chants. Ce groupe atypique possède la qualité de nous immerger dans son monde. Un album riche, dense et terriblement abouti.

 

J. NeWSovski

 

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samedi 31 janvier 2026

LOONS – Life Is

 


LOONS – Life Is

Howlin Banana / Head Records / Les Disques du Paradis

 

LOONS fait partie de ces groupes précoces dont on vante la qualité partout en France, un peu à la manière de Lysistrata il y a quelques années ou de Rest Up aujourd’hui… Les trois minots viennent de Montpellier, ont déjà sorti un EP en 2022 et secouent toute la scène avec ce premier album, Life Is, sorti en coproduction chez le très prolifique Howlin Banana, Head Records et Les Disques du Paradis.

L’album est produit par un orfèvre : Amaury Sauvé. Le lavallois est devenu un maître quand il s’agit de donner un son énorme à un groupe. On connaît la qualité de ses travaux avec Amanda Woodward, Birds In Row, Wank For Peace

 

LOONS, qui signifie « fou » ou « dérangé » en anglais commence très fort avec Among The Mourners.  On découvre un punk aux racines grunge prononcées avec de belles mélodies, une voix claire, un passage calme et un plus rugueux : de bons ingrédients pour un superbe morceau de début d’album. On apprécie aussi Fight Scene avec son sens des mélodies et son refrain ultra accrocheur, le morceau se durcit et devient rageur. Ce côté un peu fou on le retrouve également sur Stef qui se fait plaisir dans sa deuxième moitié en partant dans des délires sonores. Le côté indie pop ressort sur My Way, Spectre ou Now I Sigh avec leurs refrains bien sentis. Loons me rappelle alors les bordelais de SIZ. Puis le groupe va plus loin et s’aventure sur des pistes post-hardcore (Katag) jouant sur l’émotion. Solar se révèle très pop et aérien, cassant volontairement la fougue du début de l’album. Et il est intéressant de voir ce jeune groupe, dès son premier album offrir autant de variété et de maturité. Bravo !

 

Un joli album qui rappelle les années 90 alors que ses membres ne les ont pas connues. C’est intéressant ! Mais surtout, c’est superbement bien fait. Life Is navigue avec une habilité déconcertante entre morceaux énervés grunge, mélodies précises et touches pop. Une belle découverte !

 

J. NeWSovski

 

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lundi 26 janvier 2026

ARNAUD FOURNIER – 100% Black Puzzle

 


ARNAUD FOURNIER – 100% Black Puzzle

Ici d’Ailleurs

Quand bien même 2025 se situe désormais dans notre rétroviseur, il serait fâcheux de ne pas se pencher sur quelques grands « oubliés » de l’année écoulée. L’album d’Arnaud FOURNIER avait échappé à nos radars et il aurait été franchement dommage de ne pas prêter une oreille attentive au premier disque solo de ce talentueux multi-instrumentiste (guitare, cuivres…).

Originaire d’Angers mais installé à Nantes (un homme des Pays de la Loire en somme), Arnaud FOURNIER est loin d’être un novice. On lui doit plusieurs projets devenus cultes : LA PHAZE, DEAD HIPPIES ou encore HINT. Et c’est précisément à ce dernier que renvoie « 100% Black Puzzle », son projet solo. Pour la petite histoire, la première salve du duo inclassable s’intitulait « 100% White Puzzle ». Trente ans plus tard, Arnaud FOURNIER, toujours aussi libre et inspiré, pousse encore plus loin le champ des expérimentations.

L’album s’ouvre sur le morceau éponyme, dans une douceur trompeuse faite d’arpèges délicats. Une pièce maîtresse de près de dix minutes dont l’univers sonore évoque d’abord Maxime DELPIERRE, autre artiste ligérien. Le gimmick de guitare, entêtant, installe un climat apaisé. Le calme avant la tempête. Car la trompette réconfortante marque bientôt un point de rupture :  l’orage gronde, le titre s’assombrit, se fait plus dissonant. Distorsions de guitare, cuivres stridents et bidouillages électroniques tordus prennent le dessus, jusqu’au retour salvateur de la boucle de guitare et d’un saxophone plus jazzy, pour un final plus doux. « 100% Black Puzzle » débute magistralement, avec une ouverture post-rock de très haute volée.

Arnaud FOURNIER est un touche-à-tout, et son parcours en atteste. Il s’est toujours affranchi des étiquettes et des carcans. « It’s The Leaving That’ll Kill You » en est la preuve éclatante, prenant le contre-pied parfait du morceau précédent. Plus classique dans sa structure, cet unique titre chanté porté par une vieille connaissance (David IVAR d’HERMAN DUNE), nous entraîne du côté du folk-rock américain le plus raffiné. La voix féminine pour les chœurs et la trompette chaleureuse confèrent à l’ensemble une élégance indéniable. Retour ensuite à des explorations 100 % instrumentales avec « New-York Belle-Île », courte pièce de trois minutes qui invite au voyage. D’abord guidée par une trompette aguicheuse, elle bifurque rapidement vers des terrains plus noisy et chaotiques. Arrive alors la plage la plus longue de l’album, « Miroirs ». Douze minutes assez hallucinantes. Arnaud FOURNIER y convie un autre invité de prestige : Frédéric D. OBERLAND des magnifiques OISEAUX-TEMPETE. Impossible de ne pas penser à eux dans ce mélange détonant de post-rock, free-jazz et ambient. L’atmosphère, d’emblée sombre malgré la présence de cuivres et d’étonnantes clochettes, repose sur un drone inquiétant. La tension monte progressivement, le saxophone se fait plus strident. Puis, surgissant de nulle part, un beat techno fracture le morceau, tandis que les guitares s’enfoncent dans un chaos de plus en plus noisy. L’impression d’assister à une collision improbable entre FUCK BUTTONS et GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR. Magistral. À peine le temps de reprendre son souffle que les bourdonnements et sirènes anxiogènes de la dernière pièce, « Shiny Rebirth », surgissent. Dix minutes d’angoisse pure, comme une bande-son horrifique, marquant le retour du complice des débuts Hervé THOMAS. Saxophone déviant, nappes oppressantes, drones poisseux et saturations se confondent peu à peu. Une ultime pièce venant compléter ce fascinant puzzle noir.

Avec « 100% Black Puzzle », Arnaud FOURNIER signe un coup de maitre. Une œuvre dense, exigeante et sans concession. Indispensable pour les amateurs d’expérimentations sonores et de post-rock aventureux.

 

Mr Caribou


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jeudi 22 janvier 2026

FUCK IT – Blind [EP]

 


FUCK IT – Blind [EP]

Old Chicks Records

 

Mon premier contact avec FUCK IT, c’était à travers guts (2023), leur EP précédent, et leur interview dans Good Friends (un clin d’œil à Jean-Louis pour le coup de projecteur). Trio féminin de Clermont Ferrand, très punk, il signe ici son 3ème EP en 5 ans.

L’identité visuelle de FUCK IT mérite le détour : une pochette sobre en noir et blanc, zébrée d’un éclair jaune qui tranche comme un coup de poing. Ce choix graphique, à la fois brut et efficace, crée une cohérence et une continuité entre leurs trois EPs, comme une signature visuelle de leur univers. C’est plutôt rare de voir ça et je trouve ça cool.

Blind ouvre le bal avec une énergie punk garage qui claque : le chant, puissant et charismatique, n’est pas sans évoquer Lisa Kekaula (The Bellrays). L’EP enchaîne sans temps mort avec In And Out, un titre dans la pure tradition Riot Grrrl, où la rage et la mélodie s’équilibrent à la perfection.

Not an animal aborde le sujet des femmes et la toxicité masculine, le rythme est plus lent et derrière Dig Me Out en rajoute une couche avec des dissonances noise appuyées par un tempo encore abaissé. Mais FUCK IT remonte en puissance avec Every Morning très punk avec cette voix si singulière. Le final se fait de belle manière avec Tears in my heart mélange de punk et de post-rock, définitivement original et fortement plaisant.

 

 

Toujours totalement DIY, le groupe sort cet EP sur sa propre structure, Old Chicks Asso.

 

Il me tarde des les découvrir sur scène car le groupe doit y être explosif. En attendant, ce 3ème EP est une nouvelle réussite en affirmant son propre style.

 

J. NeWSovski

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Linktree



samedi 17 janvier 2026

WAKE THE DEAD – The Great Disappointment

 


WAKE THE DEAD – The Great Disappointment

Useless Pride Records


Après l’excellent Still Burning en 2020, huit titres percutants et un line-up renouvelé (batteur et chanteur), Wake The Dead confirmait déjà sa capacité à rebondir et se réinventer ce qui n’est pas simple surtout quand on parle de la signature vocale. Mais en 2023-2024, nouveau rebondissement : Vincent cède le micro à Aleksandra. Contre-pied parfait puisqu’elle insuffle un nouveau vent de fraîcheur au groupe.

La belle introduction de The Great… plante le décor avant que Break Up ne lance l’album sur des rails hardcore, énergiques et sans concession, rappelant l’efficacité d’un Comeback Kid. Les Marseillais assument pleinement leur héritage, leur filiation, mais Aleksandra, par sa présence vocale, évoque aussi, évidemment, Walls Of Jericho ou les premiers Stinky. Les riffs, tranchants comme des lames, ne laissent aucun répit.

 

Plus modern hardcore sur son traitement, with no regrets enchaîne de belle manière avec un refrain bien senti. J’aime la façon dont est construit l’album avec des touches punk disséminées par ci par là, notamment sur Cowspiracy et son titre sans équivoque, qui fait référence au documentaire de Kip Andersen et Keegan Kuhn, réédité en 2015 sur Netflix et produite par Léonardo DiCaprio. Wake The Dead est porteur de messages tous axés vers la planète, c’est le thème global de l’album, en approchant la pollution, l’élevage intensif et son impact environnemental…

Pour moi le titre majeur est Marseille City, plus qu’un titre, plus qu’un hymne ce morceau est monstrueux ! Avec son entrée en matière digne de Madball et son refrain obsédant, ce titre est l’un des meilleurs que j’ai pu écouter dans le style depuis un paquet d’années. Your Last Stand, enfonce le clou dans le même registre avec des chœurs puissants et une énergie folle.

Tide Of Decay se veut plus posé, plus lourd et définitivement plus métal, montrant que Wake The Dead navigue entre les styles avec facilité. Ce que l’on ressent aussi sur Moving Forward et The Blue Grow : hardcore voire post-hardcore. Le groupe met de côté son mode « rentre-dedans » pour développer davantage des mélodies étirées.

Mais le bulldozer revient en force avec le surpuissant You & Me aux riffs entêtants qui mixe une nouvelle fois hardcore et métal. Puis sur Binary Anthem bien plus punk sur la forme. Projection dans l’avenir sur le titre 2050 offre une plongée sombre dans un futur incertain, porté par un riff grave et un rythme implacable. L’album se clôt sur …Disappointment, post-hardcore assumé, qui boucle parfaitement avec l’ouverture.

Produit par Flo Salfati (Landmvrks), The Great Disappointment bénéficie d’un son puissant et équilibré. L’artwork, bien que reflétant une réalité environnementale glaçante, est visuellement saisissant.

 

Malgré un nouveau changement au chant, Wake The Dead signe un album monstrueux, engagé et musicalement abouti. Entre riffs accrocheurs, chant percutant et thèmes urgents, c’est sans hésiter l’un des meilleurs opus de 2025.

J. NeWSovski

 

https://wakethedeadhardcore.bandcamp.com/album/the-great-disappointment

https://www.facebook.com/wakethedead13



mardi 13 janvier 2026

VANTRE – Clonocracy

 


VANTRE – Clonocracy

Araki Records / Cœur sur toi / Table Basse Records / Forbidden Place Records


VANTRE était l’ovni musical de l’année 2025. Difficile à classer : math-rock, post-rock ou indie-punk ? Peu importe finalement, car Clonocracy est un album qui m’a beaucoup surpris et marqué. Originaire du sud de Paris, ce trio s’est formé en 2020 sur une formule audacieuse car il est composé de deux bassistes et d’un batteur. Pas de chanteur, pas besoin. Dès lors, tous les morceaux sont instrumentaux. Le trio a déjà sorti une série d’EPs (Treehopper) et voici donc son premier opus.

 

L’album s’ouvre avec l’époustouflant Stomak, à la rythmique prenante et à l’énergie contagieuse. Un titre d’autant plus savoureux que le jeu de mots avec le nom du groupe ne passe pas inaperçu. Clonocracy s’inspire d’une dystopie futuriste : en 3701, face à l’épuisement des ressources et à la stérilité croissante, de nouvelles croyances émergent, prônant le clonage comme solution. Le morceau éponyme, véritable voyage sonore de sept minutes, explore ces thèmes avec une densité proche du stoner-rock, évoquant les paysages sonores de Dune ou l’univers de Mars Red Sky. Menstruosterone prolonge cette dynamique avec une approche très mélodique et captivante qui s’étale sur la longueur.

Mais Vantre en a encore dans le bide et part sur un rythme effréné, voire très punk, sur Conan The Dog qui laisse tout de même transparaître de belles mélodies sur ses refrains. Un peu plus loin Netavark et Plastic Jizz dynamitent la fin de l’album avec des rythmiques grooves très percutantes tandis que Metha, morceau expérimental, clôture en douceur ce premier album.

 

Une véritable claque que ce premier album. Inclassable mais immersif, Clonocracy est un album à ne pas manquer qui se veut addictif et d’une grande originalité.

J. NeWSovski

 

 

https://vantremusic.bandcamp.com/album/clonocracy

https://linktr.ee/vantremusic

https://www.facebook.com/vantremusic/

vendredi 9 janvier 2026

STADE – Musiques de stade

 


STADE – Musiques de stade

Upton Park

 

Il est facile de sortir des jeux de mots sur le nom de ce groupe, on peut aussi rêver d’un plateau avec une affiche qui les associerait à Equipe de Foot et pourquoi pas aussi Sports et encore plus le Karaba FC ?

Mais STADE c’est un trio des Côtes d’Armor qui, comme le disait Miossec, ressemble à « un arrière droit assez brutal, évoluant en D3, qui sent la bière et l’animal, les tacles et la mauvaise foi ». C’était juste pour filer ma comparaison sportive et la lier à la Bretagne car STADE joue un rock-garage-indie légèrement teinté de post-punk. Les gars ont joué au préalable dans des groupes comme Skopitone Sisko ou The Craftmen Club et l’ensemble est plutôt enjoué comme sur le dynamique Petit Pont, sorte de Strokes à la rythmique accélérée voire très entraînant comme sur Nu Song qui ouvre en grande pompe ce premier album. J’aime beaucoup Mercurochrome instrumental extrêmement bien écrit, subtil mélange entre Vantre et Totorro. Le trio s’aventure sur des riffs dansants avec Keep It Burning et sa guitare virevoltante puis sur Paimpol très indie pop avec une basse prédominante. Cat’s tongue relance la dynamique avec un son plus gras et puis Physique-Chimie permet de redescendre tout doucement sur des notes post-rock quelque peu atmosphérique, un morceau très intéressant qui est subtilement et intelligemment enchainé avec 176 BPM, qui allie l’énergie du groupe avec son côté fun.

Je suis un peu sur la réserve quant à l’utilisation des filtres sur le chant sur Human Robot, derrière ça tourne à la perfection mais ce chant façon Daft Punk me perturbe tout de même. Il m’est aussi difficile d’écouter le morceau Raymond Gommenec’h en entier, un morceau instrumental sur lequel est posé la voix de feu Thierry Gilardi qui commente la final de la coupe du monde 2006 entre la France et l’Italie. Ce match reste en mémoire comme le traumatisme d’une deuxième étoile perdue bêtement, pourtant ce rock atmosphérique est vraiment bien construit et immersif. Autre petit point négatif : la pochette. Justin(e) nous avait fait l’équipe de foot sur Treillières Über Alles, ça aurait été dommage de reprendre le concept (surtout pour un trio) mais là, même si je comprends le concept, je ne trouve pas l’objet particulièrement joli.

 

Derrière un artwork de petite division se cache un groupe talentueux qui à travers ces dix titres montrent beaucoup de créativité dans leur garage-noise-indé qui se révèle tout à tour énergique, immersif et dansant. Un premier album totalement réussi pour un groupe qui vise la coupe d'Europe.

 

J. NeWSovski

 

https://uptonpark.bandcamp.com/album/musiques-de-stade

https://www.facebook.com/stadestadestade

vendredi 2 janvier 2026

CUSHDRIVE – Kaiju [EP]

 


CUSHDRIVE – Kaiju [EP]

Autoproduction

 

Formé en 2022 à Lyon, CUSHDRIVE revient avec Kaiju, son troisième EP, et une formule réduite : le trio a troqué le punkrock rapide de ses débuts pour un son plus lourd, peut-être plus mature. Dès l’ouverture avec As I Slide, la basse imposante et les riffs tranchants donnent le ton. Le groupe semble avoir tourné une page, abandonnant partiellement le punk-rock mélodique qui caractérisait Walk On The Warm Sand (2023) pour embrasser un rock plus abrasif, sans pour autant sacrifier ses mélodies accrocheuses.

Kill Your Idols confirme cette évolution : le morceau, énergique et direct, mise sur des rythmiques serrées et des vocaux incisifs. Fakery, plus rapide, joue sur des contrastes entre vitesse et mélancolie, tandis que Kaiju (le titre éponyme) évoque étrangement The Deadly Shakes, que j’avais chroniqué en tout début d’année. Une filiation de plus avec le rock brut et mélodique.

La surprise vient de la reprise de Next To You (The Police), un choix audacieux dans un paysage où les reprises se font de plus en plus rares, et c’est d’ailleurs fort dommage. Fidèle à l’esprit original, CUSHDRIVE y injecte sa patte : une épaisseur sonore et une lourdeur qui rappellent que le trio a les épaules pour porter un héritage.

Passer d’un quatuor à un trio est toujours un pari risqué. Ici, le résultat est convaincant, même si j’avoue un pincement de nostalgie pour le punk-rock mélodique de Walk On The Warm Sand. Pourtant, ce Kaiju marque une étape décisive : CUSHDRIVE y affirme une identité plus sombre, plus puissante, et surtout, très cohérente. Le groupe a trouvé un équilibre entre brutalité et mélodie, une base solide pour la suite.

 

J. NeWSovski

 

https://cushdrive.bandcamp.com/album/kaiju

https://www.facebook.com/cushdriveband/



dimanche 28 décembre 2025

!! LE BILAN 2025 !!



L'heure du traditionnel bilan de fin d'année est déjà arrivée. Une année qui a tenu toutes ses promesses avec son nombre de confirmations et de révélations.

Côté Rêveries, en 2025 c'est plus de 75 chroniques qui ont été réalisées, 35 interviews et 56 groupes vus sur scène.


Une nouvelle fois les Rêveries tient à affirmer son soutien aux groupes français, aux groupes émergents, autoproduits et c'est pour cela qu'une grande part des chroniques et interviews y sont consacrées.


ALBUMS FRANÇAIS


25- LIMBOY - II

24- 10 JUIN - Turn it up

23- La FLEMME - Turn it up

22- The MERCENARIES - Turn it up

21- TARDIS - For a while...    

20- BERMUD - Oceans on the moon

19- NOT SCIENTISTS - Voices

19- MULE JENNY - Take enough leeway

17- TH DA FREAK - Negative freaks

16- LIONS LAW - Evermore

15- PAMPLEMOUSSE - Porcelain

mercredi 24 décembre 2025

Le Bilan de Mr CARIBOU

 Un bilan bien chargé pour Mr CARIBOU qui a lâché les rênes pour nous offrir des tops albums multi-styles !! Une année 2025 très riche avec pleine de découvertes mais aussi de confirmations.

MEILLEURS ALBUMS 2025 (toutes catégories confondues) :

    


     1- IMPERIAL TRIUMPHANT « Goldstar »

Trio Black/death/jazz qui avance masqué

https://imperialtriumphant.bandcamp.com/album/goldstar-24-bit-hd-audio

 




     2- PANDA BEAR « Sinister Grift »

Beach Boys assistés par ordinateur

https://pandabearmusic.bandcamp.com/album/sinister-grift

 




     3- HORSEGIRL « Phonetics On and On »

Indie-rock eighties 100% féminin

https://thisishorsegirl.bandcamp.com/album/phonetics-on-and-on

 




    4- POPULATION II « Maintenant Jamais »

Rock psyché chanté dans la langue de Céline Dion

https://population2.bandcamp.com/album/maintenant-jamais

 



    5- REST UP « Real Sensations »

Post-punk/noise made in Angers

https://restuplads.bandcamp.com/album/real-sensations-2

 

Meilleurs albums punk-rock/post-punk/noise/math-rock 2025 :